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Hong Kong : L’ingérence occidentale la main dans le sac !

mercredi 21 août 2019, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 21 août 2019).

https://www.mondialisation.ca/hong-…

15 août 2019

Bruno Guigue

La main dans le sac ! Lorsque la presse chinoise a publié la photo de quatre dirigeants du mouvement de protestation hongkongais en compagnie du chef du département politique du consulat des Etats-Unis, on a senti comme un trou d’air dans la rhétorique anti-Pékin. Difficile, tout-à-coup, de nier l’intervention d’une puissance étrangère – à 15 000 km de ses frontières – dans une crise qui ne la concerne pas. Tenter d’occulter ce qui saute aux yeux est toujours un exercice de haute voltige, et l’on sait la propagande occidentale coutumière de ces acrobaties ! Depuis le début des récents événements de Hong Kong au mois de juin 2019, la narration de ces événements par les officines du monde libre offre un concentré de mauvaise foi et d’inversion des signes qui passionnera certainement les politologues du futur. Multipliant les distorsions de langage, en effet, elle fait passer une affaire intérieure chinoise pour un conflit international, une décolonisation pour une colonisation et l’ingérence étrangère pour une entreprise humanitaire.

Comme celle de Taïwan – mais pour des raisons différentes – , la question de Hong Kong est le legs historique d’une époque révolue. Héritée du colonialisme bienfaiteur de sa Gracieuse Majesté, la particularité de Hong Kong lui vaut aujourd’hui un « régime d’administration spéciale » que la République populaire de Chine a bien voulu instaurer lors de la signature de l’accord sino-britannique de 1984. Quitte à enfoncer des portes ouvertes, rappelons toutefois que Hong Kong c’est la Chine, au même titre que Pékin ou Shanghaï. Car l’oubli volontaire de cette évidence est la cause de confusions en tous genres et de manipulations sans limite. La conquête coloniale du « port parfumé », au XIXe siècle, s’est déroulée en trois étapes. Les Britanniques ont annexé l’île de Hong Kong en 1842 à la suite d’une « guerre de l’opium » qui a précipité la ruine de l’empire des Qing et livré la Chine à la voracité des prédateurs coloniaux. La presqu’île de Kowloon a ensuite été arrachée en 1860 lors de l’intervention militaire franco-britannique qui a dévasté le palais d’été à Pékin. Enfin, les « nouveaux territoires » ont été cédés à Londres en 1898 pour une durée de 99 ans dans la foulée des nouvelles humiliations infligées à la Chine par les envahisseurs étrangers à l’orée du nouveau siècle.

Des jeunes chinois avec
la chef du département politique du consulat US

C’est cet ensemble territorial – aujourd’hui dénommé région d’administration spéciale de Hong Kong – qui a été solennellement restitué à la République populaire de Chine en 1997 selon des modalités définies par l’accord de 1984. Bien sûr, Margaret Thatcher aurait souhaité le conserver, mais Hong Kong n’est pas l’archipel des Malouines, et la Chine n’est pas l’Argentine. Compromis entre une puissance coloniale déclinante qui déclare forfait et une grande puissance émergente qui privilégie la négociation, l’accord sino-britannique de 1984 instaure à Hong Kong un régime de semi-autonomie et prévoit l’application du principe : « un pays, deux systèmes » jusqu’en 2047. Pour Pékin, ce compromis présente un double avantage. Le premier est d’ordre politique. Adeptes du temps long, les dirigeants chinois ont opté pour une transition en douceur. La dépendance croissante du territoire à l’égard du continent favorisera son assimilation progressive, sans préjuger de son futur statut au-delà de 2047. Le second avantage est d’ordre économique. Dotée d’une rente de situation géographique, adossée à la puissance de la City, la place de Hong Kong s’est transformée en plaque tournante de la finance asiatique. En y maintenant un régime spécifique, Pékin pourra l’utiliser afin d’attirer en Chine les capitaux de la diaspora chinoise et ceux des investisseurs étrangers.

