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La réinformation, c’est la propagande d’extrême-droite (vidéo 10’19)

mardi 11 février 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 8 février 2025).

"réinformer" signifie informer à nouveau, informer par dessus, en supposant que la première information a été faite par le pouvoir. Il n’y a pas de raison de penser que la deuxième information, celle qui vient recouvrir la première, soit de meilleure qualité ; surtout que le mot "réinformation" ayant été été inventé par l’extrême droite, il faut forcément se méfier de leur "information" à eux.

L’extrême gauche a complètement tort de reprendre le mot "réinformation" à son compte. Personnellement, je ne fais pas de la réinformation, mais de la désintoxication, on peut aussi dire "contre-propagande" en considérant que le pouvoir fait sans arrêt de la propagande mensongère.

L’extrême droite étant évidemment la roue de secours du pouvoir, elle en fait partie, comme nous avons pu le constater quand Macron a dissous l’Assemblée au moment où il espérait que, le Front National étant au plus haut, il allait prendre la direction de l’État.

Sous la vidéo, je vais essayer de contrer la propagande très adroite et très à droite de Xavier Moreau.


https://odysee.com/@STRATPOL:d/2242…

Réinformation sur la tentative de coup d’État du 6 février 1934

Xavier Moreau - 6 février 2025 - Extrait du Stratpol 224

Cliquer ici pour télécharger la vidéo

Le 6 février 1934 est bien, malgré ce qu’en dit Xavier Moreau, une tentative ratée de coup d’État. Le contexte historique, dont s’abstrait bien évidemment Xavier Moreau, le prouve. En Italie, il y avait eu le coup d’État de Mussolini en 1922, et en 1933 en Allemagne l’arrivée de Hitler, nommé au pouvoir par Hindenburg (*), suivie immédiatement d’un coup d’État permettant à Hitler de devenir führer. L’extrême droite a tout simplement voulu rééditer à Paris la marche sur Rome de Mussolini :

https://mai68.org/spip3/spip.php?article526

Xavier Moreau prétend que LES historiens sont maintenant d’accord avec son interprétation ; mais, il ne cite qu’une seule référence, le livre d’Olivier Dard (**).

Quant à la Révolution Française, il est bien clair que, contrairement à ce que dit Xavier Moreau, elle a été faite par "le peuple contre les élites". Le problème, c’est qu’avec le 10 thermidor et la décapitation de Robespierre, la bourgeoisie a réussi à récupérer cette tentative révolutionnaire.

Xavier Moreau assimile les coups de feu tirés sur les émeutiers du 6 février 1934 au massacre des Gilets Jaunes par Emmanuel Macron. Alors que cela n’a rien à voir. Les Gilets Jaunes, c’était le retour de la lutte de classe ; alors que le 6 février 1934, les émeutiers souhaitaient un coup d’État qui établirait un État fort prônant la collaboration de classe, comme chez Mussolini et Hitler.

Et, c’est là où l’on voit l’adresse de Xavier Moreau, il reproche à l’extrême droite française de dire la vérité, c’est-à-dire que le 6 février 34, il s’agissait bien d’une tentative de coup d’État. On peut dire que Xavier Moreau est négationniste. Voyant la défaite arriver, Hitler avait fait détruire le plus possible d’archives attestant du génocide des Juifs afin que, plus tard, le nazisme puisse renaître de ses cendres. De la même façon, Xavier Moreau explique à l’extrême droite qu’il faut nier que le 6 février a eu lieu une tentative de coup d’État pour pouvoir faire croire que l’extrême droite est gentille.

Quant à l’affaire Stavisky, elle avait été montée en épingle pour servir d’excuse à la mobilisation de l’extrême droite. Une autre excuse aurait été trouvée s’il avait fallu.

"Le colonel de la Rocque avait compris que ces manifestations ne servaient à rien" nous dit Xavier Moreau. Dans ce cas, pourquoi y a-t-il été ? Pourquoi y a-t-il appelé ?

Xavier Moreau parle d’une alliance entre la "gauche bourgeoise" et les sans-culottes lors de la révolution française, et dit que cette alliance continue de nos jours. Il traite les sans-culottes de punk-à-chiens. Les sans-culottes étaient les "ouvriers des faubourgs", c’est-à-dire le prolétariat. Pour Xavier Moreau, c’est la racaille…

C’est la canaille, et bien j’en suis :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4649

Mais, en réalité, la "gauche bourgeoise" (l’expression de Xavier Moreau est bien choisie) n’est pas alliée avec les révoltés, elle tente seulement de les récupérer. De la même façon qu’on a vu Mélenchon, un peu tardivement — dès il a vu que le mouvement ne cesserait pas rapidement —, faire la cour aux Gilets Jaunes qui ne voulaient ni partis ni syndicats, il faut remarquer le discours qu’a tenu Saint-just devant l’Assemblée pour la convaincre de voter la décapitation de Louis XVI : « Si vous ne décapitez pas le roi vous même alors le peuple de Paris vous tuera tous pour pouvoir tuer le roi lui-même ! »

Il est totalement faux de dire que l’ultra-gauche était avec la police contre les Gilets Jaunes. Les Black Blocs ont même été applaudis par ceux-ci :

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3575

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3251

http://mai68.org/spip2/spip.php?article2955

Je pensais que si le colonel de la Rocque avait été réhabilité par de Gaulle c’était parce que de Gaulle lui même était arrivé au pouvoir par un coup d’État. Mais, un commentaire de Gilles m’apprend qu’en fait la direction des Croix de feu était payée par les fonds secrets de Camille Chautemps (devenu par la suite ministre d’État du Front populaire en 1936). Ce qui fait du PSF (Parti Social Français) de de la Rocque une opposition contrôlée.

