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Du village primitif au monopole banco-centraliste, cinq formes du capital et trois stades du capitalisme

mercredi 18 mai 2022, par Luniterre (Date de rédaction antérieure : 15 mai 2022).

Dans l’économie primitive antique le « cheptel », somme de têtes de bétail, représente aussi le « capital », la richesse de son propriétaire.

Pourtant, dans une communauté villageoise primitive plus ou moins autarcique, où chaque agriculteur vit de sa propre production et n’échange les surplus que contre ce qu’il ne produit pas lui-même, et le plus souvent, avec les artisans du village, il y a peu de chance que cette économie génère une forme de capitalisme, considérée comme accumulation significative de capital.

Quel que soit le mode de paiement ou d’échange, l’équilibre a tendance à s’établir en fonction des besoins basiques de survie des participants.

Il y a une correspondance presque « naturelle » entre valeurs d’échange et valeurs d’usage. Chacun engage dans l’échange une partie de sa production correspondante aux besoins non satisfaits par celle-ci. Les « prix » éventuellement monétaires ou valeurs troquées correspondent, par la force des choses, aux capacités productives de chacun, c’est-à-dire aux capacités de travail des participants.

Les choses commencent à changer lorsque surgissent des besoins non satisfaits par les productions locales, et surtout, lorsque la fonction d’échange devient une activité séparée de la production, une activité commerciale en soi, et donc une activité dans laquelle les producteurs n’échangent plus directement entre eux.

Dans cette évolution il n’y a plus nécessairement une correspondance entre la valeur des surplus qui sortent de la communauté et celle des biens qui y rentrent. C’est tout l’art du marchand primitif de vanter sa marchandise au point de susciter de nouveaux besoins locaux démesurés par rapport au travail réellement investi dans les biens qu’il apporte à la communauté.

C’est dans cette démesure que se situe son bénéfice, et un début d’accumulation significative du capital.

Pour autant, la valeur d’usage des biens réside dans le travail des producteurs et non dans celui des marchands. Acheter à prix coûtant et revendre plus cher n’apporte rien aux fonctions utilitaires des marchandises, au-delà des frais de déplacement. Leur valeur réelle n’est que celle du travail qui les a produites.

Le travail du marchand n’apporte rien à la valeur des marchandises, au-delà de ses frais de transport et de stockage.

Son bénéfice, aussi légitime soit-il, ne constitue donc pas à proprement parler une plus-value pour ces marchandises.

Néanmoins, son travail, en démultipliant les échanges possibles, contribue à augmenter la variété et le volume global des marchandises produites, et donc la richesse globale de la société.

C’est ainsi que, même sans investir directement dans l’outil de production, le capital commercial prépare l’avènement du capitalisme industriel.

Avec le développement de la manufacture et les débuts de la révolution industrielle apparaît le prolétariat industriel proprement dit, en tant que classe ouvrière.

Le prolétaire salarié vend sa force de travail pour un temps contractuellement déterminé et pour un salaire déterminé, correspondant à ses besoins de survie et de reproduction de sa force de travail.

Le salaire ainsi déterminé est donc la valeur d’échange de sa force de travail.

La production totale de son travail durant le temps de travail contractuellement établi est donc, quant à elle, la valeur d’usage de sa force de travail, contractuellement la propriété de l’employeur.

C’est la valeur ajoutée par la force de travail de l’ouvrier à la marchandise produite durant ce temps de travail.

La différence entre cette valeur ajoutée et le salaire est donc la différence entre la valeur d’usage de la force de travail et sa valeur d’échange, qui est le salaire.

Cette différence constitue la plus-value, qui permet au capital investi par l’industriel de s’élargir.

En développant la production le capital industriel contribue directement à la création de richesse nouvelle dans la société. Et il le fait à une échelle bien supérieure à celle du capital commercial en réinvestissant continuellement dans des productions nouvelles le capital élargi d’une partie de la plus-value.

Mais à mesure que se développe la production industrielle moderne, et à mesure qu’elle se modernise techniquement de plus en plus, les besoins en investissement pour son développement sont également de plus en plus lourds.

