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Bruxelles veut créer un service européen du renseignement sous l’autorité…d’Ursula von der Leyen

jeudi 13 novembre 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 13 novembre 2025).

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12 novembre 2025

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Une nouvelle unité de renseignement, directement rattachée à la Commission européenne, est en cours de création. Officiellement pour renforcer la sécurité de l’Union, officieusement pour centraliser davantage de pouvoir entre les mains de Bruxelles.

L’Union européenne s’apprête à franchir une étape symbolique dans la construction de ce que certains appellent déjà un « État bruxellois parallèle » : selon plusieurs sources citées par le Financial Times, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prépare la mise en place d’une nouvelle cellule de renseignement européenne.

Cette structure, qui serait hébergée au sein du Secrétariat général de la Commission, a pour ambition de collecter, centraliser et exploiter les informations issues des services secrets nationaux des États membres.

Un “service du renseignement européen” sans mandat des États

Selon les premières informations, cette unité, en cours de constitution, devrait accueillir des agents détachés des services de renseignement nationaux.
Elle aurait pour mission officielle d’« améliorer l’usage opérationnel » des informations déjà disponibles à Bruxelles.

Un responsable européen cité par le quotidien britannique résume ainsi la logique du projet :

« Les services nationaux savent beaucoup de choses. La Commission aussi. Il nous faut un meilleur moyen de mettre tout cela ensemble et de le rendre utile à nos partenaires. Dans le renseignement, il faut donner quelque chose pour recevoir. »

Mais derrière ce discours technocratique se cache un enjeu bien plus politique : pour la première fois, une structure d’analyse et de coordination du renseignement dépendrait directement de la Commission européenne, et non plus du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), qui supervise actuellement le Centre d’analyse du renseignement et de la situation (Intcen).

Ce projet, tenu encore partiellement secret, inquiète déjà plusieurs capitales européennes.
La France, notamment, toujours jalouse de son autonomie stratégique, serait réticente à partager des informations sensibles avec une structure bruxelloise potentiellement soumise à des logiques politiques.

D’autres États redoutent des fuites ou des instrumentalisations dans un contexte où certains gouvernements — comme celui de la Hongrie — sont accusés d’entretenir des proximités avec Moscou.
Plusieurs diplomates craignent également une duplication des fonctions de l’actuel Intcen, déjà jugé peu efficace mais placé sous le contrôle du SEAE, l’équivalent d’un ministère des Affaires étrangères européen.

« La Commission ne va pas envoyer des agents sur le terrain », nuance une source interne.
« Mais elle veut devenir un acteur à part entière dans la circulation du renseignement. »

Von der Leyen, de la Défense allemande au renseignement européen

Avant de présider la Commission, Ursula von der Leyen a dirigé le ministère de la Défense allemand.
Son passage à ce poste reste controversé : une affaire de suppression de SMS et d’e-mails officiels, sur fond d’enquête pour favoritisme, a terni son image en Allemagne.
Mais à Bruxelles, la dirigeante allemande s’est imposée comme la plus fervente partisane d’une “Europe de la défense” :
création d’un “collège de sécurité” pour les commissaires, financement européen d’achats d’armes pour l’Ukraine, lancement du programme satellitaire Iris², et désormais, la mise sur pied d’un renseignement communautaire.

Elle reprend ainsi une idée déjà avancée en 2024 par l’ancien président finlandais Sauli Niinistö, qui plaidait pour un « service européen de renseignement pleinement intégré » afin d’assurer une prise de décision rapide en cas de crise.

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et les menaces répétées de Donald Trump de réduire le soutien militaire américain à l’Europe, l’Union européenne cherche à renforcer son autonomie stratégique.
Cette dynamique s’accompagne de la plus importante politique de réarmement depuis la Guerre froide, avec des financements communs et un début de coordination militaire continentale.

Mais la création d’un renseignement sous autorité bruxelloise franchit un seuil inédit : elle doterait la Commission d’un outil de collecte et d’analyse stratégique indépendant des États.

Or, le renseignement a toujours été un domaine régalien, au cœur de la souveraineté nationale.

