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Dette, Capital : ce que disent véritablement les chiffres…

jeudi 20 avril 2023 (Date de rédaction antérieure : 18 avril 2023).

On se rappelle qu’il y a quelques semaines à peine, avec la chute de la SVB Bank et le sauvetage in extremis du Crédit Suisse l’alignement des planètes de la critique économique et financière paraissait annoncer une nouvelle « fin du monde », style réplique de 2008. Et tous les prophètes de l’ « anticapitalisme » de s’extasier une fois de plus sur la « pertinence » de leurs prévisions apocalyptiques, pourtant radotées depuis des décennies déjà.

Mais vendredi dernier, 14 Avril, le CAC 40 battait un nouveau record à plus de 7500 points.

La « crise finale du capitalisme » était-elle donc décidément infidèle à ses prophètes ???

Qu’ils se rassurent, ce lundi 17 le CAC est repassé sous la barre des 7500 points, à 7498 ! Ouf !

Un début de pente qui leur permet donc tous les espoirs, et d’autant plus, sait-on jamais, que les concerts de casseroles du 20H feront peut être à Macron et à son système l’effet des trompettes de Jéricho !

Quoi qu’il en soit, le débat fait rage dans les post sur VLR, où l’on se demande si ce « capitalisme » apparemment insubmersible ne serait pas, en quelque sorte, tel le chat de Schrödinger, à la fois mort et vivant…

Pourtant, savoir dans quel monde nous vivons réellement, cela ne peut pas rester longtemps une question d’interprétation théorique. Maintenant, les chiffres essentiels sont connus, et de leur rapprochement découle une logique de la réalité. A nous d’en tirer les conséquences, ou bien de continuer à rêver du « grand soir inéluctable de l’anticapitalisme ».

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Dette, Capital : ce que disent véritablement les chiffres…(*)

Le phénomène d’endettement de la société a commencé dès la fin des 30 Glorieuses et n’a cessé de s’accélérer depuis.

Avec les récentes « crises du capitalisme » ou supposées telles, il y a eu quelques sursauts dans ce mouvement, mais il n’en demeure pas moins que les chiffres officiels les plus optimistes évaluent donc l’endettement à minima, si l’on peut dire, à 2,7 fois le PIB, et les plus alarmistes à 3,6 fois.

Ce qui place donc, quoi qu’il en soit, un ordre de grandeur « moyen » de la dette globale supérieur à trois fois le PIB.

Et l’on peut facilement voir que cette situation se retrouve en France, assez exactement, comme à l’échelle mondiale, même s’il y a des variations notables pour certains pays, au premier rang desquels la Russie, ce qui n’est donc pas absolument un hasard, à l’évidence, et ce que les mêmes qui refusent l’évidence de la dette chez nous ne veulent pas voir non plus…!

Amorcé depuis près d’un demi-siècle, faut-il voir ce phénomène comme un épisode conjoncturel de la « crise du capitalisme » ou comme le signe d’une mutation profonde de l’économie et de la société humaine ?

Telle est la question qui se pose à nous si nous voulons vraiment chercher à comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Même si dans un rapport de 1 à 3, voir à 3,5, par rapport à la dette, ce qui nous apparaît encore comme du « capital productif » ne cesse pas pour autant de s’élargir.

Avec le progrès technologique, et malgré la dette, les forces productives ne cessent pas pour autant de s’élargir.

Et la masse des valeurs d’usage en circulation d’augmenter. Que de cette circulation se dégagent quelques bénéfices financiers qui ne soient pas tous de pure spéculation, c’est encore une réalité qui demeure, mais elle n’enlève rien à cette réalité dominante essentielle que dans un rapport de 3 à 1 minimum le pouvoir réel est passé des mains de ceux qui détiennent ce qui nous apparaît encore comme du « capital productif » aux mains de ceux qui détiennent la dette et le pouvoir de création monétaire, les banquiers centraux.

Qu’après comme avant la banco-centralisation de l’économie les uns aient besoin des autres pour exercer leur règne sur la société humaine, cela reste aussi un fait, mais c’est un fait dominant que le rapport de domination a précisément changé de sens entre les uns et les autres, entre les banquiers centraux et les tenants des principaux monopoles qui nous apparaissent encore comme dominant le monde.

C’est ce que révèlent, entre autres, des épisodes comme le procès de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe contre la BCE ou la remise au pas de Zuckerberg et la mise aux oubliettes de sa monnaie « Libra ».

Que le monde soit entre les mains de quelques dizaines de banquiers centraux ou entre les mains de quelques dizaines de tenants des principaux monopoles, il s’agit bien toujours d’une seule et même classe dominante, mais dans sa composition interne elle a profondément changé de nature, et de « capitaliste monopoliste » elle est devenue, essentiellement, banco-centraliste.

La bourgeoisie capitaliste « traditionnelle » n’en continue pas moins d’exister, et de tenter de survivre en tant que classe dominante, mais son heure historique est passée, et si elle reste incapable de l’assumer elle s’exprime donc de plus en plus par un déni populiste par lequel elle tente de se rallier la masse des classes moyennes « tertiarisées », voire, prolétarisées.

C’est ce que l’on peut voir avec la marginalisation de quelques talentueux chroniqueurs économiques autrefois quasi vedettes du système et l’émergence de ce que le système condamne comme « complosphère ». Les deux phénomènes ayant ouvertement tendance à converger, sinon carrément à fusionner.

Mais ce qui reste incompréhensible pour le « complotiste » comme pour l’analyste pseudo-« marxiste » moyens, c’est le caractère dialectique de l’évolution du système économique, le mouvement dialectique du rapport entre valeur d’usage et valeur d’échange.

Avec la modernisation des forces productives la masse des valeurs d’usage produites continue de croître, et donc avec elle, le PIB, mais la plus-value relative qu’il est possible d’en tirer s’effondre, avec la réduction du prolétariat industriel réellement productif nécessaire.

L’économie tertiarisée de « services » qui se développe en compensation et/ou en complément de cette modernisation ne produit qu’une plus-value réelle marginale et qui se réduit également avec la modernisation technologique des services, en termes de plus-value relative.

Même dans sa composante spéculative la plus indirecte l’accroissement de la dette représente l’accroissement du capital fixe nécessaire au développement des forces productives modernes. Elle représente à la fois l’accroissement de la valeur d’usage du capital fixe et l’accroissement de la masse des valeurs d’usage en circulation qui en résulte.

De cette masse de la valeur d’usage du capital fixe et des valeurs d’usage en circulation, le PIB, pour un tiers de cette valeur d’usage, représente donc la valeur d’échange.

A partir de ce constat, savoir si les « superprofits » représentent davantage une fraction minime de la valeur d’échange ou une fraction encore plus minime de la dette et donc de la valeur d’usage, cela devient donc définitivement une discussion purement byzantine.

La réalité étant de toute façon que ce parasitisme est par nature encore bien plus extrême et dénué de la moindre justification dans un monde banco-centralisé que dans un monde capitaliste qui tentait systématiquement de se justifier, et à ses débuts, réellement à propos, par la notion d’investissement productif.

Mais un autre point important qui reste difficilement compréhensible, tant pour le « complotiste » que le pseudo-« marxiste » moyen, c’est que le mouvement dialectique de banco-centralisation, pas plus que le mouvement dialectique du capital, n’est uniforme ni géographiquement ni dans le temps. Des distorsions en quelque sorte « parallèles » existent donc à tout moment de l’histoire économique de la planète et influent nécessairement les unes sur les autres. C’est typiquement ce qui se passe avec l’actuel conflit en Ukraine et toutes les implications géopolitiques qui en découlent, tout comme celles qui en sont la cause, au demeurant.

En juste un peu plus d’un demi-siècle, le mouvement du capital en Chine, depuis l’ère de la bureaucratie maoïste et de la nouvelle forme de capitalisme comprador initiée par les accords Mao-Nixon, en passant par l’ère Deng Xiaoping pour en arriver à l’ère Xi Jinping, n’a évidemment pas suivi des étapes identiques à celles qui ont permis l’essor de l’impérialisme US depuis le début du XXe siècle, ni la brève éclosion et la lente agonie des 30 Glorieuses en Europe.

