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12 mars 2025
Assawra
Un prisonnier palestinien montre ses blessures, le 27 février 2025 à Gaza, après sa libération dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu. Abdel Kareem Hana / AP
Des Palestiniens ont dénoncé, à visage découvert, mardi 11 mars 2025, les coups et les violences sexuelles qui leur ont été infligés dans les prisons israéliennes ou par des colons, devant la commission d’enquête indépendante des Nations unies sur la situation dans les territoires palestiniens occupés, créée par le Conseil des droits de l’homme.
« J’ai été humilié et torturé », a confié Said Abdel Fattah, un infirmier de 28 ans arrêté en novembre 2023 près de l’hôpital Al-Shifa de Gaza où il travaillait. Il a été relâché le même mois. L’interrogateur « n’arrêtait pas de me frapper sur les parties génitales… Je saignais de partout, du pénis et de l’anus », raconte le jeune homme en visioconférence et par l’intermédiaire d’un interprète, se remémorant un interrogatoire particulièrement violent. « J’avais l’impression que mon âme quittait mon corps. »
Pratiquement toutes les personnes arrêtées à Gaza ont été fouillées à nu, a affirmé l’avocate palestinienne Sahar Francis, les soldats enfonçant parfois une matraque dans l’anus du prisonnier. Les abus sexuels sont « très répandus », selon l’avocate, qui estime que cela a en particulier été le cas durant les premiers mois de la guerre.
Mohamed Matar, un habitant de Cisjordanie, témoigne devant la commission des heures de torture qu’il a subies aux mains d’agents du Shin Beth (sécurité intérieure) et de colons israéliens, sans que la police intervienne. Quelques jours seulement après le 7 octobre 2023, et alors qu’il était venu prêter main-forte à des bédouins attaqués par des colons, lui et deux autres hommes ont été emmenés dans une étable.
Là, le chef de la troupe s’est mis « sur [sa] tête et [lui] a ordonné de manger… les excréments des moutons », raconte-t-il. Devant des dizaines de colons, l’homme a ensuite uriné sur les trois prisonniers. Soumis à douze heures de violence, M. Matar a imploré : « Tirez-moi une balle dans la tête ! » Retenant ses larmes, le témoin se souvient du chef sautant sur son dos et essayant de le sodomiser avec un bâton.
La menace des houthistes contre Israël montre leur « engagement » pour la cause palestinienne, estime le Hamas
Le Hamas a affirmé, mercredi, que l’annonce des rebelles houthistes du Yémen de reprendre leurs attaques contre les bateaux qu’ils estiment liés à Israël témoignait de leur « engagement » en faveur de la cause palestinienne et « à sa résistance ». « Cela exerce une réelle pression pour briser le siège injuste de Gaza », a déclaré le Hamas dans un communiqué, après que les houthistes, soutenus par l’Iran, ont expliqué qu’ils reprendraient les attaques, leur ultimatum ayant expiré sans qu’Israël n’ait rétabli l’acheminement de l’aide humanitaire vers le territoire palestinien dévasté par la guerre.
De nouvelles arrestations de Palestiniens par Israël en Cisjordanie
L’armée israélienne a procédé à de nouvelles arrestations de Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie, où elle mène une opération militaire depuis trois semaines. Les soldats israéliens sont arrivés, dans la nuit de mardi à mercredi, dans les villages de Qabatiya et Arraba, après avoir conduit des opérations dans la ville voisine de Jénine, a confirmé l’armée mercredi. L’armée israélienne a précisé dans un communiqué avoir mené des perquisitions à Qabatiya, affirmant que « les soldats ont trouvé environ 100 kg de composants d’engins explosifs, des postes de combat et d’autres équipements ». Elle a dit avoir confisqué des armes et arrêté douze personnes.
Les yeux bandés, plusieurs personnes arrêtées ont été escortées par des soldats, soit vers des véhicules militaires, soit dans un bâtiment d’Arraba transformé en salle d’interrogatoire. A Qabatiya, un correspondant de l’Agence France-Presse a vu des bulldozers de l’armée détruire des segments de route. Israël affirme détruire des routes pour se protéger de possibles engins explosifs dissimulés au sol.
L’Irak veut poursuivre les auteurs d’agressions contre des Syriens dans le pays
Les autorités irakiennes ont affirmé, mercredi, leur intention de poursuivre les auteurs d’agressions contre des Syriens en Irak, après qu’un groupuscule a menacé de s’en prendre à ceux qui soutiennent les tueries contre la communauté alaouite en Syrie. Ces derniers jours, les forces irakiennes ont interpellé au moins treize Syriens accusés de faire la « promotion de groupes terroristes » et de soutenir les massacres en Syrie, ont expliqué à l’Agence France-Presse deux responsables au ministère de l’intérieur sous le couvert de l’anonymat.
