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Ecologique, la voiture électrique ?

mercredi 23 mai 2018, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 23 mai 2018).

Note de do :

Un problème n’est pas abordé dans cet article, c’est que quand l’énergie fournie à la voiture est soit-disant "propre" alors c’est qu’elle est nucléaire. Il va de soit que je suis contre les véhicules électriques parce qu’en plus d’avoir une très faible autonomie, ils sont voués au nucléaire.

L’intérêt de cet article, c’est de montrer que même si l’on oublie cet aspect, les automobiles électriques ne sont pas écologiques. Un peu comme les biocarburants qu’on a renommés agrocarburants une fois qu’on s’est aperçu qu’ils n’étaient pas "bios" du tout !

La fin de l’article contredit sa présentation-résumé et son début, un peu comme si l’auteur avait en fin de compte subi une pression.

Ecologique, la voiture électrique ?

https://www.letemps.ch/societe/ecologique-voiture-electrique

Florian Delafoi
Publié mardi 22 mai 2018 à 16:05
modifié mercredi 23 mai 2018 à 10:3

Les constructeurs automobiles vantent les avantages de leurs modèles électriques. Des véhicules « zéro émission », affirment-ils. Pourtant, ce mode de propulsion est loin d’être propre. La pollution est délocalisée dans les pays qui fabriquent le cœur de ces bolides : les batteries

Une voiture circule en silence sur une route perdue au milieu des champs. Au loin, la mer reflète les rayons du soleil. Le message ne pourrait être plus clair : le bolide est en harmonie avec la nature. Cette vidéo promotionnelle s’affiche à l’ouverture du site de Tesla. Le constructeur californien veut mettre fin à l’ère du pétrole, et pour atteindre cet objectif il mise sur des véhicules électriques à l’allure futuriste. Une ambition clairement assumée par l’entreprise : « Pour Tesla, au plus vite l’humanité s’affranchira des énergies fossiles au profit d’énergies renouvelables, au mieux le monde se portera. » Son charismatique patron, Elon Musk, invite les constructeurs traditionnels à lui emboîter le pas.

Une stratégie payante : sa société est sous le feu des projecteurs, au point d’avoir des difficultés à répondre à la demande. Les grandes entreprises, de Renault-Nissan à Mercedes, se mettent, elles aussi, à l’énergie « verte ». 70 millions de voitures électriques pourraient circuler sur les routes du monde en 2025, prophétise l’Agence internationale de l’énergie dans une étude de 2017. Les majors pétrolières BP ou Exxon tablent sur 150 millions d’unités en 2040. Ce bouleversement annoncé est-il une bonne nouvelle pour la planète ?

Bien loin des considérations écologiques, l’industrie automobile carbure au pétrole depuis plus d’un siècle. Mais les temps changent : la consommation massive d’or noir est remise en cause. Les voitures thermiques sont les premières responsables de la pollution dans les villes.

L’énergie au bout de la prise

Perçue comme une alternative crédible, la fée électricité fait son grand retour. On l’oublie souvent, mais ce mode de propulsion existait avant son cousin thermique. Le premier modèle commercialisé date de 1852, soit une décennie avant l’émergence du moteur à explosion, et c’est aussi un véhicule électrique qui, en 1899, passa en premier la barre des 100 km/h. Nom du bolide : « Jamais contente ». Un bon résumé de ses capacités d’alors. La voiture électrique est victime de la lenteur de sa recharge et de sa faible autonomie. Aujourd’hui, ses performances sont bien meilleures. Voici venu le temps de la voiture « zéro émission », clament les constructeurs.

Si le pot d’échappement disparaît, la voiture électrique n’est pas pour autant « propre ». Elle continue de polluer à cause de l’abrasion des pneus, du revêtement routier et des freins. Et ce ne sont pas ses seules imperfections. Pour les déceler, il faut décortiquer le cycle de vie du produit. C’est justement le cœur de métier de Quantis, une société installée à l’Innovation Park de l’EPFL. « La voiture électrique peut être un produit avantageux comme problématique, tout dépend de ce qui se trouve au bout de la prise », prévient le consultant en durabilité Denis Bochatay, graphiques à l’appui. L’énergie utilisée pour recharger la batterie d’un tel véhicule n’est pas forcément renouvelable. Exemple avec la Chine : le pays représente 40% du marché mondial des véhicules électriques. Sauf que l’énergie des batteries provient majoritairement de centrales à charbon polluantes. Le bénéfice pour l’environnement est donc infime.