Bien sûr, quelques personnalités de "gauche" ont trahi, mais ceux qui ont préparé la défaite de 1940, ce n’est pas la gauche, c’est Pétain et sa clique. Quand "on" nous parle de l’« inefficacité » de la ligne Maginot, "on" semble totalement ignorer qu’elle n’allait pas jusqu’à la mer. Elle s’arrêtait juste avant de longer la frontière Belge. Et, comme c’est bizarre, c’est un certain Pétain qui avait dit que c’était inutile de la prolonger jusqu’à la mer. Il prétendait que les Allemands ne passeraient pas par la Belgique pour envahir la France, sous prétexte que la Belgique était un pays neutre. Pourtant, les Allemands étaient déjà passés par la Belgique en 1914 pour envahir la France ; chose que Pétain ne pouvait ignorer puisqu’il avait acquis sa réputation lors de la guerre de 14-18 !

Remarquez aussi qu’en 1940, pour envahir la France, les Allemands ont contourné la ligne Maginot en passant par la Belgique. Si la ligne Maginot avait été aussi inefficace qu’on nous le dit souvent aujourd’hui à la télé, pour quelle raison les Allemands ne l’ont-ils pas franchie ? Tout simplement, les Allemands savaient très bien que la ligne Maginot était infranchissable, puisque c’est une firme française d’une compagnie allemande qui avait construit les réseaux électriques de cette fortification sabotée dans sa conception même par le futur dictateur collaborationniste, le traitre Pétain qui, après l’échec de la tentative de coup d’État fasciste de 1934, s’était vendu à l’ennemi nazi dans le but de faire une guerre contre l’Allemagne, une guerre qu’il voulait perdre afin qu’Hitler l’installe, lui, Pétain, au pouvoir en France pour mener sa "révolution nationale", une contre-révolution, en fait :

http://mai68.org/spip/spip.php?article3490

Notes :

(*) Macron a voulu imiter Hindenbourg avec la dissolution. Il a dissous l’Assemblée au moment où le Front National était électoralement au plus haut, espérant ainsi avoir une bonne excuse pour nommer la Le Pen première ministre :

https://mai68.org/spip3/spip.php?article736

(**) Olivier Dard d’après wikipédia : « En 2018, il participe au lancement de la Fondation du Pont-Neuf, cercle de réflexion conservateur qui chercherait des "convergences entre droite dure et extrême droite", selon Marianne. La fondation aurait pour objet de "fournir des notes aux proches de Marion Maréchal mais aussi aux équipes de Laurent Wauquiez", d’après Le Canard enchaîné. Selon les dires de Dard, rapportés par Le Monde, il n’a pas été "dans le cercle fondateur" de cette fondation lancée par une de ses relations, le maurrassien Frédéric Rouvillois avec qui il a dirigé un Dictionnaire du conservatisme. Le Monde présente Dard comme un compagnon de route de cette fondation en avril 2018. Par ailleurs, Olivier Dard demeure "un assez proche compagnon de route" de l’Action française, où il "anime régulièrement des Cercles de formation", selon le sociologue Emmanuel Casajus »

Sur Olivier Dard, on pourra lire aussi Annie Lacroix-Riz. Extrait : « Des politistes tel Patrick Weil, historiens et journalistes, de Guillaume Erner à Daniel Schneiderman, découvrent, sidérés, qu’Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne, n’a "pas écrit le mot “antisémitisme”" dans la notice que le ministère de la culture l’avait chargé de de rédiger sur Charles Maurras "dans le grand livre officiel des commémorations" ».

Maurras vu par Olivier Dard : ni antisémite ni germanophile ni pronazi

7 février 2018 : https://investigaction.net/maurras-…

9 févrer 2018 : https://www.lecanardrépublicain.net/spip.php?article824

Annie LACROIX-RIZ est Professeur émérite d’Histoire contemporaine, Université Paris 7

Des politistes tel Patrick Weil[1], historiens et journalistes, de Guillaume Erner à Daniel Schneiderman[2], découvrent, sidérés, qu’Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Sorbonne, n’a « pas écrit le mot “antisémitisme” » dans la notice que le ministère de la culture l’avait chargé de de rédiger sur Charles Maurras « dans le grand livre officiel des commémorations ». Le motif de l’absence dudit mot a provoqué le 2 février 2018 sur France Culture l’embarras de l’historien, confronté à un Guillaume Erner insistant ‑‑ « ben, je ne sais pas » pourquoi je l’ai oublié, a-t-il piteusement déclaré. Embarras d’autant plus légitime que l’oubli ne peut relever de l’étourderie ou de l’amnésie des « spécialistes obsessionnels [qui,] au bout de quelques années, […] fini[ssen]t par ne plus voir l’éléphant dans le couloir » : l’historien est particulièrement apprécié à l’extrême droite, à en juger par la fréquente référence de groupements d’Action française, d’Algérie française et associations assimilées aux conférences, travaux et directions de thèse de « notre ami Olivier Dard », groupes dont il est permis de douter de la solidité du philosémitisme, qui serait récent[3]. Notons l’absence de ces précisions politiques dans la fiche wikipedia d’Olivier Dard[4], tradition, il est vrai, respectée pour tout l’arc-en-ciel, à l’exception des universitaires marxistes ou non-antimarxistes, dont Anne Morelli et moi-même[5].

Y a-t-il motif à surprise ?

La surprise médiatique est surprenante pour au moins deux raisons.

Les nombreux travaux[6] de ce spécialiste de Maurras et de l’extrême droite française, notamment dans l’entre-deux-guerres ‑‑ en bon français, du fascisme français – , si on les confronte aux archives originales de la première moitié du 20e siècle, attestent un gommage systématique des options idéologiques, antisémitisme inclus, et surtout un manque d’intérêt pour les pratiques de ses héros, de Charles Maurras aux fascistes officiels issus de l’Action française, tels Jean Coutrot et Bertrand de Jouvenel. Olivier Dard s’inscrit à cet égard dans le courant né dans les années 1950 à l’Institut d’études politiques (IEP) sous l’égide de René Rémond et Raoul Girardet, niant bec et ongles, contre des travaux anglophones démonstratifs, étayés et traduits, l’existence d’un fascisme français né à droite et dont l’Action française, ligue fondée de fait, en 1898, contre le capitaine Alfred Dreyfus, fut « la matrice », antisémitisme obsessionnel compris.