Non seulement les capitaux industriels doivent se concentrer de façon monopolistique, mais ils doivent s’élargir par le crédit bancaire préalablement à l’investissement.

Avec le rôle de plus en plus prépondérant du capital bancaire se forme donc le capital financier moderne, qui prends le pas, comme fraction dominante de la bourgeoisie, sur le capitaliste industriel.

En spéculant dans tous le domaines et sur tous les continents, le capital financier étend le mode de production capitaliste à l’ensemble de la planète.

Mais à mesure que l’outil industriel continue de se moderniser, il nécessite une proportion de main d’œuvre ouvrière de plus en plus réduite par rapport à l’investissement dans la machinerie, de plus en plus automatisée et robotisée.

Or la plus-value, qui permet l’élargissement du capital, réside dans la différence entre la valeur ajoutée par le travail et le coût salarial du travail.

Le temps de travail humain productif se réduisant avec le modernisme, en proportion de l’investissement dans la machinerie, la plus-value se réduit également en proportion, même si la production augmente.

La valeur d’échange de la production représente toujours davantage la valeur d’usage de la machinerie et de moins en moins celle de la force de travail.

L’élargissement du capital se fait de plus en plus par l’élargissement du crédit et non par le réinvestissement de la plus-value. A tel point que l’encours global de la dette mondiale s’accroit plus vite que l’élargissement du capital par la plus-value. Ce n’est plus l’investissement en capital financier spéculatif qui décide de la production, mais la création monétaire par le crédit.

La fraction dominante de la bourgeoisie n’est plus celle des capitalistes financiers spéculateurs mais celle des Banquiers Centraux pourvoyeurs du crédit en dernier ressort.

La production des pseudos-« vaccins anti-covid » est une excellente illustration de cette situation.

On sait maintenant que cette campagne de vaccination forcée n’a eu aucun effet déterminant sur l’issue de l’épidémie, sauf possiblement un effet négatif. Les trusts pharmaceutiques qui ont conçu cette campagne n’étaient pas idiots au point de se croire réellement des sauveurs de l’humanité.

Sans l’appui des autorités et des médias contrôlé par les autorités leur produit eut été typiquement invendable. Le « marché potentiel » eut été dérisoire en comparaison des investissements nécessaires à la production.

La « clientèle » forcée a donc été rendue « solvable » par le fait que les Etats se sont endettés lourdement pour acheter ces « vaccins » aux laboratoires pharmaceutiques. Endettement qui n’a été possible que par la politique de création monétaire des Banques Centrales.

La production des pseudos-« vaccins anti-covid » est un cas typique de production banco-centraliste.

Accessoirement, cette production a donc fait flamber en bourse le cours des actions de ces labos.

La domination du banco-centralisme sur le capitalisme financier est clairement apparue avec la crise de 2008 et l’introduction généralisée des politiques monétaires banco-centraliste de type quantitative easing, consistant à racheter indirectement la dette des Etats en créant de la monnaie disponible en surabondance pour soutenir le cours des titres en bourse.

Des titres qui se sont donc trouvés à un niveau artificiellement suffisamment élevé, également, pour permettre et garantir l’endettement des trusts industriels et financiers autrement potentiellement ruinés par la crise.

Bien entendu, de la communauté villageoise rurale de producteurs indépendants aux trusts monopolistes banco-centralisés, il s’agit là d’une présentation schématique des principales formes du capital et stades du capitalisme, et non pas d’un résumé de l’ensemble de l’histoire économique de la société humaine.

Il n’y a évidemment pas, dans l’histoire humaine, un développement en quelque sorte « séquencé » d’une forme à l’autre. Différentes formes économiques et stades de développement ont coexisté à toutes les époques, mais cette schématisation peut être nécessaire pour permettre une approche de ce qui en est l’essentiel : le lien d’évolution dialectique entre les formes du mode de production et les formes du capital et du capitalisme.

Si l’on définit le capitalisme comme l’élargissement du capital par le processus de production, on a donc défini ainsi cinq formes du capital et trois stades du capitalisme.

