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Le Kurdistan : L’enjeu est-il là ?

vendredi 18 octobre 2019, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 18 octobre 2019).

En 1920, le traité de Sèvres prévoyait la création d’un État kurde sur les restes de l’Empire ottoman détruit, comme pour les autres peuples de la région. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé.

Le traité de Lausanne de 1923, divise le Moyen-Orient en plusieurs pays qui ne prennent pas en compte le droit des Kurdes à disposer de leurs terres, des terres fertiles riches en pétrole et en eau, drainées par de très nombreuses rivières issues de la naissance du Tigre et de l’Euphrate. Qui souhaiterait s’en défaire ?

Pas la Turquie en tout cas (où la répression est la plus forte et constante ; comme pour l’Europe, le PKK y est considéré comme une entité terroriste, et son dirigeant historique Abdullah Ocalan est en prison depuis 1999), pas l’Iran non plus (bien qu’il y ait une province iranienne, autonomie de jure, appelée Kurdistan), ni l’Irak (qui a négocié une forme d’autonomie, de facto et de jure, du Kurdistan irakien), ni la Syrie (confrontée à une autonomie kurde de facto) qui sont les pays sur lesquels la région du Kurdistan s’étend et qui couvre environ 500 000 km2 (à peu près la superficie de la France) pour une population d’à peu près 40 millions d’habitants.

Pour l’instant, l’établissement d’un État Kurde souverain et indépendant aux frontières de ces pays n’est absolument pas à l’ordre du jour. Aucun des pays abritant une minorité kurde ne veut céder un pouce de son territoire. Les partis politiques kurdes ont donc tous opté pour un objectif plus modeste : l’autonomie de chaque minorité kurde dans le cadre des États existants.

Examinons la réalité d’aujourd’hui en fonction de ces objectifs. Dans la guerre que la Syrie mène contre Daesh, avec le soutien de la Russie, pour retrouver l’intégrité de son territoire national et sa souveraineté, les kurdes, malgré leurs divisions, ont joué un rôle essentiel au nord du pays contre l’entité terroriste. Mais certains parmi eux ont aussi combattu l’Armée Syrienne. Et tous avec une idée derrière la tête : Une fois ce territoire qu’ils estiment leur revenir, libéré à la fois de Daesh et de l’armée syrienne régulière, il sera possible de négocier une autonomie de facto et de jure avec le gouvernement de Damas.

Ils ont pour cela, parfois scellé des alliance douteuses qui leur coûtent cher aujourd’hui. Ils ont plutôt fait confiance aux Etats-Unis et à la coalition qui n’avaient pas les mêmes objectifs à terme. En tout cas pas celui de les aider à accéder à l’autonomie malgré leur courage au combat et leurs victoires sur l’EI. Daesh ayant été pratiquement vaincue, les États-Unis ne peuvent plus s’en servir. L’altruisme, la solidarité, la reconnaissance, sont des mots inconnus des Yankees, ils se fichent bien du sort des autochtones. Les Kurdes viennent de l’apprendre à leurs dépens.

Aussi, la Turquie qui considère tous les Kurdes comme des terroristes mais surtout ceux du PKK, était à l’affût, attendant son heure. Et pourtant, elle avait déjà montré son mufle à Afrin. La Turquie d’Erdogan ne veut en aucun cas d’un territoire kurde à sa frontière. Elle a fait et fera tout pour les en débusquer et "sécuriser" sa frontière, même par une occupation partielle de la Syrie.

Les Kurdes ne peuvent aujourd’hui compter que sur Damas et l’Armée syrienne pour éviter le bain de sang promis par Erdogan, tout en continuant à se battre contre l’EI qui n’en attendait pas tant et qui va relever son groin. Ils n’ont plus d’autre choix que d’entreprendre un rapprochement avec Damas et sa force armée, et, sous l’égide de la Russie (et de l’ONU ?) qui entretient des relations apaisées et respectueuses avec les pays concernés, de participer à une négociation pour stopper l’offensive turque (embryon d’une invasion de la Syrie ?), nettoyer définitivement le territoire des terroristes de l’EI et trouver un accord durable pour un Kurdistan syrien. Le travail est colossal mais pas impossible. Michel TAUPIN

https://www.legrandsoir.info/le-kur…

SOURCE :

https://www.facebook.com/Michel.Tau…

11 Messages de forum

  • Les oustachis kurdes ou les peshmergas croates ?

