VIVE LA RÉVOLUTION

LE LAIT DE LA HONTE

samedi 19 septembre 2009, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 19 septembre 2009).

« Tout ce qui n’est pas donné est perdu »

Les culs-terreux qui détruisent leurs récoltes ne connaissent pas cette phrase de Tagore, ni le prénom des enfants français, indiens ou africains qui meurent d’anémie faute de lait en poudre.

Leur opération d’épandage de lait, aux abords du Mont saint-michel, est une injure à ceux et celles qui ont à peine un euro, par jour, pour survivre.

Toute l’eau de la Manche ne suffirait pas à laver l’affront de ce presque crime contre l’Humanité…

L’analogie de cette marée blanche avec les marées noires qui souillèrent jadis le littoral saute pourtant aux yeux, mais aucun journaliste ne tente la comparaison…

Les paysans indiens parleraient de sacrilège, de malédiction affligée à la Terre nourricière.

Nos péquenots en colère, eux, se foutent de la faim dans le monde et de la portée morale ou symbolique de leur action.

Ici on parle de scénario spectaculaire (pensez donc douze millions de bidons de lait répandu !), d’image certes regrettable mais efficace.

Les propriétaires de veaux, vaches, cochons communiquent, sur le mode du gâchis, avec leurs alter ego de la grande distribution et du secteur industriel qui organisent famines et disettes partout sur la Planète.

Les paysans de la FNSEA sont complices jusque dans leurs révoltes des gens qui, par ailleurs, les exploitent.

Au lieu d’attaquer les banques et piller les supermarchés, ils s’en prennent indirectement aux ventres affamés.

Leur révolte n’est jamais tournée contre les banquiers ni les capitalistes, mais contre les prolétaires dont ils craignent, un jour, de partager le destin.

Les exploitants agricoles se révèlent souvent de féroces exploiteurs d’ouvriers saisonniers…

Leur geste foncièrement méchant, aujourd’hui, est semblable à celui d’un directeur d’Intermarché, qui, avant de jeter ses invendus à la poubelle, les asperge d’eau de Javel afin que les miséreux ne puissent les consommer.

Ces Koulaks préfèrent brûler leurs champs, leur maison, couper leurs arbres, assassiner leurs vaches, porcs, poulets et lapins, se pendre ! plutôt que partager.

Ils portent au plus profond d’eux-mêmes le mépris du communisme et se croient au centre de l’Univers.

Quand je demandais récemment à un responsable de la Confédération paysanne de la Drôme le lieu et la date de la prochaine distribution de lait, le petit propriétaire me répondait, avec un sourire en coin : « nous ne les donnons pas parce que certains malins pourraient venir organiser la revente… »

Si une révolution sociale embrasait les consciences, le paysan et le banquier seraient ligotés, dans le même fagot, et jetés au même feu de joie..

HIMALOVE

11 Messages de forum

  • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 06:47

    Salut Himalove,

    Tu te trompes sur plusieurs points :

    — 80% des Blancs continuent à digérer le lait passé l’age de 8 ans, mais seuls 20% des autres populations continuent à le digérer passé cet âge, ce qui atténue tes remarques.

    — Au début des années 1970, il y avait eu un boycott de Nestlé pour les raisons suivantes : le lait en poudre envoyé en Afrique noire était nuisible car sans vitamine et indigeste etc. Les gens s’en servaient pour chauler les cases. C’est tout ce qu’ils pouvaient en faire.

    — Envoyer du lait en poudre là où il n’y a pas d’eau potable est un non-sens !

    — Comment veux-tu que des paysans qui perde de l’argent en vendant leur lait aient les moyens d’envoyer celui-ci en Afrique par exemple.

    Puisque les agriculteurs et paysans ont décidé d’une grève du lait, c’est-à-dire de ne pas livrer leur lait aux intermédiaires parasites qui le leur achètent moins cher que le coût de production, que veux-tu qu’ils fassent du lait. Je suis bien sûr que si tu avais du fric et leur proposais de donner ce lait ailleurs en finançant ne serait-ce que son transport, ils te donneraient leur lait avec plaisir. Mais personne ne leur a fait une telle proposition !

    Amitiés
    do
    mai68.org

    Post-scriptum : Je croyais que tu étais un peu attiré par la pensée de mao qui, lui, voulait faire la révolution et réaliser le communisme avec les paysans, tu as changé d’avis ? Tu penses maintenant comme l’ancien parti "communiste" d’URSS qu’il faut faire disparaître les paysans (koulaks) de la terre ?

  • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 06:53, par do

    Le symbole du communisme, puisque tu parles de symbole, c’est la faucille et le marteau : la faucille du paysan alliée au marteau de l’ouvrier.

  • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 07:04, par Directement du producteur au consommateur !

    Paysans, allez devant les grandes surfaces pour vendre votre lait FRAIS à 40 centimes d’euros le litre (puisque c’est ce que vous réclamez)

    À BAS LES INTERMÉDIAIRES PARASITES !

  • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 08:29

    Pourquoi les paysans ne donnent-ils pas gratuitement le lait à leurs voisins ? Là est la question…

    • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 08:36

      Tu crois sérieusement qu’ils ne le font pas ? Ce n’est tout simplement pas suffisant pour éliminer les stocks !

      Et vendre le lait à 40 centimes à l’entrée des supermarchés ne sera pas non plus suffisant pour éliminer les stocks, même sil faut le faire quand même.

  • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 09:25

    distribution de lait gratuit le 22 septembre a partir de 12 h place de la république à Paris, venir avec sa ou ses bouteilles.

    source démosphere.

  • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 11:26

    Distribution de lait à Paris le 22 sept : paysans en colère, paysans solidaires

    Les producteurs de lait sont « en grève » de livraison. Cette situation résulte des décisions prises par les pouvoirs publics et les industriels laitiers. Les paysans lassés de travailler sans revenu, sont contraints de ne pas commercialiser aux industriels le produit de leur travail pour espérer être entendus.

    Cette situation de détresse est analogue à celle que vivent les ouvriers et les employés dans les entreprises qui ferment, dans les usines délocalisées, à la dégradation continue des conditions de vie des travailleurs de ce pays.

    Pour sensibiliser les consommateurs, pour que leur geste soit aussi un geste de solidarité, pour que le produit de leur travail soit utile, les producteurs de la Confédération paysanne organisent une grande distribution de lait, le mardi 22 septembre à partir de midi, Place de la République à Paris.

    La Confédération paysanne appelle les associations, les syndicats, les chômeurs les précaires et tous les citoyens de ce pays à se rendre

    Le mardi 22 septembre 2009-09-17 place de la république à Paris à partir de 12h00

    Pour une grande distribution de lait cru au cul du camion (amenez vos bouteilles et vos bidons)

    Contacts :

    André BOUCHUT, secrétaire national 06 73 39 58 99
    Yves SAUVAGET, Confédération paysanne Manche : 06 61 87 89 25
    Dominique VEROT, animateur 01 43 62 04 04

  • LE LAIT DE LA HONTE 19 septembre 2009 11:30

    Lait sous pression dans le Cantal

    http://www.ilaca.info/2009/09/19/la…

    19 sept 2009

    D’après la confédération paysanne du Cantal, pour le lait « la solution est politique, les élus ruraux doivent se positionner ».

    En distribuant du lait gratuitement, les producteurs de lait du Cantal de la Confédération Paysanne, représentée par leur Président Michel Lacoste et Alain lafon, Président de la commission lait, ont déjà rencontré plusieurs fois les députés, sénateurs du Cantal, et font appel à leur mobilisation suite à des prix d’achat trop faibles et une situation enlisée.

    Pour info : Le prix du lait de cétégorie A est acheté au producteur environ 28 Centimes d’euros, sont prix de revient est de 32 à 33 centimes et il est vendu au consommateur de 0,80 à 1,50 €

    Manifestation et Distribution de lait au centre ville d’Aurillac

    Cette crise affecte énormément le milieu rural par le nombre d’emplois qu’elle met en danger malgré le soutien du Vice Président de la Commission Agricole de l’Union Européenne.

    Par leur présence avenue Gambetta à Aurillac, les producteurs de lait revendiquent la remise en cause de la décision de supprimer les quotas en 2015, le gel des augmentations de quotas prévues dans le bilan santé de la PAC, la baisse de 5% du quota européen, le prélèvement de pénalités pour le dépassement dans tous les états membres, et immédiatement définir une mesure de retrait des stocks de produits industriels en proposant une introduction des ces excédents dans l’alimentation animale.

    Devant le Conseil Général

    Confédération Paysanne du Cantal
    Maison des syndicats
    7 place de la paix
    15000 Aurillac
    Tel : 04 71 43 30 50

  • LE LAIT DE LA HONTE 22 septembre 2009 09:47

    Il faudrait qu’ils en fasse quoi, du lait ? il faudrait qu’ils payent pour stocker le lait qu’ils refusent de vendre à perte ?

  • LE LAIT DE LA HONTE 26 septembre 2009 20:07, par Himalove

    Salut do,

    Les paysans industriels ont détruit 500 millions de litres de lait, en Europe. Le chiffre est astronomique et ne semble pas émouvoir la télévision et les radios…

    On est loin avec un tel volume d’une opération spectaculaire de communication. Avoues-le !

