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Cancer : la chimiothérapie endommagerait l’ADN et accélèrerait le vieillissement

mardi 29 juillet 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 29 juillet 2025).

https://www.breizh-info.com/2025/07…

29 juillet 2025

Une nouvelle étude, publiée dans Nature Genetics, révèle que les traitements par chimiothérapie, bien qu’efficaces contre les tumeurs, laissent des séquelles durables sur l’ADN des cellules saines. À long terme, ces altérations pourraient favoriser l’apparition de maladies graves et accélérer le vieillissement cellulaire.

Les traitements anticancéreux n’épargnent pas les cellules saines. Des chercheurs viennent de mettre en évidence, chez des patients de tous âges traités par chimiothérapie, une détérioration génétique comparable à un vieillissement prématuré. L’un des cas les plus marquants concerne un enfant de 3 ans, dont les cellules sanguines présentaient les stigmates génétiques d’un octogénaire, quelques mois seulement après sa chimiothérapie.

Des mutations qui marquent à vie

L’étude, réalisée sur 32 individus (dont 23 ayant reçu des traitements lourds contre le cancer), montre que les agents chimiothérapeutiques — en particulier les dérivés du platine et les agents alkylants — provoquent des mutations permanentes dans l’ADN des cellules sanguines. Ces mutations sont identifiables par des « signatures mutagènes », véritables cicatrices génétiques caractéristiques du traitement reçu.

Ces traces sont visibles des années, voire des décennies, après la fin de la chimiothérapie. Pour les scientifiques, cette découverte pourrait expliquer pourquoi les survivants du cancer présentent un risque plus élevé de développer d’autres pathologies graves avec l’âge : maladies cardiovasculaires, diabète, accidents vasculaires cérébraux ou démence.

Des traitements pas tous égaux

Tous les médicaments de chimiothérapie n’ont pas le même impact génétique. Par exemple, la cyclophosphamide, fréquemment utilisée pour traiter les cancers du sein ou le myélome, semble provoquer moins de mutations que d’autres de sa catégorie. En revanche, des produits plus anciens comme la procarbazine, aujourd’hui abandonnée dans certains protocoles pédiatriques, sont associés à un risque élevé de cancers secondaires et d’infertilité.

Les résultats de cette étude viennent renforcer les appels à développer des traitements anticancéreux plus sélectifs, moins agressifs pour les tissus sains. Immunothérapies, thérapies ciblées ou traitements personnalisés apparaissent comme des pistes crédibles pour l’avenir.

Aujourd’hui, à défaut de pouvoir encore protéger les cellules saines exposées, certains médecins estiment que le mieux que l’on puisse faire est d’adapter au mieux les doses et de privilégier d’autres approches thérapeutiques lorsque cela est possible . Pour l’instant, il n’existe aucune méthode éprouvée pour empêcher les dommages génétiques sur les cellules non cancéreuses.

Une étude encore limitée, mais essentielle

Malgré un échantillon de patients relativement modeste, les chercheurs estiment que leurs conclusions sont robustes, car elles confirment des soupçons déjà formulés dans des études antérieures. Reste à comprendre pourquoi certains patients subissent ces altérations massives, tandis que d’autres semblent épargnés : est-ce lié à la durée du traitement, au nombre de médicaments administrés ou au temps écoulé depuis la fin de la thérapie ? Des recherches complémentaires sont nécessaires.

Ce constat, aussi inquiétant soit-il, ne remet pas en cause l’utilité de la chimiothérapie dans de nombreux cas. Mais il rappelle l’urgence d’une médecine anticancéreuse plus fine, plus humaine, et soucieuse des conséquences à long terme pour ceux qui survivent à la maladie.

The long-term effects of chemotherapy on normal blood cells

https://www.nature.com/articles/s41…

Published : 01 July 2025

Emily Mitchell, My H. Pham, Anna Clay, Rashesh Sanghvi, Nicholas Williams, Sandra Pietsch, Joanne I. Hsu, Hyunchul Jung, Aditi Vedi, Sarah Moody, Jingwei Wang, Daniel Leonganmornlert, Michael Spencer Chapman, Ellie Dunstone, Anna Santarsieri, Alex Cagan, Heather E. Machado, E. Joanna Baxter, George Follows, Daniel J. Hodson, Ultan McDermott, Gary J. Doherty, Inigo Martincorena, Laura Humphreys, …Michael R. Stratton

Abstract

Several chemotherapeutic agents act by increasing DNA damage in cancer cells, triggering cell death. However, there is limited understanding of the extent and long-term consequences of collateral DNA damage in normal tissues. To investigate the impact of chemotherapy on mutation burdens and the cell population structure of normal tissue, we sequenced blood cell genomes from 23 individuals aged 3–80 years who were treated with a range of chemotherapy regimens. Substantial additional somatic mutation loads with characteristic mutational signatures were imposed by some chemotherapeutic agents, but the effects were dependent on the drug and blood cell types. Chemotherapy induced premature changes in the cell population structure of normal blood, similar to those caused by normal aging. The results show the long-term biological consequences of cytotoxic agents to which a substantial fraction of the population is exposed as part of disease management, raising mechanistic questions and highlighting opportunities for the mitigation of adverse effects.

Traduction Google

Résumé

Plusieurs agents chimiothérapeutiques agissent en augmentant les dommages à l’ADN des cellules cancéreuses, déclenchant ainsi la mort cellulaire. Cependant, l’étendue et les conséquences à long terme des dommages collatéraux à l’ADN dans les tissus sains sont mal connues. Afin d’étudier l’impact de la chimiothérapie sur la charge mutationnelle et la structure de la population cellulaire des tissus sains, nous avons séquencé les génomes des cellules sanguines de 23 personnes âgées de 3 à 80 ans, traitées par différents protocoles de chimiothérapie. Certains agents chimiothérapeutiques ont entraîné des charges mutationnelles somatiques supplémentaires importantes, présentant des signatures mutationnelles caractéristiques, mais leurs effets dépendaient du médicament et des types de cellules sanguines. La chimiothérapie a induit des modifications prématurées de la structure de la population cellulaire du sang normal, similaires à celles causées par le vieillissement normal. Les résultats montrent les conséquences biologiques à long terme des agents cytotoxiques auxquels une fraction importante de la population est exposée dans le cadre de la prise en charge de la maladie, soulevant des questions mécanistiques et soulevant des perspectives d’atténuation des effets indésirables.

PDF complet originel : https://www.nature.com/articles/s41…

Sauvegarde du PDF : http://mai68.org/spip3/IMG/pdf/s415…

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