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Jacques Attali veut Fusionner la SNCF française et la Bundesbahn allemande

jeudi 20 août 2009

Fusionner SNCF et Bundesbahn

Par Jacques Attali, publié le 09/07/2009 11:47 - mis à jour le 09/07/2009 12:21

http://www.lexpress.fr/actualite/ec…

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Même si elles se livrent une concurrence sauvage, ces deux compagnies ferroviaires sont complémentaires.

En ce moment de crise, chacun sait qu’il n’y aura pas de reprise de la croissance sans un grand plan d’investissement européen. Chacun sait aussi qu’il n’y aura pas de relance de la construction européenne sans projets communs entre l’Allemagne et la France. C’est en effet de là que sont sortis tous les grands projets européens : l’euro, la défense commune et la libre circulation des personnes ont commencé par la fixation d’une parité entre le franc et le mark, par la création d’une brigade franco-allemande et par les accords de Schengen.

Depuis le début du premier mandat de Jacques Chirac, plus aucun projet d’importance n’est venu nourrir la réalité et l’imaginaire franco-allemands, et donc européens. Il est urgent d’en imaginer un nouveau. Il peut s’agir d’un projet dans le domaine de l’éducation, de la culture, de la santé, de l’environnement ; il devra en tout cas être structurant et pouvoir s’étendre ensuite aux autres membres de l’Union européenne. A mon avis, comme à celui de quelques autres, le meilleur projet, aujourd’hui, serait d’organiser la fusion entre les deux compagnies ferroviaires : la SNCF et son homologue allemand, la Bundesbahn.

Même si elles se livrent en ce moment une bataille sauvage sur tous les plans, comme l’a montré encore très récemment la recomposition du capital d’Eurostar (la société publique française vient d’acquérir la majorité de celui-ci), ces deux entreprises sont très complémentaires : la SNCF est meilleure sur le transport des voyageurs, la Bundesbahn sur le fret ; la SNCF est mieux implantée en Europe de l’Ouest, la Deutsche Bahn regarde à l’Est et investit dans une ligne transsibérienne ; l’une est publique, l’autre est en voie de privatisation ; l’une est le lieu de conflits sociaux sourcilleux, l’autre est plus apaisée ; l’une a le TGV et l’Eurostar, l’autre a l’ICE.

Qu’on ne dise pas qu’une telle fusion est impossible : l’exceptionnel succès d’Eurostar, qui sera bientôt rentable, prouve le contraire. Elle permettra de maintenir la dimension de service public des chemins de fer, dans les coins les plus reculés, condition essentielle de l’aménagement du territoire.

Elle améliorera la circulation des hommes et des marchandises, et permettra de réduire la production de gaz à effet de serre, sans pour autant nuire à la concurrence, grâce à l’arrivée prochaine d’autres transporteurs sur les mêmes réseaux ferrés et celle des transports par bus privés. Elle favorisera aussi la modernisation du statut des personnels.

Elle aidera enfin à concevoir un statut d’entreprise publique franco-allemande, sans suivre le byzantin modèle d’EADS, où tout est fait pour que personne ne décide. Et puis un jour - le plus tôt serait le mieux - on en viendra à un statut d’entreprise publique européenne, nécessaire également pour éviter le retour du protectionnisme, en particulier dans le système financier, menacé par des nationalisations entraînant le repli des banques sur leur seul territoire national.

Enfin, cette fusion serait, avec plus de soixante-cinq ans de retard, la meilleure réponse à l’Histoire, qui permit à des trains français, appartenant à la SNCF à peine créée et conduits par des cheminots français, d’emmener des gens de toute la France, de Bordeaux ou de Marseille, jusqu’à Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers, puis jusqu’à Auschwitz, en Pologne, en traversant l’Allemagne.

2 Messages de forum

  • REPONSE DE LA CGT CHEMINOTS

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar…

    FEDERATION CGT CHEMINOTS

    Montreuil, le 19 Août 2009

    Monsieur Jacques ATTALI

    Président

    A & A

    54 rue du Fg St Honoré

    75008 PARIS

    Et également

    Monsieur Jacques ATTALI

    Président

    PLANET FINANCE

    13 rue Dieumegard

    93400 ST OUEN

    Monsieur,

    La contribution titrée « Fusionner SNCF et BUNDESBAHN » que vous avez fait paraître sur le site du journal « L’express », en date du 09 juillet dernier, a suscité parmi la population cheminote nombre d’interrogations, mais aussi colère et indignation, à propos notamment de votre conclusion.