Ce mouvement a concentré à la fois dans l’espace et dans le temps, en quelques décennies, l’importation de capitaux, de forces productives et de technologies modernes et aussitôt mises à jour, telles que le monde occidental avait mis près de deux siècles à les constituer.

La grande force et l’habileté de la bourgeoisie bureaucratique chinoise c’est d’avoir su à chaque étape inventer les procédés administratifs et commerciaux (**) lui permettant de détourner à son profit une partie importante de la plus-value extraite du prolétariat chinois par les capitaux importés principalement des USA mais aussi d’autres pays, notamment de l’UE. Pour l’instant il en résulte un rapport de forces où cette bourgeoisie bureaucratique chinoise tend à s’affranchir de la tutelle US sans pour autant être encore tout à fait capable d’y parvenir, d’où son attitude ambivalente concernant le conflit en Ukraine. Son « essor » économique reste conditionné à ses exportations vers l’Occident, malgré ses efforts, avec le système « Routes de la Soie », pour faire rentrer d’autres pays émergents dans la dépendance de sa propre dette.

L’histoire économique de la Russie présente elle aussi des caractéristiques qui lui sont propres, et, par bien des côtés, diamétralement opposées à celles de la Chine, malgré les apparences et l’actualité des relations diplomatiques et commerciales, dictées par les impératifs du conflit ukrainien.

Géographiquement, la Russie reste le plus grand pays du monde, et le mieux doté en ressources naturelles, en regard d’une population relativement limitée, pour un tel ensemble, en matière de ressources et de superficie.

Le recul brutal de son développement, occasionné par la chute de l’URSS et le chaos qui s’en est suivi, tous deux fortement « encouragés », sinon directement provoqués, par la pression incessante de l’Occident, et principalement, des USA, sur la bourgeoisie bureaucratique soviétique dans sa dernière phase et sur la mafia comprador qu’elle avait engendré en vidant les « goulags » et qui lui a succédé, sous sa forme eltsinienne, n’a pas permis une évolution « à la chinoise » qui aurait amené l’intégration de l’économie russe à la mondialisation.

Avec l’arrivée au pouvoir de Poutine et le retour de flamme de la bourgeoisie nationale russe, héritière lointaine de la bureaucratie nationale stalinienne, la Russie est à nouveau rentrée, faute de compromis possible sur ses fondamentaux nationaux, dans une période de conflictualité aigüe avec l’Occident, et principalement, avec les USA.

Mais au contraire de la Chine, à défaut d’un développement significatif de son PIB, elle s’est donc vu contrainte de jouer sur sa capacité en ressources naturelles pour assurer son autonomie et sa capacité de Résistance, face à son exclusion de la mondialisation économique. Près de 10 ans après le début réel du conflit en Ukraine, au demeurant déjà largement amorcé par l’Occident depuis le début du siècle, sinon bien avant, historiquement (***), c’est donc cette différence fondamentale que l’on constate aujourd’hui, et qui repose donc également sur le constat essentiel que la Russie est la plus grande et la plus forte des nations échappant encore actuellement au phénomène de banco-centralisation, et se trouve donc à nouveau être le leader naturel des nations en quête d’émancipation, tout comme elle l’était déjà à l’époque de l’URSS, en tant que leader naturel des nations en lutte contre l’impérialisme et le colonialisme.

Il ne s’agit évidemment là que d’un aperçu ultra-résumé de l’histoire économique de deux pays qui jouent à l’évidence un rôle essentiel dans l’évolution de la situation géostratégique et géopolitique mondiale, et l’on pourrait évidemment étudier ainsi la situation particulière de bien d’autres nations et pays acteurs ou victimes de la dite situation, mais ce n’est tout aussi évidemment pas le sujet du présent article. Il est simplement important, par contre, de remettre l’évolution nouvelle du rapport entre le capital et la dette dans le contexte global de l’évolution géoéconomique à l’échelle mondiale, pour en comprendre le caractère dialectique, en tant que mouvement inéluctable et incontournable de l’évolution des sociétés modernes fondées sur un rapport de domination de classe.

Cela signifie clairement que la situation actuelle, par sa nature dialectique elle-même, est fondée à évoluer dans un sens ou dans l’autre, soit vers l’hégémonie du banco-centralisme, nouvelle forme durable de totalitarisme dont la période « confinement » ne nous a encore donné qu’un échantillon « bon enfant », soit vers l’émergence alternative de rapports économiques et sociaux fondés sur l’abolition du système de domination de classe, qu’il soit banco-centraliste ou national-capitaliste, à terme.

Pour l’instant, dans une phase historique où le prolétariat ne semble plus capable d’émerger en tant que classe pour soi, ni organisationnellement ni idéologiquement, et donc susceptible d’abattre le carcan du système de domination de classe, le resurgissement du mouvement d’émancipation des bourgeoisies nationales à travers le monde offre donc une résistance inespérée et un répit face à l’avancée à marche forcée de l’hégémonie banco-centraliste, depuis la crise de 2008.

Incapable d’analyser cette situation et de profiter de ce répit pour initier une alternative politique appropriée, la gauche, notamment française, (mais ce n’est, semble-t-il, pas le cas de la gauche russe, fort heureusement !), continue de s’enfoncer dans le déni et la Kollaboration de classe, principalement avec l’hégémonie banco-centraliste chapeautée par la BCE, en Europe, et surtout, par la Fed US, à l’échelle mondiale.

Comprendre l’évolution nouvelle du rapport entre dette et capital, sous la poussée des forces productives modernes, amenant l’émergence du banco-centralisme, c’est le premier pas d’une réflexion permettant de reconstruire une alternative politique crédible au système de domination de classe, tel qu’il est train de finir de ravager la planète et la vie sociale de l’humanité.

Luniterre

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(* Cet article reprend évidemment quelques uns des chiffres essentiels cités dans le précédent article sur le sujet :

Superprofits : « Je ne sais pas ce que c’est »… « C’est une notion qui n’a pas de sens »… Plaidoyer pour Bruno Le Maire, grand héros de la Guerre Economique !

http://cieldefrance.eklablog.com/superprofits-je-ne-sais-pas-ce-que-c-est-c-est-une-notion-qui-n-a-pas—a214010989 )

(** http://ekladata.com/vxTEd9dQI7BrB83AhNXtJxKHY9U/Chine-USA-2014-2019-Chronique-d-une-guerre-economique-annoncee-..pdf )

(*** A ce propos, voir les recherches de l’historienne Annie Lacroix-Riz. Quelques extraits ont été republiés sur VLR, dont ceux ci :

Annie Lacroix-Riz : « Il y a un contexte historique qui explique que la Russie était acculée » - (texte)

https://mai68.org/spip2/spip.php?article13058

La guerre d’Ukraine avec Annie Lacroix-Riz et Aude Lancelin - (vidéo 1h20)

https://mai68.org/spip2/spip.php?article14751

Voir aussi :

Annie Lacroix-Riz : ’’L’Ukraine comme enjeu des impérialismes rivaux’’ - Partie 1 - https://youtu.be/hPFqU-ua-qw

Annie Lacroix-Riz : ’’L’histoire enseignée par Sciences Po est l’histoire de communication’’ - Partie 2 - https://youtu.be/SB965YR5cDI )

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POUR ALLER PLUS LOIN SUR LE BANCO-CENTRALISME >>>

RÉCENT SUR LE SUJET >>>

Superprofits : « Je ne sais pas ce que c’est »… « C’est une notion qui n’a pas de sens »… Plaidoyer pour Bruno Le Maire, grand héros de la Guerre Economique !

http://cieldefrance.eklablog.com/superprofits-je-ne-sais-pas-ce-que-c-est-c-est-une-notion-qui-n-a-pas—a214010989

Le banco-centralisme est déjà le stade post-mortem du capitalisme, à l’échelle nationale, tout comme il est le stade post-mortem de l’impérialisme, à l’échelle mondiale

