Soldat américain surveillant un champ de pavots en Afghanistan
Le spectacle de la lutte contre la drogue est similaire au spectacle de la lutte contre le terrorisme en ce qu’il est commis dans les deux cas par le pouvoir qui commandite aussi bien l’essentiel du terrorisme que du trafic de drogue ET qu’il permet dans les deux cas de justifier une répression accrue aussi bien du point de vue de la justice que de la police. Cette répression ne touche évidemment pas que les hommes de main du trafic de drogue et du terrorisme, mais tout le monde puisque c’est à la police, autrement dit au pouvoir, de décider qui est soupçonné de terrorisme ou de trafic de drogue, et qui doit être subrepticement surveillé.
Pour ce qui touche au fait que c’est l’État qui commandite le plus souvent le terrorisme, je me contenterai de donner quelques liens dans un encadré sous l’article puisque je veux m’intéresser ici surtout au trafic de drogue. à ce sujet voici un vieil article daté du 27 juillet 2007 qui est assez complet :
QUE TOUTES LES DROGUES SOIENT LIBRES ET GRATUITES !
http://mai68.org/spip/spip.php?article1199
Extrait :
Si la drogue est illégale, c’est parce qu’en fait ce sont les services secrets qui la vendent (ce sont eux qui sont les dealers principaux, c’est-à-dire tout en haut de la hiérarchie du deal).
Il leur faut que ce soit illégal pour que ce soit cher :
Qui dit service secret dit fond secret.
Souvenez-vous de la "French connexion" en 1973, l’enquête s’est arrêtée quand on est remonté jusqu’au troisième dans la hiérarchie du SDECE, appelé aujourd’hui DGSE. Si on était allé plus loin, il aurait fallu remonter encore plus haut dans la hiérarchie des services secrets.
C’est la CIA qui a introduit l’héroïne en milieu hippie, à l’époque. Ils avaient fait de la propagande comme quoi l’héroïne, c’était pas dangereux et que ça permettait même de décrocher de la morphine !
C’est la CIA qui a introduit l’héroïne à Harlem : il vallait mieux qu’un jeune Noir devienne junkie plutôt que Black Panther,
Moon, de la fameuse secte, appartenait en fait à la CIA et était le champion mondial du deal de morphine et d’héroïne.
Et puis, quand les Talibans étaient arrivés au pouvoir, en Afghanistan, ils avaient interdit la culture du pavot (interdiction qui avait été suivi d’effet)
Mais, depuis que les Américains ont envahi ce pays, la culture du pavot a repris de plus belle : c’est avec le deal de drogue que les Américains financent la guerre !
Voici un article qui date du 9 mars 2014 écrit par le Capitaine Martin
Les États-Unis encouragent le trafic de drogue en Afghanistan
http://mai68.org/spip/spip.php?article6892
Soldat américain assurant la surveillance d’un champ de pavots en Afghanistan
Pour la troisième année consécutive, l’Afghanistan occupé par l’OTAN a battu tous les records en matière de culture de pavot à opium. Selon un rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, sa production a augmenté à un point tel qu’on peut désormais voir des cultures se répandre dans des zones jusque-là vierges. En dépit de conditions météorologiques défavorables, en particulier dans les parties occidentale et méridionale du pays, les plantations d’opium ont occupé une surface de plus de 209.000 hectares, dépassant de près de 36 % les chiffres de l’année précédente.
Officiellement la culture du pavot, bien connu pour les vertus psychotropes de ses sucs (principales composantes de l’héroïne), est interdite en Afghanistan, bien que le nombre de provinces où il est cultivé soit en constante augmentation. La production d’opium a ainsi atteint 5.500 tonnes, soit une hausse de 49 % par rapport à 2012. La propagande occidentale fait incomber les responsabilités aux talibans et aux membres du régime impliqués dans le commerce de la drogue, mais ces accusations ne coïncident pas vraiment avec la réalité du terrain.
Le commandement de l’OTAN prétend que « les talibans s’opposaient initialement à la drogue, mais ils favorisent désormais sa culture et imposent une taxe aux paysans sur les produits récoltés ». Les leaders des talibans affirment quant à eux que les moudjahidines mènent le djihad contre les occupants et que l’islam interdit strictement les drogues et l’alcool. Les fondamentalistes musulmans suivent cette règle à la lettre.