    D’entrée nous attirons votre attention sur le fait que la BUNDESBAHN existait avant la réunification des deux Allemagnes et que depuis, il s’agit de la Die Bahn (DB), comme entreprise organisant le transport ferroviaire et autres activités connexes.

    Vous indiquez, pour semble t-il le déplorer, que les deux entreprises DB et SNCF se livrent à une concurrence sauvage.

    Vous êtes bien placé pour le savoir, cet état de fait résulte de la conjonction des politiques libérales nationales et de l’Union Européenne qui ne voient, de façon dogmatique, l’avenir des activités qu’au travers la libéralisation, la concurrence frontale et la déréglementation.

    Les coopérations utiles, efficaces, répondant mieux à l’intérêt général portées par la Die Bahn et la SNCF en matière de transport de voyageurs et de marchandises sont bannies et condamnées par les intégristes du libéralisme de la Commission Européenne.

    Et cela au nom du dogme car discriminatoire vis-à-vis de la concurrence libre et non faussée dont vous êtes, semble t-il, un adepte !

    De ce point de vue, les citoyens/salariés s’interrogent et se détournent de plus en plus du fait européen, de la construction européenne au moment où l’Europe de par ses politiques traduites, entre autres, par des directives et règlements est de plus en plus présente dans le quotidien des citoyens.

    Ce n’est pas l’Europe en tant que telle qui est en cause mais bien la nature politique de sa construction !

    Pour exercer des responsabilités syndicales au niveau de l’Europe et à l’échelle internationale et après avoir présidé le Comité de Dialogue Social Européen au niveau des chemins de fer, je sais mesurer les dégâts socio-économiques engendrés par ces politiques qui au nom du libéralisme cassent les monopoles publics pour reconstituer des oligopoles privés comme on l’a vu dans nombre de secteurs d’activités, dans les transports singulièrement.

    Pour avoir donné dans les premiers au chapitre Euro grève, le 27 octobre 1992, et depuis dans bien des luttes, les cheminots connaissent l’enjeu de cet affrontement. Ils savent aussi la réalité de promesses formulées à l’époque : « acceptez le traité de Maastricht et nous ferons l’Europe sociale tout de suite après ».

    17 ans déjà, et qui peut décemment prétendre que ce ne sont pas les directives européennes de déréglementation et le cadre coercitif du pacte de stabilité qui conduisent aujourd’hui à dégrader notre quotidien avec la fermeture de bureaux de poste, de services hospitaliers, d’écoles, de gares, la privatisation galopante d’EDF/GDF… ?

    Qui peut prétendre que cette politique n’a pas montré ses limites voire ses dangers dans des domaines aussi essentiels que l’éducation, la santé, les transports, les télécommunications, l’énergie et dans d’autres secteurs d’activités comme la pêche et l’agriculture… ?

    Poursuivre dans cette voie procède d’un parti pris, mais sûrement pas de l’aspiration à vivre mieux et d’une volonté de moderniser, de développer les services publics et de répondre à l’intérêt général.

    C’est donc bien la nature de ces politiques là qui n’ont de cesse de mettre en concurrence les pays, les peuples, les salariés qui ont conduit les Français à rejeter majoritairement le Traité Constitutionnel Européen, le 29 mai 2005, et à une progression de l’abstention (60%) lors des élections européennes du 07 juin 2009, sanctionnant de ce fait à notre sens, ceux qui poussent l’ultralibéralisme dans les institutions européennes et nationales.

    Nous serons encore plus solennels pour évoquer votre conclusion.

    Nous vous citons :

    « Enfin, cette fusion serait, avec plus de soixante cinq ans de retard, la meilleure réponse à l’Histoire, qui permit à des trains français, appartenant à la SNCF à peine créée et conduits par des cheminots français, d’emmener des gens de toute la France, de Bordeaux ou de Marseille, jusqu’à Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers, puis jusqu’à Auschwitz, en Pologne, en traversant l’Allemagne. »

    Comment une personnalité de votre rang peut-elle justifier la fusion des deux entreprises ferroviaires Allemande et Française en invoquant une période sombre de l’Histoire, stigmatisant au passage, sans distinction, sans discernement, la corporation des cheminots français !?

