VIVE LA RÉVOLUTION
Accueil du site > Comment publier un article > La grève doit être interdite quand elle sert à quelque chose

La grève doit être interdite quand elle sert à quelque chose

lundi 19 février 2024, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 18 février 2024).

La SNCF ne doit pas se mettre en grève quand ça gêne, entend-on. Mais si ça ne gêne personne, ça ne sert qu’à une chose : à supprimer le salaire des grévistes. Le pouvoir est alors très content.

Idée : et si la "grève" SNCF consistait à faire tourner les trains gratuitement ? ça ne gênerait pas du tout les clients et ça ne ferait chier que le pouvoir. Ce serait drôlement efficace et très populaire. Cela a été fait en 1986 pendant la grève SNCF gérée par une coordination nationale.

Étude historique et stratégique de la contestation en France depuis mai 68

Après 1968, en France, chaque année les étudiants se mettaient en grève. Une grève dure, avec piquets de grèves durs et émeutes, une grève qui durait au minimum un mois. Ces grèves étaient auto-organisées en coordination. Puis, en 1986, pour la première fois dans toute l’histoire du mouvement ouvrier, une grève nationale de tout un secteur d’activité fut auto-dirigée par une coordination. Cela dut se faire contre les syndicats, et notamment contre la CGT. Ce fut la plus fameuse grève de la SNCF. Bien plus fameuse que celle de 1995 !

CGT - Et Bernard Thibault devint chef :

http://mai68.org/spip/spip.php?article1170

(Avec un topo sur les grèves de 1986 et de 1995)

6 Messages de forum

  • C’est bien connu, le « blocage » de l’économie est une honte absolue, et les grèves doivent avoir lieu le samedi et le dimanche (pour ceux qui ont encore droit à leur week-end de congé).

    Je ne partage pas ton avis sur les grèves « auto-gérées », et je préfère le syndicat, même abimé, aux « coordinations », mais pas de doute sur le sens de la nomination de Thibault.

    C’est pour arriver à ça, et pour réaliser la conversion européenne de la CGT que Louis Viannet et consorts (Viannet me l’a personnellement confirmé à plusieurs reprises : je lui en parlais à chaque fête de l’Huma en lui demandant s’il était fier de son poulains) l’ont hissé à la tête de la CGT. Je l’ai su tout de suite, ça devait être en 1997, parce que l’équipe dirigeante l’a envoyé se présenter à l’Institut d’histoire sociale de la CGT, dont j’étais une contributrice depuis la fin des années 1970 (j’en ai été virée de fait à l’ère Thibault, mon orientation « relations internationales » aidant à la chose : là, l’éviction s’est faite tout à fait en douceur. À l’inverse, tout allant du même pas, j’ai été virée, et là clairement, en 1997-1998, de l’Institut de recherches marxistes, auquel je collaborais activement, depuis les années 1970, par des articles dans ses Cahiers d’histoire).

    Quand je suis rentrée chez moi, après débat, à l’IHS, avec Thibault, qui nous avait servi le refrain d’une CGT nécessairement « apolitique », qu’il rendrait bientôt à « l’indépendance syndicale » (refrain dont j’avais montré, dans ma thèse d’État, puis par divers travaux, la simple fonction de couverture de la SFIO contre le PCF, les confédérés étant aussi universellement SFIO que les unitaires étaient communistes), j’étais effondrée, et j’ai dit à mon mari que cette nomination sonnerait officiellement le glas de la CGT combative.

    J’ai de nombreux témoins de ce jugement sur Thibault, y compris quand j’ai appris, quelques années plus tard, qu’il se faisait régulièrement inviter par les représentants patronaux du Conseil économique et social, que présidait un cousin de mon mari, Jacques Dermagne. Lequel s’est vanté, à une réunion familiale annuelle, de déjeuner assez souvent avec « [m]on copain Thibault ». J’en ai parlé à des camarades dans les débuts du Front syndical de classe (ici présenté via la fiche Maitron de notre camarade Roger Silvain, https://maitron.fr/spip.php?article…). La chose était alors inracontable : Georges Gastaud, en copie, s’en souvient peut-être puisque je lui en avais parlé. On n’avait pas les preuves, et il était difficile de dénoncer une orientation pas encore suffisamment perceptible.

    À tous les échelons possibles, les adversaires de l’européanisation social-démocrate avaient dû prendre acte, tel Georges, fondateur du PRCF, de la transformation social-démocrate du mouvement communiste français. Le redressement était aussi impossible à partir des années 1990 (limite très tardive, il faut remonter bien plus haut dans le temps) que pour les guesdistes un siècle auparavant… Quel gâchis !

    Amitiés,

    Annie

    • Salut Annie,

      Pendant mai 68, mon père a fait grève du premier jour jusqu’au dernier. À la fin, il m’a dit : « Les syndicats sont des idiots, si on avait fait grève trois jours de plus, on aurait eu tout ce qu’on voulait ! »

      En 1974, il y a eu de grandes grèves dans les services publics. Mais les syndicats se sont débrouillés pour que tout le monde ne soit pas en grève en même temps. Un mois la SNCF, puis un mois les PTT, je ne me souviens plus les deux autres. Mais je suis sûr pour les PTT. Mon père a fait grève 1 mois et demi. Au bout de trois semaines, Il en voulait énormément à Georges Marchais et à Geoges Séguy. Il était très en colère. Il voulait leur plier le dos en deux sur ses genoux parce qu’ils laissaient les PTT tout seuls sans appeler jamais à la grève générale. Au bout d’un mois c’est à toute la classe ouvrière qu’il en voulait. Il disait qu’ils voyaient bien ce qu’il se passait. Et qu’ils n’avaient pas besoin des syndicats pour se mettre en grève.

      Mais, 15 jours après la fin de la grève, il disait à nouveau « vive la CGT, vive Georges Séguy, vive le PCF et vive Georges Marchais ». J’avais parlé de mon étonnement à un mec de la Ligue (d’Alain Krivine) iI m’a appris alors quelque chose que j’ignorais : « La conscience de classe n’évolue pas de façon linéaire. »

      N’empêche si ces grèves avaient été auto-dirigées par une coordination, Cela se serait passé autrement mieux :

      http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

      Amitié,
      do
      http://mai68.org/

  • Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec cette idée que les cheminots fassent la grève en ne faisant pas payer les voyageurs. Mais les cheminots ne seront quand même pas payés il me semble ?

    H

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0