Environnement « sacrifié »

L’Empire du Milieu domine le convoité business des métaux rares. Les mines du pays regorgent de ressources indispensables pour la fabrication de batteries lithium-ion. Très lourdes, ces dernières équipent la plupart des voitures électriques. Elles sont composées à 80% de nickel, à 15% de cobalt, à 5% d’aluminium, mais aussi de lithium, de cuivre, de manganèse, d’acier ou de graphite.

Pour obtenir ces précieux ingrédients, les usines de raffinage usent de méthodes qui polluent les sols. « Le peuple chinois a sacrifié son environnement pour nourrir la planète entière avec des terres rares », estime Vivian Wu, une spécialiste chinoise reconnue, dans le livre édifiant La guerre des métaux rares. Contacté par Le Temps, l’auteur de l’enquête, Guillaume Pitron, dénonce une « délocalisation » de la pollution : « Les pays occidentaux ont décidé de fermer leurs mines et laissent des Etats moins regardants sur la réglementation faire le travail. Ces pays sont les poubelles de notre transition verte. »

Production et raffinage de cobalt en 2015

La Chine et la RDC dominent le marché mondial (en tonnes)

Production

Raffinage

Source : British Geological Survey / via DW Afrique . Get the data . Created with Datawrapper

L’autre grand pays des mines, c’est la République démocratique du Congo. Elle possède la moitié du stock mondial de cobalt. En cinq ans, le prix de la tonne de cobalt a quasiment été multiplié par trois et la tendance reste à la hausse au London Metal Exchange, la bourse des métaux de la capitale britannique. Cette flambée du prix est le résultat d’une explosion de la demande. De quoi accentuer la pression sur les ouvriers des mines.

Flambée du prix du cobalt depuis 2016

Prix de la tonne de cobalt

Source : London Metal Exchange / via Quandl . Get the data . Created with Datawrapper

Des enfants et des adultes extraient le métal « dans des tunnels étroits creusés manuellement et sont exposés au risque d’accidents mortels et de graves affections pulmonaires », s’alarme Amnesty International dans un rapport publié en 2017. Plusieurs grandes marques automobiles sont pointées du doigt pour leurs mauvaises pratiques, comme Renault et Daimler. Tesla est également invité à faire plus d’efforts. Le dégât d’image est important pour ces sociétés. Dans une récente lettre aux actionnaires, Elon Musk annonce qu’il veut réduire à « presque zéro » l’utilisation du cobalt dans les cellules des batteries. Un projet de traçage électronique du cobalt va également être expérimenté dans le pays africain, a révélé en mars le Financial Times.

Pétrole du XXIe siècle

Les conditions d’extraction pourraient s’améliorer dans les prochaines années, mais un obstacle se présente toujours sur le chemin de cette industrie florissante. Comme pour les énergies fossiles, les ressources sont limitées. La planète pourrait être à court de cobalt d’ici une cinquantaine d’années, selon Guillaume Pitron. La production de lithium, concentrée en Amérique du Sud, pourrait tenir un peu plus de 360 ans, avance l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis.

Faut-il troquer sa voiture thermique pour un modèle électrique ? Sur l’ensemble de sa vie, un tel véhicule présente un bilan environnemental positif. Sa batterie permet d’éviter de brûler 10 000 kilos de carburant, selon les données de Quantis. Autre motif d’espoir : le recyclage des composants de la batterie devrait s’améliorer. « Plusieurs défenseurs de l’environnement expriment leur inquiétude au sujet des voitures électriques, mais la marge de progrès est très grande, souligne Denis Bochatay. On ne peut pas les comparer avec les voitures thermiques qui ont eu plus d’un siècle pour se perfectionner. »

« La Suisse doit passer à la vitesse supérieure »

Elle voulait donner l’exemple. En 2014, la conseillère fédérale Doris Leuthard présentait sa nouvelle voiture de fonction : une Tesla noire. Derrière ce geste symbolique se cache un objectif ambitieux. Dans le cadre de la stratégie énergétique 2050, approuvée par le peuple en 2017, la Suisse s’est engagée à réduire ses émissions de dioxyde de carbone de 20% par rapport à 1990. Pour y parvenir, le pays mise notamment sur la mobilité électrique.