Quelques extraits republiés des débats sur VLR et Agoravox…

http://cieldefrance.eklablog.com/le-banco-centralisme-est-deja-le-stade-post-mortem-du-capitalisme-a-l—a214027981

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Ce que Macron et son monde ne peuvent pas lâcher, nous pouvons le prendre ! (Suite)

Dans la France vassalisée que devient la relation entre monnaie et crédit, et peut-on sortir de la soumission ?

http://cieldefrance.eklablog.com/ce-que-macron-et-son-monde-ne-peuvent-pas-lacher-nous-pouvons-le-prend-a213975475

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1929, 2008, 2023, Quel rôle joue la spéculation dans l’évolution économique ?

http://cieldefrance.eklablog.com/1929-2008-2023-quel-role-joue-la-speculation-dans-l-evolution-economiq-a213982015

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Les aventures de la famille Gave dans le monde banco-centralisé - Episode 2

http://cieldefrance.eklablog.com/les-aventures-de-la-famille-gave-dans-le-monde-banco-centralise-episod-a213999631

"BoJzilla", le premier des monstres banco-centralistes nés dans les marécages de la stagnation séculaire…

Les aventures de la famille Gave dans le monde banco-centralisé - Episode 1

http://cieldefrance.eklablog.com/les-aventures-de-la-famille-gave-dans-le-monde-banco-centralise-episod-a213951551

Faillite SVB Bank : nouveau "Krach" …du blabla millénaro-trotskyste !

http://cieldefrance.eklablog.com/faillite-svb-bank-nouveau-krach-du-blabla-millenaro-trotskyste-a213930465

"Planification secrète" ou évolution systémique ??? Le banco-centralisme en débat sur Agoravox …

http://cieldefrance.eklablog.com/planification-secrete-ou-evolution-systemique-le-banco-centralisme-en—a213943735

SVB "Start Down" : une saignée systémique banco-centraliste "utile" du capital fictif

http://cieldefrance.eklablog.com/svb-start-down-une-saignee-systemique-banco-centraliste-utile-du-capit-a213900117

C’est lui qui le dit : François Villeroy de Galhau, un des leaders du banco-centralisme, siffle la fin de la partie "jouer à la baisse sur les banques"

http://cieldefrance.eklablog.com/c-est-lui-qui-le-dit-francois-villeroy-de-galhau-un-des-leaders-du-ban-a213912563

En relisant Lénine… qui parlait déjà de la fin du capital "fictif"…!

http://cieldefrance.eklablog.com/en-relisant-lenine-qui-parlait-deja-de-la-fin-du-capital-fictif-a213834439

Dette mondiale : "vilain canard" qui n’en a pas !

http://cieldefrance.eklablog.com/dette-mondiale-vilain-canard-qui-n-en-a-pas-a213787605

BREXIT ??? 8 ans après, c’est la CITY qui contrôle plus que jamais les flux financiers en €uros !!!

"Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant FREXIT ! FREXIT ! FREXIT !… mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien". La pseudo-"résistance" d’opposition contrôlée Asselineau, Philippot, Gastaud And Co montre la lune pour que les idiots regardent la lune au lieu de pointer les vraies cibles de la lutte.

http://cieldefrance.eklablog.com/pseudo-resistance-bien-entendu-on-peut-sauter-sur-sa-chaise-comme-un-c-a213434707

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Sur le fond et le contexte de l’Affaire Juving-Brunet >>>

2023 – GUERRE OU PAIX ???

http://cieldefrance.eklablog.com/2023-guerre-ou-paix-a213646237

Escroc ou Résistant ??? Droit à la défense : le Capitaine Alexandre Juving-Brunet s’explique

http://cieldefrance.eklablog.com/escroc-ou-resistant-droit-a-la-defense-le-capitaine-alexandre-juving-b-a213948219

Libérons la « BANQUE de FRANCE LIBRE » !

http://cieldefrance.eklablog.com/liberons-la-banque-de-france-libre-a213595395

Le principe d’une Banque de France Libre, indépendante de l’Eurosystème, appartient de plein droit au Peuple de France, et non à tel ou tel courant politique ou religieux !

http://cieldefrance.eklablog.com/le-principe-d-une-banque-de-france-libre-independante-de-l-eurosysteme-a213683999

Fin de partie pour la "Banque de France Libre" ??? Les premières leçons évidentes d’un échec…

http://cieldefrance.eklablog.com/fin-de-partie-pour-la-banque-de-france-libre-les-premieres-lecons-evid-a213585921

D’une transition à l’autre, anticapitaliste et/ou anti-banco-centraliste, une alternative sociale reste nécessaire. Quelle voie de transition au XXIe siècle ?

http://cieldefrance.eklablog.com/d-une-transition-a-l-autre-anticapitaliste-et-ou-anti-banco-centralist-a213568837

MISE AU POINT : EN BREF, CE QU’EST OU N’EST PAS LE BANCO-CENTRALISME…

http://cieldefrance.eklablog.com/mise-au-point-en-bref-ce-qu-est-ou-n-est-pas-le-banco-centralisme-a213560707

"Monnaie Numérique de Banque Centrale" : le projet banco-centraliste vu de l’intérieur du système !!!

http://cieldefrance.eklablog.com/monnaie-numerique-de-banque-centrale-le-projet-banco-centraliste-vu-de-a213419893

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Banco-centralisme : Le sens retrouvé du combat social en France

http://cieldefrance.eklablog.com/le-sens-retrouve-du-combat-social-en-france-a213299195

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Dette banco-centralisée : quand c’est fini, ça recommence…!

http://cieldefrance.eklablog.com/dette-banco-centralisee-quand-c-est-fini-ca-recommence-a212959483

Face au banco-centralisme : pleurnicher, rêver, ou agir ? Que faire ???

https://mai68.org/spip2/spip.php?article12242

Pour info : un courtier US en métaux précieux nous explique de l’intérieur même du système le principe banco-centraliste du nouvel ordre mondial, depuis 2008 déjà !

http://cieldefrance.eklablog.com/pour-info-un-courtier-us-en-metaux-precieux-nous-explique-de-l-interie-a212882787

Charles Gave Vs Banques Centrales : un match au cœur du système de domination de classe ! Quelles conséquences pour les luttes sociales ?

https://mai68.org/spip2/spip.php?article12016

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Du village primitif au monopole banco-centraliste, cinq formes du capital et trois stades du capitalisme

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/du-village-primitif-au-monopole-241522

La fin du capitalisme signifie-t-elle nécessairement la fin du système de domination de classe ?

http://mai68.org/spip2/spip.php?article11679

“Le Crime du Garagiste” – Le Casse Banco-centraliste !

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-crime-du-garagiste-le-casse-231389

« Great Reset » : le banco-centralisme est-il un « complot pervers » ou simplement la conséquence incontournable d’une évolution systémique ?

http://interfrsituation.eklablog.com/great-reset-le-banco-centralisme-est-il-un-complot-pervers-ou-simpleme-a209547684

« Aux âmes damnées (…du banco-centralisme), la valeur n’attend point le nombre des années (…pour disparaître !)…

http://interfrsituation.eklablog.com/aux-ames-damnees-du-banco-centralisme-la-valeur-n-attend-point-le-nomb-a210192128

« Merveilleux » Monde d’Après : face à l’émergence du banco-centralisme, quelle forme de Résistance ?

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/merveilleux-monde-d-apres-un-225066

Paradoxe et suspense économique : le Capital atteindra-t-il, ou non, le Nirvana par la Dette Mondiale ?

http://interfrsituation.eklablog.com/paradoxe-et-suspense-economique-en-2021-le-capital-atteindra-t-il-ou-n-a209197288

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14 Messages de forum

  • Salut Luniterre,

    La dette = La valeur d’usage

    Le PIB = La valeur d’échange

    Bien vu !

    Amicalement,
    do
    http://mai68.org

    • Bonjour camarade !