Les surpris de 2018 liront avec profit l’article de l’historien britannique Brian Jenkins, « L’Action française à l’ère du fascisme : une perspective contextuelle »[7] et les deux ouvrages de l’historien américain Robert Soucy, Le Fascisme français, 1924-1933 (French Fascism, the first wave, 1924-1933) et Fascismes français ? 1933-1939 : mouvements antidémocratiques,(titre fallacieusement traduit de French Fascism, the second wave, 1933-1939)[8]. Soucy y a désintégré, sources d’archives à l’appui, la thèse des « historiens du consensus » de l’IEP qui avaient décrit une droite « des années trente allergique au fascisme » et borné ce dernier au fascisme « révolutionnaire » d’avant 1914, prétendument « ni droite ni gauche », ou aux transfuges du socialisme (Marcel Déat) et du communisme (Jacques Doriot), sans mot dire des liens organiques entre les ligues fascistes et le grand patronat français, également bailleur de fonds de la « droite » dite « républicaine ». Cette audace déclencha contre lui une guerre inexpiable des historiens susnommés, qui déboucha sur son effacement historiographique. Le débat sur le (non-)fascisme de Maurras et du tandem droite-extrême droite, dans lequel s’insèrent les travaux d’Olivier Dard, est interdit de tribune académique depuis vingt ans [9].

Olivier Dard œuvrait dans sa notice officielle en terrain historiographique sûr. Il a trouvé ici appui objectif chez nombre d’historiens non suspects d’antisémitisme, mais qui confortent la thèse d’un « antisémitisme d’État » débonnaire, « français », pas « racialiste », pas exterminateur, et qui soutiennent que Maurras serait, bien que fervent pétainiste, demeuré de 1940 à 1944 parfaitement germanophobe. Simon Epstein, « économiste et historien israélien » d’origine française, a lancé l’offensive en 2008 avec Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance[10]. La mode, depuis le triomphe de l’équation nazisme=communisme, étant au paradoxe, la thèse du brusque brouillage des repères a remporté un vif succès. Elle n’est d’ailleurs pas neuve : il y a 15 ans, Jean-Pierre Azéma a affirmé que les parlementaires français avaient brusquement « perdu leurs repères » à Vichy en juillet 1940, et ainsi répondu à une question de Patrice Gélinet sur les manœuvres Pétain-Adrien Marquet du printemps 1940 : « je ne crois pas qu’il y ait eu complot » en vue de détruire la République[11]).

La télévision s’est emparée de la thèse de M. Epstein, qui s’est adjoint, pour deux documentaires diffusés les 3 et 10 décembre 2017 sur France 3[12], deux historiens approbateurs. Lui-même insiste sur « l’extrême droite résistante », Olivier Wieviorka et Pascal Ory sur « la gauche collabo ». Sont développés sur la période 1918-1944 une série de poncifs multidécennaux contrebattus par les fonds originaux, délibérément écartés ici[13] : traumatisme de la Grande Guerre et pacifisme généralisé consécutif qui seraient la cause de tous les errements français ; abandon dramatique de l’antifascisme communiste entre le 23 août 1939 et le 22 juin 1941 ; vaillance patriotique des « vichysto-résistants » (issus de l’Action française), concept lancé par Jean-Pierre Azéma depuis plus de vingt ans sans qu’on ait trouvé jusqu’ici de sources 1940-1944 pour l’étayer[14].

De la notice aux faits historiques

Quant à la notice d’Olivier Dard, désormais chassée du Livre des commémorations nationales 2018 par un ministère de la Culture désemparé[15], elle accordait sur deux pages moins de six lignes aux années 1940-1944 : « Jusqu’en 1944 [Maurras] passe ses soirées et ses nuits [à son cher journal, L’Action française, prunelle de ses yeux depuis sa fondation, en 1908], écrivant son article quotidien, largement lu et commenté. […] En 1940, Maurras rallie le maréchal Pétain, “divine surprise” à l’heure de la défaite. Resté aussi antiallemand et antinazi que par le passé, il n’en est pas moins un pétainiste convaincu et avalise l’ensemble de la politique conduite par l’État français. » Là aussi, l’historien a manqué de l’espace nécessaire pour exposer ce qui signifiait, notamment du point de vue des juifs, un tel « aval » exhaustif donné à Vichy.

À peine six lignes, soit autant qu’à « l’épuration » et à la « condamnation » que Maurras récuse d’ailleurs vivement (la parole n’étant pas donnée à l’accusation), et nettement moins que les dix consacrées à l’avant-guerre du « procureur impitoyable […] du régime républicain », sauf pendant la Grande Guerre, en vue de « la victoire sur une “Allemagne éternelle” détestée. Le début des années vingt marque l’apogée de l’influence culturelle de l’Action française mais la condamnation pontificale de 1926 lui porte un coup sérieux. Maurras rebondit au tournant des années trente sur fond de crises et de scandales (Stavisky) qui débouchent sur l’émeute du 6 février 1934. L’épisode met en cause la fonction de chef politique d’un maître dont de jeunes militants, attirés par le fascisme, déplorent l’écart entre la virulence des discours et l’inefficacité des actions conduites contre le régime. »

Olivier Dard n’est pas seulement amnésique sur l’antisémitisme maurrassien. Il l’est sur à peu près tout dans sa biographie de Maurras[16], à l’appui de laquelle font défaut les sources originales, alors que, précise-t-il opportunément, « les Archives nationales ont en dépôt un important fonds Charles Maurras (576 AP) [qui] comprend 210 cartons, couvre 29 mètres linéaires et est consultable sur dérogation ». L’ouvrage, dont les notes sont de seconde main[17], soutient ainsi la thèse traditionnelle du « germanophobe » (désormais « antinazi » en sus, pour la notice) à l’« antisémitisme français » non létal sous l’Occupation[18], après avoir négligé un avant-guerre maurrassien très activement fasciste, et fort peu « nationaliste intégral ».

