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Les gilets jaunes, la politique et la lutte des classes

jeudi 29 novembre 2018, par do (Date de rédaction antérieure : 29 novembre 2018).

La politique du point de vue de la lutte des classes

Bonjour à toutes et à tous,

J’utiliserai ici le mot "prolétaire" dans son sens moderne et généralisé.

Dans la lutte des classes, la "politique" c’est pas grave. Ce que je veux dire, c’est que beaucoup de prolos votent même extrême droite. Mais l’essentiel, du point de vue de la lutte des classes, c’est que c’est des prolos.

Dans la lutte des classes, en réalité, on ne s’occupe pas de savoir quel parti politique récupère habituellement quelles voix. On s’occupe seulement de savoir à quelle classe (prolétariat ou bourgeoisie) appartient tel ou tel.

En 2005, Jospin reprochait au NON à la Constitution qu’il y avait aussi bien des NON de gauche, que des NON de droite. Ce n’en était pas moins un vote de classe. Les pauvres ont voté NON. Et ils ont voté NON quelque soit le parti politique qui récupérait habituellement leurs voix.

Quand la lutte des classes s’intensifie, de moins en moins de prolos acceptent de se laisser récupérer, ni par la vraie droite ni par la fausse gauche. Tel est déjà le cas des gilets jaunes.

Donc, comme un ami me l’a dit au sujet des gilets jaunes : « J’espère que Macron va s’entêter comme un âne borgne pour que ce mouvement puisse durer et devenir de plus en plus subversif » !

Bien à vous,
do
29 novembre 2018
http://mai68.org

12 Messages de forum

  • Lutte des classes et "politique" 29 novembre 2018 20:43

    Ce qui est rigolo avec Macron c’est son mauvais goût et sa mauvaise éducation : le 31 décembre il va nous souhaiter la "bonne année" et le lendemain introduire ses taxes inégalitaires et illégitimes. Il ne sait même pas que des nouvelles taxes doivent être introduites le premier avril…

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  • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 00:50, par GJ ou 3e de classe

    OU BIEN (fiction ?)
    Donc, comme un ami me l’a pas dit au sujet des gilets jaunes : « J’espère que Macron va s’entêter comme un âne borgne pour que ce mouvement puisse durer et devenir de plus en plus droitiste » !

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    • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 01:46, par do

      Salut,

      C’est impossible que ce mouvement se "droitise", comme tu dis.

      Si tu prends l’exemple de la "manif pour tous", c’était un mouvement politique. Donc, il pouvait être de droite, et il était de droite. Mais, c’était un mouvement politique. Il était inter-classe, il y avait dedans aussi bien des patrons que des prolos, tous de droite.

      Mais, le mouvement des gilets jaunes est un mouvement de lutte de classe. seuls des pauvres y participent. Un tel mouvement s’il s’intensifie, s’il dure, va forcément libérer les gens. Ils deviendront comme en mai 68.

      Par exemple, c’est en luttant contre les mêmes patrons que les prolos bien blancs et racistes s’apercevront qu’il sont dans le même camp que les prolos bien noirs ou "arabes". Et leur racisme va donc s’éteindre, comme en mai 68 !

      Je te laisse imaginer d’autres exemples ; mais, c’est bien évident, et l’expérience le montre, la lutte de classe ne se droitise jamais, c’est tout le contraire.

      Bien à toi,
      do
      http://mai68.org

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      • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 03:01

        Si un mouvement du type "lutte des classes" aboutit quelques années après à une droitisation globale, c’est toujours à cause des trahisons de la gauche officielle … Je pense à l’écrasement de la révolution spartakiste par le gouvernement de gauche allemand qui a ouvert un boulevard aux nazis quelques années après.

        Ce mouvement des gilets jaunes peut être dégoûté par la servilité des socialistes + écologistes + PCF + NPA + syndicats qui les regardent de haut et soutiennent Macron implicitement… Ce dégoût peut se transformer en ressentiment et générer n’importe quoi.

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        • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 03:39, par do

          Tu dis : « Si un mouvement du type "lutte des classes" aboutit quelques années après à une droitisation globale, c’est toujours à cause des trahisons de la gauche officielle »

          Réponse : en tout cas ce n’est pas la faute à la lutte de classe !

          Autre réponse : cette fois ci le mouvement est prévenu contre les agissements de la gauche officielle, puisqu’il refuse toute récupération !

          Tu dis ; « Ce mouvement des gilets jaunes peut être dégoûté par la servilité des socialistes + écologistes + PCF + NPA + syndicats qui les regardent de haut et soutiennent Macron implicitement… Ce dégoût peut se transformer en ressentiment et générer n’importe quoi. »

          Réponse : Tout d’abord, le PCF et Mélenchon soutiennent très nettement ce mouvement. Ensuite, ce mouvement est tout autant dégoûté par les partis de droite et d’extrême droite. Il ne veut être récupéré par personne ! Il ne peut donc pas se transformer en n’importe quoi. Soit il deviendra un nouveau mai 68, soit il s’éteindra. Le mouvement de 1986 aussi refusait les partis et les syndicats et il n’est pas devenu n’importe quoi, bien au contraire. Et puis, beaucoup de gens comme toi y participent et l’empêcheront dériver n’importe comment. D’ailleurs un mouvement soutenu par 85% de la population ne peut pas « se transformer en ressentiment et générer n’importe quoi. »

          Je te rappelle qu’en luttant contre les mêmes patrons, les ouvriers deviennent automatiquement anti-racistes !