Sas d’entrée pour les flux financiers captés par les réformes économiques, ce minuscule territoire de 1 106 km2 et 7,5 millions d’habitants continue donc à jouir depuis 1997 d’un statut particulier dont il n’existe aucun équivalent (hormis Macao) en Chine populaire. Le territoire a sa propre législation, sa propre monnaie, ses propres équipes sportives. Mêlant élection et cooptation des dirigeants, son système administratif est plus « démocratique » que celui qu’ont légué les Britanniques. Les manifestants réclament la démocratie en brandissant des drapeaux britanniques, mais les premières élections au suffrage universel ont eu lieu en 1991, c’est-à-dire après les accords de 1984, afin de conformer le système administratif aux objectifs fixés pour le transfert de souveraineté prévu en 1997. Si la crise actuelle devait dégénérer, les principaux perdants seraient donc les habitants de Hong Kong eux-mêmes. Assise sur la finance internationale, la prospérité du territoire serait vite ruinée et la place de Hong Kong détrônée par les mégapoles méridionales, Canton et Shenzen, beaucoup plus peuplées et plus puissantes que la cité portuaire.

Avec un PIB par habitant dix fois supérieur à celui de la Chine continentale, les contestataires hongkongais feraient mieux de méditer sur les conséquences d’un embrasement de leur îlot de prospérité. Au lieu de brandir des drapeaux américains et britanniques, ils devraient aussi réfléchir à ce que signifie la démocratie importée d’Occident, sans parler du destin de ceux que Washington a abandonnés du jour au lendemain après les avoir poussés à l’affrontement. Le statut particulier de Hong Kong, comme son insolente richesse, n’ont rien d’éternel. Son régime spécial est transitoire, même si l’échéance de son éventuelle disparition est lointaine (2047). Aucune règle de droit international ne contraignait la Chine à l’adopter, et elle l’a fait parce qu’elle le jugeait conforme à ses intérêts nationaux. Arraché il y a 187 ans par le colonisateur étranger, Hong Kong revenait de droit à l’État chinois. La restitution a eu lieu de façon négociée, et c’est tant mieux. Mais après cette restitution, la suite des opérations ne concerne en rien le reste du monde. C’est pourquoi la seule réponse rationnelle aux admonestations occidentales est celle qu’on peut lire dans le Quotidien du Peuple depuis le début de la crise : « Mêlez-vous de vos affaires ! ».

Mais chassez le naturel, il revient au galop ! La plupart des dirigeants occidentaux et de leurs porte-voix médiatiques – c’est plus fort qu’eux – prennent leurs désirs pour des réalités. Ils voient dans le statut particulier de Hong Kong une sorte de régime international – qui n’existe nulle part – , alors qu’il s’agit d’un aménagement interne qui relève exclusivement de la souveraineté chinoise. Ce tour de passe-passe donne une apparence de légitimité à l’ingérence étrangère. De façon mensongère, il transforme une question intérieure en conflit international, semblant justifier auprès d’une opinion manipulée le ton péremptoire des dirigeants occidentaux. On entend alors ces derniers, dont on sait d’expérience le profond respect pour le droit international, donner des leçons à Pékin comme si Hong Kong était un territoire occupé par la Chine ! Ils reprennent même la rhétorique puérile des agitateurs hongkongais pour qui Pékin pratiquerait « l’ingérence dans les affaires intérieures du territoire », en oubliant que ce territoire fait partie de la République populaire de Chine. Heureusement pour eux, le ridicule ne tue pas. Dépassés par la Chine sur le plan économique et incapables de la vaincre militairement – pour des raisons évidentes – les Etats-Unis font feu de tous bois pour déstabiliser leur rival systémique. Le droit-de-l’hommisme à la petite semaine est la seule arme qui leur reste. Ils l’utilisent à Hong Kong comme à Caracas ou à Téhéran, et personne n’est dupe.