L’Action française ‑‑ les archives policières et judiciaires en font foi ‑‑ constitua un pan majeur du fascisme français dès la fondation des premières ligues (1922-1924). Tous les ligueurs en étaient issus, gauche renégate exceptée, tels les fondateurs de la Cagoule (en 1935-1936), tous membres de la 17e section d’Action française, du 16e arrondissement. Le mouvement et son journal furent d’abondance financés, certes par le très grand patronat français antirépublicain, ce que nie Olivier Dard dans La synarchie ou le mythe du complot permanent[19]. Mais pas seulement : comme tous les groupes fascistes français, l’Action française reçut, d’emblée et d’abondance, des fonds de Mussolini, qui la rendirent lyrique sur la conquête italienne de l’Éthiopie, apogée de la civilisation occidentale. Puis, sans renoncer aux fonds italiens, elle sollicita ou accepta, de plus en plus, le soutien financier des hitlériens au pouvoir. À la mesure du fascisme français tout entier qui, d’abord pro-italien en diable, devint de plus en plus allemand pendant la crise, moment décisif du complot contre la République et de la renonciation à défendre les frontières nationales. Les sources ont sur ce point entièrement confirmé les analyses quotidiennes du grand journaliste britannique Alexander Werth (Manchester Guardian) effaré de 1936 à 1940 par l’ampleur de la Gleichshaltung (mise au pas-nazification) de la France et l’indécence de sa presse « gleichshaltée ».

L’Action française, certes, demeura germanophobe jusqu’au tournant des années 1920, ce qui entravait en France (et en Belgique) la tactique vaticane de « pacification » requise par Berlin car momentanément propice à la Revanche allemande. Il fallait neutraliser les « germanophobes » français en quête éventuelle d’alliance de revers : c’est ce qui valut à Maurras et aux siens la création, vaticane, en 1924, de la jésuite Fédération nationale catholique du général de Castelnau, plus docile et « pacifiste », puis la brutale excommunication d’août-septembre 1926, sans rapport avec la foi (absente) de Maurras. L’Action française germanophobe avait avant et pendant la Première Guerre mondiale déjà connu des temps difficiles avec la Curie, qui s’était entièrement engagée aux côtés des empires centraux. Que ceux qui doutent lisent L’Action française de la période-clé de l’excommunication, 1926-1932, qui raconta tout, avec une franchise hautement comique, Maurras et Léon Daudet en tête, sur la politique germanique du Vatican et ses nonces espions, Pacelli en Allemagne (puis secrétaire d’État), futur Pie XII, Maglione en Suisse puis en France[20].

À partir de l’ère hitlérienne, Maurras et son mouvement, si germanophobes qu’ils semblassent encore, pactisèrent avec le Reich. C’est d’ailleurs sur la base de cette réconciliation, de plus en plus tapageuse à la fin des années 1930 et publiquement motivée par la haine des Soviets et des juifs, que, à la mi-juillet 1939, le très germanophile Pacelli-Pie XII prononça, avec le soutien de son très germanophile secrétaire d’État Maglione, la levée de l’excommunication : c’était les deux « agents de l’Allemagne » de la Première Guerre mondiale et principales cibles de Maurras et Daudet de 1926 à 1932. À un mois et demi de l’entrée en guerre générale, cette injure à la République française fut légitimement interprétée comme consacrant l’alliance publique de l’Action française naguère « germanophobe » avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie[21].

Avant le 6 février 1934 et au-delà, l’Action française et Maurras affichèrent leur soutien au complot contre la République, prévoyant depuis l’été 1934 l’installation d’une dictature militaire appuyée sur Laval et Pétain (alors ministres du cabinet Doumergue). Complot fort activement soutenu par l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie et prouvé par des milliers de documents d’archives policières et judiciaires[22]. Olivier Dard en balaie catégoriquement l’hypothèse depuis vingt ans en contestant la valeur des sources susmentionnées et en ridiculisant leur exploitation, taxée d’histoire « complotiste », grief de très bon rapport académique de nos jours.

Germanophobe, vraiment, avant-guerre, Maurras et les siens dont les diplomates hitlériens envoyaient avec délices à Berlin en 1938-1939 les articles vociférant contre « la guerre des juifs et des rouges » ? Celui par exemple de son cher Léon Daudet qui, anticipant la célèbre formule de Chamberlain le 27 septembre 1938 pour poignarder la Tchécoslovaquie haïe, mettait début avril dans L’Action française ces mots dans la bouche d’« un paysan ignorant de Touraine […]. “C’est paysan ou ouvrier, Jacques Couillonas, le cobaye de la démocratie sanguinaire, qui doit aller crever sur un signe de tête d’un juif qui en a horreur, dans un obscur et lointain patelin dont il n’a pas la moindre notion” » (dépêche de l’ambassadeur d’Allemagne à Paris von Welczeck, 8 avril 1938). Germanophobe, vraiment, Maurras, toujours cité par une source allemande, invoquant le 26 août 1939 « l’opinion d’un expert militaire pour démontrer la futilité d’une attaque massive française [1°] sur la Ligne Siegfried […] : “ce serait exactement comme si un homme devait se taper la tête sur un mur de pierre, pour en aider un autre en train de se faire assassiner de l’autre côté. Ça ne servirait à rien pour la Pologne, et la France serait affaiblie de façon désastreuse” » ; 2° sur le front italien : impossible « d’avancer par les Alpes vers la vallée du Pô » à cause du mur de montagnes, sans parler du risque de se heurter à « une armée allemande venant du Brenner et […] à une attaque de flanc par l’armée italienne. » (télégramme Braüer 484, 26 août 1939) ? « “Divine surprise” [de ces gens] à l’heure de la défaite », vraiment ? je me permets de renvoyer au Choix de la défaite, à De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, et à Industriels et banquiers français sous l’Occupation[23].