La forme villageoise rurale primitive du capital ne peut pas, on l’a bien vu, être considérée comme une forme de capitalisme à proprement parler.

Le capital commercial marchand, lui, constituant pour l’essentiel le stade d’accumulation primitive du capital nécessaire à la suite, peut être considéré comme un premier stade du capitalisme. C’est encore celui qui a donc eu la plus grande durée de vie historique, jusqu’à présent, depuis l’antiquité jusqu’aux débuts de l’ère manufacturière et industrielle.

Le stade du capitalisme industriel proprement dit, celui où la classe des industriels est la fraction dominante de la bourgeoisie, n’aura guère duré, en réalité, que des débuts de la révolution industrielle jusqu’à la fin du XIXe siècle !

En effet, c’est au tournant du XXe siècle que le capitalisme monopoliste financier commence à prendre le pas sur le simple capitalisme productif industriel et s’imposer au monde entier sous sa forme impérialiste si bien définie et décrite par Lénine en 1916.

C’est, selon son expression, le « stade suprême » du capitalisme.

C’est clairement celui qui se trouve en déclin, depuis la fin du XXe siècle, et singulièrement, donc, depuis 2008.

Quant au banco-centralisme, s’il continue, et plus que jamais, de concentrer de façon monopolistique le capital fixe, c’est-à-dire l’outil de production industriel et son infrastructure, il ne le fait donc plus essentiellement sur la base de l’élargissement du capital par la plus-value, mais sur la base de l’élargissement de la dette mondiale banco-centralisée, et à ce titre, il ne peut plus être qualifié de stade de production capitaliste.

Le monopole capitaliste « classique » pompe, par abus de position dominante, de la valeur et de la plus-value créées dans d’autres secteurs d’activité que le sien, mais il s’agit néanmoins encore de valeur et de plus-value réellement créées par le travail productif humain. A ce titre, on peut dire qu’il engrange, pour son compte, une « plus-value extra ».

Le monopole banco-centraliste, lui, se contente de monopoliser le capital fixe d’un secteur d’activité particulier, sans créer réellement de plus-value extra. Il monopolise du capital fixe sur la base de la création monétaire banco-centraliste. A ce titre, il ne fait que transformer du capital fictif en capital fixe, dont il monopolise donc la valeur d’usage, tant en termes de moyens de production qu’en termes de valeurs d’usages produites pour la consommation.

Son « profit » est en fait un bénéfice factice, qui retransforme ainsi une partie de la valeur d’usage du capital fixe en capital fictif. Il n’est en rien une « plus-value extra », ni même une plus-value tout court, au-delà de la part résiduelle de travail productif humain encore subsistante, et tant qu’elle subsiste !

La création monétaire banco-centralisée alimente et anime ainsi le cycle du capital fictif et du capital fixe. Actuellement, et dans la mesure où ces « profits » en fait fictifs ne sont pas intégralement réinvestis, et notamment dans le cas de « dividendes » versés aux actionnaires, c’est ainsi que se creuse inexorablement la dette mondiale. (C’est ce qu’aurait pu expliquer Monique Pinçon-Charlot, dans son récent exposé (*), si elle avait été logiquement au bout de son raisonnement, qui reste, autrement, un simple constat, même si déjà bien utile, au demeurant, tel quel.)

Le banco-centralisme est un mode de production en soi, actuellement déjà en train de supplanter le capitalisme. Ce n’en est pas moins un système de domination de classe, et encore bien plus radical et absolu, dans le genre, que le capitalisme.

Avec la généralisation de la Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC), il représentera le monopole absolu de toute valeur d’usage et la dépendance directe et absolue de la vie de chaque être humain, et dans ses moindres détails, au pouvoir de la Banque Centrale.