    Déjà en 2003, quand les Américains ont envahi l’Irak, les Kurdes étaient dans le mauvais camp, celui de l’impérialisme US, dont Che Guevara disait qu’il était le plus grand ennemi.

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    • Le Kurdistan : L’enjeu est-il là ? 28 octobre 22:05, par Qui êtes-vous ?

      Che Guevara celui qui c’est fait baiser par les communistes bolcheviques de la Sainte URSS…

      Bref, hier était un autre jour,

      Il y a 30 ans, une attaque chimique irakienne tuait près de 5.000 Kurdes

      Le 16 mars 1988, il y a trente ans, environ 5.000 Kurdes irakiens, en majorité des femmes et des enfants, étaient tués par des gaz de combat répandus par l’armée irakienne de Saddam Hussein à Halabja, dans le nord-est du pays.

      Ce fut la plus importante attaque aux gaz de combat contre des civils, affirment des experts.

      Gaz de combat

      Le 15 mars 1988, alors que la guerre entre l’Irak et l’Iran tire à sa fin, des combattants de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) —une formation kurde irakienne luttant pour l’autonomie des Kurdes— s’emparent de Halabja, dans les montagnes du Kurdistan irakien, avec le soutien des Iraniens.

      L’armée irakienne riposte par des bombardements. Les combattants kurdes et la majorité des hommes se replient dans les collines alentour, laissant derrière eux personnes âgées, femmes et enfants.

      Halabja, qui comptait 40.000 habitants au moment de l’attaque, est à seulement 11 km de la frontière iranienne.

      Le 16 mars, des avions de l’armée irakienne du dictateur Saddam Hussein survolent la zone pendant cinq heures, déversant un mélange de gaz de combat. Pour des experts, il s’agit de représailles au soutien accordé par les peshmergas (combattants kurdes) à l’armée iranienne dans la guerre déclenchée par l’Irak contre son voisin en 1980.

      Aucune blessure apparente

      Le massacre est rapidement connu : les combattants descendus des collines donnent l’alerte et des journalistes étrangers arrivent rapidement sur place.

      Le 23 mars, les premières images du bombardement chimique, tournées par la télévision iranienne et authentifiées par des journalistes amenés sur place par l’armée iranienne, montrent de nombreux corps, en habits traditionnels kurdes, ne portant aucune blessure apparente.

      Les caméras de la télévision iranienne s’attardent sur des corps d’enfants. Les commentaires parlent de victimes d’armes chimiques, reprenant les explications iraniennes qui attribuent à l’Irak la responsabilité du bombardement.

      Fin mars, une équipe belgo-néerlandaise de Médecins sans frontière (MSF), première mission médicale étrangère à se rendre à Halabja, confirme l’usage de gaz moutarde et probablement de cyanogène par l’armée irakienne.

      "Notre conclusion est claire : des populations civiles ont été gazées (…). La ville de Halabja a été bombardée, de même que les villages avoisinants", déclarent des membres de MSF-Belgique.

      ’Ville martyre’

      Le 1er avril, l’envoyé spécial de l’AFP Michel Leclercq décrit une "ville martyre". "Pas le moindre frémissement, pas un cri, pas un mouvement (…) Halabja semble figée, immobilisée dans un sommeil de plomb", écrit-il.

      La ville "porte les cicatrices d’un bombardement, mais les maisons sont toujours debout, les épiceries pleines. Il n’y a pourtant plus âme qui vive depuis que les avions irakiens ont lâché leur poison mortel", poursuit-il.

      Des milliers de rescapés sont regroupés de l’autre côté de la frontière, dans des camps iraniens.

      Une équipe de MSF-France évalue, sur place, le nombre des personnes tuées à entre 2.000 et 3.000. Téhéran fait état de 5.000 morts.

