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Les histoires macabres de la CIA

jeudi 4 avril 2019, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 4 avril 2019).

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4 avril 2019 09:04:30

Auteur : Raul Antonio Capote | informacion@granmai.cu

D’anciens scientifiques nazis, experts en interrogatoire, torture et manipulation mentale participèrent au programme MK-Ultra de la CIA. Beaucoup de ces « hommes de science » étaient recherchés depuis le procès de Nuremberg, mais se trouvaient en sécurité aux États-Unis grâce à l’opération Paperclip [recrutement de scientifiques nazis] sous la protection du gouvernement des États-Unis

LE conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis, John Bolton, a annoncé récemment des sanctions plus sévères à l’encontre de ce qu’il a qualifié de « forces de destruction sur le continent ». Avec une fantaisie digne de la maladresse de ses procédés impériaux – rappelons-nous son fameux mensonge sur les « armes biologiques » cubaines, qui lui a finalement fait perdre la face –, le conseiller de « l’insécurité » a fait allusion aux « opposants torturés dans le centre pénitentiaire Combinado del Este, à Cuba, l’Hélicoïde, au Venezuela et la prison Chipotle, au Nicaragua ».

À Cuba, jamais aucun prisonnier n’a été torturé, pas même ceux qui, payés par le Gouvernement des États-Unis, ont commis des crimes atroces contre notre pays. Pour la Révolution cubaine, le respect de l’intégrité et de la dignité des détenus est sacré.

Du Chili à l’Irak, la torture a fait partie de la « croisade pour la liberté » lancée par les États-Unis. Souvenons-nous des images effroyables d’Abu Ghraib ou des témoignages de prisonniers de la base à Guantanamo.

UNE HISTOIRE DE TORTURES ET D’EXPÉRIMENTATIONS

Le travail des services spéciaux étasuniens pour contrôler l’esprit humain, les investigations menées dans ce but, vont au-delà de toute logique et de toute raison. Des projets comme MK-Ultra semblent sortir d’un mauvais film d’horreur, mais ont été une réalité effroyable : expériences dans le domaine de l’inconscient humain, tests médicamenteux, drogues, implants cérébraux, chirurgie, lobotomie, toute une boutique des horreurs.

Le programme MK-Ultra, qui eut pour premier responsable Sidney Gottlieb, fut lancé, en 1953, alors qu’Allen Dulles était directeur de la CIA. L’objectif principal était de produire une drogue qui obligerait le sujet à dire la vérité – sérum de vérité. Environ 150 projets de recherche furent créés dans le cadre de ce programme, dont on ignore à ce jour l’objectif.

La tâche de mener à bien ce projet fut confiée au Bureau de l’Intelligence scientifique (OSI), une entité fondée en 1948 qui parvint à mobiliser plus d’une trentaine d’universités et de centres scientifiques du pays.

En 1952, le Corps d’armée pour la guerre chimique engagea une équipe de l’Institut psychiatrique de New York pour mener une série d’expériences sur la guerre psychochimique et la maîtrise de l’esprit humain.

Le psychiatre Paul Hoch fut chargé de diriger et de superviser ces expériences : tests de drogues de synthèse comme le MDA, un dérivé de la mescaline ; administration de fortes doses de MDA mélangé à du LSD aux patients psychiatriques, suivie d’une lobotomie. La liste des personnes décédées s’allongea considérablement. Plus tard, le Dr Hoch devint consultant auprès de la CIA.

Selon des informations du magazine The Village Voice, dans l’une de ces expériences, l’un des patients fut soumis à une anesthésie locale en même temps qu’on lui injectait un hallucinogène. On lui demanda ensuite de décrire ses expériences visuelles, tandis qu’un chirurgien lui extrayait une partie du cortex cérébral.

En 1977, le sénateur Ted Kennedy dénonça que le projet MK-Ultra consistait « comme de vastes expériences secrètes d’administration de drogues, dont avaient été victimes des personnes de toutes les couches sociales du pays, y compris des étrangers, sans qu’ils aient donné leur accord ».