Luniterre

(* http://mai68.org/spip2/spip.php?article11611 )

PS important >>> à noter qu’avec la généralisation des MNBC le banco-centralisme atteignant sa pleine dimension orwellienne, il pourra très bien se passer du truchement des marchés financiers pour contrôler le cycle du capital fictif et du capital fixe. Il peut alors se constituer en une classe d’actionnaires-bureaucrates dont les taches de gestion seront réparties entre les CA des monopoles et les conseils de gouverneurs des BC, dont les banques « classiques » ne seront définitivement plus que les agences « de terrain », vis-à-vis des usagers publics. Et encore… en fait de très informelles « agences de terrain » quasi entièrement internautiques !

Le stade actuel du banco-centralisme, déjà établi, pour l’essentiel, reste encore formellement un « stade de transition » où subsistent des formes du capitalisme « classique », dont le capitalisme financier boursicoteur, à titre de « vase d’expansion/régulation » de la masse monétaire en circulation.

Dans la forme achevée, avec la généralisation des MNBC, un tel « vase d’expansion » n’est plus nécessaire. Il disparaîtra donc, d’une manière ou d’une autre !

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L’ARTICLE DANS SA VERSION ACTUELLE + LES POSTS SUR LA 1re VERSION (AGORAVOX) EN DOC PDF >>>

http://ekladata.com/dV7LK1POJuZ1FcTVvnd-rBHNKzA/Du-village-primitif-au-monopole-banco-centraliste-cinq-formes-du-capital-et-trois-stades-du-capitalisme.pdf

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POUR ALLER PLUS LOIN SUR LE BANCO-CENTRALISME :

L’ONU DÉCLARE OFFICIELLEMENT LA « GUERRE ÉCONOMIQUE » …CONTRE LES PEUPLES, EN RÉALITÉ, ET POUR LE COMPTE DES BANCO-CENTRALISTES !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8833

Mort cérébrale du capitalisme, mort cérébrale de la gauche !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8724

“Le Crime du Garagiste” – Le Casse Banco-centraliste !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8195

« Great Reset » : le banco-centralisme est-il un « complot pervers » ou simplement la conséquence incontournable d’une évolution systémique ?

http://interfrsituation.eklablog.com/great-reset-le-banco-centralisme-est-il-un-complot-pervers-ou-simpleme-a209547684

NOUVEAU !!! >>>

« Aux âmes damnées (…du banco-centralisme), la valeur n’attend point le nombre des années (…pour disparaître !)…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article9503

« Merveilleux » Monde d’Après : face à l’émergence du banco-centralisme, quelle forme de Résistance ?

http://mai68.org/spip2/spip.php?article6329

Paradoxe et suspense économique en 2021 : le Capital atteindra-t-il, ou non, le Nirvana par la Dette Mondiale ?

http://interfrsituation.eklablog.com/paradoxe-et-suspense-economique-en-2021-le-capital-atteindra-t-il-ou-n-a209197288

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***_____ DÉCAPANT !!! _____***

LA TOTALE !!! >>>

Décapant !!! Le capitalisme et-il déjà derrière nous ? Et si oui, qu’est-ce qui a pris sa place ???

http://mai68.org/spip2/spip.php?article9688

Décapant !!! (Suite !) D’après les Grundrisse de Marx, le passage du capitalisme au banco-centralisme est en marche…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article9716

Décapant !!! (Suite !) Les "complotistes" sont des lemmings à l’instinct rebelle, qui refusent de participer au suicide du troupeau !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article9731

Décapant !!! (Suite !) Banco-centralistes et capitalistes : que reste-t-il de leurs amours ???

http://mai68.org/spip2/spip.php?article9737

UNE PRÉCISION EN RÉPONSE AU CAMARADE DO >>>

http://mai68.org/spip2/spip.php?article11589#forum9908

11 mai 15:16, par do

Salut Luniterre,

Tu dis : « la valeur d’usage des biens réside dans le travail des producteurs »

N’as-tu pas voulu dire la "valeur d’échange" ?

Bien à toi, do

*************

RÉPONSE TML >>>

À la base de la création de richesse économique, c’est la force de travail qui est la valeur d’usage, en synergie avec celle des matières premières et du matériel employé (machinerie, aujourd’hui).

Le capital est donc la somme de ces trois valeurs d’usage.

