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Hôpital - SNCF - PTT - EDF-GDF - quelles sont les différences entre un service public, une entreprise publique, et une entreprise privée ?

samedi 16 janvier 2016, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 25 décembre 2011).

Rappel de définitions malheureusement oubliées mais indispensables à la lutte de classe, et notamment à la lutte contre la privatisation de la Poste.

Salut à toutes et à tous,

C’était pour soutenir il y a quelques années une grève de la SNCF que j’avais écrit ce texte. Je le publie à nouveau ici en remplaçant le sigle SNCF par La Poste, car il est indispensable de savoir qu’un service public, ce n’est pas la même chose qu’un entreprise publique. Et il faut bien connaître les caractéristiques de ces TROIS choses différentes les unes des autres que sont un service public, une entreprise publique et une entreprise privée.

25 décembre 2011

Bien à vous,
do
http://mai68.org

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LA POSTE N'EST PAS UNE ENTREPRISE PUBLIQUE !

     Le service public, c'est un peu de communisme au sein du capitalisme. C'est aussi la barrière de sécurité qui interdit aux patrons du privé de trop exploiter leurs salariés. C'est pourquoi tout le monde doit se mettre en grève pour empêcher la privatisation de la Poste !

     Quand le rapport de force cesse d'être en notre faveur, nous perdons sur tous les terrains. Et en particulier sur celui du vocabulaire.

     Comme en ce moment, grâce à divers mouvements de contestation telles que les grèves, les émeutes etc., le rapport de force est en train de nous redevenir favorable, il est bon de rappeler un certain vocabulaire de base.

     Les entreprises privées appartiennent à un ou plusieurs patrons. Évidemment, le but des patrons est uniquement de faire un maximum de profit. Les employés sont esclavagés le plus qu'il est possible.

     Les entreprises publiques, ou entreprises d'État, appartiennent totalement à l'État. Elles ne bénéficient pas du monopole et cherchent à faire du bénéfice. Mais, appartenant à l'État, elles sont censées moins esclavager leurs salariés, qui ne peuvent pas se faire virer aussi facilement que dans les entreprises privées et ont donc un droit effectif de grève nettement supérieur. Les entreprises publiques sont un intermédiaire entre service public et entreprises privées. Par exemple, Renault était une entreprise publique.

     Les services publics appartiennent totalement à l'État, ils bénéficient d'un monopole total et ne sont pas du tout à la recherche du profit. La recherche d'un quelconque bénéfice ne les intéresse en rien ! Leur seul but est de rendre service au public. Et en particulier à leurs propres salariés.

     Par exemple, les PTT étaient un vrai service public. C'est-à-dire que ses salariés étaient des fonctionnaires et ne pouvaient quasiment pas se faire virer, mais aussi, les PTT rendaient exactement les mêmes services à une personne complètement isolée au fin fond de sa campagne qu'à quelqu'un habitant en plein centre-ville.

     Par exemple, les PTT installaient le téléphone à la personne habitant à la campagne pour le même prix que si elle avait habité en ville. Alors que si elle est complètement isolée à 50 km de tout village, il va falloir installer 50 km de poteaux téléphoniques. Seule la non recherche de bénéfices et donc le monopole total permettait cela.

     Mais les services publics rendent aussi un autre service inappréciable. Les salariés du service public peuvent se mettre en grève plus facilement que les autres. Une fois les services publics en grève, il est plus facile aux salariés des diverses entreprises de se mettre en grève aussi. Et de toute façon, ce que les salariés du public (les fonctionnaires) réussissent à obtenir finit à un moment ou à un autre par être acquis aussi pour les salariés des entreprises, même privées !

     La Poste n'est pas une entreprise publique :

    La Poste est un service public, ce qui est beaucoup mieux qu'une entreprise publique ! En ce moment, le pouvoir nous "promet" : « La Poste est une entreprise publique et elle le restera ! » Cela signifie que le pouvoir veut nous faire avaler la couleuvre que la Poste n'est dors et déjà plus un service public, mais seulement une ENTREPRISE publique ! que désormais la recherche du profit est devenu obligatoire et que le monopole doit être considéré comme perdu ! Ceci est inacceptable, et, de surcroît, c'est effectivement un pas supplémentaire vers la privatisation.

     Ce n'est pas à la privatisation rampante de la Poste à laquelle nous assistons depuis des années, mais à la privatisation progressive de TOUT le service public. C'est pourquoi la grève ne doit pas seulement toucher la Poste, mais TOUT le service public, donc aussi les enseignants. Et, si l'on tient compte que les acquis du public sont destinés à être un jour ou l'autre acquis aussi par les salariés du privé, ceux-ci aussi doivent se mettre en grève totale et illimitée.

     Comprenez bien que quand il n'y aura plus de service public, tout le monde sera perdant, et en particulier les actuels salarié-e-s du privé. Car, en ce moment, dans leurs négociations avec les patrons, ils peuvent encore viser à obtenir les mêmes avantages que dans le public. Mais quand le public n'existera plus...