Problème : seules 1,6% des nouvelles voitures mises en circulation étaient purement électriques en 2017. Une goutte d’eau. Le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD), qui sera présent ce jeudi au Forum des 100 consacré à la mobilité, veut un plan d’action. Il a publié un rapport d’une quarantaine de pages à l’intention de son parti.

Le Temps : Dans votre rapport, vous formulez une critique sévère à l’encontre du Conseil fédéral. Vous évoquez notamment l’épisode « anecdotique » de l’achat d’une voiture électrique par Doris Leuthard. La Suisse se contente-t-elle de mesures cosmétiques ?

Roger Nordmann : La Confédération n’a pas une position très claire. Elle essaie de compresser les émissions polluantes des moteurs à explosion, mais elle n’a pas vraiment affirmé qu’il faut une offensive pour favoriser les voitures électriques. Or, ce développement doit se faire à large échelle. Dans le secteur de la mobilité, on n’a quasiment pas fait de progrès. C’est une grave omission de la politique climatique suisse. Il fallait empoigner cette question.

Pourtant, la Confédération a présenté une série de mesures. Votre constat n’est-il pas alarmiste ?

Il existe une exemption d’impôt pour les véhicules électriques et certains cantons prennent également des initiatives. La Confédération encourage par ailleurs l’installation de bornes de recharge sur les aires d’autoroute. Mais ces mesures sont pour l’instant minimes. La Suisse a un taux de voitures électriques très bas par rapport à des pays qui ont pris des mesures fortes. On doit s’en inspirer pour passer à la vitesse supérieure.

Part de véhicules électriques par canton

Statistiques des voitures neuves pour l’année 2016

(part de l’électrique exprimée en %)
Source : Office fédéral de l’énergie . Created with Datawrapper

Les importateurs automobiles souhaitent atteindre 10% de voitures électriques d’ici à 2020. Est-ce un objectif atteignable ?

Oui, c’est tout à fait réalisable. Il faut des incitations économiques pour pousser dans cette direction ou alors fixer des parts minimales de voitures électriques dans les nouvelles immatriculations. Il faut choisir l’une ou l’autre de ces mesures, mais il faut le faire. En Suisse, la population a un pouvoir d’achat élevé, donc cela pourrait favoriser le développement de ce mode de propulsion.

Selon Avenir Suisse, la Confédération doit laisser le marché se développer de manière autonome. Qu’en pensez-vous ?

C’est bien entendu à l’Etat de donner l’impulsion. Cela permet d’arriver à une masse critique et que la population prenne conscience des avantages qu’offre l’électromobilité. Avec le raisonnement d’Avenir Suisse, on n’aurait jamais économisé de l’énergie dans le domaine des bâtiments par exemple. Dans ce cas précis, la Confédération avait donné des signaux très clairs. Le pur égoïsme ne permet pas d’aller dans le sens de l’intérêt commun.

Défendre la voiture individuelle ne pose-t-il pas problème ? Votre prise de position pourrait déplaire aux défenseurs des transports publics…

Le rapport a suscité beaucoup de réactions, et j’observe plutôt une forme de soulagement. Il faut poursuivre le développement des transports publics de manière intensive. Mais c’est une illusion totale de croire qu’on va faire disparaître la mobilité individuelle. L’électrification du parc automobile n’est pas du tout en opposition aux transports en commun. Le public doit par ailleurs avoir une attitude raisonnable vis-à-vis de la voiture. Ce n’est pas le moment de renforcer les infrastructures routières.

2 Messages de forum

  • Bien sûr qu’il faut défendre la voiture individuelle , c’est à dire la liberté individuelle en matière de circulation et la possibilité d’organiser des trajets complexes et des loisirs avec une part d’improvisation // Par contre les trains et les bus devraient être quasiment gratuits pour inciter à les utiliser de préférence , mais il faudrait aussi que les opérateurs évitent à 100% le remplissage style wagon à bestiaux et les abus de pouvoir comme l’interdiction de fumer dans tous les wagons …
    L’alternative la plus intéressante aux hydrocarbures c’est bien sûr l’Hydrogène et l’Oxygène liquides qui pourrait être produits massivement et proprement sur des îles flottantes posées sur le GULF STREAM , les sauveurs de planète hystériques nient cette solution qui ne convient pas à leur néo puritanisme sacrificiel …
    Sur le site "le grand soir . info" on trouve l’article " Casseroles pour les pauvres , vrais véhicules pour les riches " suivi d’un débat édifiant .
    Par contre : avec 8 grs de THORIUM on peut faire rouler une bagnole électrique 2 millions 500 000 km, ce qui donne à réfléchir car le thorium est bcp moins dangereux que l’uranium .