En ce qui concerne les marionnettes occidentales telles Karzaï et son aréopage, il semble que ces accusations soient vérifiées. Un scandale éclata d’ailleurs en octobre 2013 à Kaboul quand, au cours d’une campagne d’inspections, soixante-cinq officiers de haut rang des services secrets se révélèrent être des héroïnomanes. Quelques années auparavant, il est apparu au grand jour que la CIA finançait Ahmed Wali Karzaï. Le frère cadet de l’actuel président Ahmed Karzaï a ainsi été huit années d’affilée un trafiquant d’opium de premier plan.
Des journalistes soutiennent que le commerce de l’opium aux États-Unis et les événements d’Afghanistan sont étroitement liés. La CIA y aurait pris une place prépondérante. Selon le New-York Times, « l’argent (des services secrets, NDLR) aurait servi à financer les vastes réseaux clientélistes qui ont permis à M. Karzaï de consolider son pouvoir ». Les liens de certains seigneurs de guerre et politiciens afghans achetés avec le trafic de drogue et les talibans permettent au quotidien de conclure que « les services secrets américains ont graissé la roue des mêmes réseaux que les diplomates américains et les diplomates essayaient, sans succès, de démanteler, et laissé le gouvernement entre les mains de forces qui s’apparentent à un syndicat du crime organisé ». Dans un entretien au quotidien new-yorkais, de nombreux diplomates américains ont confié leur désarroi : « la principale source de corruption en Afghanistan, c’étaient les États-Unis ».
Si on en croit les media occidentaux, la famille de l’actuel président Karzaï et ses affidés sont les responsables de la large diffusion de l’héroïne à travers le monde. Pourtant, à peine 20 % des pavots sont cultivés dans le centre et le nord de l’Afghanistan, qui sont contrôlés par le gouvernement Karzaï. Le reste est cultivé dans les provinces du sud du pays ou dans celles proches de la frontière pakistanaise, sous contrôle des forces de l’OTAN. Le principal centre de production est le Helmand, qui était encore il y a peu sous la coupe britannique.
Au lieu d’aider des agriculteurs à passer résolument à des cultures alternatives, les « pacifistes » occidentaux se contentent de palabrer sur le phénomène sans apporter de solutions tangibles. Pis, il leur arrive de participer de manière active aux trafics. Certains analystes attribuent cette situation au fait que les États-Unis cherchent à éviter un conflit potentiel avec les barons de la drogue, dont le soutien est important pour l’existence du gouvernement Karzaï. L’Oncle Sam semble cependant ignorer les liens étroits entre le trafic de stupéfiants, la montée de l’instabilité en Afghanistan et l’augmentation des activités de la résistance intérieure. En d’autres termes, tout porte à croire que Washington laisse les coudées franches aux narcotrafiquants en échange d’un soutien politique au gouvernement Karzaï, ce qui est une grave erreur car les objectifs officiels poursuivis (à savoir le retour à la paix et à le sécurité du pays) sont en train de s’éloigner à tire-d’aile.
Des experts occidentaux comme Thomas Ruttig notent qu’avec le retrait imminent des forces de l’OTAN d’Afghanistan, la pression des autorités sur les producteurs de pavot s’est faite plus lâche. Le rapport des Nations Unies montrent ainsi qu’en 2013, ces mêmes autorités ont détruit 24 % de moins de plans de pavot par rapport à l’année précédente. Résultat : l’Afghanistan est solidement installé à la première place mondiale des producteurs d’opium avec pas moins de 90 % de la production totale. Alors que l’ONU avait observé il y a trois ans que le pavot était cultivé dans quatorze régions (sur trente-quatre que compte le pays), vingt régions en cultivaient au tout début de l’année 2014. De vastes plantations sont parallèlement réapparues dans les provinces septentrionales comme celles de Balkh et Faryab qui avaient pourtant déclaré publiquement avoir perdu leur statut de producteur d’opium. Ces provinces sont limitrophes de l’Ouzbékistan et du Turkménistan.