      Cette notion globale de rapport entre valeur d’échange et valeur d’usage est en quelque sorte l’apport particulier de cet article, qui est donc en ceci une suite à la fois logique et utile des précédents articles de fond sur le sujet.

      Cette notion acte une mutation globale et fondamentale par rapport à l’époque des années 60 et de l’émergence de la société du spectacle, au moment où la productivité du capital était à son zénith et où :

      « La valeur d’échange n’a pu se former qu’en tant qu’agent de la valeur d’usage, mais sa victoire par ses propres armes a créé les conditions de sa domination autonome. Mobilisant tout usage humain et saisissant le monopole de sa satisfaction, elle a fini par diriger l’usage. Le processus de l’échange s’est identifié à tout usage possible, et l’a réduit à sa merci. La valeur d’échange est le condottiere de la valeur d’usage, qui finit par mener la guerre pour son propre compte. » (Debord, §46)

      Aujourd’hui, dans un contexte de chute globale de la productivité du capital, devenue concrètement et carrément négative, depuis la crise de 2008, très probablement le point d’achèvement de la baisse tendancielle du taux de profit, en termes de plus value réelle et réalisée, la valeur d’échange a finit par perdre sa guerre contre la valeur d’usage, qui ressurgit sous la forme de la dette globale, publique et privée.

      Ce qui peut se résumer par cette tentative de définition :

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      Au moment où une marchandise est consommée, sa valeur pour le consommateur est une valeur d’usage : c’est le prix qu’il est prêt à payer, et qu’il paye effectivement, pour satisfaire un besoin, quel qu’il soit, vital ou futile, par la consommation de cette marchandise.

      Mais ce que l’analyste ignorant et même le pseudo-« marxiste » ne savent pas ou ne veulent pas voir, c’est que cette notion se retrouve, en réalité, à tous les niveaux de la chaîne de production, et donc, de la chaîne de valeur.

      Lorsqu’un producteur, capitaliste ou non, investit dans un processus productif, que sa motivation soit « capitaliste » ou non, c’est qu’il éprouve un besoin de produire particulièrement tel ou tel produit, que ce soit donc à des fins mercantiles, parce qu’il pense que le marché est porteur pour ce produit, ou à des fins « sociales » non-lucratives, quelles qu’elles soient. Ce dernier cas étant à priori plus rare, mais nécessaire pour comprendre la réalité des choses sans préjugé idéologique.

      Quoi qu’il en soit, l’établissement du processus productif nécessite un investissement, en terrain, bâtiments, machines, matières premières, énergies, et éventuellement composants déjà élaborés de divers types, ainsi qu’un investissement en compétences humaines et force de travail, sous la forme de salaires et de charges salariales.

      Dès lors que le processus productif est constitué, produire devient un besoin incontournable, un besoin en soi, presque indépendant, dans une certaine mesure, des motivations qui ont mené à sa constitution.

      Un processus productif à l’arrêt est un processus qui se dévalorise, se détériore, notamment si l’investissement en entretien devient insuffisant pour le maintenir fonctionnel, etc…

      Sans même parler des salaires qui restent à payer tant que le personnel reste en fonction…

      De sorte que la première fonction du processus productif, avant même sa valorisation par la production, est l’amortissement de l’investissement, c’est-à-dire l’amortissement de sa valeur d’usage.

      Du point du vue du producteur, tout ce qui rentre dans son processus productif, avant même d’avoir une valeur d’échange sur le marché en tant que production, a d’abord et avant tout une valeur d’usage nécessaire à son processus productif. Y compris la capacité et la force de travail de ses salariés. Cette valeur d’usage de l’ensemble des composants du processus productif, c’est ce qui constitue réellement le capital productif.

      C’est la constatation fondamentale que Marx fait déjà dans ses Grundrisse, les cahiers de notes qui sont à la base de son œuvre, dès 1857, dix ans avant la publication du Capital.

      C’est sur cette base que dans les années comprises entre les Grundrisse et le Capital il élabore son analyse de ce qui constitue la plus-value réelle, en tant que processus d’élargissement du capital productif, et non pas en tant que pure spéculation financière.

      Avant d’être consommé, que ce soit pour son usage personnel, par un consommateur privé, ou afin d’intégrer un processus productif, par une entreprise, tout bien qui devient alors une valeur d’usage, est d’abord, pour son vendeur, une valeur d’échange.

      Si la finalisation du prix répond, sur le marché, aux mécanismes complexes de l’offre et de la demande, elle ne peut, durablement, être inférieure au coût total des investissements ayant abouti à la production du produit, bien ou service.

      Il en va de même pour la force de travail : dans un contexte social donné sa valeur d’échange ne peut durablement être inférieure à la somme des biens et services nécessaires à son entretien et à sa reproduction.

      Ce « plancher social » c’est, par définition, un ensemble de critères qui aboutissent, à notre époque, à la détermination du SMIC.

      La valeur d’usage de la force de travail, c’est la valeur ajoutée par le travail, au cours du processus productif, à la valeur d’usage des autres investissements dans ce processus, et aboutissant à la valeur d’échange du produit, livré sur le marché, au prix du marché, qui devient donc à nouveau sa valeur d’usage pour le consommateur quoi qu’il en fasse, consommation personnelle ou réemploi dans un autre processus productif.

      La valeur ajoutée par le travail, en tant que valeur d’usage de la force de travail, constitue un élargissement du capital investi, ce qui en fait précisément un capital productif, en termes de valeur.

      Pour autant, elle ne constitue pas, dans sa totalité, une plus-value de ce capital, car pour évaluer précisément cette plus-value il faut donc déduire de la valeur ajoutée par le travail l’investissement initial qui est constitué par la valeur d’échange de cette force de travail au prix du marché du travail où elle a été achetée au départ, et qui est la somme du salaire et des charges sociales y afférentes.

      C’est pourquoi la plus-value, en tant qu’élargissement réel du capital productif, se définit comme la différence entre la valeur d’usage de la force de travail, c’est-à-dire la valeur qu’elle ajoute à la production, et sa valeur d’échange, c’est-à-dire le salaire total (salaire net plus le total les charges sociales).

      C’est, en résumé, et rapportée au contexte économique actuel, la définition qu’en donne Marx dans le Livre I du Capital.

      Ce que n’ont toujours pas compris, depuis 1867, la plupart des analystes, pseudo-« marxistes » ou non.

      Dans une chaîne de valeur comprenant plusieurs entreprises nécessaire à la constitution d’un seul et même produit destiné au consommateur « final », c’est-à-dire le consommateur utilisant le produit pour son usage personnel, et non pas à une fin professionnelle au sein d’une chaîne de valeur complexe, le processus de valorisation et d’élargissement se renouvelle à chaque étape, mais chaque fois avec des valeurs d’usages différentes, y compris pour la force de travail, qui ne produit donc une plus-value qu’à l’étape où elle est précisément employée.

      A l’échelle d’une nation, le PIB est la somme de toutes les étapes du processus productif. Il est l’addition de la valeur ajoutée, sur une durée donnée, à la production du pays. Il est donc une mesure de l’élargissement de la production, mais aucunement une mesure de la plus-value, aucunement une mesure de l’élargissement du capital productif. Simplement une somme des nouvelles valeurs d’échange produites, y compris sous la forme de valeurs d’usage des services publics, évaluées à la valeur du marché.

      Le PIB est donc un indicateur utile, du point de vue de la valeur d’échange nouvelle produite, sur une durée donnée.

      L’investissement productif, sous quelque forme que ce soit, et tant qu’il n’est pas transformé en valeur d’échange livrée et réalisée sur le marché, est une valeur d’usage.

      Le crédit d’investissement, quel qu’en soit l’affectation dans le processus productif, et tant qu’il n’est pas soldé par la réalisation et la vente de la production, est donc une valeur d’usage. Le crédit à la consommation, par définition, est l’expression même d’une valeur d’usage. L’investissement public, destiné à la création de valeurs d’usage en termes de services publics, est une valeur d’usage.

      A l’échelle d’une nation, la dette globale, qu’elle soit publique ou privée, est une composante essentielle de la valeur d’usage de son économie productive.