    Je parle d’un mouvement à caractère fasciste parce que les gros paysans n’ont pas à hésiter à sacrifier leur solidarité avec les plus faibles pour satisfaire leur soif de profit. Le côté corporatiste de leur action ne t’a pas échappé…

    Je connais bien ce milieu ; je travaille comme ouvrier agricole saisonnier depuis trois ans.

    Amicalement.
    Himalove

    • LE LAIT DE LA HONTE 27 septembre 2009 15:20, par do

      Salut Himalove,

      Évidemment que les paysans ont détruit une énorme quantité de lait, car à partir du moment où ils avaient pris la décision de ne pas le vendre à perte aux intermédiaires parasites, que voulais-tu qu’ils en fassent ? Qu’ils le stockent à leur frais alors qu’ils perdent déjà de l’argent tous les jours ? Ça leur revenait moins cher de détruire le lait et de montrer au monde entier ce qu’ils étaient obligés de faire, en espérant quelques réactions avant de passer à des actions plus violentes, comme en est coutume le milieu paysan qui, lui, sait bien que les opérations de communications ne sont pas suffisantes et qu’il est nécessaire d’établir un rapport de force.

      Et, à propos de rapport de force, tu me dis que tu connais bien le milieu paysan depuis trois ans. Cela m’étonne, je croyais que c’était depuis plus longtemps : les maos du Népal n’étaient-ils pas des paysans ? Aurais-tu déjà oublié ? Bien sûr, tu sous-entendais probablement le milieu paysan français ; dans ce cas, moi, c’est depuis ma plus tendre enfance que je connais le milieu paysan. Car si j’ai été principalement éduqué en milieu ouvrier, je l’ai été aussi secondairement en milieu paysan. Et j’ai eu, une fois adulte, des ami-e-s dans ce milieu. Alors, sache ceci : les paysans sont convaincus depuis des dixaines d’années que l’État français a décidé de les faire disparaître ! Peut-être au profit de l’agro-alimentaire américain.

      Je ne suis pas du tout convaincu du côté corporatiste de l’action des paysans. Il s’agit d’une opération de survie, un point c’est tout. En gros, ils n’avaient pas le choix. Leur "corporatisme", on l’a vu en mai 68 quand ils ont livré gratuitement des produits alimentaires aux grévistes pour les aider à tenir le coup. Et on l’a revu encore fin des années 1980 quand les infirmières menaient la lutte de classe avec leur coordination. Elles furent rejointes par les ouvriers de je ne sais plus quelles entreprises, peut-être automobiles, et par la coordination paysanne qui avait pu se monter à cette époque. Les paysans livraient gratuitement leurs marchandises à tout ce monde en lutte. Alors, le corporatisme des paysans, il est où ? Comment peux-tu aimer les paysans du Népal et détester les paysans français ? Tu les crois si différents ?

      Et de toute façon, une opération corporatiste n’est pas nécessairement une opération fasciste. Et puis, chaque fois qu’une branche de métier se met sérieusement en grève, le pouvoir trouve toujours le moyen de l’attaquer pour son soit-disant "corporatisme". Pourquoi entres-tu dans ce jeu ? Et même quand il y a corporatisme, quand d’autres branches se mettent aussi en grève, avec chacune son corporatisme particulier, l’alliance de ces divers corporatismes a tendance à détruire tout corporatisme au profit de la lutte de classe. Tu vois, le corporatisme n’amène pas forcément au fascisme. Ce n’est pas de la faute des paysans si, pour le moment, c’est le seul milieu réellement en lutte et qu’il ne puisse par conséquent faire alliance avec aucune autre branche de production. C’est tout simplement les paysans producteurs de lait qui ont commencé la lutte en tant que branche entière et pas seulement par ci par là quelques rares usines en grève sans rééls liens solides et durables de solidarité entre elles, comme c’est malheureusement encore le cas aujourd’hui dans le milieu ouvrier qui n’a pas encore su, lui, passer par dessus ses "organisations" syndicales pour lancer un mouvement digne de la lutte de classe.

      Les paysans se sont mis à lutter d’une façon forcément auto-organisée puisque le plus gros syndicat, la FNSEA, était contre eux et que la Confédération paysanne ne les a rejoint qu’une fois qu’ils avaient réussi, sans l’aide d’aucun syndicat national, à lancer leur mouvement. Il FAUT les soutenir !

      À propos de l’actuel mouvement paysan, les coupables sont les intermédiaires parasites, comme on disait dans les années 1970, pourquoi n’en parles-tu pas ? Si j’avais mauvais esprit, je te reprocherai d’être dans leur camp. Mais je sais très bien que ce n’est pas pour ça que tu as pris cette position.

      Amicalement,
      do
      http://mai68.org
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