A quand une protestation chinoise sur la façon dont le gouvernement des Etats-Unis gère les crises à répétition qui sévissent sur leur territoire ou sur l’oppression séculaire subie par les Afro-Américains ? Ceux qui dénoncent la répression insoutenable qui régnerait à Hong Kong sont-ils les mêmes que ceux qui organisent des embargos meurtriers contre l’Iran, la Syrie, Cuba ou encore le Vénézuéla dont un économiste libéral, Jeffrey Sachs, a calculé que les sanctions prises contre ce pays depuis 2017 avaient provoqué la mort de 40 000 personnes dont des milliers d’enfants privés de médicaments ? Les chœurs de pleureuses parisiennes qui réclament notre solidarité avec les manifestants hongkongais soumis à une « violence inouïe » sont-ils les mêmes que ceux qui approuvèrent la délicatesse avec laquelle le gouvernement français a traité le mouvement social des Gilets Jaunes, avec ses 10 000 arrestations, 1800 condamnations et 200 blessés graves dont 25 mutilés ? Ou les mêmes, encore, que ceux qui ne trouvent rien à redire à la participation française à une guerre d’extermination au Yémen, avec ses 50 000 morts, son million de victimes du choléra et ses 8 millions de civils menacés par la famine ? Mais il est vrai que balayer devant sa porte n’est pas l’attitude la plus répandue à Washington ou à Paris. Et dans ces capitales du monde civilisé, on est toujours prompt à s’immiscer dans les affaires des autres en invoquant des principes humanitaires sur lesquels on s’assied tous les jours.

16 Messages de forum

  • Cet article semble un peu plus sérieux sur ce sujet brûlant…

    On nous dit ici :

    « Le second avantage est d’ordre économique. Dotée d’une rente de situation géographique, adossée à la puissance de la City, la place de Hong Kong s’est transformée en plaque tournante de la finance asiatique. En y maintenant un régime spécifique, Pékin pourra l’utiliser afin d’attirer en Chine les capitaux de la diaspora chinoise et ceux des investisseurs étrangers. »

    En réalité, c’est bien là le premier et même probablement le seul avantage de maintenir ce statut pour la bourgeoisie « rouge » de Pékin.

    En effet, Hong Kong sert de « plaque tournante » pour le capital US en Chine depuis 1972 et les accords Mao-Nixon. C’est le cordon ombilical qui a permis à la bourgeoisie nationale maoïste de se « compradoriser » avant d’accumuler suffisamment de capital financier pour se poser en rival de l’Oncle Sam dans ce domaine comme dans les autres.

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/10/chine-usa-2014-2019-chronique-dune-guerre-economique-annoncee/

    Il est clair que cette rivalité les amènera à rompre ce cordon, progressivement ou brutalement, si nécessaire, en fonction de l’ingérence US.

    Pour des millions de gens qui travaillent à Hong Kong sans être forcément ni des bourgeois ni des petits bourgeois (Smic à 4,12 euros de l’heure !), ce sera la fin d’un monde et l’exil pour retrouver du travail ailleurs, pour une grande partie de cette population.

    On peut leur reprocher de jouer en partie le jeu de l’impérialisme US et occidental, mais il est clair que leur condition sociale est en train de se dégrader rapidement et qu’ils n’ont clairement aucune confiance dans le prétendu « socialisme à la chinoise », qui n’est bien qu’une autre forme de capitalisme et d’impérialisme (social-impérialisme) et qui ne leur apporte aucune solution, précisément, en réponse à leurs problèmes sociaux.

    La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore !

    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat/

    Luniterre

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    • Salut Luniterre,

      Ne trouves-tu pas que tu te contredis quelque peu ?

      Aujourd’hui tu dis :

      « La gauche française, en se portant caution du social-impérialisme chinois contre l’impérialisme US se couvre une fois de plus de ridicule, et perd encore un peu plus de crédibilité, si tant est qu’elle en eut encore ! »

      Mais tu disais ici :

      http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

      « Dans le monde, c’est l’impérialisme US qui est à l’initiative de la plupart des guerres. Les autres ne font que suivre ou "compléter" ses interventions, et le plus souvent en complicité et coordination avec lui.