      En mai, un spécialiste belge en toxicologie affirme que "les investigations sur place et les analyses des échantillons (…) ont prouvé sans discussion possible qu’au moins trois gaz ont été employés : cyanogène, gaz moutarde (ypérite) et des gaz neurotoxiques". Selon lui, il y a eu 3.800 morts et 10.000 gazés à Halabja.

      En 2003, un témoin, alors âgé de 15 ans, racontera avoir "vu du sang gicler du nez, des yeux et des oreilles d’une femme".

      ’Ali le chimique’ pendu

      En janvier 2010, le général Ali Hassan al-Majid, surnommé "Ali le chimique", cousin et homme de main de Saddam Hussein considéré comme le commanditaire de l’attaque, a été pendu. Condamné quatre fois à mort, dont une fois pour le massacre de Halabja, il n’a jamais exprimé de remords affirmant avoir agi pour la sécurité de l’Irak.

      En 2012, le gouvernement irakien a remis aux autorités locales de Halabja la corde ayant servi à sa pendaison.

      Saddam Hussein*, condamné à mort pour le massacre de 148 villageois chiites à Doujaïl, a été lui pendu en 2006. Sa mort a mis fin aux poursuites engagées contre lui, en particulier dans le procès Anfal, où il était jugé pour "génocide" contre la population kurde.

      En 2013, le magazine américain Foreign Policy a révélé que les Etats-Unis avaient fourni des renseignements à l’Irak sur des préparatifs d’offensives iraniennes pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), sachant que Bagdad y répondrait par des attaques à l’arme chimique.

      "Les Irakiens ne nous ont jamais dit qu’ils comptaient utiliser des gaz neurotoxiques. Ils n’ont pas eu à le faire, on le savait déjà", expliquait l’attaché militaire américain à Bagdad à l’époque.

      https://www.ladepeche.fr/article/20…

      *C’est bien connu, les morts ne parlent pas.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%…

      Et puis, il y a aussi la vraie véritable vérité "promis, juré, craché " de qualité supérieure, certifiée anti-CIA :
      C’est les iraniens qui auraient fait le coup et par erreur en plus…Merde alors…
      https://www.dailymotion.com/video/xgc54u

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      • Le Kurdistan : L’enjeu est-il là ? 29 octobre 02:49, par do

        Le massacre d’halabja n’a pas été commis par les Irakiens mais par les Iraniens

        Le 4 mai 1990, le Washington Post a résumé un rapport classifié de l’Army War College affirmant que l’interception par les Etats-Unis des communications échangées sur le champ de bataille désignait l’Iran comme l’auteur du bombardement au gaz de Halabja :

        http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

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        • Le Kurdistan : L’enjeu est-il là ? 29 octobre 03:12, par Si tu le dis...

          Et puis, il y a aussi la vraie véritable vérité "promis, juré, craché " de qualité supérieure, certifiée anti-CIA :
          C’est les iraniens qui auraient fait le coup et par erreur en plus…Merde alors…
          https://www.dailymotion.com/video/xgc54u

          Ah ! l’Army War College "blancheur immaculée", alors Amen et Inch Allah.

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          • Le Kurdistan : L’enjeu est-il là ? 29 octobre 04:05, par do

            C’est sûr ! « l’attaque d’halabja » a servi d’excuse aux Américains en 2003 pour détruire l’Irak ; donc, il fallait que la propagande occidentale prétende que c’était Saddam Hussein et les Irakiens qui avaient fait le coup, et c’est ce que la propagande occidentale a fait.

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            • Le Kurdistan : L’enjeu est-il là ? 29 octobre 07:27, par Si tu le dis...

              => l’attaque d’Halabja le 16 mars 1988 et les chefs yankees ont attendu 2003 (la 2e) pour détruire l’Irak ?

              => la première ( 90/ 91) c’était pour le Koweït et les couveuses
              pour bébés (avec la fille d’un "roi" du Koweït qui pleurait devant un hôpital) et le monde libre en avait rien à faire des abominables kurdes.
              https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerr…
              https://fr.wikipedia.org/wiki/Insur…)

              => Et la deuxième en 2003 c’était pour la poudreuse de Colin Powell au Conseil de sécurité des Nations unies et les fumeuses supers armes de destruction massive.