      Dans la mesure où la dette s’accroît plus vite que le PIB du pays, et quels que soient les « superprofits » comptabilisés ici où là par les plus grandes entreprises à caractère monopoliste, il est donc impossible de parler de réalisation réelle de la plus-value, à l’échelle du capital total, et donc d’élargissement du capital productif total.

      Même si formellement comptabilisés comme une fraction de la valeur d’échange produite, les « superprofits » sont en réalité une fraction détournée de la dette globale du pays, une forme de parasitisme extrême, et aucunement une forme de « capitalisme » au sens classique et même marxiste du terme. Ils n’existent et ne sont rendus possibles que par la garantie de la dette, assurée, en dernier ressort, non par les banques « d’affaires », même spéculatives, mais par les Banques Centrales.

      C’est pourquoi, principalement depuis la crise de 2008, et encore plus depuis la pseudo-« crise du covid » de 2020, il n’est plus approprié de parler du système de domination de classe comme du « capitalisme », mais bien expressément comme du banco-centralisme.

      Même si l’étendue de cette mutation est, comme on l’a vue, à nuancer selon les régions du monde. « Nuances » qui sont donc précisément à l’origine des tensions internationales et des conflits ouverts actuels.

      Luniterre

      • Salut Luniterre,

        Tu dis 2008.

        Mais, la coïncidence de ces trois schémas me donne envie de dire que 2008 a rendu visible ce qui était déjà essentiellement vrai depuis 1980 :

        http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

        Ceci est cohérent avec le constat que déjà dans les années 1970 certains prix de diverses marchandises étaient de l’arnaque. C’est-à-dire déconnectés de leur valeur calculée selon la théorie marxiste :

        http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

        Amicalement,
        do
        http://mai68.org

        • Bonjour, camarade !

          Effectivement, et fondamentalement, il faut analyser et comprendre l’évolution du système sur le temps long, et tes observations à ce sujet sont tout à fait pertinentes et utiles.

          Observer et analyser sur le temps long, c’est précisément ce que font d’abord les banco-centralistes, contrairement à ce que font les pseudos-« marxistes » qui se contentent de ressortir et de radoter de temps à autre leurs mêmes vieux mantras sur « la baisse tendancielle du taux de profit », la « crise historique du capitalisme », etc…, quasiment comme une version « laïque » du Retour de la Parousie !

          Pour ma part j’ai donc pas mal emprunté aux études des économistes travaillant directement pour les Banques Centrales, et qui ont donc accès aux archives économiques jusqu’aussi loin que possible sur ces sujets, et donc jusqu’à 1890, ce qui donne déjà une vue assez conséquente de cette évolution !

          Pour ce qui concerne l’Occident et le Japon, le point d’inflexion essentiel du système se trouve donc effectivement entre les années 60 et 70 : c’est au cours de cette décennie que le système atteint sa productivité maximale, et au cours de laquelle le prolétariat industriel atteint son extension maximum, en proportion des autres classes sociale : il n’y a donc pas de hasard à ce fait.

          C’est aussi au cours de cette décennie que le niveau de vie de la population est au plus haut, contrairement à ce qu’on pourrait en penser. Du reste, je me souviens très bien étant moi-même jeune ouvrier dans l’industrie automobile au tout début des années 70, il était donc encore assez courant, pour une famille ouvrière, d’être propriétaire de son logement en région parisienne et d’avoir en plus un « pied-à-terre » à la campagne… Alors qu’aujourd’hui, accéder à la propriété est devenu une prison financière de crédits pour la plupart.

          Mais à partir du début de cette décennie s’amorce la pente, déjà vertigineuse à partir de 1973 et du premier « choc pétrolier ».

          C’est aussi à cette période que s’amorce, comme tu le remarques également, l’ascension du capital financier spéculatif, notamment inaugurée avec la Loi Rothschild-Pompidou.

          Alors, pourquoi parler spécialement de 2008 comme d’un tournant majeur du système ? D’un point de vue dialectique, que ce soit en économie comme dans la nature, aucun phénomène n’évolue de façon parfaitement linéaire, et encore moins « symétrique ». Ainsi, la « déchéance » du capitalisme qui s’amorce au début des années 70, même si elle suit, en termes de chiffres de productivité, une pente presque miroir de son ascension, ne reflète pas pour autant une inversion pure et simple de tous les phénomènes qui l’avaient mené jusque là.

          C’est le développement même des forces productives modernes, de plus en plus automatisées, avant même d’être « robotisées », qui amorce le phénomène de réduction de la population prolétarienne industrielle, couplé, en plus, avec les premières vagues drastiques de délocalisation. Autrement dit, la « déchéance » du capitalisme n’est pas une sorte de mauvais film rembobiné et repassé à l’envers, mais le résultat d’une évolution, d’un cycle évolutif, qui se retrouve, quasi inévitablement, dans toutes les sociétés industrielles, même si avec un décalage dans le temps et dans les évolutions technologiques : un pays nouvellement industrialisé ne repasse pas pour autant par toutes les étapes de recherches et d’expérimentations qui ont été les nôtres… Il a évidemment plus vite fait de nous les « emprunter » d’une manière ou d’une autre !

          En résumé, la « chute » du capital, comme son ascension, a aussi sa durée et sa propre évolution, avant d’atteindre le « point bas » où le système est obligé de muter vers le banco-centralisme, sauf révolution populaire et prolétarienne.

          Mais tout comme le capital chute et tente malgré tout de survivre, ses nouvelles tentatives de survie donnent naissance à des formes de relations économiques monétaires et financières qui constituent progressivement ce qui se trouve en position de prendre la relève au « point bas » de la rentabilité du capital productif, et il semble nettement que cette forme la plus caractéristique est l’expérimentation du « Quantitative Easing », au Japon, qui s’est généralisée, à partir de 2008, à tout l’Occident, tandis que la politique monétaire chinoise prenait également un tour nettement banco-centraliste, à partir de sa propre crise de 2015.

          A partir de 2008, même l’économie financière spéculative se trouve placée en état de survie et de perfusion monétaire banco-centralisée, même si cela lui fait concrètement un « effet dopant » qui lui fait battre quasi quotidiennement des records, malgré ce qui reste, pourtant, une des plus graves et des plus longues crises économique que le monde moderne ait connu.

          Du point de vue de l’analyse dialectique, il me semble donc que la généralisation du Quantitative Easing, à partir de 2008, marque assez précisément le changement de nature du système de domination de classe, c’est-à-dire son passage du capitalisme au banco-centralisme, comme phénomène précisément « dominant » à plus d’un titre, même si, bien évidemment, toute trace de capitalisme n’a pas, pour autant, disparu du jour au lendemain.

          Quoi qu’il en soit, que cette « limite » de 2008 ait un côté relativement symbolique, voire carrément arbitraire, cela n’est pas l’essentiel, qui reste de comprendre l’importance et l’impact de cette transformation sur la société humaine, et ce qu’elle implique, pour la lutte de classe.

          Pour ma part je suis longtemps resté interrogatif sur la nature du « Quantitative Easing », sorte d’ « OVNI » économique et monétaire dans le ciel du « capitalisme ». C’est le choc de Mars 2020 et le fameux « Quoi qu’il en coûte ! » de Macron qui m’a assez brutalement ouvert les yeux ! Dès le début, en Avril 2020, j’ai commencé à exprimer des questionnements au sujet du rapport entre valeur d’échange et valeur d’usage, dans ce nouveau contexte :

          « Face à la masse des besoins sociaux, le pouvoir de domination de la bourgeoisie, ne pouvant plus contrôler ce qui était encore, en quelque sorte, le « monopole des valeurs d’échange », ne peut plus que devenir, par le biais des banques centrales, le monopole absolu de toute valeur d’usage. »

          https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-crise-du-covid-19-pour-les-nuls-223704

          Sans recevoir trop d’écho, c’est le moins que l’on puisse dire…

          Dès fin Mai, il y a eu une première tentative de synthétiser le problème et d’essayer de comprendre l’ « effet de seuil » de la crise de 2008 :

          « L’obstacle à l’élargissement du capital que l’automatisation introduit, à partir d’un certain seuil, c’est que l’augmentation de la plus-value relative ne compense plus pour le recul massif du travail vivant par rapport au capital fixe. La part du capital fixe augmente tout en produisant globalement moins de valeur d’échange.