Antisémite « français » et pas « racialiste », vraiment ? Ce distinguo, tenace dans l’historiographie cléricale[24], a perdu tout sens depuis la première grande crise systémique du capitalisme (1873-1914). Après Raul Hilberg, qui rappelait dans le chapitre 2 (« Les précédents ») de La destruction des juifs d’Europe, le lourd passé antisémite de l’Église romaine, et comparait le « Droit canonique » et les « mesures nazies »[25], David Kertzer, dans Le Vatican contre les Juifs. le rôle de la papauté dans l’émergence dans l’antisémitisme moderne[26] a décrit l’immense contribution romaine à l’antisémitisme (je dis bien antisémitisme) et balayé, en citant le journal assomptionniste La Croix pendant l’affaire Dreyfus et la Civiltà Cattolica du RP Rosa, principale voix officieuse du Vatican, le distinguo brumeux entre anti-judaïsme catholique et antisémitisme « ethnique ».

L’antisémite obsessionnel Maurras (comme toute son équipe) n’aurait pas été antisémite racial mais simple tenant d’un « antisémitisme d’État ». Lequel, rappelons-le, anticipa, au second semestre 1940 sur les demandes allemandes en la matière, puis se prêta à toutes les exigences allemandes en matière de déportation et ne freina la complète dénaturalisation des juifs qu’au second semestre 1943, époque où Bousquet se montrait encore aussi impatient que les Allemands mais où l’allant devenait incompatible avec le rapport de forces militaire. S’il y eut quelques prudences dans une petite partie du haut clergé, également sensible à l’après-guerre, Maurras ne les partagea pas, et on en détient des preuves absolues.

Déchaîné contre ses traditionnels ennemis avant l’occupation totale du territoire, juifs et communistes en tête, sans omettre les francs-maçons et les protestants, le directeur de l’Action française, publiée à Lyon, ne changea rien après novembre 1942. Dans L’Action française, il n’insultait pas seulement les Soviets mais aussi de Gaulle, les Anglais et les Américains : cette « attitude anti-anglaise et anti-américaine dans ses articles de journaux » plaisait beaucoup à l’ambassade d’Allemagne, et lui fit déconseiller son arrestation, en juin 1943, à un moment où l’occupant arrêtait beaucoup, même dans les milieux dirigeants français[27]. Maurras ne poussait pas seulement de façon générale les cagoulards de Darnand mués en miliciens à agir avec énergie, c’est-à-dire à massacrer juifs, communistes, gaullistes, francs-maçons, protestants, etc.

Dans le premier numéro de 1944, Maurras a des voeux limpides : « Nous répétons qu’il doit y avoir à Toulouse comme à Grenoble des têtes de communistes et de gaullistes connus. Ne peuvent-elles pas tomber ? […] L’important est de trier, de juger, de condamner, d’exécuter. »

Délateur inlassable des mêmes catégories, il appelait à la liquidation stricto sensu, noms et adresses à l’appui, d’individus, de familles et de groupes. Ceux-ci étaient d’autant plus vite livrés aux sicaires français (Milice) agents de la Gestapo (Sipo-SD), et aux bourreaux allemands que l’équipe de l’Action française était complice active des miliciens qui exécutaient la besogne seuls ou en compagnie des policiers allemands. Des magistrats non épurés (cas de la quasi-totalité de l’effectif 1940-1944), qui adoraient le « maître » Maurras, sabotèrent l’instruction de son procès : ils refusèrent entre autres de se procurer les numéros quotidiens de l’Action française, car ils auraient formellement démontré comment Maurras avait incité la Milice à l’assassinat du père de Roger Stéphane, « le juif » Pierre Worms. La documentation versée dans son dossier atteste formellement que son article de février 1944 appelant à la suppression de Pierre Worms avait dicté et précédé la mise à mort de ce dernier, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, par six miliciens, qui avaient au surplus entièrement pillé le site de leur forfait.

L’édifiant appel de Maurras contre les « menaces » des « hordes juives » en général, et contre Roger Worms en particulier – qui entraînera l’exécution de son père sur la Côte d’Azur 4 jours plus tard, le jour des 10 ans du 6 février 1934 (date avérée par le dossier d’instruction cité, BB/18/7113, 8 BL 441 R, Charles Maurras « Collaborateur »).

Dans sa biographie, Olivier Dard consacre trois pages à l’affaire (p. 221-223), qui fit grand bruit, vu la notoriété résistante et gaulliste « du capitaine Roger Stéphane », mais il opte pour la thèse que l’assassinat avait été antérieur à l’article de Maurras du 1er février 1944 : la consultation du dossier de justice BB/18/7113, 8 BL 441 R, Charles Maurras « Collaborateur », joint au dossier Maurras Charles, de Susini Marc, Arnus Émile (AN), lui confirmerait que, contrairement à la thèse mensongère du parquet d’Aix, Maurras avait bien donné le 1er février 1944 aux hommes de main de la Milice tous les éléments pour agir et que ledit parquet avait après la Libération sciemment empêché la vérité de se manifester, ce que reconnut le Procureur général près la cour d’appel d’Aix au garde des Sceaux, dès le 22 février 1945, procès achevé, et naturellement non révisé pour si peu.

Antinazi, Maurras, vraiment ? Pourquoi donc « la Gestapo », autorité de tutelle en l’occurrence, autorisa-t-elle, dès décembre 1942, et à nouveau en octobre 1943, « le renouvellement [du] port d’arme » que Maurras, avait demandé et obtenu de Bousquet pour lui-même et toute la direction de l’Action française : arme, rappela-t-il au préfet régional (de Lyon) en 1943, que m’a rendue le directeur de la prison de la Santé dès ma sortie [en 1937], « ma carrière m’exposant à des risques graves ». Certes, et ce fut pire entre 1940 et 1944, où il soutint Vichy et l’occupant. Qui recevait des Allemands des permis de port d’armes, des germanophobes antinazis, en vue de participer à la future libération de Lyon ?[28]

Les dérives de l’histoire sans sources

Sur le détail du traitement du dossier Maurras par Olivier Dard, l’historiographie dominante et médiatique, qui n’aime plus, depuis longtemps, les archives originales, trop « positivistes », ne cherche pas à s’informer. Elle apprécie l’énergie durable que déploie cet historien à ridiculiser, hors de toute discussion directe, orale ou écrite, la démonstration archivistique de l’existence d’un fascisme français de droite et d’extrême droite. Partageant sa dénonciation sonore de l’histoire prétendument « complotiste », elle le soutient fermement contre l’évidence des sources dans sa croisade contre un prétendu « complot contre la république ». À la tête d’un comité de soutien unanime, Michel Margairaz, professeur d’histoire économique contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, s’est félicité en 2009 que, « parmi les responsables politiques, le mythe d’une “synarchie” ourdie par Jean Coutrot a[it] bien été déconstruit », par Olivier Dard, précise-t-il en note infra-paginale[29].