      « Il est donc bien l’ennemi numéro 1 des peuples et du prolétariat de tous les pays, même si chacun doit d’abord lutter concrètement contre son propre impérialisme… !

      « Chacun contre son impérialisme, et tous contre l’impérialisme US !! Et tous activement solidaires avec les luttes en cours… Palestine, Syrie, Yémen, Donbass, etc.. !!! »

      Amicalement,
      do
      http://mai68.org

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      • Effectivement, il y a une situation particulièrement complexe à Hong Kong, et je ne prétends pas détenir une solution…

        Je ne suis même pas sûr qu’il y en ait une, en réalité, dans le contexte actuel… Sauf la Révolution, évidemment !!!

        Si le mouvement continue, Pékin a le choix entre lâcher du lest sur des réformes sociales qui couperont les manipulateurs de leur base populaire ou réprimer carrément, au risque de liquider Hong Kong plus rapidement que prévu en tant que place financière et commerciale internationale.

        Pour l’instant le PCC semble jouer sur le temps, comme Macron l’a fait avec les GJ. Il n’est pas certain non plus que les USA aient intérêt à pousser le bouchon trop loin à Hong Kong. Ils ne peuvent évidemment pas se permettre une intervention militaire, et pousser Pékin à intervenir n’est pas forcément leur but à court terme. Ils ont aussi leurs intérêts dans la place.

        Quoi qu’il en soit, il est évidemment juste de dénoncer les manœuvres et les manipulations US dans cette affaire, et je n’ai pas manqué de les mentionner comme bien réelles, y compris dans l’article.

        Mais il est absurde et indigne de faire porter le chapeau aux manifestants qui sont certainement sincères pour la très grande majorité et ne sont pas vraiment des suppôts de l’impérialisme, même si certains se laissent bercer par l’illusion que les USA les soutiendront vraiment.

        La gauche française pro-chinoise en est assez clairement au point de soutenir une éventuelle intervention de répression contre les manifestants, qui ne sont pas réellement différents, dans leurs préoccupations, des GJ français, même s’ils ont évidemment tort d’espérer une intervention étrangère, improbable, et qui ne leur apportera rien, de toutes façons.

        Si les hongkongais en sont arrivés là, c’est aussi parce qu’ils sont conscients que le "socialisme à la chinoise" n’est qu’un leurre et qu’il ne leur apportera aucune amélioration, bien au contraire. C’est aussi ce qu’il faut constater, comme état de fait révélé par cette situation.

        Si Carrie Lam avait réellement eut l’intention de régler les questions sociales importantes à Hong Kong, et déjà connues lors de son accès au pouvoir, et notamment celle du logement, elle aurait pu commencer à le faire… De même, au moins remettre le smic de HK en proportion du coût de la vie sur place, cela signifiait clairement le doubler et même le tripler…

        Mais la bourgeoisie "socialiste de marché" est aussi pingre que la Macronie et ne veut rien lâcher, pour l’instant.

        Il faut donc dénoncer à la fois et les manipulations US et la propagande pro-chinoise, qui fait passer la masse en mouvement des hongkongais pour des "nantis" juste accros à des "privilèges", qui n’existent plus, en réalité, que pour une minorité d’entre eux, ce qui explique la mobilisation massive.

        Le fait que les USA soient encore l’impérialisme N°1 sur la planète ne doit pas nous amener à en soutenir un autre contre lui, mais seulement les nations indépendantes, les peuples en lutte et, éventuellement, les bourgeoisies nationales en voie de résistance anti-impérialiste, comme la Russie, l’Iran, la Syrie, le Yémen, le Venezuela, etc…

        En tant que puissance financière challenger des USA la Chine ne rentre pas dans cette catégorie et sa contradiction avec les USA est bien de nature inter-impérialiste. Concrètement, pour l’instant, c’est bien la Chine qui menace d’écraser la révolte populaire à Hong Kong, et pas les USA, même si leur rôle est bien à condamner dans cette affaire.