          La crise de 2008 représente probablement le franchissement irréversible de ce seuil. »

          https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-comprendre-le-nouveau-pouvoir-224670

          Donc, 2020 ? 2008 ? Ou encore bien avant ? Où est la « limite » précise, le point historique de « basculement » d’une ère à l’autre ?

          Pour la « révolution féodale » les historiens s’accordent assez souvent une marge de deux siècles, quelque part entre Charlemagne et l’An Mille !

          Pour ce qui est de la transition « capitalisme-impérialisme », Lénine écrivait :

          « Ce qu’il faut noter tout de suite, c’est que l’impérialisme compris dans le sens indiqué représente indéniablement une phase particulière du développement du capitalisme. Pour permettre au lecteur de se faire de l’impérialisme une idée suffisamment fondées, nous nous sommes appliqués à citer le plus souvent possible l’opinion d’économistes bourgeois, obligés de reconnaître les faits établis, absolument indiscutables, de l’économie capitaliste moderne. C’est dans le même but que nous avons produit des statistiques détaillées permettant de voir jusqu’à quel point précis s’est développé le capital bancaire, etc., en quoi s’est exprimé exactement la transformation de la quantité en qualité, le passage du capitalisme évolué à l’impérialisme. Inutile de dire, évidemment, que toutes les limites sont, dans la nature et dans la société, conventionnelles et mobiles ; qu’il serait absurde de discuter, par exemple, sur la question de savoir en quelle année ou en quelle décennie se situe l’instauration "définitive" de l’impérialisme. »

          V.I. Lénine - L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

          https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/vlimperi/vlimp7.htm

          Ainsi, « émotionnellement », pour moi, le choc de Mars 2020 représente la limite, mais, objectivement, 2008 a toutes les caractéristiques d’un changement économique radical, quant au fond, dans le rapport entre création monétaire et capital productif, même si déjà largement amorcé par les prémisses de l’envolée du capital financier, dont tu nous retrouves donc effectivement des traces essentielles sur le temps long.

          En liens à la suite, 4 graphes "sur le temps long" empruntés aux économistes banco-centralistes et qui illustrent on ne peut mieux cette question :

          _1_Productivité générale

          http://ekladata.com/ehaD-JkFZ35jCMbF1MW2s3gVSFM.png

          _2_Productivité du travail

          http://ekladata.com/20pS3WnxSGAnZJrFWu3xahtTCWM.png

          _3_Niveau de vie

          http://ekladata.com/KhCH7UB9ctEbwcltACnje3w8B_8.png

          _4_PIB par habitant

          http://ekladata.com/tkqH3cEc-Zj1LDrEewDsMBQ1n6E.png

          Bien à toi,

          Amicalement,

          Luniterre

          PS : mes deux articles de 2020 cités en liens sur Agoravox existent aussi probablement sur VLR, mais je n’arrive pas à les retrouver tout de suite…

  • Il y a une autre façon historique de voir ça. La civilisation est une quête sans fin du progrès matérialiste. Ce progrès matérialiste implique 2 corollaires : la monnaie nécessaire à financer sa construction et le travail obligatoire nécessaire à sa construction.

    Ces 3 choses que j’appelle la trinité de la civilisation, de toutes les civilisations, apparaissent dans l’histoire au tout début de l’Antiquité, et l’histoire nous montre que chaque civilisation a davantage optimisé l’exploitation de tout et de tous que la précédente.

    Aujourd’hui nous avons 2 nouveautés en simultané :

    • D’abord des progrès techniques tels qu’ils sont en train de détruire les conditions nécessaires au vivant sur toute la planète. Même le plus vieil écosystème connu, un désert au Chili, a été mis en exploitation pour le cuivre et le lithium nécessaire à la "transition" par le business as usual.
    • Ensuite la civilisation englobe toute la planète et elle se trouve en butte à la finitude des ressources naturelles. ça c’est un sale coup pour le capitalisme et c’est bien pour cela qu’ils essaient désespérément d’en changer les règles, tout en nous préparant la prochaine pandémie. Ben oui, ils peuvent plus augmenter l’offre, alors ils diminuent la demande et la demande, c’est nous.

    Nous avons donc 2 bonnes raisons techniques qui condamne le mode de vie actuel à disparaître. S’il disparaît par manque de ressources, il y aura sans doute des survivants après une période à la Mad Max. S’il disparaît par manque de vie, cette solution finale ultime inhérente au techno-scientisme, là il n’y aura pas de survivants.

    • Bonjour, Dominique

      Tu te veux « réaliste », mais, au-delà de nos divergences habituelles, je pense que tu as surtout encore du mal à te défaire des « habitudes de pensée » que le système nous inculque depuis l’enfance :

      « Ensuite la civilisation englobe toute la planète et elle se trouve en butte à la finitude des ressources naturelles. ça c’est un sale coup pour le capitalisme et c’est bien pour cela qu’ils essaient désespérément d’en changer les règles, tout en nous préparant la prochaine pandémie. Ben oui, ils peuvent plus augmenter l’offre, alors ils diminuent la demande et la demande, c’est nous. »

      Tu as du mal à admettre que les pseudo-« élites » mondialistes ont déjà tiré un trait sur le capitalisme, même si, comme l’explique également le camarade Do, elles ne vont pas le crier sur les toits, tout simplement parce que ce n’est pas leur intérêt, qui est d’opérer la transition banco-centraliste en continuant à manipuler les foules populaires, et y compris les « classes moyennes », en utilisant les vieilles méthodes déjà éprouvée par le capitalisme, simplement en les améliorant drastiquement avec tous les moyens de la technologie moderne.

      Où mène cette transition banco-centraliste ? A ce qu’il semble, d’après les intentions pas vraiment dissimulées des « Davossiens », à un système tout à fait « écologique » à sa manière, où la toute petite minorité de l’élite « transhumanisée », à sa manière également, profite pleinement des ressources de la planète, tandis que la « masse » encore éventuellement nécessaire, mais drastiquement réduite en nombre se voit « partager » de force une misère aseptisée, sur le principe : « vous ne posséderez rien mais vous serez heureux », sous entendu « heureux » ou morts, dans le cas contraire.

      Un système radicalement « rationnel » à sa manière, qui dépasse tout ce que l’ « Oncle Adolf » avait pu imaginer de plus vicieux pour damer le pion à l’ « Oncle Sam », pourtant déjà pas en manque de ficelles pourries, comme il nous le prouve encore tous les jours.

      Ces gens de l’ « élite » mondialiste sont donc déjà en rupture avec même cette « autre façon de voir l’histoire » que tu nous résumes au début de ton post, et qui reste terriblement ringarde, même par rapport aux « visions » des mondialistes actuels, et à ce qu’ils ont déjà mis en œuvre pour les matérialiser « à l’insu de notre plein gré » comme le disait si bien le coureur cycliste « dopé malgré lui »…

      Le fait est que même la grande masse des « antisystèmes », par forcément ridicule, numériquement, est essentiellement constituée d’ « aveugles volontaires » et de « sourds qui ne veulent pas entendre » un autre son de cloche que la doxa de leur chapelle idéologique fleurant la poussière du siècle passé.

      Luniterre

      • COQUILLE : évidemment il faut lire :

        "Le fait est que même la grande masse des « antisystèmes », pas forcément ridicule, numériquement, est essentiellement constituée d’ « aveugles volontaires » et de « sourds qui ne veulent pas entendre » un autre son de cloche que la doxa de leur chapelle idéologique fleurant la poussière du siècle passé."

        Au stade actuel, je ne pense pas du tout que le nombre soit un problème, mais bien plutôt la lucidité.