          Et puis, les gens discutent entre eux, énormément, et se libèrent de l’influence des médias, et se déconditionnent mutuellement, et y prennent plaisir.

          J’ai déjà vécu des mouvements comme celui-là et tout se passe de mieux en mieux jusqu’au moment où malheureusement tout est fini. Mais, et si cette fois-ci il y avait la révolution, la vraie, sait-on jamais ?

          En tout cas, il ne faut pas louper la chance et le plaisir d’y participer.

          Bien à toi,
          do
          http://mai68.org

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          • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 04:13

            Tu dois avoir raison. J’ai lu plusieurs fois que les GJ exigeaient que d’éventuelles rencontres avec les ministres ou les préfets soient filmées, ce qui montre une base qui veut contrôler ses éventuels représentants, porte-parole ou communicants comme dit Edouard Philippe ! Les media ont essayé d’imposer un dupont-gnangnantiste toulousain qui s’est fait jeter du collectif toulousain dès le lendemain ! Tout cela va dans la bonne direction…

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      • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 05:18, par Jean Cendent

        Bonjour, do

        Oui, effectivement c’est en luttant contre un ennemi commun que…
        La question est de savoir si vraiment les Gilets Jaunes ont un ennemi commun mis à part les taxes et lesquelles ? (du diesel à la sécu il y a une grosse nuance) et la tête à Macron ?
        En toute logique tu as raison mais je me pose des questions :

        en mai 68 la conscience d’avoir un ennemi commun était elle plus ou moins forte par rapport à 2018 chez les prolétaires, les dominés, les grévistes ?

        en mai 68 l’extrême droite représentait quoi par rapport à 2018 ?

        en mai 68 il y avait des petits patrons qui manifestaient avec des ouvriers pour demander dans le langage de l’ennemi moins de charges sociales (cotisations sociales)

        en mai 68 les grévistes, demandaient ils la permission a Vinci de bloquer les péages d’autoroutes pour faire sortir gratuitement les automobilistes (je sais les autoroutes en 68 n’étaient pas nombreuses ) et stop à 18 h on remballe et Vinci refait payer *( expérience groupe local / « campagne » ville moins de 10.000 habitants, pour les villes plus importantes ou autres, ce n’est peut être pas le cas, je ne sais pas ? )

        En mai 68 les grévistes disaient : la police, la gendarmerie, etc. sont des citoyens comme tout le monde, c’est grâce à eux que l’on a pu faire ceci ou cela ?(*)

        Les Gilets Jaunes sans chef soit disant et puis dimanche 25 novembre vers 18 h 30 réunion perron de la mairie les « organisateurs locaux » se présentent je suis d’un parti politique mais je ne dis pas lequel, je suis d’un syndicat mais je ne dis pas lequel. Puis s’ensuit une sorte d’engueulade théâtralisée entre eux à propos de Facebook qui a pour but au final de disperser les gens qui essayent de prendre la parole mais que personne n’écoute car les administrateurs leur coupent, en s’engueulant pour que personne ne puisse débattre car en fait personne ne se connaît vraiment, n’ayant en plus pas les mêmes buts ou idéaux, etc.(*)
        (le lendemain d’ailleurs et depuis les réseaux sociaux soit uniquement Facebook presque toutes les pages tournent en mono si tu vois ce que je veux dire…)

        Enfin, s’ils libèrent les gens tant mieux. Et si c’est bien une lutte de classe qui ne se droitise jamais, alors tant mieux !

        Et lui effectivement « un porte parole » (si seulement dans mon bled il était tous comme lui) il prend la mesure du capitalisme, des hiérarchies et chemine vers l’anarchie, alors tant mieux.

        https://www.facebook.com/maxime.nic…

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        • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 16:56, par do

          Salut,

          « en mai 68 l’extrême droite représentait quoi par rapport à 2018 ? »

          Dans les années1950, le mouvement Poujade obtient dans toute la France, plus de 2 millions de voix et 52 députés [soit 12 %], avec Jean-Marie Le Pen comme 52e député.

          Après mai 68 l’extrême droite se réduit à 1%

          Si je me souviens bien, en 68 les autoroutes étaient gratuites.

          Les autorités n’ont justement pas arrêté de se plaindre que les actions et les manifs n’étaient pas déclarées à la préfecture. Jusqu’à la manif des Champs Élysées de samedi dernier qui était interdite !

          A+
          do
          http://mai68.org

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    • Lutte des classes et "politique" 30 novembre 2018 10:38, par Viriato

      Si un jour un mouvement dont la base se trouve dans la classe prolétaire et leurs revendications immédiates correspondent à l’augmentation du pouvoir d’achat (des salaires, pensions, allocations) devient d’extrême-droite ce sera par la seule faute des gauchistes absurdes.

      Le PCF ? Inexistant, LO, au départ sectaire comme d’hab, après le 17 et plus encore le 24 changea de position, le NPA, sectaire aussi au début a changé dès le 17 mais tous les deux ont eu des positions ambigües et même contre les gilets jaunes, la CGT qui prend une position ’gauchiste’, sectaire, pour garder les positions de sa bureaucratie.

      Aujourd’hui, il faut tout essayer pour faire converger les deux mouvements et ainsi l’extrême droite va se trouver complètement à la marge et par la suite en dehors d’un mouvement qui devrait encore s’amplifier et aller de plus en plus à gauche.
      Mélenchon a vu plus clair et en fin tacticien dispute à l’extrême droite le leadership. C’est ce que dès le début auraient dû faire les "partis de gauche".

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