        Pas de contradiction, donc, mais simplement une analyse dialectique du réel, avec toute sa complexité.

        Luniterre

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        • La Chine et la Libye, Benghazi et Hong Kong

          Salut Luniterre

          La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong , et PAS contre la Chine continentale.

          On peut comparer Le Hong Kong de la Chine actuelle au Benghazi de la Libye de 2011. À Benghazi aussi, on pouvait dire que la révolte était "populaire". Pourtant elle était manipulée par l’Occident pour détruire la Libye. Même si je ne pense pas que la révolte de Hong Kong réussisse à détruire la Chine. La stratégie de l’impérialisme US n’est que celle de l’épine dans le pieds. Elle n’a pas les moyens de faire mieux, ou pire selon le camp que l’on choisi.

          Mais, il me semble que ceux qui ont soutenu la Libye contre l’Occident devraient soutenir la Chine pour la même raison exactement.

          Certes Kadhafi n’a jamais trahi et Mao Tsé Toung si, mais ce n’est pas une raison pour faire payer la Chine actuelle dans son ensemble pour la trahison de Mao il y a presque cinquante ans. Ce serait une vengeance aveugle qui ferait vraiment le jeu de l’impérialisme US dont tu dis comme le Che, et je suis absolument d’accord, qu’il est l’ennemi numéro 1.

          J’ai envie de le redire : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétariene, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

          Bien à toi,
          do
          http://mai68.org

          Répondre à ce message

          • Bonjour, camarade…
            Tu as envie de le redire… : « La révolte de Hong Kong, si elle était du type prolétarienne, se déploirait contre la bourgeoisie de Hong Kong, et PAS contre la Chine continentale. »

            Malheureusement cela va complètement à l’envers d’une analyse dialectique de la situation… :

            C’est complètement méconnaitre le rôle de "plaque tournante financière" que la bourgeoisie maoïste a assigné à Hong Kong, et pas depuis hier, mais depuis 1972 !!! La "rétrocession" n’est qu’un épisode dans ce processus, mais qui n’en change pas la dynamique globale, celle d’une "passerelle-écluse" entre capitaux chinois continentaux et capitaux occidentaux, principalement US, avec évidemment un "éclusier" qui contrôle les niveaux d’entrée et de sortie, et qui se trouve être le capital financier chinois continental, contrôlé entièrement par le PCC.

            https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

            L’adversaire de classe principal du prolétariat en voie de formation à Hong Kong est donc bien la bourgeoisie "rouge" de Pékin, et non pas la bourgeoisie résiduelle et supplétive de Hong Kong, qui reste là pour la forme, nécessaire tant que ce système "Shanghai-Hong Kong Stock Connect" a encore une utilité pour la bourgeoisie financière continentale.

            Ce qui est donc appelé à disparaitre avec une intégration de plus en plus grande de la finance chinoise aux marchés internationaux.

            Ce qui condamne donc la population laborieuse de Hong Kong à un exil, et des plus incertains, pour beaucoup, vu le "recyclage" économique que cela implique et la réduction, et même la disparition inévitable de la plupart des activités économiques actuelles de Hong Kong.

            Carrie Lam n’est que le relai de Pékin, dans cette "transition", et les hongkongais ont raison de ne pas s’y tromper !

            Luniterre

            Répondre à ce message

            • Le prolétariat de Hong Kong n’est pas en formation, il est complètement formé depuis un bon bout de temps. J’en veux pour preuve la paye si basse et les "logements" dignes du film "La montagne sacrée" de Jodorowsky. D’ailleurs le prolétariat est si maltraité à Hong Kong qu’on pourrait se demander s’il ne s’agit pas de sous-prolétariat.

              S’il s’agissait à Hong Kong d’une révolte du prolétariat et sous-prolétariat contre la "bourgeoisie rouge" de Chine continentale, depuis le mois de juin, date où elle a commencé, ça fait longtemps que cette révolte aurait gagné la majeure partie de la chine. Et la Chine serait peut-être même au bord de la révolution.