        Que ce soit à l’occasion des Gilets Jaunes ou des Anti-pass, on a vu que de grandes mobilisations d’"antisystèmes" étaient possibles, mais elles n’ont débouché sur aucune initiative réellement unitaire, capable d’entraîner la grande masse des révoltés potentiels sur la voie d’une organisation cohérente de la lutte sociale, sur la base d’un cahier de revendications centré sur les besoins sociaux essentiels et délégitimisant, par son existence même, le pouvoir antisocial banco-centraliste.

        …Et donc susceptible de servir de plate-forme de ralliement à toutes les luttes, même relativement "spontanées", et donc actuellement moins susceptibles de répression et d’infiltration.

        Par la suite une organisation de Résistance à proprement parler se structurera en quelque sorte naturellement à partir des cellules de base les plus actives et les plus déterminées, comme c’était le cas face au nazisme.

        Luniterre

        • Salut L’Uniterre,

          Pour moi le nom du système économique est secondaire et ce qui est important à comprendre en matière d’économie et de politique, c’est que les pires d’entre nous ont pris le pouvoir lors de l’Antiquité et qu’ils ne l’ont plus lâché.

          Ce qui donne dans la situation d’aujourd’hui un problème social mondial et donc, une possibilité de solution mondiale. À ceci s’ajoute une catastrophe environnementale causée par ce même mode de vie qui cause le problème social.

          Tu dis : "Que ce soit à l’occasion des Gilets Jaunes ou des Anti-pass, on a vu que de grandes mobilisations d’"antisystèmes" étaient possibles, mais elles n’ont débouché sur aucune initiative réellement unitaire…"

          Le hic, c’est que depuis le temps que l’on fait des initiatives unitaires, de plus en plus de gens comprennent que c’est le meilleur moyen de se faire manipuler. On a bien vu avec les Gilets Jaunes, ceux du début avaient des revendications claires et simples, ainsi qu’une exigence souveraine : ne rien avoir à faire avec les politiques et leurs syndicats. Quand leurs revendications ont été satisfaites, ils sont rentrés chez eux et ceux d’après ce sont acoquiné avec les syndicats pour faire, champagne pour les patrons ! une grève d’un jour. ça a été le début de la fin du mouvement et à part des coups et des martyrs, ils n’ont rien obtenus.

          Si, dans le futur proche et comme tu le préconises, un mouvement unitaire devait se profiler et revendiquer, soyons fou, des augmentations de salaire pour tous, comme en Mai 68, hé bien je les laisserais eux et les keufs se taper dessus comme 2 bandes d’idiots. Augmenter tout le monde, ça veut dire augmenter aussi les ouvriers qui fabriquent les armes de guerre. Or je suis non seulement anarchiste mais aussi écologiste et pacifiste.

          Le secteur militaro-industriel utilise à lui seul plus de la moitié des ressources naturelles extraites de force de la Terre chaque année. C’est donc le plus gros pollueur et destructeur de la nature. Sans compter les répercussions sociales et mentales d’une telle connerie raciste. Le reste n’est qu’argutie sans intérêts pour moi.

          La gauche a fait que Mai 68 dégénère en une semaine en une grande messe du Business as Usual sur fond d’augmentations de salaires pour tous, même pour les ouvriers qui fabriquent les armes de guerre. Donc s’il y a 1 bande de va-t’en guerre qui veut des augmentations qui se tape dessus avec une autre bande de va-t’en guerre qui veulent pas les leurs donner, ça me va très bien car pendant qu’ils seront occupés à tendre l’autre joue ou à taper, au moins ils seront trop occupés pour faire chier les autres.

          Quand à un mouvement de résistance, même si je ne partage pas toutes leurs convictions politiques, je suis pour : https://deepgreenresistance.fr/la-g…

          Un mouvement de résistance c’est pas uniformiser un mouvement, c’est l’unir autour d’un but. Unir toutes ses composantes, quelques soient leurs méthodes d’actions - rien que ça la gauche n’en a jamais voulu et aujourd’hui à part des grèves trouées quand elles ne sont pas d’un seul jour/trou, elle tend l’autre joue. Sans cette solidarité entre les différents modes d’actions, il n’y aura jamais un mouvement social capable de l’emporter.

          Mai 68 montre qu’en plus de cette solidarité dans l’action, il faut une solidarité sur les buts. Des augmentations de salaires très bien, mais l’écologie et le pacifisme nous enseignent que les ouvriers du secteur militaro-industriel doivent être mis au chômage ou reconvertis dans d’autres secteurs le plus rapidement possible. Une écologie qui ne commence pas par là ne sera jamais rien de plus que de la défense du Business as Usual, de ses guerres et de ses destructions sociales et environnementales.

          • Là, par contre, ce n’est pas une coquille, j’ai bien écrit :

            « …sur la base d’un cahier de revendications centré sur les besoins sociaux essentiels et délégitimisant, par son existence même, le pouvoir antisocial banco-centraliste. »

            Si les mots ont un sens, le mieux est de s’y tenir. Si cela avait été réellement fait, le pouvoir Macronien aurait donc été délégitimisé, et si on remonte aux Gilets Jaunes, depuis fin 2018-début 2019.

            Or cela n’a pas été le cas, et pas plus avec les Anti-pass.

            Ma proposition ne préjuge donc pas du contenu qui aurait pu, et même, aurait dû, s’y trouver.

            Donc, merci d’avoir à nouveau ramené ta petite salade deep green, qui vaut ce qu’elle vaut, et qui nous manquait presque, mais qui ne semble pas beaucoup changer de sauce…

            Ce qui reste amusant, c’est donc ta méthode : tu me prêtes, afin de pouvoir les critiquer, un tas de revendications et d’intentions qui ne se trouvent nullement dans mon post, mais qui te permettent donc d’étaler ta petite salade deep green…

            Tout à fait hors sujet, donc…

            Enfin, si les mots ont un sens, le nom que l’on donne aux choses aussi.

            Se mettre d’accord sur ce que l’on entend par capitalisme est important, vu l’usage du vocable dans la communication, venant de tous les côtés.

            Appeler capitalisme ce qui n’est plus du capitalisme, c’est se gourer de cible, et cela, manifestement, sert bien l’ennemi de classe.

            Nommer le nouvel ordre mondial banco-centralisme ou autrement, au stade actuel, cela n’est pas encore déterminant, mais l’important c’est déjà d’apprendre à connaître ce nouvel ennemi qui nous fait face, et lorsque cette connaissance prendra une dimension davantage collective, la question se reposera donc éventuellement avec plus d’à-propos, et la réponse sera donc d’autant plus pertinente et efficace en termes d’agit-prop et de communication.

            Pour l’instant le vocable banco-centralisme fait lentement mais surement son chemin, ce qui ne veut pas dire qu’il sera « définitif » au sens historique de la période, comme « capitalisme » l’a été, et le restera, pour la période écoulée.

            Quoi qu’il en soit, je ne le verrai probablement pas, mais l’article issu de ce post :

            La Dette globale, publique et privée, nouveau Condottiere de la valeur d’usage, pour le compte des Banques Centrales

            http://cieldefrance.eklablog.com/la-dette-globale-publique-et-privee-nouveau-condottiere-de-la-valeur-d-a214079921

            …semble avoir trouvé son chemin, alors que je ne lui ai pas fait de promotion particulière, pas de réédition Agoravox, pas de mailing, (Je n’en fais plus depuis longtemps), et donc, malgré son aspect pas forcément facile à priori, c’est, dans ces conditions, le plus lu et même d’assez loin, et depuis longtemps…

            Surprenant, mais pour une fois, nettement en bien… !

            Un signe plutôt encourageant, donc, même si, et tu nous en fais précisément la démonstration : il ne suffit pas de lire pour comprendre… ! En tout cas, c’est évidemment un début nécessaire, et c’est donc déjà ça !