C’est pourquoi « les historiens du consensus » ont tant tardé à s’apercevoir du pesant silence d’Olivier Dard sur l’antisémitisme de Maurras, qui n’a pas commencé avec la notice maudite. L’intéressé refuse le débat académique que je lui propose depuis vingt ans, oscillant entre le mutisme sur les travaux relatifs au fascisme français et les mises en cause fondées sur l’assimilation fascisme-communisme, dont il déteste manifestement davantage un élément que l’autre[30]. Il serait temps d’ouvrir ce débat, et d’admettre que l’extrême droitisation d’une historiographie sans sources, à laquelle les historiens « démocrates » et « républicains » ne réagissent guère depuis des décennies, menace à la fois la démocratie et la scientificité de la discipline historique, et conduit aux errements du Grand Livre ministériel.

ANNIE LACROIX-RIZ*

  • *Annie LACROIX-RIZ est Professeur émérite d’Histoire contemporaine, Université Paris 7

Site officiel : http://www.historiographie.info/ind…

[1] https://twitter.com/PatrickWeil1

[2] https://www.franceculture.fr/emissi… et https://beta.arretsurimages.net/chr…

[3] http://cerclearistote.com/video-de-… http://www.babelouedstory.com/thema… ; http://documentos.morula.com.mx/wp-…, etc.

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivi…

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_… et https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie…

[6] Bibliographie citée dans sa fiche mentionnée n. 3.

[7] In Michel Dobry, éd., Le mythe de l’allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, 2003, p. 107-154.

[8] Éditions françaises Paris, PUF, 1992 ; Paris, Éditions Autrement, 2004 ; américaines, , New Haven and London, Yale University Press, 1986 et 1995.

[9] Il est exposé dans Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930Paris, Armand Colin, édition complétée et révisée, 2010, prologue, passim et index Action française et Maurras.

[10] , Paris, Albin Michel (https://www.google.fr/search?q=Simo…

[11] « 2000 ans d’histoire », France Inter, mercredi 16 avril 2003, 14 heures-14 heures 30.

[12] https://www.francetvpro.fr/france-5… et https://www.france.tv/documentaires…

[13] Entretien du 14 janvier 2018 sur Radio Galère Radio associative de Marseille, https://youtu.be/_jJ7MymFOFM

[14] Bénédicte Vergez-Chaignon, Les Vichysto-Résistants de 1940 à nos jours, Paris, Perrin, 2008

[15] http://www.culturecommunication.gou…)

[16] Paris, Armand Colin 2013.

[17] Maurras, p. 277, notes, p. 301-336 (même celles qui citent des lettres des années 1880 ou 1890, imprimées dans des ouvrages antérieurs).

[18] Maurras, chap. 10, dont p. 218-225,

[19] Paris, Perrin, 1998.

[20] Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, édition complétée et révisée, 2010, chap. 1-2 et 5, dont p. 247-258)

[21] Le Vatican, chap. 9, dont p. 485-487.

[22] Ce complot, base juridique des poursuites contre les ministres de Vichy, fut notamment instruit par Pierre Béteille, juge d’instruction chargé entre 1936 et 1939 de toutes les affaires des ligues « dissoutes » et de la Cagoule, et nommé après la Libération à la commission d’instruction pour la Haute Cour de Justice qui fit enquêter sur toute la décennie 1930 : voir série W3, 360 vol., AN. Béteille décrivit le complot in « Relations de Pétain avec le CSAR », rapport pour Mornet, procureur général du procès Pétain, Paris, 22 juillet 1945, fonds Mornet, II, BDIC Nanterre ; et notes infra-paginales des op. cit. à la note suivante, 23.

[23] 2e et 3e op. cit., respectivement Paris, Armand Colin, 2008 et 2013.

[24] Exposé-débat sur la face cachée du Vatican, 19 décembre 2017 et 25 janvier 2018, https://vimeo.com/247929150 et https://vimeo.com/253161897

[25] Paris, Gallimard, 1991, vol. 1, p. 13-33.

[26] Robert Laffont, Paris, 2002.

[27] Correspondance des 7, 23 et 25 juin 1943, W3, 220, Archives nationales.

[28] Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Dunod-Armand Colin, 2016, p. 70-74. L’épisode sera relaté plus précisément dans mon prochain ouvrage sur la non-épuration en France.

[29] Citant « La synarchie, le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, 1998 ; et du même, Jean Coutrot. De l’ingénieur au prophète, Besançon, Presses universitaires franc-comtoises, 1999, « Les politiques économiques sous et de Vichy », http://www.histoire-politique.fr/in…)

[30] Voir La synarchie et « Mythologies conspirationnistes et figures du discours antipatronal », Vingtième Siècle, n° 114, avril-juin 2012, p.137-151.

Colonel de La Rocque

10 Messages de forum

  • Bonjour !

    Il y a un bouquin de Michel Ragon : « 34/39 - L’AVANT GUERRE » qui décrit bien les émeutes très violentes de février 1934 et la tentative de Coup d’État.

    C’est assez compliqué, je ne peux pas résumer les pages du bouquin, mais l’information qui m’a le plus surpris c’est que le Coup d’État a été torpillé en douce par les Croix de Feu. La direction des Croix de feu était en fait payée par les fonds secrets du ministre Camille Chautemps pour noyauter les milieux fascistes et a fait échouer le coup d’État.