              Tel n’est pas le cas. Il semble que le prolétariat de Chine continentale est hostile au mouvement de révolte qui secoue Hong Kong.

              Par ailleurs, cela fait déjà un certain temps que la place financière de Hong Kong est dépassée par plusieurs autres villes de Chine dont Shangai. C’est peut-être pour cela, entre autres, que la bourgeoisie de Hong Kong veut que cette ville quitte la Chine et manipule sa petite bourgeoisie en ce sens dans cette révolte.

              Bien à toi,
              do
              http://mai68.org

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              • Quand je parle de "prolétariat en voie de formation" je ne parle pas du prolétariat en général, mais des nouvelles couches sociales qui se trouvent en voie de prolétarisation du fait de la politique financière chinoise.

                Ce sont évidemment celles qui sont à l’origine de la révolte, tout comme les nouvelles catégories sociales en voie de prolétarisation sont à l’origine des "Gilets Jaunes" en France.

                Sur les questions de fond, la politique financière chinoise est étudiée depuis pas mal de temps sur TML dans différents documents dont tu ne sembles pas avoir pris connaissance.

                La question du système "Shanghai-Hong Kong Stock Connect" est abordée dans celui-ci :

                https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

                Il est évident que Hong Kong ne quittera pas la Chine…

                La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style "30 glorieuses" qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale qui est donc bien différente et n’implique pas des revendications communes avec le continent, mais, au contraire, bien spécifiques à cette situation locale.

                Plus le barrage médiatique évident des autorités >>> pas de solidarité possible dans ces conditions.

                Luniterre

                Répondre à ce message

                • Tu dis : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi. Le capitalisme chinois connait encore un développement style "30 glorieuses" qui pour l’instant laisse espérer une amélioration de son sort au prolétariat continental, alors que le prolétariat de Hong Kong se trouve directement impacté par la crise et l’évolution locale »

                  Conclusion : Le prolétariat de Hong Kong a intérêt à une intégration totale de Hong Kong avec la Chine et pas à une séparation. Donc, il ne participe pas au mouvement de révolte de Hong Kong qui réclame cette séparation.

                  A+
                  do
                  mai68.org

                  Répondre à ce message

                  • Je dis effectivement : « La situation à Hong Kong et sur le continent est évidemment complètement différente et la problématique sociale aussi »… etc

                    Conclusion : tu as donc déjà oublié ce qui s’est dit dans l’autre fil… :

                    Gilets Noirs, Gilets Jaunes, Hong Kong, France, contre le capital, un seul prolétariat ! 21 août 18:31, par Luniterre

                    http://mai68.org/spip2/spip.php?article4206#forum3769

                    « En deux mots, la situation à Hong Kong et en France […et en Chine continentale aussi…] présente tout de même quelques différences essentielles…
                    Hong Kong est un cul de sac, une impasse totale, question avenir économique et social >>> quand le capital financier chinois aura fini de presser ce citron financier et commercial (pratiquement, très peu d’industrie locale, hors services) , il en jettera la peau et la population se trouvera définitivement paupérisée, si elle reste là >>> elle est donc condamnée à émigrer pour un avenir des plus incertains, en Chine continentale, où elle devra se faire une place à partir de zéro… Pas sûr qu’elle y soit forcément bien accueillie, de plus…
                    C’est pourquoi certains cèdent à ce genre de sirène[les manips US des manifs à HK], pensant qu’une intervention internationale permettrait de prolonger le statut spécial de cette enclave.
                    En réalité, couler rapidement cette enclave encore actuellement rentable pour le PCC, c’est aussi un moyen de pression possible pour l’occident >>> d’où ce genre de provocation. »

                    >>>l’intégration finale de HK au continent ne peut pas voir une « égalisation » des styles de vie, car HK n’a pas de ressources en dehors des activités financières et commerciales appelées à disparaître dans cette nouvelle configuration >>> émigration plus ou moins « forcée » !