     Pour vaincre la Gaule, César a vaincu chaque tribu gauloise l'une après l'autre. Si Vercingétorix a su si bien lui résister, c'est parce qu'il avait réussi a faire l'union de plusieurs tribus gauloises. Si toutes et tous, public, privé, chômeurs, SDF, immigrés, faucheurs volontaires, indépendantistes corses ou Bretons ou Basques, etc., nous nous unissons dans une même coordination, alors nous pourrons abattre le capitalisme et aussi l'impérialisme et cesser définitivement d'être des esclaves.

     GRÈVE GÉNÉRALE SAUVAGE TOTALE ET ILLIMITÉE !

     http://mai68.org/textes/coordination.htm

Merci pour votre attention,
Meilleures salutations,
do
http://mai68.org

Post-scriptum :

0°) Celles et ceux qui veulent voir l'importance des questions de vocabulaire peuvent lire mon texte sur le concept :

http://mai68.org/liens/concept.htm

1°) Sur l'union des diverses révoltes avec les révoltes indépendantistes, lire ceci :

http://mai68.org/ag/837.htm

2°) Nous devons faire grève pour plusieurs choses. Et aussi pour empêcher la destruction-privatisation de la Sécurité Sociale. À ce sujet, il est à noter qu'on ne parle déjà plus de "Sécurité Sociale", mais d'"assurance maladie", comme si la sécurité sociale avait déjà été privatisée et que désormais il fallait prendre une assurance privée !

3°) Nous devrons reconquérir une vraie sécu et un vrai système de retraites pour toutes et tous (travailleurs du public ET du privé !) comme il y a quelques dixaines d'années.

http://mai68.org/journal/N53/7fevrier2001.htm

4°) Nous devrons obtenir une re-nationalisation totale de tous les services publics privatisés ou semi-privatisés (et en voie de privatisation : "ouverture du capital" étant une expression inventée par Jospin, puis reprise par la droite, et destinée à camoufler vaguement la réalité de certaines des couleuvres qu'on a voulu nous faire avaler) depuis 25-30 ans ! Un retour au VRAI service public doit à tout prix être obtenu. Même si pour cela il nous faut totalement sortir de l'Europe !

5°) L'argent possédé par les capitalistes et en particulier par les banques est de l'argent qui nous a été volé :

http://mai68.org/tracts/patrons/Lespatrons.gif

La même BD, mais de meilleure qualité prête à être tirée sur un tract ou au dos d'un tract :

http://mai68.org/tracts/patrons/patrons.bmp

6°) Le déficit public, c'est de l'argent que l'État doit à des banques privées. C'est de l'argent qui a servi par exemple a financer la sécu ou la retraite. Comme l'argent possédé par les capitalistes en général et par les banques en particulier est de l'argent qui nous a été volé, il serait légitime que cet argent dû aux banques privées par l'État continue à ne pas être remboursé ! Cela ferait ainsi revenir vers la population une infime partie de ce que le capitalisme lui a volé. La richesse des riches, par rapport aux pauvres qu'ils exploitent, se compare évidemment à la richesse d'un paysan par rapport à ses vaches ! Les riches sont riches : ils peuvent payer !

http://mai68.org/textes/riches.htm

7°) Ne vous suicidez plus, vengez-vous en semant la révolte partout et en mettant ce pays en grève. Considérons chaque suicide comme un appel à la grève générale ! Combien faudra-t-il de Jan Palach pour en arriver à donner une suite sérieuse à mai 68 ?

8°) Diffusez ce texte partout où vous pourrez !

2 Messages de forum

  • Voir aussi cette analyse selon laquelle la distinction entre service public et entreprise publique ne serait pas judicieuse :

    http://democratiedirecte.net/entrep…

    Répondre à ce message

    • Voici ce que est dit à ce lien concernant la différence entre entreprise publique et service public :

      Services publics et entreprises publiques

      Il est souvent convenu de distinguer :

      • - services publics : fournissant des biens ou services gratuits, et se finançant par les impôts ;
      • - entreprises publiques : fournissant des biens ou services payants, et se finançant par le prix de vente.

      Selon nous cette distinction n’est pas judicieuse car inutilement dichotomique. En effet il est loin d’être évident que des organisations du secteur public devrait être financée intégralement par les impôts ou par les prix. Il nous paraît plus efficace de considérer que chaque entreprise publique (pour nous synonyme de "service public") s’inscrit à une place particulière dans un continuum limité par deux cas extrêmes (rarement vérifiés) :

      • - 0% de financement par l’impôt, 100% de financement par le prix de vente ;
      • - 100% de financement par l’impôt, 0% de financement par le prix de vente ;

      La plupart des entreprises publiques sont financées par un mixage d’impôts et de prix : x % par l’impôt, 1-x % par les prix. Chaque entreprise publique peut ainsi être gérée comme un cas particulier, et son mixage de financement adapté à ses spécificités.

      Réponse de do :

      La personne qui écrit ce texte est extrêmement mal informée.

      Où a-t-elle vu que les services publics se définissent en ce qu’ils fournissent des biens et des services gratuits ?