    C’est un peu évoqué ici :

    ttps ://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_6_février_1934#L’émeute

    Rajouter un h devant ttps ://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_6_février_1934#L’émeute

    Pour en parler mieux et comprendre les évènements et aller au-delà de cette manipulation, le mieux est de lire le livre.

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  • Salut Do,

    Concernant les blacks blocks‌, je suis assez dubitatif.
    Bien sûr il peut y avoir eu des liens ici ou là avec les gilets jaunes.
    Bien sûr à la base il y a forcément des militants "anti-système" ou "anti-capitalistes".
    Mais je pense, personnellement,
    que la tête des blacks blocks est plus ou moins contrôlée par le réel pouvoir en place.
    ("Etat profond", ou "ouvoir financiériste" plutôt que capitaliste).

    Le capitalisme avait çà de différent avec le financiérisme que l’on pouvait identifier des individus.
    Le financiérisme échappe à l’identité au travers de conseils d’administrations plus ou moins obscures,
    rendus plus nébuleux encore par filiales interposées.

    Pour en revenir à l’épisode des champs Elysés et de l’Arc de Triomphe,
    concrètement,
    un copain de Blesle présent à Paris pour manifester avec les gilets jaunes est revenu dégouté,
    par le fait que les blacks blocks cassaient tout dans les contre-allées sans intervention policière,
    pendant que les gilets jaunes sur la chaussée étaient gazés, nassés,
    et essuyaient des tirs de LBD de grenades GML2…
    (En fait ils étaient plusieurs du coin à relater la même chose).

    Personnellementje n’y étais pas,
    ayant toujours pensé que l’efficacité résidait dans la continuation des manifestations dispersées dans toutes la France.
    Je pense que c’est ce qui aurait pu vraiment faire flageoler le système.
    Et personnellement je pense que la "violence" des black blocks,
    en suivant ta logique qui ne sont pas assez nombreux de toute façon,
    a largement contribué à la reconquête de l’opinion anti-gilets jaunes.

    De même que j’ai vécu à Clermont lors de manifestations très pacifiques sur différents thèmes,
    l’arrivée en masse de petites frappes des cités voulant en "découdre avec les forces de l’ordre"
    sans la moindre intention politique,
    envoyés très certainement par les caïds de la came des mêmes cités,
    qui je le pense, en échange de leur tranquilité manifeste,
    rendent à l’ "état" (profond) ce genre de service,
    qui consiste à miner tout mouvement de protestation légitime et non-violente,
    par l’image ternie de leurs actes de vandalisme,
    qui coûtent au final cher au contribuable sans produire le moindre bénéfice.
    (Ils ne s’attaquent jamais au véritables responsables,
    juste au mobilier urbain et aux forces de l’ordre…).

    A une autre échelle, on a vu les services secrets israeliens,
    avec l’aide du Qatar comme couverture,
    pratiquement créer le Hamas pour contrer le Fatah,
    et diviser les palestiniens.
    Et très probablement que la tête en reste contrôlée par les services secrets israeliens,
    avec à la base des combattants probablement convaincus de la légitmité du combat,
    sans comprendre qu’ils peuvent être des idiots utiles d’attentats sous faux drapeaux,
    comme le 7/10.

    Voilà quelques considérations très simplifiées pour la longueur et la clareté,
    je ne suis pas sûr qu’elles te convaincront, dans ta "grille de lecture",
    mais voilà ce que peut être la mienne.

    Bien à toi,
    Dominique

    Répondre à ce message

    • Salut Dominique,

      Un principe essentiel du Blacks bloc est de n’avoir pas de tête. donc il n’est pas possible que la tête des blacks blocks soit contrôlée par le pouvoir.

      Par ailleurs, si tu n’as jamais lu Mes réflexions sur Gênes, publiées pour la première fois le 5 aout 2001, je t’invite à les lire :

      http://mai68.org/spip/spip.php?article6804

      Extrait 1 : Je crois qu’il faut éviter de se déguiser en Black Bloc quand on va en manif ! même si on veut y pratiquer la violence révolutionnaire ! Car ça nous évitera d’être trop facilement repérés et infiltrés par la police ! Ce que je veux dire, c’est que si un révolutionaire peut facilement se fringuer en Black Bloc ; la police aussi ! Et ça lui devient trop facile de faire des saloperies qui pourront ensuite être imputées aux Black Bloc !

      Extrait 2 : Comme les provocations précédant les manifs de Gênes — notamment un carabinier blessé à un œil par un attentat à la lettre piégée. Attentat commandité, bien sûr, par l’État italien — avaient été dénoncées par diverses personnes, et notamment par le GSF et les Tute Bianche, Berlusconi n’a pas pu commanditer, pendant les manifs de Gênes, d’attentats terroristes du style enlèvement d’Aldo Moro ou bombe à la gare de Bologne (80 morts). Dommage pour lui, car s’il avait pu faire croire que " certains des nôtres " avaient enlevé un pauvre bougre ou avaient tué plusieurs personnes dans un attentat aveugle, notre mouvement aurait pris un sacré coup par la gueule, et aujourd’hui, ce n’est pas à propos des violences policières que les gens se poseraient des questions…

      Mais il a utilisé, notre récente capacité de voir, de comprendre et de dénoncer les manipulations des services secrets. Il a manipulé cette connaissance, bien trop récente chez la plupart des nôtres, pour tenter de faire croire que les membres des Black Bloc sont tous des membres de la police.

      Berlusconi a voulu faire croire que le Black Bloc était une provocation policière !

      Il a été bien trop facile de prouver qu’il y a eu un faux Black Bloc pour qu’il en soit autrement. Il est important de comparer avec les provocations policières précédant les manifs-émeutes de Gênes : elles ont été dénoncées, bien sûr, mais elles n’ont pas pu être prouvées, alors que le fait qu’il y ait eu des flics déguisés en Black Bloc a pu être très (trop) facilement confirmé par de nombreuses preuves !

