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BHL, la honte de la philosophie française contemporaine (Georges Gastaud)

vendredi 15 juillet 2011, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 15 juillet 2011).

Depuis les années 70 où, fort de ses appuis financiers et médiatiques, ce fulminant personnage occupe les devants de la scène, les médias de la vraie droite et de la gauche « bobo anti-coco » nous présentent B.-H. Lévy comme le Sartre de notre temps. Il est vrai que la place lui est quelquefois disputée par son ami, quelque peu en baisse de régime ces dernières années, André Glucksmann (l’ex-patron de la Gauche prolétarienne aujourd’hui décoré par Sarkozy, qui trouvait admissible la « seconde mort de l’humanité » à l’époque où Reagan préparait allègrement la guerre nucléaire totale contre l’ « Empire du Mal » soviétique !). Mais qu’on se rassure : ancien ministre de l’Education qui a brisé les retraites des enseignants et dénationalisé les ATOS, Luc Ferry n’est plus en état de concourir pour le podium depuis qu’il s’est livré sur les médias à un déballage imprudent, et combien « philosophique ».

Qu’importe que le personnage n’ait jamais produit un concept nouveau et que son « antitotalitarisme » confusionniste mette dans le même sac les nazis fauteurs de Shoah et l’URSS dont De Gaulle disait en 1966 : « les Français savent que c’est la Russie soviétique qui a joué le rôle principal dans leur libération ».

Peu importe, car ce qui compte pour la bourgeoisie et pour ses ours savants de la social-eurocratie, ce n’est pas que BHL soit un bon philosophe, ni même un philosophe tout court.

Ce qui compte c’est qu’il justifie à tous crins le « droit d’ingérence » des puissances impérialistes du nord et de l’ouest contre les Etats qui leur déplaisent au Sud et à l’Est. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Connais pas ! L’égalité entre les nations ? Une vieillerie ! La guerre devient aussitôt « humanitaire » quand elle est menée par les milliardaires dont se monsieur est fort proche, contre les bouseux du tiers-monde forcément terroristes, surtout s’ils ont quelques velléités de nationaliser le pétrole qui jaillit de leur sol, en privant inhumainement les grandes sociétés capitalistes.

L’homme a un avantage majeur qui fait que, quoi qu’il écrive, il sera toujours « grand philosophe » : il est anticommuniste, il hait le régime cubain, il a les yeux de Chimène pour les exactions de Tsahal, et il n’aime les résolutions de l’ONU que lorsqu’elles ne visent pas l’Etat d’Israël qui les viole depuis des décennies aux dépens du peuple palestinien.

N’est-il pas en outre très méfiant à l’encontre de l’idée de souveraineté nationale à une époque où la grande bourgoisie s’efforce de construite un Empire euro-atlantique sur le dos des peuples et des travailleurs de tout notre sous-continent ?

Alors, après avoir entraîné le président en titre, à la recherche d’une « rédemption » médiatique pour l’attitude inqualifiable d’Alliot-Marie et Cie dans l’affaire tunisienne, à faire la guerre contre le peuple libyen en outrepassant grossièrement la résolution de l’ONU, voilà maintenant, autre bonne action, qu’il est prêt pratiquement, avec Kouchner, Amara et Fabius, à « rouler des mécaniques » contre la Syrie.

Le peuple de Gaza peut crever, celui du Bahrein envahi par la si démocratique Arabie séoudite peut ravaler sa révolution, que lui importe : Netanyahou et la monarchie séoudienne sont du bon côté du manche, que côté qui s’ingère et non du côté qui est « ingéré » par le cannibalisme financier surarmé.