Ce projet débuta en 1953, cependant dès 1950 au Japon, des tests en conditions réelles avaient été effectués. À l’époque, des agents de la CIA avaient administré un mélange d’amphétamines et de barbituriques à de présumés agents doubles, en violation des lois internationales, comme le Code de Nuremberg, qui interdisait expressément ces pratiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Parmi les éléments utilisés dans le programme figuraient la radiation et une drogue, connue sous le nom de LSD. Le LSD a été largement utilisé contre le mouvement hippie dans les années 60. Certains experts affirment que de grandes quantités de ce produit ont été distribuées gratuitement par des agents de la CIA lors de concerts de musique et de rassemblements de jeunes dans les camps de vacances et des universités.

Les barbituriques et les amphétamines combinés furent également utilisés au cours des interrogatoires, avec pour résultat la mort très fréquente de la personne interrogée. Beaucoup d’autres drogues étaient administrées. Les sujets testés étaient des employés de la CIA, des médecins, des agents du gouvernement, des indigents, des prostituées, des malades mentaux. Des criminels de droit commun, leurs propres soldats et des prisonniers de guerre servirent de cobayes, souvent sans que ces personnes ne sachent ce qui leur était fait ou sans leur consentement. Le projet MK-Ultra absorbait 6 % des fonds de la CIA en 1953.

La même année, la CIA mena des expériences avec des étudiants de Harvard, des bénévoles rémunérés qui pouvaient gagner 25 dollars par jour. Elle fit appel également à des bénévoles de la prison fédérale de Lexington, dans le Kentucky, des détenus toxicomanes qui recevaient des doses de drogue en échange de leur participation aux expériences avec du LSD.

Entre 1967 et 1975, sept types d’hallucinogènes furent testés dans la prison de Holmsburg, en Pennsylvanie ; l’un d’entre eux, le EA-3167, provoqua une psychose prolongée chez de nombreuses personnes et des épisodes graves de paranoïa, avec tentatives de suicide dans certains cas et une agressivité incontrôlable chez d’autres.

Mais cela ne donna pas les résultats escomptés. Les volontaires ne permettaient pas de connaître toute la portée des drogues, de sorte que les scientifiques de la CIA firent des expériences avec leurs propres agents, à qui ils fournirent du LSD sans qu’ils en soient informés. Ils étendirent ensuite le test aux unités de l’armée. Sidney Gottlieb apporta des doses de LSD à Fort Detrick, dans le Maryland, lesquelles furent administrées aux militaires. L’un des « drogués », le Dr Frank Olson, un scientifique de l’armée étasunienne, eut une mauvaise réaction au LSD, et la CIA, au lieu de l’emmener à l’hôpital, le transféra à New York, chez un allergologue à la solde de l’Agence.

Résultat de ces pratiques, le Dr Olson se suicida quelques jours plus tard. Cependant, un détail intéressant sur cette mort a été publié récemment : les aveux du Dr Olson sur les séances de torture à mort effectuées par la CIA en Allemagne et la guerre biologique contre la République populaire démocratique de Corée, révélées par un documentaire allemand.

Un important groupe d’anciens scientifiques nazis, experts en interrogatoire, torture et manipulation mentale participa à MK-Ultra. Beaucoup de ces « hommes de science » étaient recherchés depuis le procès de Nuremberg, mais se trouvaient en sécurité aux États-Unis grâce à l’opération Paperclip [recrutement de scientifiques nazis] sous la protection du gouvernement des États-Unis.

L’HORREUR MASQUE L’HORREUR

Parmi les domaines d’intérêt des recherches, signalons : augmenter les effets de l’alcool ou autres drogues, stimuler l’impulsivité chez les individus, développer la paranoïa, la paralysie, l’amnésie, provoquer des pensées illogiques par la consommation de drogues, manipuler la violence, étudier les effets des ultrasons chez les groupes humains, ainsi qu’effectuer des études sur le cancer et la leucémie.