      De tout temps, les flics se sont déguisés en contestataires afin de les infilter ; mais, bien sûr, ils ont toujours fait cela avec discrétion, en faisant tout pour ne pas être repérés ! Cette fois-ci, c’est le contraire qui s’est passé : faire descendre devant tout le monde des flics déguisés en Black Bloc depuis un fourgon de police (il y a eu bien d’autres preuves tout aussi caricaturales, mais pour les facilités d’écriture, je me contenterai de celle-ci tout le long du texte) montre bien que Berlusconi s’est débrouillé pour que les manifestants " non-violents " se disent que Black Bloc=Flics= provocateurs. Il va de soit que la mise en scène d’un tel spectacle ne peut s’adresser aux vrais membres du Black Bloc !

      La vraie provocation policière a consisté à faire descendre devant tout le monde des flics déguisés en Black Bloc depuis un fourgon de police afin de nous faire croire que Black Bloc = Police !

      Les médias, pour l’essentiel au service du pouvoir, ont tout fait pour que nous assimilions l’ensemble des émeutiers au Black Bloc, pour que le commun des mortels croit que tout émeutier est un membre des Black Bloc ; afin que l’équation précédente devienne émeutiers = Black Bloc = Flics = provocateurs. Et pour résumer : émeutier = flic !

      Les maîtres du monde veulent faire en sorte que leurs opposants rejettent les émeutiers. Ça montre bien qui le capitalisme prend pour son pire ennemi : les émeutiers ! Et ça prouve absolument que ce sont leurs méthodes qui sont les meilleures.

      En poussant les gens, par l’intermédiaire de l’hypnose télévisuelle, à confondre " émeutiers " et " Black Bloc ", le capitalisme montre aussi, du moins aux individus qui savent découvrir la vérité à partir du mensonge, qu’il souhaite que lors des prochaines manifs les émeutiers se déguisent tous en Black Bloc. En effet, cela présenterait au moins deux avantages pour le pouvoir : premièrement, localiser tous les émeutiers très tôt sans difficultés, et deuxièmement, pouvoir déguiser facilement des flics en Black Bloc afin de leur faire faire des saloperies qui seront ensuite imputées à l’ensemble des émeutiers !

      Je crois que dorénavant les émeutiers devront éviter de se déguiser en Black Bloc ! Ce qui n’empêchera pas de masquer son visage au bon moment, puis de le démasquer à nouveau quand ce sera adéquat ! Je sais bien que l’application de ma proposition fait perdre aux émeutiers l’avantage de pouvoir facilement se repérer les uns les autres. Mais est-ce bien utile ? Au moment du combat, on voit bien qui fait quoi, et puis on ne peut pas vraiment savoir à l’avance qui sera émeutier et qui ne le sera pas. Car le plus courageux peut perdre, pour une raison quelconque et imprévisible, tous ses moyens au moment de passer à l’action, tandis que les plus non-violents peuvent devenir les meilleurs émeutiers : la tête du cortège des Tute Bianche n’était pas habillée en Black Bloc mais en non-violents, ce qui ne l’a pas empêchée de mener, malgré les chefs des Tute Bianche, ce qui aura probablement été, à Gênes, la plus belle attaque contre la police !

      Ne plus se déguiser en Black Bloc n’empêcherait en rien les membres habituels du Black Bloc, ainsi que les nouvelles personnes décidées à faire cette expérience, d’avoir exactement les mêmes pratiques que d’habitude. La seule chose qui changerait, c’est qu’il n’y aurait plus le spectacle Black Bloc, bien trop facile à détourner par le pouvoir.

      Mes réflexions sur Gênes : http://mai68.org/spip/spip.php?article6804

      Bien à toi,
      do
      http://mai68.org

      Répondre à ce message

  • Selon certains standards, je serais de l’extrême droite.

    Selon mon appréciation, je suis pour le bon sens.

    Avec mes compliments

    Gérard Ulrich

    — -

    TRIAL-WATCH.COM
    The European Legal Action Agenda

    Répondre à ce message

  • Bonjour Do,

    Quand tu nous dis que tu ne fais pas « de la réinformation, mais de la désintoxication, on peut aussi dire "contre-propagande" en considérant que le pouvoir fait sans arrêt de la propagande mensongère » et bien, je constate que tu as du boulot sur la planche, car pour nous manipuler et nous laver le cerveau il y a, en réalité, une ingérence flagrante d’une coalition de pouvoirs :

    -1- Six grandes fortunes françaises possèdent les principaux médias français et même des écoles de journalisme…
    Sources :
    http://mai68.org/spip3/spip.php?art…
    https://www.humanite.fr/medias/bern…

    -2- l’État Français : en 2023, on trouve en tête de liste des médias aidés par l’État français le groupe Les Echos-Le Parisien avec (12,3 millions d’euros), devant Le Figaro (10,59 M€), La Croix (9,2 M€), Le Monde (8,3 M€), Ouest-France (6,8 M€), L’Humanité (6,5 M€), Libération (6,3 M€), Télérama (5,5 M€)…etc. Sans compter que tous les médias grand public bénéficient aussi de nombreux avantages fiscaux…
    Sources :
    https://www.culture.gouv.fr/fr/Them…
    https://www.cbnews.fr/medias/image-…

    -3- Les États étranger, comme l’USAID, l’Agence du gouvernement des États-Unis pour le développement international chargée du développement économique et de l’aide humanitaire dans le monde…
    Source :
    Nouvelles révélations sur le scandale de l’USAID !
    https://www.youtube.com/watch?v=DrH…

    -4- L’Union Européenne : Avant les élections européennes, la Commission européenne a financé les médias à hauteur de 132,88 millions d’euros pour une période de 12 mois, comme le rapporte le journal italien il Fatto Quotidiano . La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi que le Conseil européen et la Banque européenne d’investissement ont été impliqués dans l’allocation des fonds.

    Par conséquent, bon courage et merci pour ton travail de désintoxication qui consiste aussi, si on veut tuer le mal à ma racine, s’attaquer non pas aux symptômes mais la maladie primaire, à un travail de dératisation.

    Bien à toi
    A_suivre

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