      C’est FAUX : la poste était un service public au sens plein du terme. Et pourtant, il a toujours fallu mettre un timbre poste payant pour envoyer une lettre. C’est loin d’être gratuit ! Et, même à l’Éducation nationale, pourtant censée être gratuite, il faut des fournitures scolaires très chères payées par les familles.

      Ensuite, une entreprise publique n’est pas financée par l’État. Elle appartient en théorie à cent pour cent à l’État, et pas à un certain pourcentage entre 0 et 100. C’était le cas par exemple de Renault après sa nationalisation par de Gaulle à la sortie de la guerre, parce que les Renault avaient collaboré. Mais l’entreprise publique Renault n’était absolument pas financée par l’État ! Seuls les bénéfices qu’elle tirait de ses ventes la finançaient.

      Si, aujourd’hui, on a l’impression que les entreprises publiques n’appartiennent pas forcément à 100% à l’État, c’est qu’elles ont été partiellement privatisées. Notamment par Jospin qui, pour faire passer la chose, parlait d’« ouverture du capital » au lieu d’utiliser la vraie expression : « privatisation partielle ». Mais, une entreprise publique se définit bien par le fait qu’elle appartient en totalité à l’État, tout en cherchant malgré tout à faire des bénéfices pour vivre de ses fonds propres.

      Quant aux services publics, ils sont effectivement financés en partie par les bénéfices des services qu’ils vendent, et en partie par l’État ; sauf l’Éducation Nationale, qui ne peut qu’être totalement financée par l’État, vue la volonté d’une école obligatoire et gratuite. Ce qui différencie essentiellement les services publics des entreprises privées, c’est le monopole. Ainsi, quand l’auteur de ce texte prétend qu’une entreprise publique, c’est la même chose qu’un service public, il se trompe lourdement, puisque Renault devait subir la concurrence de Simca, de Ford, de Citroën, etc. Tandis que La poste, quand elle était encore un vrai service public, ne subissait absolument aucune concurrence : elle avait le monopole. Il en allait bien sûr de même pour EDF-GDF et pour la SNCF.

      Ainsi, quand l’auteur prétend que l’expression "entreprise publique" est synonyme de "service public", il prouve tout simplement qu’il ne sait absolument rien des services publics. Peut-être cette personne est-elle trop jeune pour avoir connu de vrais services publics et de vraies entreprises publiques dans ce pays, où on privatise tout ça à vitesse grand V depuis que les anciens résistants ne sont plus là pour déterrer les armes qu’ils sont loin d’avoir toutes rendues à la "Libération" ?

      Bien à toi,
      do
      http://mai68.org

      Remarque sur l’Éducation nationale :

      Il est vrai que l’Éducation Nationale est un cas particulier, puisque c’est un service public qui n’a pas tout à fait le monopole. C’est l’exception qui confirme la règle.

      En fait, cela provient tout simplement que l’Éducation Nationale, dans l’esprit, doit devenir un service public, donc avec le monopole, mais qu’elle n’y est pas encore parvenue. D’où cette lutte permanente entre privé et public au niveau de l’école.

      Le fait que, dans l’esprit, l’Éducation Nationale soit un service public en devenir, c’est-à-dire pas encore tout à fait un service public, mais qui fait tout pour l’être, se voit bien au fait qu’en 1984 les forces de gauche dans ce pays ont cherché à nationaliser les écoles privées pour les intégrer ensuite à l’Éducation Nationale. Sans y parvenir malheureusement.

      Il faut dire que Mitterrand avait cédé immédiatement à une manif gigantesque à Paris. Mais il n’était pas obligé de céder. D’autres dirigeants n’ont jamais cédé à des manifs encore plus imposantes. Par ailleurs, de nombreux profs du privé auraient préféré devenir des fonctionnaires, avec tous les avantages qui vont avec ; mais, ont quand même manifesté à Paris contre cette réforme parce qu’ils avaient peur que, sinon, les patrons de leurs écoles privées ne les virent. Ils ont eu peur de se retrouver au chômage s’ils n’allaient pas à cette grande manifestation commanditée et financée par les forces les plus réactionnaires de ce pays.

      Par ailleurs, il faut bien dire que, si l’Éducation Nationale n’a pas le monopole en droit ; dans les faits, elle n’est pas loin de l’avoir, puisque l’immense majorité des élèves la fréquentent au lieu d’aller dans le privé :

      Population scolaire : 2009-2010 :

      Primaire (p77)

      Public : 5 751 667 ; soit : 86,5%
      Privé : 895 424 ; soit : 13,5%

      Depuis 1990, le rapport public privé est très stable de 86.4 % à 86.5% pour le public. Depuis 2009 les effectifs augmentent dans le public (+0.3%) et stagnent dans le privé.

      Secondaire (p 95)

      Public : 4 201 017 ; soit : 78,8% Privé : 1 130 712 ; soit : 21,2%

      En 1990 le public représentait 79.8% est en légère diminution

      Source Mediapart reprise ici :

      http://mai68.org/spip/spip.php?article8922

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