Un groupuscule, jusque-là inconnu et se faisant appeler les Formations d’Ali, a publié une vidéo sur les réseaux sociaux montrant des hommes masqués gifler et frapper deux travailleurs syriens dans une boulangerie. Dans un communiqué, le groupe a dénoncé les Syriens en Irak « qui soutiennent les crimes contre l’humanité » infligés à la minorité alaouite, une branche de l’islam, et menacé « d’augmenter ses attaques » contre eux.
Qualifiant la vidéo de l’agression d’« acte de violence honteux », le premier ministre irakien, Mohammed Chia Al-Soudani, a ordonné une enquête « pour poursuivre ses auteurs », selon un communiqué. « La loi sera pleinement appliquée. »
Après les tueries en Syrie, le décompte des morts continue d’évoluer
L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait état, mercredi, de 1 383 civils tués depuis le 6 mars par les forces de sécurité syriennes et des groupes alliés dans l’ouest et le centre du pays, selon un nouveau bilan. Les tueries ont eu lieu principalement les 7 et 8 mars dans le fief de la minorité alaouite, branche de l’islam chiite dont est issu le clan Al-Assad. L’OSDH a précisé que le bilan restait provisoire, « le décompte des morts étant toujours en cours ». L’ONG continue de recenser des corps malgré l’arrêt des violences, de nombreuses personnes ayant été tuées chez elles ou dans des champs agricoles, selon ce qu’a expliqué à l’Agence France-Presse son directeur, Rami Abdel Rahmane.
De son côté, l’ONG syrienne de défense des droits de l’homme, Syrian Network for Human Rights, a, elle, fait état mercredi de 803 personnes tuées entre le 6 et le 10 mars 2025.
Un ancien diplomate dissident abattu dans le sud de la Syrie
Un ancien diplomate syrien, qui avait fait défection en 2013 sous l’administration du président déchu Bachar Al-Assad, a été abattu avec son frère dans le sud du pays, a déclaré mercredi une ONG. Des hommes armés ont fait irruption, mardi soir, au domicile de l’ancien diplomate, Noureddine Al-Labbad, dans la ville d’Al-Sanamayn, à environ 50 kilomètres au sud de Damas, et ont ouvert le feu sur lui et son frère avant de prendre la fuite, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
M. Al-Labbad était revenu en Syrie deux semaines plus tôt, de France, où il avait représenté le Conseil national syrien après avoir servi comme diplomate sous Bachar Al-Assad, selon l’OSDH, ONG basée au Royaume-Uni mais disposant d’un vaste réseau de sources dans le pays en guerre.
Les forces de sécurité ont instauré un couvre-feu dans la ville, après l’incendie de plusieurs voitures et l’explosion de grenades qui ont suivi l’attaque, a rapporté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Au matin, le couvre-feu a été levé et la circulation a repris progressivement. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des hommes armés entrant dans ce qui serait la maison de M. Al-Labbad, mais elles n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante par l’AFP.
L’Union européenne approuve l’engagement de Damas à juger les auteurs des violences et crimes en Syrie
« Nous saluons les engagements pris par les autorités de transition, en particulier la création d’une commission d’enquête visant à demander des comptes aux auteurs, conformément aux normes du droit international », des violences et crimes survenus dans l’ouest du pays, où un millier de civils en grande majorité alaouites ont été tués ces derniers jours, a écrit la diplomatie de l’Union européenne (UE) dans un communiqué reçu mercredi. « Tout doit être fait pour éviter que de tels crimes se reproduisent », poursuit ce texte au nom des Vingt-Sept.
Les pays de l’UE condamnent « les attaques des milices pro-Assad contre les forces de sécurité », tout autant que « les crimes horribles contre des civils, y compris des exécutions sommaires, qui auraient été perpétrés par des groupes armés soutenant les forces de sécurité des autorités de transition ». Ce sont les pires violences depuis l’arrivée au pouvoir, le 8 décembre, d’une coalition menée par le groupe islamiste radical sunnite Hayat Tahrir Al-Cham. Elles menacent la stabilité d’un pays déjà ravagé par quatorze ans de guerre civile durant la présidence de Bachar Al-Assad, et sur lequel le président par intérim, Ahmed Al-Charaa, cherche à asseoir son autorité, sur l’ensemble du territoire.