            Luniterre

            • Si je parles comme toi, je vais dire ton économie blablablabla… c’est vexant surtout que j’ai bien dit que je ne suis pas d’accord sur toutes les positions de DGR. Simplement dans le marasme actuel, je n’ai pas trouvé mieux. Ils ont une stratégie pratique. Rien que ça suffit à les placer au dessus de bien des autres.

              Leur site d’info en anglais est très bien, on y voit entre autre que gauche et droite au pouvoir, le problème de fond reste et que par rapport à la Nature, l’alternance entre les deux ne sert qu’à très mal cacher la course vers le pire, vers la destruction finale de la Vie terrestre. Les faits sont là et ils sont têtus : gauche ou droite au pouvoir, c’est Business as Usual et Nique la planète.

              Après je me rend bien compte que c’est ce que veulent les gens. Partout les gens veulent plus de tout. Plus de travail, plus de gadgets, plus de téléphones, plus de voitures, plus, plus, plus ! Chez nous les pendulaires revendiquent de rendre les villes insupportables et toxiques à leurs habitants, tandis que les habitants, comme c’est déjà le cas dans certaines villes en Allemagne, interdisent les pendulaires automobilisés. On en est là : la guerre des tranchées. Au Chili et ailleurs, les habitants des villes majoritaires votent pour des gauchistes qui continuent la politique de la droite et finissent de spolier de leurs terres les dernières communautés indépendantes. Même en Suisse, quand il s’était agit de virer quelques crétins des Alpes, ils n’avaient pas fait le poids face aux barrages et leur béton.

              Dans l’immédiat je serais pour apporter partout des solutions locales qui mettent en évidence le ridicule et le pathétique profond de tout ça. Comme par exemple en ville, à la place de flics, de gendarmes couchés et de radars, mettre des rampes sur lesquelles tout automobiliste en excess de vitesse partirait en looping pour se retrouver sur le toit. Ce serais super, les gamins du quartier en profiteraient pour improviser des skate parcs, les automobilistes ronchonneraient sur ces gamins qui feraient n’importe quoi et leurs parents viendraient les regarder en rigolant et en buvant leur pastis. Créer des espaces de convivialité ou les gens peuvent se retrouver et chut, faut pas le dire trop fort, refaire le monde. Ceci dans une démarche d’agir localement, penser globalement.

              Par exemple où j’habite à Lausanne, avec des gens du quartier, on aura réussis à animer un endroit, la Valencienne, situé en plein parc public de la Ville pendant tout le covid. Même pendant les confinements. In fine, cela nous aura même permis de négocier la tenue d’une scène libre hebdomadaire où tous les arts et tout le monde sont bienvenus et ceci, sans avoir besoin, comme ils le voulaient au départ, de demander l’autorisation auprès des keufs du commerce. Moyennant quelques contraintes comme la fin des activités à 22 heures, ce qui dans un parc public ne veut strictement rien dire (on est pas des flics…), on économise même leur taxe.

              Après, si des gens ont envie de faire des grandes théories économiques, qu’ils le fassent. Mais mélanger ce genre de théories et la politique, c’est la spécialité des politiques de tous bords et c’est avec ça qu’ils nous manipulent, le bien contre le mal sous toutes ses formes, autrement dit pour conjurer la grande peur universelle, votez pour nous. Pfff… L’Uniterre, quand je dis ça, c’est pas une attaque personnelle, c’est une critique du système politique. Par exemple à la Valencienne, ça aura pris 2 ans pour que le chef du département concerné de la Ville, un élu popiste (pop parti ouvrier populaire - c’est pas les pires), daigne descendre de sa tour d’ivoire et vienne s’asseoir à notre table. Ceci dit, je lui laisse volontiers et il a tout mon respect pour ça : il a quand même fini par venir négocier à notre table et ceci en sachant très bien que nous n’allions pas lui lécher les bottes et que ça pouvait partir dans tous les sens.

              Sans oublier que le problème de fond reste notre rapport à la Nature car c’est lui qui conditionne notre façon de voir les choses et donc tous les autres rapports humains. Et que in fine, ce dont nous avons besoin est d’un concept de civilisation qui mette l’humain à sa place, dans la Nature. Ce qui implique de remplacer domination et suprématisme par respect et solidarité.

              Est-ce que ça va se faire ? J’en doute car il faudrait beaucoup plus d’initiatives citoyennes locales pour qu’une dynamique réelle se mette en place. Après avec le covid, on a pu assister à une coupure très profonde entre la gauche et ceux qu’elle a traité de complotistes. Cette coupure existe toujours et elle est à la fois préoccupante car les voix des votants virent à droite (je ne vote jamais pour élire des gens car c’est leur donner une légitimité de me représenter alors qu’en pratique, la seule chose qui les rendent accessibles, même au niveau local, est le rapport de force), et réjouissante car elle signifie que de plus en plus de gens comprennent que si les élus défendent des intérêts qui bien trop souvent ne sont pas ceux des citoyens, c’est parce que tout le système politique est corrompu. Face à cela de plus en plus de gens essaient de s’organiser au niveau local. Et oui, ça part dans tous les sens ce qui ne plaît pas à la gauche mais que je trouve très réjouissant car beaucoup de ses nouveaux mouvements, associations et collectifs partent de bases locales.

              Exemple simple de corruption du système, avec un rachat applaudi par l’ensemble de la classe politico-merdiatique, le rachat du Crédit qui n’avait de Suisse que le nom et qui était rempli de casseroles par une banque, l’UBS qui n’a de Suisse plus que le nom et qui a encore plus de casseroles à son actif, BlackRock se retrouve actionnaire principal de l’UBS. Pour comprendre qui commande et à qui le crime profite, il n’y a pas besoin de grandes théories, il suffit de suivre l’argent : la Berne fédérale, c’est BlackRock. Quand c’est pas les pharmas ou Bill et Melinda, etc.

              Dans ce système où les dés sont pipés, la seule marge de manœuvre qu’il nous reste est au niveau local. C’est un niveau important car si nous entendons développer un mouvement citoyen capable d’instaurer un changement, nous aurons besoin de pouvoir nous appuyer sur ces communautés locales qui ont un ancrage dans la population. Une réalité dont la gauche n’a cessé de se couper au fil du temps. J’ai des exemples vécus de cette coupure car elle implique, chose très grave, une coupure au sein de la société qui fait objectivement le jeu de l’extrême-droite. Face à cela, il n’y a que des initiatives locales et non partisane qui peuvent permettre de raccommoder les gens dans leur proximité.

              https://dgrnewsservice.org/

              Penser globalement, agir localement, ici et maintenant.

              • La grosse différence entre nous, c’est que je ne suis membre d’aucune secte, groupuscule ou micro-parti, ni autre…

                Quant à « mon économie », je ne fais que chercher à comprendre comment fonctionne et évolue le système, pour le combattre, dans la mesure de mes moyens.

                Dans la mesure où le sujet semble donc ne pas t’intéresser, ce que tu exprimes assez clairement (« Après, si des gens ont envie de faire des grandes théories économiques… »), je comprends mal l’objet de ton intervention en commentaire de cet article, sinon par le besoin impérieux que tu éprouves, et il me semble que l’image est à la fois amusante et assez juste, de venir y planter ta petite salade idéologique, deep green (« vert profond », pour les non anglophones !)… !

                Et donc, même si je trouve que ton « action locale » en Suisse est tout à fait digne d’intérêt, je ne pense pas que la Résistance nécessite simplement une somme d’actions locales, aussi sympathiques soient-elle.

                Ce que le système ne pourra pas éradiquer, éventuellement, c’est donc bien un concept « global » de Résistance, autour duquel se construira une alternative dont les initiatives locales seront en quelque sorte les cellules de base, au sens quasi-« biologique » du terme, c’est-à-dire capable de se régénérer, face à la répression, autour du concept « global », l’ADN, en quelque sorte, de l’organisation de la Résistance populaire.

                C’est en ce sens que je suis donc essentiellement d’accord avec ta conclusion :

                « Penser globalement, agir localement, ici et maintenant » !

                Luniterre

              • Dominique,

                ça veut dire quoi très précisément "Business as Usual" ?

                Arlette

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