Le cas de Paul Robeson, acteur, chanteur et homme politique radical noir fut un exemple de ce type d’opération menée par la CIA. Dans son livre Serpents in the Garden, Jeffrey St. Clair signale qu’au printemps 1961, Robeson voulait visiter La Havane pour rencontrer Fidel Castro et le Che.

Le voyage n’a jamais eu lieu parce que Robeson, militant des droits civiques, est tombé malade à Moscou, où il était allé donner plusieurs conférences et concerts. La presse et les proches furent informés qu’il avait été victime d’une crise cardiaque, mais en réalité, l’artiste s’était coupé les poignets lors d’une tentative de suicide après avoir souffert d’hallucinations et de dépression grave. Il fut transporté d’urgence à Londres, où il fut admis au Priory Hospital, où il subit un traitement par électrochocs, soit 54 en tout.

Durant les années 50, Paul Robeson bénéficia d’une reconnaissance et d’une estime internationales ; il entretenait une relation étroite avec Jomo Kenyatta [homme d’État kényan] et d’autres dirigeants du Tiers monde. Sa rencontre avec Fidel à La Havane aurait sérieusement affaibli les efforts des États-Unis pour isoler le gouvernement cubain.

Tout au long de sa vie, il souffrit de plusieurs accidents étranges. Dans les années 1950, il fit l’objet des auditions anticommunistes du sénateur Joseph McCarthy, ce qui porta un préjudice grave à sa carrière d’acteur et de chanteur aux États-Unis. Le leader afro-américain ne se remit jamais des traitements appliqués à Londres et mourut en 1977.

On apprit plus tard que les médecins qui avaient traité Robeson à Londres, et plus tard à New York, étaient sous contrat avec la CIA.

À l’époque de la guerre de Corée, on a fait croire à l’opinion publique des États-Unis que les aveux des pilotes et des soldats étasuniens concernant les crimes contre l’humanité étaient le résultat de techniques de contrôle mental mis au point par les Soviétiques pour les inciter à inventer ces crimes, des atrocités que l’armée des États-Unis avait effectivement commises contre la population civile coréenne.

Obsédés par l’idée du « contrôle » que les Soviétiques exerçaient sur les masses, ils s’inquiétaient sérieusement de la capacité de convocation des pays socialistes, si bien qu’ils tentèrent d’approfondir la manière dont ils pourraient obtenir des résultats supérieurs. Ils étaient persuadés que ce contrôle était obtenu de manière artificielle et non par conviction révolutionnaire, par la conscience de l’individu.

La persévérance, la capacité de résistance et le courage des Vietnamiens, pour certains des rapaces de la CIA et du Pentagone, fut aussi un motif de suspicion. Ils l’attribuaient aux expériences menées par les Soviétiques pour « construire » des soldats spéciaux et ils s’attelèrent à la tâche de fabriquer des super-héros. Pour y parvenir, ils essayèrent des médicaments, des ultrasons, des implants cérébraux, des lobotomies, etc. Les sujets testés étaient généralement des prisonniers vietnamiens.

Ces exemples ne sont qu’une partie des chapitres sur la torture de l’empire étasunien.

1 Message

  • Les histoires macabres de la CIA 4 avril 23:45, par do

    Ce paragraphe est mal informé :

    « Parmi les éléments utilisés dans le programme figuraient la radiation et une drogue, connue sous le nom de LSD. Le LSD a été largement utilisé contre le mouvement hippie dans les années 60. Certains experts affirment que de grandes quantités de ce produit ont été distribuées gratuitement par des agents de la CIA lors de concerts de musique et de rassemblements de jeunes dans les camps de vacances et des universités. »

    Le LSD était en réalité le moteur du mouvement hippie. La drogue que la CIA a utilisé contre les Hippies était l’héroïne.

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