Selon les Grundrisse de Marx, et selon moi aussi, tant qu’à faire…

Je pourrais donc effectivement corriger avantageusement la phrase ainsi :

« la valeur d’usage des biens réside dans la force de travail des producteurs »

Ce qui est effectivement plus conforme à la relation dialectique entre valeur d’usage et valeur d’échange.

Ce qu’il est important de comprendre ici, c’est que dans une économie primitive :

"Il y a une correspondance presque « naturelle » entre valeurs d’échange et valeurs d’usage. Chacun engage dans l’échange une partie de sa production correspondante aux besoins non satisfaits par celle-ci. Les « prix » éventuellement monétaires ou valeurs troquées correspondent, par la force des choses, aux capacités productives de chacun, c’est-à-dire aux capacités de travail des participants."

D’où ce qui te paraît surprenant à première vue, mais permet précisément d’en revenir à cette notion fondamentale de la formation du capital, effectivement "oubliée" des pseudos-"marxistes", qui, pour la plupart, n’ont jamais lu Marx, ou bien n’ont fait aucun effort pour en comprendre les fondamentaux.

Luniterre

*************

PS >>> Le point que tu soulignes est donc néanmoins la preuve d’une lecture attentive de ta part, rare, par les temps qui courent…

Mais comme elle permet justement un développement utile au lecteur réellement curieux, s’il s’en trouve, je laisse donc la formule actuelle telle quelle, avec le commentaire à la suite, en conséquence.

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13 Messages de forum

  • Salut Luniterre,

    Tu dis : « la valeur d’usage des biens réside dans le travail des producteurs »

    N’as-tu pas voulu dire la "valeur d’échange" ?

    Bien à toi,
    do
    http://mai68.org

    Répondre à ce message

    • À la base de la création de richesse économique, c’est la force de travail qui est la valeur d’usage, en synergie avec celle des matières premières et du matériel employé (machinerie, aujourd’hui).

      Le capital est donc la somme de ces trois valeurs d’usage.

      Selon les Grundrisse de Marx, et selon moi aussi, tant qu’à faire…

      Je pourrais donc effectivement corriger avantageusement la phrase ainsi :

      « la valeur d’usage des biens réside dans la force de travail des producteurs »

      Ce qui est effectivement plus conforme à la relation dialectique entre valeur d’usage et valeur d’échange.

      Ce qu’il est important de comprendre ici, c’est que dans une économie primitive :

      "Il y a une correspondance presque « naturelle » entre valeurs d’échange et valeurs d’usage. Chacun engage dans l’échange une partie de sa production correspondante aux besoins non satisfaits par celle-ci. Les « prix » éventuellement monétaires ou valeurs troquées correspondent, par la force des choses, aux capacités productives de chacun, c’est-à-dire aux capacités de travail des participants."

      D’où ce qui te paraît surprenant à première vue, mais permet précisément d’en revenir à cette notion fondamentale de la formation du capital, effectivement "oubliée" des pseudos-"marxistes", qui, pour la plupart, n’ont jamais lu Marx, ou bien n’ont fait aucun effort pour en comprendre les fondamentaux.

      Luniterre

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      • "Il y a une correspondance presque « naturelle » entre valeurs d’échange et valeurs d’usage. C’est une évidence et juque là je suis. Par à la suite j’écrirais : " Chacun peut engager dans l’échange partie ou totalité de sa production excédentaire réstée disponible…
        Cet avis en vaut bien un autre !

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        • Effectivement, bonne observation de votre part, M. Freychet, mais comme dès le début de l’article il est précisé qu’on se trouve ici dans le cas où :

          "…dans une communauté villageoise primitive plus ou moins autarcique, où chaque agriculteur vit de sa propre production et n’échange les surplus que contre ce qu’il ne produit pas lui-même, et le plus souvent, avec les artisans du village,…"

          …je n’ai donc pas jugé utile de le répéter, afin de ne pas rallonger inutilement l’article.

          Mais c’est bien une autre façon correcte de dire et repréciser, si nécessaire, la même chose.