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    • Ecologique, la voiture électrique ? 27 mai 14:37, par Dominique

      Bien sûr qu’il faut défendre la voiture individuelle , c’est à dire la liberté individuelle dans ce qu’elle a de plus con : niquer la planète de ses propres enfants. Autrement dit la révolution par euthanasie active du vivant. La sixième extinction de masse, comme les migrants, ne s’arrêtera pas aux frontières, mais cela les illuminés du progrès n’en tiennent jamais compte. Après avoir piller la Terre, pillons les océans et en attendant continuons à penduler tous les jours avec nos voitures.

      L’union fait la force. Plus on sera nombreux, plus ce sera vite et bien fait. Marx l’a pourtant dit, le capital nique les travailleurs et la nature. Ce que nous savons aujourd’hui de la sixième extinction de masse, notamment qu’en quelques décennies elle a déjà niqué la moitié du vivant alors que les précédentes avaient mis des milliers d’années pour le même résultat, montre que notre mode de vie suprématiste et mortifère est en phase terminale, et nous avec.

      Ce que Marx n’avait pas compris est que le capital est seulement l’outil économique de notre mode de vie. Or ce n’est pas le capital qui nique la planète, c’est notre mode de vie. Et les illuminés du progrès nous assure, comme au début de la révolution industrielle, que le progrès va régler tous nos problèmes alors que c’est lui qui est le moteur idéologique de notre mode de vie mortifère et condamné. Ce constat est tellement glaçant qu’il ne peuvent l’affronter et préfère, à l’instar des religions, nous promettre un avenir radieux conjugué au futur hypothétique de l’inconditionnel du plus-que-parfait. Tel Bush ils ont fait leurs ce slogan : Notre mode de vie n’est pas négociable.

      Et bien sur, pour continuer à développer ce mode de vie qui nique la planète, ils ont besoin du travail obligatoire qu’ils n’appellent plus esclavage mais productivisme et du capital. Des révolutionnaires ? Non, des illuminés ! Des fous d’un dieu progrès qu’ils n’osent même pas assumer en tant que tel !

      Après c’est sur que la solution n’est pas porteuse comme disent les politiques : Débranches tout !

      Pour qu’une énergie soit durable, il faut que sa production et son utilisation soit réalisée entièrement avec des matériaux locaux et recyclables. Ce qui nous laisse le solaire quand sa chaleur est utilisée directement pour chauffer de l’eau ou d’autres produits locaux, l’éolien des moulins à vent et l’hydraulique de nos ancêtres où la force mécanique est utilisée directement, et l’huile de coude. Toutes les autres énergies nécessitent toutes l’infrastructure industrielle de notre mode de vie et par conséquent ne seront jamais durable. Elles ne font donc que niquer la planète.

      Ce n’est pas le cerf qui coupe la route mais la route qui coupe la forêt de façon indécente et criminelle.

      Quand aux Tesla, quand on voit comme elles crament si facilement en cas de choc sur les batteries et comme elles crament bien - il n’y a pas besoin d’incinérer les occupants, c’est déjà fait - ils vont avoir de la peine à vendre cette technologie pour leurs trajets complexes (pendulaire, c’est compliqué car il faut aussi aller en voiture acheter les couches jetables du bébé) et les loisirs avec une part d’improvisation. Georges, rends-nous service, apprend à jouer de la musique, en guise d’impro, c’est mieux que les bouchons.

      Parce qu’en voiture, où est l’impro ? Être dépendant d’une des pires filiales industrielles autant pour sa politique de destruction systématique du vivant que pour son soutien indéfectible aux plus fascisant des politiciens, c’est pas de l’impro, c’est le bagne assuré ! Continues à aller bosser pour engraisser Babylone, mais ne compte pas être soutenu dans ta démarche. Chez Yakamoneyé, l’air qu’on respire est sain, personne ne roule en Porche. Chez Yakamoneyé y’a pas de barbelé pour t’empêcher d’entrer.

      N.B : Avec cette réponse, j’ai niqué la planète autant que le ferait une ampoule de 60 watts allumées pendant des heures. Niquons la planète parce que c’est ma raison d’être.

      L’oiseau en cage chante la liberté. Mais la liberté, ce n’est pas vouloir une plus grande cage, ce sont des choses inconnues mais désirées encore.

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