Et qu’on ne nous dise pas que, disant cela, nous cautionnerions tel ou tel régime que vous et vos pareils n’êtes jamais en peine de cautionner tant qu’ils ont l’intelligence de rester sagement dans le camp de l’impérialisme états-uniens, votre guide et votre modèle. Tout bonnement, cette question restera hors sujet tant que les maxi-bandits de l’impérialisme occidental, qui sont responsable de l’ordre économique mondial où 300 personnes possèdent autant que les deux milliards d’hommes les plus pauvres de la Terre, prétendront jouer les justiciers en signifiant aux peuples que certains sont majeurs et que d’autres doivent éternellement rester sous la tutelle des gentils bwanas kouchnérisés et dépoitraillés qui ont remplacé la mission évangélique de l’Eglise de jadis par l’exportation des plans d’ajustement structurels…, par le blabla sur les droits de l’homme made in Wall Street et par la razzia sur les matières premières de ces affreux pays qui-ne-connaissent-pas-la-vraie-démocratie !

Quant à la France, que des millions de gens soient contraints au chômage par la faute de la politique sarkozyste, qu’au nom de l’euro fort et des sacro-saints « marchés financiers » on y détruise, comme en Grèce, berceau de la philosophie et de l’Europe des Lumières, les derniers acquis sociaux, les derniers emplois industriels et les derniers services publics, que des milliers d’éleveurs laitiers, de marins-pêcheurs, de salariés des ex-services publics, de chômeurs traités d’assistés soient plongés dans la dépression et les idées noires étant donné la manière dont on les casse au boulot, le Sire de BHL –qui n’a jamais réellement TRIMé de sa jolie vie dorée-, n’en a que faire : « populisme » que tout cela !

Et c’est pourquoi les vrais philosophes de ce pays, qui sont encore nombreux à respecter leur discipline et à préférer la guerre à la paix et le droit des peuples à vivre sans l’ingérence constante des impérialismes occidentaux, se doivent de réagir d’urgence.

PAS ÇA ET PAS EN NOTRE NOM s’il vous plait !

Sartre n’était pas du côté des impérialistes et des néo-colonialistes : loin de plastronner dans les médias et de rouler sur l’or, il prenait des risques physiques, à côté bien souvent des communistes, que ce soit pendant la Résistance en écrivant dans Les Lettres françaises clandestines ou en préfaçant La Question interdite d’Henri Alleg aux éditions de Minuit.

Vous n’êtes pas le nouveau Sartre, Monseigneur de BHL, vous êtes l’anti-Sartre par excellence et la honte des philosophes qui, dans notre pays, s’inscrivent encore dans la tradition des Lumières et de la Commune de Paris, contre l’exploitation capitaliste, contre l’impérialisme et pour une société réellement démocratique parce que faisant toute sa place, centrale, à cette immense majorité de citoyens qui vivent, ou qui voudraient tant vivre de leur travail.

Que d’autres que moi s’expriment sur la place publique, qu’ils osent encourir vos foudres et qu’ils rejettent avec le mépris qui convient votre indécent tapage qui n’affiche l’étiquette philosophique que pour mieux crier la guerre et la domination.

Georges Gastaud.

3 Messages de forum

  • Monsieur Gastaud,

    J’adhère pleinement à votre charge anti-BHL. Moi-même, j’en avais rédigée une, il y a un peu plus de cinq ans. Elle avait été reprise sur divers sites et blogs. Ma "cible" y avait même fait allusion (sans me nommer) dans une interview télévisée… Une mouture raccourcie avait paru dans "Alternative libertaire" et "L’Emancipation sociale et pédagogique". Sa longueur (24297 signes) ne me permet pas de la poster avec mon commentaire. Aussi, je me contente de vous en livrer le début. L’intégralité est lisible sur Tlaxcala, Gatsbyonline ou Luxpopuli. Si je devais réactualiser mon libelle, j’évoquerais notamment le rôle du pseudo-philosophe dans l’engagement de forces aériennes contre la Libye (car, suite aux bombardements, l’on dénombre bien davantage de victimes civiles que dans les rangs des khadafistes) ou encore ses inepties confondantes, sous-tendues par des réflexes clanistes et communautaristes (1), dans "l’affaire DSK". Conviviales salutations,

    René HAMM Bischoffsheim (Bas-Rhin)

    (1) Idem lorsqu’il avait pris la défense de Roman Polanski.

