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Éric Arnoux, victime de la crise immobilière ?

jeudi 9 mai 2019, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 9 mai 2019).

En 2019, le marché de l’immobilier de luxe crève les plafonds, mais qu’en était-il en 2012 ? Selon la presse économique, il y a eu un ralentissement en 2013, Paris a même dévissé, avec moins 10% sur la vente des biens de plus de deux millions d’euros. Néanmoins ce retournement de tendance n’a pas eu lieu à la date indiquée par Eric Arnoux et ne concernait que deux places, la capitale française et Hong-Kong. En outre, dès 2014, les professionnels du secteur se frottaient les mains : le marché de l’immobilier de luxe repartait à la hausse.

En réalité, Eric Arnoux, essaye de mélanger les genres et son argumentaire prête à confusion car l’immobilier de luxe n’est pas corrélé avec le volume de vente de logements, qui a bien subi une baisse en 2012, mais avec celui des ventes d’art. Par ailleurs, cette baisse momentanée n’a pas pu impacter les sociétés immobilières d’Eric Arnoux qui officiaient essentiellement en Suisse, à Megève, aux Etats-Unis et au Luxembourg. Cette défense est d’autant plus surprenante qu’il attribue ses déboires à la faillite de sa principale entreprise, une holding, PLANET SA, dont dépendaient la plupart de ses autres sociétés. Sauf que PLANET SA fait faillite en 2014, précisément au moment où le marché de l’immobilier de luxe vit un fort rebond. D’autres propos tenus dans cet entretien accordé à la télévision suisse romande laissent dubitatifs.

Pour sa défense, le promoteur affirme : « j’ai perdu ma fortune totale dans ce dossier, je suis le plus gros créancier de toutes mes entreprises. A titre personnel, j’ai perdu plus que toutes les banques réunies, les créanciers réunis et les entreprises réunies. » A la question du journaliste qui lui demande combien, il a perdu, Eric Arnoux, visiblement gêné, lui répond : « plus de 60 millions d’euros ». Mais selon les journalistes qui ont longuement enquêté sur ce dossier, en réalité, le promoteur a creusé un trou de plus de 200 millions d’euros ! Le compte n’y est pas…

Eric Arnoux dit également : « Je me suis énormément enrichi jusqu’en 2009, 2010 et je me suis appauvri les dix dernières années. » Une nouvelle fois cette déclaration pose problème. En effet, comme le fait remarquer assez justement un journaliste d’investigation : « comment peut-on imaginer qu’un personnage puisse se planter autant de fois et aussi souvent et mener un train de vie aussi extraordinaire. Il allait dans les meilleurs restaurants, roulait dans des grosses voitures, ces sociétés n’avaient pas d’argent, mais lui en avaient. »

D’autant que son appauvrissement n’est pas prouvé. Cet homme criblé de dettes, a créé, en janvier 2016, une nouvelle société, Eaton Pacific LTD domiciliée dans l’un des plus prestigieux immeubles de la City. Comment un homme ruiné, toujours en attente de son procès, avec des frais non négligeables, fait-il pour se relancer dans les affaires et vivre dans une des capitales les plus chères d’Europe ?

C’est ce qu’Eric Arnoux devra expliquer aux juges qui ont sous le coude un épais dossier, plus de 150 heures d’auditions et 250 pages de procès-verbal. Tous les créanciers floués attendent le procès et il leur en faudra plus que l’argument de la crise dans le marché de l’immobilier de luxe…

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