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Le parcours exceptionnel du promoteur Eric Arnoux

mercredi 3 avril 2019, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 3 avril 2019).

Né en 1966 à Grenoble, Eric Arnoux ne se destinait pas à faire la une de la presse à la rubrique « judiciaire ». Menuisier de formation, métier ô combien noble, il s’est lancé dans l’immobilier et les affaires. Dans ce milieu, connu pour certains excès, il apprend très vite, son caractère affable, séducteur et son goût pour le luxe feront le reste. Il se lance alors dans la construction de chalets de luxe à Megève, c’est dans ce business-là, qu’il aurait, selon le Point, « commencé par faire fortune. »

C’est aussi dans cette station huppée que les premiers ennuis sont arrivés : artisans et ouvriers non-payés, fournitures de mauvaises qualités et à cela s’ajoutent les premières accusations. Selon la Tribune de Genève : « Il parvient à emprunter 1 ou 2 millions pour monter une opération immobilière, puis annonce que le projet se casse la figure et dit à son investisseur qu’il a juste pu récupérer 100’000 euros. Le reste a disparu. »

Sa réputation commence à sentir le souffre en France, si la justice ne le poursuit pas, il est grillé dans les affaires. Il traverse la frontière et s’installe en Suisse. A Genève, il enclenche la vitesse supérieure, de petit artisan, il devient une multinationale à lui seul. Derrière le paravent de l’immobilier, il n’a pas son pareil pour créer des sociétés écrans, qui s’emboitent les unes dans les autres, lever des fonds, emprunter à des investisseurs petits ou grands, des banques françaises, suisses, luxembourgeoises, avec toujours le même bagout et le même charisme.

Une enquête du Point, révèle qu’il aurait réussi en deux décennies à faire un trou de plus 200 millions d’euros. Il se pourrait que ce montant soit beaucoup plus important, mais il a réussi à se fabriquer un tel empire de nébuleuses que même les enquêteurs ont des difficultés à détricoter la toile d’araignée. Eric Arnoux déclare lui-même « avoir généré un patrimoine d’environ 3 milliards d’euros tout au long de sa carrière », ce qui ferait de lui, un des plus grands promoteurs immobiliers d’Europe !

Le « promoteur » a œuvré ainsi pendant des années et il a fallu des plaintes d’institutions ou de petits créanciers avant que la justice suisse ne réagisse. Ce n’est qu’en mars 2017 que la police l’arrête à l’aéroport de Genève. Ayant senti le vent du boulet, il s’était exilé à Londres, ce jour-là, en rentrant peut-être visiter sa somptueuse demeure de Cologny, il certainement commis une erreur. Eric Arnoux est inculpé pour « fraude, falsification, gestion déloyale, diminution effective de l’actif aux dépens des créanciers, mauvaise gestion, faillite frauduleuse, violation de l’obligation de tenir une comptabilité et grave infraction à la loi sur la retenue d’impôt ». La liste est longue et les infractions sont graves, selon un avocat romand cité par le Temps : « le mode opératoire de cet individu d’origine française, c’est du jamais-vu. Personne encore n’a, par son attitude, autant dénigré nos institutions que lui. » Pourtant, deux mois plus tard, Eric Arnoux est libre, il a obtenu une liberté conditionnelle !

En 2019, après un petit détour par les Emirats,il retourne à Londres où il vit toujours luxueusement dans la capitale britannique et a même recréé une société, malgré les dettes. Pendant ce temps, les créanciers se désespèrent, leur argent part en fumée et toujours pas de procès en vue.

Combien de temps encore, Eric Arnoux arrivera-t-il à passer à travers les gouttes ?

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