    Bernard-Henri Lévy, satrape cupide et maître à tancer falsificateur

    Une question récurrente essentielle agite généralement les méninges des quelques intrépides qui ont osé se pencher, équipé(-e)s d’une spatule anti-vernis, sur le « cas Bernard-Henri Lévy » : comment ce prince de l’esbroufe, infiniment plus soucieux de sa mine, de sa mise, de ses postures « d’enfant gâté du siècle », que de rigueur intellectuelle et d’analyse objective, a-t-il pu acquérir une telle notoriété, puis s’arroger, depuis trois décennies, un espace démesuré sur le devant de la scène médiatique ? Je perçois dans cette persistance nauséeuse et cette omniprésence poisseuse un des symptômes criants de la quasi-réduction à une peau de chagrin, dans les canaux officiels, du débat d’idées ainsi que d’un déficit démocratique majeur, alors qu’une poignée de « faiseurs d’opinion », relayés par la coterie de leurs obligé(-e)s ou comparses, quadrille le périmètre du « permis de penser » (1).

    L’individu est indubitablement doué. Après des études au lycée Louis-le-Grand à Paris, il s’inscrit, en 1968, à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm où le natif de Béni-Saf (Algérie) suit les cours ex-cathedra de Jacques Derrida et Louis Althusser. Afin de décrocher l’agrégation de philosophie, en 1971 (huitième, au premier essai. Mazette !), il a dû rendre une dissertation traitant méticuleusement le sujet, sans fioritures, ni digressions, veiller à la stricte rectitude des citations et références, comme à la joliesse de sa plume. Las, le pointillisme, l’investigation en profondeur, la vérification des sources, le recoupement des données, il s’en départira très rapidement. Foin des pesantes méthodologies qui gripperaient l’essor d’un plan de carrière échafaudé pour s’auréoler de gloire avant la trentaine ! Son style se veut flamboyant. D’emblée, il verse dans l’emphase et une rhétorique boursouflée.

  • Étant donné que cet histrion n’est pas philosophe, je ne dirais pas qu’il est la honte de la philosophie française. Il ne faut pas plaisanter avec le terme de "philosophie", en grec moderne comme en grec ancien, il ne s’emploie pas à tout va comme en France, vous le savez fort bien. BHL n’est pas proche des milliardaires, il est milliardaire et je disais l’autre jour à un ami que je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui ait lu BHL, et que je pense qu’il achète tous ses livres !!! Simone

  • Je serai pleinement d’accord avecchaque ligne, chaque mot du présent article hormis une réserve s’agissant du Sartre jetant ses rabatteurs des "Temps modernes" contre le Camaus de "L’Homme révolté" et - SURTOUT - la célébratio de "l’Europe des Lumières" !!!

    Car il convient de savoir (ou d’apprendre) ce que le "pontife desdites "Lumières", j’ai nommé François Marie Arouet dit "VOLTAIRE" réputé si "humain" et compatissant envers les petits et les humbles pensait en fait de la "vile multitude et de la manière dont il convenait de la "gouverner" :

    "Quand nous parlons de la sagesse qui a présidé quatre mille ans à la constitution de la Chine, nous ne prétendons pas parler de la populace ; elle est en tout pays uniquement occupée du travail des mains [4] : l’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne. Certainement cet esprit de la nation chinoise est le plus ancien monument de la raison qui soit sur la terre." (in, "Essai sur les mœurs et l’esprit des nations") …

    " … l’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne." Soit, TRES EXACTEMENT, plus de deux siècles auparavant, la défintiion de la "philosophie" du "nouveau Sartre", le "philosophe" BHL !!!

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