          Luniterre

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    • PS >>> Le point que tu soulignes est donc néanmoins la preuve d’une lecture attentive de ta part, rare, par les temps qui courent…

      Mais comme elle permet justement un développement utile au lecteur réellement curieux, s’il s’en trouve, je laisse donc la formule actuelle telle quelle, avec le commentaire à la suite, en conséquence.

      Luniterre

      Répondre à ce message

    • La valeur d’usage est l’utilité de quelque chose.

      Mêrme s’il n’a aucune valeur d’échange.

      Une vielle caisse qui ne vaut pas un clou, peut prêter de très grands services.

      Ainsi une valeur d’usage qui n’a pas de valeur d"échange peut créer une valeur d’échange en faisant/proposant un service payant par exemple.

      Parfois une valeur d’usage très petit peut produire une valeur très grande par rapport à sa valeur.

      Une clé à molletes (même une connaissance) qui répare un bateau, transforme une valeur négative (un bateau en panne, le prix de son stationnement, etc) en une valeur correspondant à la valeur relative d’amortissement de ce bateau et des services qu’il peut fournir.

      Comme une valeur d’usage très grande, une machine qui a un rendement très inférieur à la moyenne, peut ne pas produire de valeur d’échange, personne voudra de ses produits et deviendra une valeur négative.

      Ou le produira dans des conditions particulières (un pays très arriéré où les machines sont du même niveau de performance. Quand même là, les marchandises produites ne pourront s’échanger (avoir une valeur positive) que sur un marché protégé du fait de la division des nations et des lois protectionnistes.

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  • Luniterre explique bien les choses. On avait du mal à les voir telles qu’elles sont. Maintenant j’y vois un peu mieux.

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  • bonsoir Luniterre,

    le capitalisme est un rapport de production impliquant l’accumulation de" capital-argent" (essentiellement sous forme de capital marchant) combiné à l’expropriation des moyens de production auprès des" ex-producteurs", libérant ainsi les forces productives qui peuvent être transformées en marchandises. Tout cela avec une finalité d’accumulation "Capital -Production-Capital". Alain Bihr dans son ouvrage " Le premier âge du capitalisme" en place le début (proto-capitalisme) à la prise de Cueta par les portugais en 1415. ce n’est qu’une date indicatrice, bien sûr, mais elle correspond au début de l’expansion coloniale européenne sans quoi la face du monde aurait été fort différente.

    La relation marchande, seule, ne peut être considérée comme forme de capitalisme.

    Amicalement

    Daniel

    Répondre à ce message

    • Salut Daniel,

      Tu n’as peut-être pas tort, mais ce qui compte dans l’article de Luniterre, c’est l’évolution qui mène au banco-centralisme.

      Amicalement,
      do
      http://mai68.org

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    • Bonjour, camarade Daniel !

      Si je considère uniquement ta dernière phrase :

      « La relation marchande, seule, ne peut être considérée comme forme de capitalisme. »

      …c’est exactement ce que dit l’article, et ce que je me tue, presque littéralement, à expliquer depuis des années et sur différents aspects du problème, dont celui du banco-centralisme.

      Et donc je pense que, sois tu approuves ainsi la réflexion de cet article, soit au contraire, tu veux la « critiquer », et pourquoi pas, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas clair !

      A se taper la tête contre les murs, d’où mon observation précédente…

      Néanmoins, il est donc possible que tu fasses encore la confusion entre « relation marchande » et « capital commercial/ capitalisme marchand » !

      Exemples : lors d’une vente de véhicule entre particuliers ou même lors d’une vente directe des produits du producteur fermier sur un marché, il y a bien « relation marchande », mais pas de capital commercial en jeu, pas de capitalisme marchand non plus, donc ! Vu ???

      Maintenant, qu’Alain Bihr fasse une fixette sur « La Prise de Ceuta par le Portugal en 1415 », pourquoi pas, c’est effectivement une date qui peut être intéressante (*), mais en ce qui concerne le capitalisme manufacturier, prémisse du capital industriel, il ne commence guère avant le milieu du XVIe siècle, et encore, à peine (**), et quant à la constitution du capital commercial elle est évidemment beaucoup plus ancienne ! Elle remonte carrément à l’antiquité, selon certains, dont Marx (***), et moi aussi, du reste, et on en trouve certainement les prémisses dès l’antiquité, en tout cas !

