On m’a envoyé ça , à vérifier
Réponse à Gisèle : petite leçon express sur les “nationalités” palestiniennes
Reçu par courrier électronique le 17 novembre 2025
Gisèle, une lectrice , qui me bombarde de photos de propagande, a enfin parlé.
Et quelle sortie !
Selon elle, « la moitié des Palestiniens seraient Égyptiens, et le reste viendrait du Liban ou de la Syrie, avec femme et enfants ».
Très bien, asseyons-nous et respirons : voilà l’occasion rêvée d’expliquer un drame que tu n’as manifestement jamais ouvert dans un livre d’histoire.
1. 1948 : quand les uns choisissent, et les autres sont chassés
En 1948, tous les Juifs du monde pouvaient devenir automatiquement Israéliens grâce à la Loi du Retour.
Aucun n’était originaire de Palestine, mais ils ont eu leur passeport tout neuf — et ont gardé en bonus leur nationalité d’origine (allemande, russe, polonaise, française…).
Pendant ce temps-là, les Palestiniens, eux, oui, les vrais, ceux qui vivaient là depuis des générations, ont été expulsés de leurs terres.
Pas pour trouver un “meilleur job”, Gisèle : parce que leurs maisons étaient détruites.
2. L’UNRWA : la preuve internationale de la palestinité
L’ONU a créé l’UNRWA pour enregistrer les réfugiés palestiniens et préserver leurs archives familiales.
C’est aujourd’hui la seule preuve administrative de l’identité palestinienne pour des millions de personnes.
Et devine quoi ?
C’est précisément pour ça que certains en Israël veulent démanteler l’UNRWA : effacer l’archive, effacer le peuple.
3. Les pays arabes n’ont pas donné de nationalité : ils ont donné… des papiers pour survivre
Jordanie : nationalité attribuée automatiquement aux Palestiniens de Cisjordanie après 1948. Pas un choix, juste de quoi exister sur le papier.
Égypte : aucun passeport pour Gaza. Un simple titre de voyage, sans citoyenneté.
Liban, Syrie, Irak : encore moins. Statut de réfugié, documents provisoires, droits limités.
Europe, Amériques : ceux qui ont une nationalité l’ont obtenue après avoir été déracinés. Pour travailler, pour voyager. Pour vivre.
Bref : la double nationalité palestinienne n’est pas un luxe. C’est un pansement.
4. Le passeport palestinien : un privilège… validé par Israël
Le passeport palestinien n’existe que depuis les accords d’Oslo.
Et l’Autorité palestinienne ne peut le délivrer que si Israël donne son feu vert.
Donc non, tous les Palestiniens n’en ont pas, et beaucoup n’en ont pas encore… mais qui sait, un jour, peut-être ?
5. Et les Israéliens, dans tout ça ?
La plupart ont gardé la nationalité de leur pays d’origine — française, américaine, russe, polonaise, allemande, marocaine…
Ils ont ensuite adopté la nationalité israélienne — une nationalité qui n’existait même pas avant 1948.
Eux, ils choisissent.
Les Palestiniens, eux, se débrouillent pour survivre.
Conclusion
La “double nationalité” palestinienne n’est pas la preuve que les Palestiniens viennent de partout.
C’est la preuve qu’un peuple entier a été expulsé et qu’il a dû s’adapter pour continuer à exister.
Gisèle, si tu veux vraiment parler d’origines, commence par demander combien d’Israéliens d’aujourd’hui sont… nés en Israël.
Spoiler : pas beaucoup.
Là-bas, on démonte la propagande et on redonne des mots à ceux qu’on réduit au silence.