              => Les chefs yankees, il est vrai adorent les Iraniens depuis le coup d’État du 19 août 1953 ( CIA et SIS ) contre Mohammad Mossadegh et c’est encore l’extase de nos jours comme tu le sais.
              https://fr.wikipedia.org/wiki/Moham…

              => Mais bon, tu as peut être raison, tant qu’il y aura des chefs
              pour jouer aux "fins" stratèges :
              Amis un jour, ennemis demain.
              Les pauvres resteront dans le pétrin.

              Exemple :
              https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerr…

              Le rapprochement américano-irakien
              Depuis la révolution de 1958, l’Irak était allié à l’Union soviétique, et il y avait des désaccords entre le pays et les États-Unis. Ces derniers sont préoccupés par la position de l’Irak vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Les États-Unis désapprouvent également le soutien qu’apporte l’Irak à de nombreux activistes arabes comme Abou Nidal, et ils inscrivent l’Irak sur la liste des États soutenant le terrorisme, le 29 décembre 1979. Les États-Unis restent officiellement neutres après l’invasion de l’Iran par l’Irak en 1980, qui devient la guerre Iran-Irak, bien qu’ils fournissent des ressources, un soutien politique et quelques avions « non militaires » à l’Irak.

              En mars 1982, l’Iran lance une fructueuse contre-offensive (opération Victoire Indéniable) et les États-Unis intensifient le soutien qu’ils apportent à l’Irak afin d’empêcher sa défaite. Dans une tentative d’établir des relations diplomatiques complètes, l’Irak est retiré de la liste américaine des États soutenant le terrorisme. Apparemment, cela était dû à l’amélioration du système d’écoutes du régime, bien que l’ancien assistant du secrétaire adjoint américain à la défense déclare par la suite : « Personne n’avait de doutes sur le fait que [les Irakiens] continuaient à être impliqués dans le terrorisme… La vraie raison était de les aider à gagner la guerre contre l’Iran. ». Avec des succès militaires de l’Irak et le refus de l’offre de paix par l’Iran au mois de juillet, les ventes d’armes atteignent un pic en 1982. Lorsque le président irakien Saddam Hussein expulse Abou Nidal vers la Syrie après que les États-Unis en ont fait la demande en novembre 1983, l’administration Reagan envoie Donald Rumsfeld rencontrer Saddam Hussein en tant qu’envoyé spécial et renoue des liens. Malgré le drame de la frégate américaine Stark, attaquée par erreur par des avions irakiens en mai 1987 (37 marins tués), la coordination militaire entre l’Irak et les Etats-Unis se renforce jusqu’en 1988. En août 1988, au moment où le cessez-le-feu avec l’Iran est signé, l’Irak se retrouve criblé de dettes et les tensions montent au sein de la société. La majeure partie de cette dette est détenue par l’Arabie saoudite et le Koweït. L’Irak fait pression sur ces deux nations pour effacer les dettes, mais elles refusent.

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      • Le Kurdistan : L’enjeu est-il là ? 29 octobre 08:13, par Luniterre

        Concernant « Che Guevara celui qui c’est fait baiser par les communistes bolcheviques de la Sainte URSS… » je trouve lassant de devoir encore rectifier ce genre de préjugé « historique » qui devrait être balayé depuis longtemps, surtout en France…

        En premier lieu, le Che n’a évidemment pas été « trahi », ni « vendu » par l’URSS de l’époque, qui, même révisionniste, continuait de résister à l’impérialisme US et soutenait les guérillas.

        En deuxième, la base de l’échec de la guérilla du Che en Bolivie, c’est le retournement opportuniste du révisionniste local, Mario Monje.

        https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9…

        https://en.wikipedia.org/wiki/Mario…

        Et pour finir, si « trahison » il y eut, c’est bien celle d’un français, à savoir, Régis Debray !

        https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/03/debray-accuse-par-aleida-guevara.pdf

        Luniterre

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