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L’entropie, l’être humain et la révolution

lundi 8 janvier 2024 (Date de rédaction antérieure : 8 janvier 2024).

Note de do : brève vulgarisation de l’entropie

Quand un miroir est brisé, il est impossible qu’il soit réparé, tout retour en arrière est impossible. C’est de là que part la notion d’entropie.

Encyclopédia Universalis, extrait ;

https://www.universalis.fr/encyclop…

Le terme « structure dissipative » a été créé, en 1969, par Ilya Prigogine pour souligner la signification des résultats auxquels lui-même et ses collaborateurs de l’école de Bruxelles venaient de parvenir : loin de l’équilibre thermodynamique, c’est-à-dire dans des systèmes traversés par des flux de matière et d’énergie, peuvent se produire des processus de structuration et d’organisation spontanées au sein de ces systèmes, qui deviennent le siège de « structures dissipatives ». L’association entre les termes structure et dissipation, apparemment paradoxale puisque le mot structure évoque l’ordre alors que le mot dissipation évoque le gaspillage, le désordre, la dégradation, marquait le caractère inattendu de la découverte ; le second principe de la thermodynamique, qui a trait aux processus dissipatifs, producteurs d’entropie, était usuellement associé à la seule idée d’évolution irréversible d’un système vers l’état d’équilibre, identifié comme l’état de désordre maximal, où toute l’énergie utilisable du système s’est dégradée ; or, la découverte des structures dissipatives signifie que l’irréversibilité, loin de l’équilibre, peut jouer un rôle constructif et devenir source d’ordre.

François Roddier :

https://www.francois-roddier.fr/?p=202

La loi de Dewar s’appelle “MEP” (en anglais : maximum entropy production). Une structure dissipative a la propriété de s’auto-organiser. Ce faisant, elle diminue son entropie interne en l’exportant à l’extérieur. Elle maximise le flux d’entropie vers l’extérieur.

Einstein disait pour rire avant ces progrès récent :

Puisqu’on ne sait pas expliquer comment nait la vie à partir de la mort, je propose de supposer qu’au départ, l’univers est tout entier était un être vivant et qu’il meurt petit à petit. Car, on sait expliquer la mort à partir de la vie.


Lettre à do du 8 janvier 2024 :

Bonjour, camarade !

J’ai vu que tu as quelque peu "remonté" mon article "Cinq différences essentielles - Nouvelle édition" et je tiens donc à t’en remercier.

C’était, et c’est toujours, en un sens, une tentative de résumer l’essentiel de la période de "transition" que nous vivons, actuellement, au XXIe siècle, et qui est malheureusement une "transition" en réalité essentiellement régressive en termes de rapports sociaux, mais aussi d’évolution culturelle, manifestement.

De part le fait l’article n’a donc pas suscité de réactions positives, à quelques rares exceptions près, dont la tienne…

Très peu d’effet, de toute façon, d’une manière générale, même si la publication de l’article précédent "deux gouttes d’eau, deux gouttes de sang" a permis de rendre utile cette republication. Le petit "regain" de lectorat reste éphémère et sans autres conséquences.

Cette "transition" banco-centraliste, encore imperceptible pour la plupart des gens, même ceux qui se veulent "observateurs", "analystes", etc…, correspond, malgré les progrès techniques continus, et en partie précisément "à cause" d’eux, à un début de déclin général, de "décadence", de la société humaine sur la planète, et pas seulement à celui de tel ou tel système.

L’apogée "générale", en quelque sorte, y incluant celle des idées "progressistes", tout étant relatif, est semble-t-il déjà derrière nous. C’est un peu le "syndrome de l’Empire romain", mais à l’échelle de la planète et de la société humaine tout entière.

C’est pourquoi, tout étant également "relatif" à ce sujet, les sociétés orientales "conservatrices" dans leurs valeurs culturelles nous apparaissent actuellement comme un pis-aller quasi "révolutionnaire" par rapport à la décadence, nettement plus "avancée" des sociétés occidentales, qui sont aussi parmi les plus "avancées" sur la voie du banco-centralisme.

Les chances d’un "sursaut" réellement révolutionnaire ou à tout le moins "progressiste", si elles ne sont pas forcément tout à fait nulles, sont néanmoins très faibles.

D’après les traces dans mes diverses "archives" informatiques, l’article "Cinq différences essentielles" date de fin juin 2023, soit sensiblement la période de la première "chute" d’Evgueny Prigogine et de son groupe Wagner.

Depuis l’attentat du 23 Août ma réflexion sur les structures économico-politico-militaires humaines a encore avancé nettement plus loin dans l’analyse de leurs contradictions en quelque sorte "darwiniennes" entre elles et avec le milieu "naturel" dans lequel elles se forment et évoluent.

C’est, au fond, un rapport aux ressources et à leur utilisation, et surtout, in fine, en termes d’énergie, et dans ce cas, en termes de "dissipation", ce qui rapproche donc étrangement deux "Prigogine", Evgueny et Ilya, qui ne sont autrement ni famille ni, évidemment, de la même génération.