Dans le même temps, un processus de militarisation des groupes liés au commerce de la drogue est en cours. Viktor Ivanov, chef du service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN), l’affirme sans ambages : « ces groupes armés sont consubstantiels de la recrudescence des activités des cartels dans le nord de l’Afghanistan. Ces groupes ont leurs propres unités de combat. Ils sont très bien armés et leur chiffre d’affaires annuel avoisine les dix-huit milliards de dollars. C’est la raison pour laquelle ces groupes influent de manière extrêmement importante sur la situation politique et économique en Asie centrale ».
L’Amérique a utilisé pendant des années l’arme de la drogue pour continuer sa guerre froide contre les États post soviétiques et détruire leur potentiel humain. À la veille du retrait d’Afghanistan des forces d’occupation de l’OTAN, les États-Unis continuent d’encourager par tous les moyens possibles la production d’opium. L’Oncle Sam inocule au passage le virus de la guerre en utilisant des groupes armés et des mafias qui se concentrent dans le ventre de l’ex-URSS après leur avoir préalablement fourni tout l’armement nécessaire. Mieux, il leur fournit aussi l’alibi de l’islam derrière lequel ils pourront se cacher.
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Autre article qui date du 11 avril 2013 toujours du Capitaine Martin
Afghanistan. La production d’héroïne a été multipliée par quarante depuis l’intervention de l’OTAN
http://mai68.org/spip/spip.php?article5071
La production d’héroïne a été multipliée par quarante en Afghanistan depuis l’intervention de l’OTAN, en 2001. Ces chiffres alarmants ont été avancés par Viktor Ivanov, directeur du service fédéral russe de contrôle des narcotiques, dans son discours tenu à Vienne le 11 mars 2013 à l’occasion de la 56e session de l’office de Nations-Unies contre la drogue et le crime. Une bonne occasion pour rappeler qu’un peu plus d’un million de personnes ont perdu ces dix dernières années la vie en raison de l’abus de stupéfiants.
Viktor Ivanov a avancé qu’un des principaux facteurs d’instabilité en Afghanistan était encore représenté par l’héroïne : « tout observateur impartial doit admettre la triste réalité que la communauté internationale n’a pas réussi à stopper la production d’héroïne en Afghanistan depuis l’arrivée des troupes de l’OTAN ». Au cours de la dernière décennie, la place de l’opium dans l’agriculture a fait un bond de 18%, passant de 131.000 hectares cultivés à 154.000. Au point de pouvoir dire sans se tromper que sa production est devenue centrale dans l’économie du pays.
Peu de temps avant l’intervention de l’OTAN, les talibans avaient pris des mesures d’interdiction de l’opium, le déclarant contraire aux lois islamiques, et avaient réussi à abaisser notablement le niveau de production. Mais la production redémarra de plus belle depuis l’occupation occidentale, et Kaboul couvre désormais 90 % du marché mondial de l’héroïne dont une grande partie se retrouve dans les rues des villes des États-Unis, de Russie et d’Europe.
Ivanov en a profité pour rappeler comment il tentait de convaincre la population locale qui doit souvent sa survie à la culture du pavot, et aussi comment il espérait couper le financement des talibans qui sont fréquemment en mesure de trouver des fonds provenant de la vente de l’opium à des marchés étrangers. Ce qui n’est pas une mince affaire quand on sait qu’environ 15 % du produit national afghan sont directement issus des exportations de drogue, dont le montant est estimé à quelque 2,4 milliards de dollars par an.
Les États-Unis et l’OTAN n’ont visiblement pas l’intention de faire table rase des champs d’opium, ce qui soulève de nombreux doutes car en Colombie, le gouvernement local et l’Oncle Sam ont détruit près de 150.000 hectares de coca en 2011. Une broutille à côté des 2.000 plans d’opium déracinés dans le même laps de temps.
Une raison à cela selon la chaîne d’information Russia Today : les banques internationales tireraient avantage de cette situation. La drogue serait ainsi devenue pour elles aussi importante que le pétrole ou le gaz naturel.