Pour beaucoup d’États, transférer cette compétence à la Commission reviendrait à perdre le contrôle sur l’un des piliers de leur sécurité intérieure et extérieure.

Vers un “État profond” européen ?

Officiellement, Bruxelles parle d’une “cellule d’analyse sécuritaire” sans vocation opérationnelle.
Mais les observateurs rappellent que les structures européennes naissent souvent modestes avant de s’étendre.
La création de cette unité pourrait donc n’être qu’une première étape vers un véritable service de renseignement européen, rattaché non pas aux peuples ni aux Parlements nationaux, mais à une bureaucratie non élue.

Pour ses détracteurs, cette évolution traduit la dérive technocratique du projet européen, où la logique de centralisation l’emporte sur celle de la subsidiarité.

Aucune date précise n’a encore été fixée, reconnaît la Commission.
Mais le projet est bel et bien lancé, au sein du Secrétariat général — le cœur administratif de l’institution.
Les discussions se poursuivent en interne, sans consultation formelle des 27 États membres pour l’instant.

Comme souvent à Bruxelles, les choses avancent sans mandat démocratique.
Mais l’histoire européenne montre qu’en matière de pouvoir, les cellules provisoires deviennent vite des structures permanentes.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

EU to set up new intelligence unit under Ursula von der Leyen

https://archive.ph/g1Wjc#selection-…

13 novembre 2025

Henry Foy in Nicosia

Body to collate material from national agencies and improve its operational use

European Commission president Ursula von der Leyen’s new unit aims to bring officials on secondments from national intelligence agencies © Jonathan Nackstrand/AFP/Getty Images

The European Commission has begun setting up a new intelligence body under president Ursula von der Leyen, in an attempt to improve the use of information gathered by national spy agencies.
The unit, to be formed inside the commission’s secretariat-general, plans to hire officials from across the EU’s intelligence community and collate intelligence for joint purposes, said four people briefed on the plans.
Russia’s full-scale invasion of Ukraine and US President Donald Trump’s warnings of reducing American security support to Europe have spurred the EU to rethink its homegrown security capabilities and begin its biggest rearmament drive since the cold war.
One of the people said: “EU member state spy services know a lot. The commission knows a lot. We need a better way to put all that together and be effective and useful to partners. In intelligence, you need to give something to get something.”
The move is opposed by senior officials at the EU’s diplomatic service, which oversees the bloc’s Intelligence and Situation Centre (Intcen), who fear it will duplicate the unit’s role and threaten its future, the people added. The plan has not been formally communicated to all the EU’s 27 member states, but the body aims to bring officials on secondments from national intelligence agencies.
A commission spokesperson told the FT that it was “examining how to strengthen its security and intelligence capabilities. As part of this approach, the creation of a dedicated cell within the [secretariat-general] is being considered.”
“The concept is being developed and discussions are ongoing. No specific timeline has been set,” they said, adding that it “would build on existing expertise within the commission and . . . closely co-operate with respective services of EEAS [European External Action Service].”
Intelligence sharing has long been a delicate subject for EU member nations. Major states such as France, with extensive spying capabilities, have been wary of sharing sensitive information with partners. The emergence of pro-Russian governments in countries such as Hungary has further complicated co-operation.
EU capitals are expected to resist the commission’s moves to create new intelligence powers for Brussels, two of the people said. But they added there had long been concerns over Intcen’s effectiveness, particularly as Europe responds to Russia’s hybrid war.
“The commission is not going to start sending agents into the field,” said a second person.
Trump’s suggestions that the US could reduce its support to Europe — and his temporary suspension of intelligence support to Ukraine this spring — have highlighted the continent’s reliance on Washington for certain capabilities.
The new unit follows von der Leyen’s decision to establish a dedicated “security college” for her commissioners to be briefed on security and intelligence issues. She has also moved to fund weapons purchases for Ukraine and launch the Iris² satellite project.
EU intelligence sharing dates back to the September 11 2001 terror attacks on the US, which prompted the spy agencies of France, Germany, Italy, the Netherlands, Spain, Sweden and the UK to begin pooling classified security assessments.
That eventually became more institutionalised, expanded to include other member states, and in 2011 was brought under the EU’s diplomatic service.
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