Mais le concept de "structure dissipative" d’énergie est, ce qui en fait l’intérêt majeur, extensible à quasiment tous les domaines de la science, et s’applique, assez étrangement, beaucoup mieux aux sciences humaines, dont l’économie, que beaucoup d’autres.

La perspective qui en découle n’est pas essentiellement d’un fol optimisme, mais elle est terriblement "réaliste" au sens utile où elle explique précisément ce qui nous apparaît comme des "échecs" de la société humaine… Des "échecs" qui ne le sont que si l’on s’obstine à juger selon des critères "humanistes" qui sont en fait essentiellement subjectifs, même si formellement "bien intentionnés".

En pratique on voit donc bien, à la "lumière" si l’on peut dire, des événements actuels en Palestine, qu’ils se partagent entre hypocrisie, pour l’essentiel, et naïveté, pour le reste.

Les grandes lignes de "force", (c’est le cas de le dire…), du comportement "humain" sont donc essentiellement déterminées, comme le reste, par les lois sous-jacentes de la thermodynamique, et donc fondamentalement, par celle de l’entropie.

L’entropie gouverne la plupart des comportements humains et structure les sociétés humaines en fonction. D’où l’échec plus ou moins rapide de quasiment toutes les "utopies" jusqu’à présent.

L’alternative n’implique donc pas seulement le "niveau de conscience très élevé" que soulignait fort justement Debord, mais bien plus encore, une "domination" de la conscience sur le comportement instinctif, profondément guidé par l’entropie.

Au stade où elle apparaît, avec le langage, dans l’espèce humaine, la conscience n’est jamais qu’une nouvelle marche en avant de l’entropie selon la loi de la dissipation maximum de l’énergie. C’est l’avantage sélectif "darwinien" de la race humaine sur les autres "structures dissipatives" restées au stade "animal" : une efficacité décuplée dans l’utilisation des ressources et leur dissipation…

C’est ce que l’on voit encore, au stade actuel, avec l’utilisation systématiquement militaire du progrès scientifique, avec la constitution des lobbys militaro-industriels, et des monopoles en général, notamment dans leur nouvelle version banco-centraliste, qui dépassent, précisément, le simple concept de "rentabilité économique", dont il se passent, en suivant simplement la loi de l’entropie maximum, qui est en réalité fondamentalement "naturelle", puisqu’elle trouve son origine dans la "création" cosmique, depuis précisément le fameux "big-bang" !

De sorte qu’une "victoire", nécessairement relative, de la conscience humaniste, serait en quelque sorte bien plus une victoire contre les forces de la nature elles-mêmes qu’une prétendue "défense de la nature", fut-elle supposément "humaine".

L’illusion développée par les "écologistes", même pour ceux qui restent éventuellement sincères, provient de ce qu’ils considèrent qu’il existe un "équilibre naturel" qui serait à "défendre". Alors que l’entropie gouverne absolument et nécessairement l’ensemble des structures dissipatives de la nature, selon les lois évidentes de la thermodynamique, même si avec des échelles de temps qui varient énormément d’une catégorie de phénomènes à l’autre. La durée de vie de notre biosphère paraît potentiellement "durable" en comparaison de la durée de vie d’une civilisation humaine, et encore plus, en comparaison d’un individu humain particulier, mais pourtant elle n’est pas forcément grand chose de plus, en comparaison de la durée de vie d’une étoile ou de bien d’autres phénomènes cosmiques, tous néanmoins tributaires de l’entropie, dans leur destinée finale !

La conscience humaine, relativement dotée de libre arbitre, pourrait donc utiliser la raison pour en quelque sorte aménager au mieux son bref passage dans l’histoire du cosmos, mais cela suppose de se remettre en situation réelle, en proportion des forces réelles de la nature, et non d’un prétendu "équilibre" qui est par définition un non-sens scientifique et un défi au simple bon-sens.

C’est donc carrément d’un nouveau "saut qualitatif" dans l’évolution, qu’il est question, dans cette perspective matérialiste dialectique, un saut caractérisé par la victoire et la domination de la conscience réellement humaniste sur l’instinct profondément entropique, (et non pas "anthropique"…), de l’espèce humaine.

Autant dire franchement un voeux pieux, en ce début d’année, tant l’instinct profondément entropique de notre espèce continue à ravager la planète…

C’est néanmoins une recherche qui motive encore ma curiosité, même si c’est vraisemblablement la dernière, vu l’ampleur de la tâche, que je devrai donc simplement me contenter d’"effleurer"…

Accessoirement, elle finira de me mettre à dos le reste des quelques lecteurs qui tentent de comprendre quelque chose à ce que j’écris, et assez laborieusement, manifestement !

Quoi qu’il en soit, avec mes remerciements renouvelés pour tes efforts à l’égard de quelques vérités qui restent à défendre contre l’obscurantisme actuel.

Bien à toi,

Amicalement,

Luniterre

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