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Critique du livre "Cher Canard de l’affaire Fillon à celle du Canard enchaîné"

mercredi 17 mai 2023, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 17 mai 2023).

Christophe Nobili est journaliste au « Canard enchaîné » depuis 2005 notamment connu pour avoir avec Hervé Liffran révéler les emplois fictifs de la famille de l’ex-candidat aux élections présidentielles de 2017 François Fillon.

Comble d’ironie, il fait l’objet aujourd’hui d’une mise à pied conservatoire (c’est-à-dire sans salaire) de son employeur parce qu’il a révélé dans un livre un emploi fictif au sein de sa propre rédaction vieux de plus de 25 ans !

La compagne d’un ancien rédacteur en chef, André Escaro, Edith Vandendaele, sans profession réelle connue et de 20 ans sa cadette, émargeait au journal comme journaliste avec un salaire de 5 000 voire 7 000 euros (13e, 14e, 15e mois compris) jusqu’à récemment la mise à la retraite laquelle est évaluée sans « la retraite chapeau » des actionnaires de l’hebdomadaire à 4 000 euros mensuels.

Les caisses de retraites, le lectorat du « Canard enchaîné » voire les « escort girls » ou les prud’hommes saisis par Christophe Nobili apprécieront…

Pour leur défense, « le binôme » qui dirige le journal, depuis fort longtemps, Michel Gaillard et Nicolas Brimo, déclarent mordicus comme l’ex-Premier ministre Fillon que la Pénélope invisible de la rédaction - même sous la table lors d’un banquet - Edith Vandendaele, « travaillait ».

Du château de son mari en Sologne ou de sa propriété de Nyons dans la Drôme, la « journaliste encartée » envoyait les oeuvres de son mari grabataire et moitié aveugle (André Escaro est âgé de 94 ans) au 173, faubourg Saint-Honoré à Paris chaque semaine. Les oeuvres du dessinateur se résumant à une frise de têtes politiques connues en haut de page de qualité très médiocre et quasiment jamais renouvelée.

Il faut dire que jusqu’à la révélation du scandale le châtelain Escaro faisait partie partie du conseil d’administration inamovible de l’hebdomadaire du mercredi.

A noter une chose importante : André Escaro a été le témoin oculaire dans l’affaire des plombiers qui posaient des micros au nouveau siège du « Canard enchaîné » en 1973.

Christophe Nobili nous dévoile, aujourd’hui, dans son livre « Cher Canard » paru en mars 2023 aux éditions Jean-Claude Lattès l’intérieur bourgeois et conservateur de la société par action simplifiée (SAS), les richesses patrimoniales insoupçonnées des propriétaires du « Canard » (tous gérontocrate) qui possèdent deux immeubles faubourg Saint-Honoré non loin du palais de l’Elysée et l’opulence des repas pendant lesquels on décide comme dans une loge maçonnique de l’entrée ou non d’un nouveau pigiste.

Le livre de Christophe Nobili s’écarte peu d’un descriptif général (certains rédacteurs comme Claude Angeli né en 1931 dépassant l’âge de raison) et de quelques portraits parfois acerbes de ses collègues qui se complaisent dans la vanité du métier et ses avantages matériels.

On sent chez le représentant de la CGT des journalistes (SNJ) qui dénonce les travers du Milieu (Nobili n’hésite pas à comparer les patrons du « Canard » à des truands) la peur de perdre son emploi, sa carte de presse et tutti quanti.

Il y a un peu trop de pathos et de dilemme « vais-je balancer publiquement l’affaire ? » à mon goût dans la prose de Christophe Nobili. Ce qui fait perdre de la hauteur et de la pertinence à l’analyse journalistique.

Il est à remarquer deux choses dans son ouvrage : la « source » qui a confirmé le délit commis par « le Canard enchaîné » (sans doute un fonctionnaire de la Sécurité sociale ou du fisc) est la même que celle de l’affaire Fillon ; la personne qui a incité le journaliste à écrire ce livre est une fonctionnaire de police qui lui dit en aparté que son témoignage publié le protégera…

Le lecteur aimerait savoir exactement de quoi le lanceur d’alerte, Christophe Nobili, a peur et de qui ?

Les liens entre le vénérable « Canard » et le pouvoir exécutif voire les officines de barbouzes qui ont toujours rodé autour du journal ne sont pas éclaircis par la plume.

Le livre finalement ne dit rien du secret de fabrication du « Canard enchaîné » qui comme tous les journaux satyriques publiés de par le monde est un lieu de règlement de compte politique.

Au-delà l’affaire Edith Vandendaele, on aimerait savoir pourquoi par exemple l’affaire François Fillon est sortie au moment des élections présidentielles de 2017 ? Pourquoi les casseroles d’argent d’Emmanuel Macron (ses liens avec la banque Rothschild) ne sont jamais évoquées ?

Pourquoi dans les affaires internationales, le « Canard enchaîné » épouse-t-il le point de vue du Quai d’Orsay ou du ministère des Armées ?

On le voit crûment dans le suivi de la guerre en Ukraine où la rédaction du « Canard » reprend sans sourciller la propagande concoctée par des officines atlantistes.

Personnellement, j’analyse les secrets de famille peu avouables du « Canard enchaîné », leurs incartades par rapport à la loi et leur relative impunité comme un moyen pour l’Elysée de contrôler la ligne éditoriale du journal.

Et si la journaliste, Edith Vandendaele, était un honorable agent, le fantôme garantissant la présence de la « Piscine », aujourd’hui, la DCRI, au sein de la rédaction. Après tout - chose que n’écrit pas Christophe Nobili - la délivrance des cartes de presse en France est supervisée par le ministère de l’Intérieur…

HIMALOVE

Post scriptum : je ne sais si Christophe Nobili a pensé que cette affaire Edith Vandendaele pouvait être une sorte de Kompromat comme l’appellent les russes. Un renseignement d’un fait certainement authentique mais que la divulgation publique transforme en bombe à fragmentation destinée à tuer plusieurs "canards" pour des fins dépassant l’ambition du "lanceur d’alerte"… https://fr.wikipedia.org/wiki/Kompr…)

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