                    Luniterre

                    Répondre à ce message

                    • Je ne vois pas en quoi l’intégration totale de Hong Kong à la chine l’empêcherait de continuer à être un place financière, comme l’est par exemple Shangai ? Et dans ce cas les Hongkongais bénéficieraient des mêmes lois que ceux de la Chine continentale, et seraient du coup moins exploités qu’actuellement, me semble-t-il ?

                      Mais si tel était le cas, si Hong Kong cessait d’être une place financière, et que les prolos de Hong Kong se retrouvent très très pauvres, je pense qu’alors des capitalistes chinois auraient forcément l’idée de délocaliser des usines de la Chine continentale vers Hong Kong pour bénéficier, dans un premier temps, de bas salaires. Du coup, si l’intégration est totale, les ouvriers de Hong Kong bénéficieront des mêmes avantages que ceux de Chine continentale, non ? et ils bénéficieront aussi des "trentes glorieuses" chinoises ? Et leurs salaires augmenteront, non ?

                      Je continue donc à penser, pour le moment, que le prolétariat hongkonguais a intérêt à l’intégration totale à la Chine.

                      C’est la bourgeoisie hongkongaise qui ne veut pas cette intégration.

                      A+
                      do
                      http://mai68.org

                      Répondre à ce message

                      • Bonsoir camarade ;

                        Tu continue de penser… mais selon un mode idéaliste, c’est à dire qui ne tient pas compte des réalités pourtant connues et analysées, et que je t’ai déjà mentionné plusieurs fois :

                        https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

                        La place financière de HK n’a d’intérêt pour le capital chinois que dans le cadre du processus d’accumulation expliqué dans cette étude, et qui arrivera à son terme avec la mise "à niveau" des flux de capitaux entre la Chine et le reste du monde telle que ce type d’"écluse" financière ne sera plus nécessaire…

                        La bourse principale de la Chine est Shanghai, et la seconde, que les chinois ont déjà développé au cours de ce processus est Shenzhen qui se trouve à la distance faramineuse de 24 kilomètres de Hong Kong centre…!

                        Quant à "délocaliser" de l’industrie pour profiter de la chute du niveau de vie à HK, c’est un truc que les capitalistes chinois feraient certainement …s’il y avait là la moindre place pour y implanter de nouvelles usines, ce qui n’est évidemment pas le cas !

                        Selon les sources les services représentent plus de 92% de l’activité (incluant finance et commerce), l’industrie autour de 7% et l’agriculture moins de 1%.

                        Pour réindustrialiser sérieusement, il faudrait commencer par raser pas mal d’immeubles, et vu la hauteur moyenne à HK, cela fait beaucoup de monde en exil, déjà, rien que dans ce but…

                        Ne vois-tu pas l’impasse, pourtant évidente, si tu te penches un peu sur la question ?

                        Penser, c’est déjà très bien, mais étudier concrètement le sujet n’est pas forcément inutile non plus…

                        Bien à toi,

                        Luniterre

                        .

                        https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/08/hong-kong-shenzhen.jpg

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                        • Bonjour,

                          Je ne vois pas ce qui empêche d’installer des machines à coudre dans des bureaux pour les transformer en usines à vêtements. Pareil pour des montres ou des ordinateurs, etc. Il n’y a pas besoin de raser des immeubles pour cela.

                          Bien à toi,
                          do
                          http://mai68.org

                          Répondre à ce message

                          • Bonjour camarade,

                            Ton problème reste précisément que tu ne vois pas…

                            Ce genre d’activités est déjà celui de l’industrie actuelle à Hong Kong, et il a donc atteint ses limites, semble-t-il.

                            L’électronique, dans ces conditions, se limite au montage, sans possibilité réelle de produire les composants.

                            Pour développer, il faut des industries de base, voire de l’industrie lourde.

                            On en revient donc au même problème…!

                            Sincèrement, je pense qu’on a fait le tour de la question…

                            Amicalement,

                            Luniterre

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