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Les petites recettes d’Éric Arnoux

mardi 28 août 2018, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 28 août 2018).

Pour la presse européenne, Éric Arnoux est synonyme de « l’homme qui devait plus de 200 millions de francs ». Le tableau de chasse du menuisier grenoblois reconverti en promoteur immobilier de luxe est semble-t-il surprenant. Son palmarès serait une véritable pléiade.

Comment cet homme, décrit comme affable et avenant de prime abord, a pu mettre sur la paille tant d’artisans, de géants de la banque et d’investisseurs, le tout pendant plus de vingt ans, sans avoir à rendre de compte ?

L’épopée d’Éric Arnoux nous amène à nous interroger sur les moyens d’actions de notre justice et de l’effarante impunité dont peuvent jouir les personnes de son acabit, tout en menant une vie aussi fastueuse qu’insouciante. Parmi les exubérances du personnage : la conduite de bolides italiens rutilants et l’inscription de ses enfants à l’institut Le Rosey, réputé comme étant l’école la plus chère du monde.

Voici le parcours et les procédés du terrible promoteur qui lui ont permis de soutirer jusqu’à 200 millions d’Euros à ses créanciers désabusés, d’après le journal Le Point, et à passer si longtemps entre les mailles du filet de la justice.

Menuisier de formation, Éric Henri André Arnoux a commencé son parcours à Megève en bâtissant des chalets de luxe. Son modèle d’affaires habituel semble d’une simplicité extrême : des bâtisses somptueuses sont construites et les artisans impliqués ne perçoivent pas de rémunération, ou pas intégrale.

Après avoir laissé derrière lui des sommes gigantesques impayées et réalisé des revenus substantiels, Éric Arnoux quitte la France pour la Suisse où il créé différentes sociétés grâce auxquelles il se lance dans la promotion immobilière et la création de fonds d’investissement permettant à ses affaires de prendre une ampleur plus grande encore.

Grâce à des sociétés telles que "Planet" et "Pure Investment fund", l’ancien menuisier promet à ses investisseurs des retours mirifiques de 10% à 15%, dont les investisseurs ne voient jamais la couleur. Un des projets grandioses illustrant au mieux les agissements d’Éric Arnoux est le gigantesque chantier inachevé de Grimentz où le promoteur isérois promettait un hôtel grandiose accompagné d’une myriade de restaurants, d’un spa et d’une piscine : envolés, comme de nombreux projets avec à leur tête Éric Arnoux qui, dans ce cas, s’était associé au sulfureux Thierry Dubuisson, impliqué dans moult fiascos immobiliers dans la région.

Les juridictions où Éric Arnoux réalise ses opérations se diversifient avec le temps : Suisse, France, Luxembourg, Etats-Unis, autant de lieux où il se refait lorsque les problèmes se font trop sérieux.

Grâce à cette multiplication des lieux où il est actif, en plus des petits épargnants et artisans, ce sont de nombreux investisseurs et banques qui ont été apparemment floutés. Parmi les institutions figurent J. Safra Sarasin avec 15 millions de francs suisses impayés, CIC, 17 millions, BGL BNP Paribas au Luxembourg, 7 millions, ainsi que BNP Paribas en Suisse avec plus de 17 millions non-remboursés.

L’auto victimisation fait partie des attributs d’Éric Arnoux, qui se présente comme l’arroseur arrosé, la première victime des opérations dont il est le responsable, en mettant en avant tantôt une conjoncture défavorable, tantôt des circonstances adverses et fâcheuses auxquelles il serait parfaitement étranger.

La peur qu’instaurait Éric Arnoux parmi ses victimes est aussi décrite comme l’une des raisons expliquant le temps très long qui fut nécessaire avant que la justice ne fasse son travail. Celui-ci commença, en raison des plaintes qui s’accumulaient, en mars 2017 par sa mise en détention préventive à Genève après son arrestation à l’aéroport de Genève, en provenance de Londres où il a récemment élu domicile.

Aujourd’hui, Éric Arnoux est accusé en Suisse d’escroquerie, faux dans les titres, gestion déloyale, diminution effective de l’actif au préjudice des créanciers, gestion fautive, banqueroute frauduleuse, violation de l’obligation de tenir une comptabilité, violation grave de la loi sur l’impôt à la source.

Nombreux sont les créanciers qui, faute de voir la couleur de leur argent, espèrent que la justice saura punir celui qui les a trompé. A ce titre, ils s’étonnent de savoir que l’homme est aujourd’hui designer d’intérieur à Dubaï et se demandent quelles nouvelles affaires Éric Arnoux est en train de mettre sur pied.

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