      En espérant à nouveau avoir éclairci ces questions,

      Luniterre

      (* https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_de_Ceuta_(1415) )

      ( ** Selon Marx le début significatif de la manufacture se situe au milieu du XVIe siècle :

      Chapitre XIV : Division du travail et manufacture

      "I. Double origine de la manufacture

      Cette espèce de coopération qui a pour base la division du travail revêt dans la manufacture sa forme classique et prédomine pendant la période manufacturière proprement dite, qui dure environ depuis la moitié du XVI° jusqu’au dernier tiers du XVIII° siècle."

      https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-14-1.htm

      Selon l’Académie des Sciences en URSS (1955), c’est idem, vers 1550, donc :

      https://d-meeus.be/marxisme/manuel/chap05sect02.html

      En France, c’est en réalité plus tardif, carrément fin XVIIe, en fait :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Manufacture

      ( *** Marx, Capital, III, § 4 : La transformation du capital-marchandise et du capital-argent en capital commercial

      Chapître XX : Histoire du capital commercial

      https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_19.htm )

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  • Salut Luniterre,

    Ton texte est intéressant, mais trop abstrait.

    Il me semble ignorer la puissante rupture historique, fondatrice, apparue, début 1968, avec le début de débandade, stratégique, du "Tigre de Papier", impérialiste, saigné à mort sur les "pieux punji" des pièges à fauves de la "guerre populaire prolongée" ( GPP) au Vietnam, avec ses conséquences en chaîne, du Cambodge et Laos à l’Angola, Afrique du Sud, Mozambique, Zimbabwe, Namibie, puis Iran, Nicaragua, Salvador, Vénézuela, Brésil ( Lula), etc., jusqu’aux actuels soubresauts ukrainiens, en passant, fait majeur, par la N.N.E.P. chinoise, actualisant une intuition géniale de Lénine, dans un tout nouveau contexte géopolitique, et un rapport de forces mondial 1000 fois plus favorable.

    Bien à toi,
    Jean-Paul Cruse

    Répondre à ce message

    • Bonjour, M. JP Cruse !

      En fait la réponse est dans le texte :

      « Bien entendu, de la communauté villageoise rurale de producteurs indépendants aux trusts monopolistes banco-centralisés, il s’agit là d’une présentation schématique des principales formes du capital et stades du capitalisme, et non pas d’un résumé de l’ensemble de l’histoire économique de la société humaine.

      Il n’y a évidemment pas, dans l’histoire humaine, un développement en quelque sorte « séquencé » d’une forme à l’autre. Différentes formes économiques et stades de développement ont coexisté à toutes les époques, mais cette schématisation peut être nécessaire pour permettre une approche de ce qui en est l’essentiel le lien d’évolution dialectique entre les formes du mode de production et les formes du capital et du capitalisme. »

      Le sujet de l’article, qui semble donc vous avoir totalement échappé, c’est de tenter une explication simplifiée de l’évolution banco-centraliste du capital et du mode de production, apparue comme telle essentiellement à partir de 2008, et non pas de 1968 !

      Le tournant historique des années 60-70 est évidemment important et très intéressant, mais il n’a pas fait évoluer le mode de production de manière radicale. La Chine est certes passée, en 1972, grâce aux bons soins de M. Henry Kissinger, du capitalisme national maoïste au capitalisme comprador mao-denguiste, mais ce sont deux stades déjà anciennement connus du capitalisme, et qui n’ont pas, par eux-mêmes, révolutionné l’histoire du mode de production en ce temps là.

      Cette mutation, par contre, a historiquement fait évolué le rapport de force mondial en faveur de l’impérialisme US, alors qu’il était sévèrement menacé par les luttes de Libération nationales, effectivement.

      Mais c’est tout à fait un autre sujet.

      Luniterre

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