    Il va sans dire, Monsieur ATTALI, que votre « sortie », suscite de nombreuses réactions indignées parmi la population cheminote et au-delà.

    Elle s’ajoute à celles de ceux qui, au travers de procès en justice notamment, portant sur l’attitude de la SNCF à propos des convois par chemins de fer des déportés juifs, tentent de réécrire l’Histoire, visant la corporation des cheminots et l’image de résistance incontestée qui lui est attachée.

    Qu’il y ait eu au sein de la SNCF des collaborateurs zélés et des agents obéissants vis-à-vis du gouvernement de Vichy et des occupants allemands qui doublaient la hiérarchie dans les emprises ferroviaires, c’est l’évidence même. Des représentants de la SNCF ont notamment participé à l’élaboration des conditions techniques (horaires, matériels) des transports de déportation. Que la corporation dans sa plus large composition se soit particulièrement distinguée par des actes de résistance, de désobéissance, de désorganisation et de sabotages des transports, malgré un attachement légendaire à leur outil de travail, est une autre évidence.

    Unis par leur statut depuis 1938 les cheminots sont porteurs d’un esprit de solidarité et de lutte, valeurs qui, dès l’occupation, structurent de manière prépondérante une conscience de résistance reconnue historiquement et politiquement.

    A cet égard, le déclenchement de la grève insurrectionnelle des cheminots du 10 Août 1944 donnait le signal du soulèvement du peuple parisien qui fut décisif dans la Libération de Paris. Cette grève insurrectionnelle est la seule grève qui est officiellement et annuellement commémorée avec les honneurs militaires, par une cérémonie à l’Arc de Triomphe.

    Rappelons qu’en hommage aux mérites civiques et militaires des cheminots dont la seconde guerre a coûté la vie à 8 938 cheminots dont parmi eux 809 fusillés, massacrés, 1157 morts en déportation et 15 977 blessés pour faits de résistance, la SNCF reçut le 30 octobre 1949 la Légion d’Honneur et la Croix de guerre avec palmes.

    Voilà résumées, Monsieur ATTALI, les appréciations et réflexions que nous a inspiré votre tribune sur le site du journal l’Express et en lien avec les interpellations dont nous sommes l’objet à ce sujet.

    Nul doute que vous aurez à cœur de répondre à notre courrier, dans l’attente, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

    Didier LE RESTE Secrétaire Général

  • Bonjour à toutes et à tous,

    Les européistes comme Attali sont favorables à de telles fusions pour plusieurs raisons que voilà :

    Cela force la fabrication d’une Europe dont on pourra difficilement revenir en arrière.

    Et cela force une privatisation dont on pourra difficilement se défaire.

    La conclusion d’Attali est évidemment fausse : s’il y avait eu une compagnie de chemins de fer commune à la France et à l’Allemagne pendant la "deuxième guerre mondiale", cela n’aurait pas entravé, comme il le prétend, mais énormément facilité le transport des déportés par les nazis.

    Comme la conclusion d’Attali n’a aucun sens en première intention, il faut y rechercher un sens subliminal, une propagande qui vise à atteindre non pas le conscient, qui pourrait facilement se défendre, mais l’inconscient. Le but d’Attali est de dire sans en avoir l’air : « Vous les cheminots êtes tous coupables d’avoir transporté les juifs de France en Allemagne et vous êtes coupables du génocide ; donc, face à ma proposition, moi qui suit juif, vous n’avez rien à dire : fermez votre gueule, vous n’avez aucun droit à faire grève contre mon projet. » et de ce point de vue, la réponse faite par Didier LE RESTE est très bonne. J’aurais seulement rajouté un conseil à Attali : voir ou revoir l’excellent film : LA BATAILLE DU RAIL.

    Je tiens cependant à dire que Didier LE RESTE se trompe quand il prétend que la majorité de la population française est "pour une autre Europe". Elle est tout simplement et à juste titre "contre l’Europe", tout simplement ; car elle sent confusément que le slogan "pour une autre Europe" est un piège destiné à nous faire accepter l’Europe. Europe dont la population française ignore malheureusement encore qu’elle fut voulue par les Américains avec le plan Marshall de 1947 afin de lutter contre la révolution.

    Bien à vous,
    do
    http://mai68.org

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