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9 août 2025
Assawra
L’annonce du chancelier, Friedrich Merz constitue un virage de la diplomatie allemande et un revers pour Benyamin Netanyahou, au lendemain de l’annonce de son plan d’occupation totale de Gaza.
Alors que Benyamin Netanyahou a annoncé jeudi 7 août 2025 son plan d’occupation totale de Gaza, l’un des derniers pays à le soutenir inconditionnellement vient de lui infliger en revers. Par la voix de son chancelier, Friedrich Merz, l’Allemagne a en effet a annoncé ce vendredi 8 août 2025 la suspension de l’exportation des armes qu’Israël pourrait utiliser à Gaza.
Il devient « de plus en plus difficile de comprendre » en quoi le plan militaire israélien permettrait d’atteindre ses objectifs dans la bande de Gaza et, « dans ces circonstances, le gouvernement allemand n’autorise pas, jusqu’à nouvel ordre, les exportations d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés dans la bande de Gaza », a déclaré, dans un communiqué, le chancelier conservateur.
« Le gouvernement allemand reste profondément inquiet de la souffrance continue de la population civile dans la bande de Gaza, a-t-il ajouté. Avec l’offensive prévue, le gouvernement israélien porte une responsabilité encore plus grande » en ce qui concerne l’aide aux civils dans le territoire palestinien, a-t-il continué.
Le chancelier a réitéré son appel en faveur d’un accès complet pour « les organisations de l’ONU et d’autres institutions non gouvernementales ». « Le gouvernement allemand demande instamment au gouvernement israélien de ne pas prendre de nouvelles mesures en vue d’annexer la Cisjordanie », a-t-il conclu.
Cette décision marque un changement de cap majeur de la diplomatie allemande, un pays où le soutien inconditionnel aux gouvernements israéliens constitue, selon la formule d’Angela Merkel en 2008, une « raison d’État » jusqu’ici incontestée en raison de la responsabilité historique de l’Allemagne dans la Shoah.
Ces dernières semaines, le chancelier, entré en fonction le 6 mai dernier, s’était retrouvé coincé entre ce dogme et une double pression. Celle de sa propre opinion publique d’abord : selon un sondage publié fin juillet par la télévision publique ZDF, 80 % des Allemands désapprouvent l’action d’Israël à Gaza, une proportion massive à laquelle ont été sensibles les alliés sociaux-démocrates du chancelier. Celle ensuite de l’élan diplomatique créé par l’annonce, par Emmanuel Macron, de la reconnaissance d’un État de Palestine par la France en septembre prochain, lors de l’assemblée générale de l’ONU. La Grande-Bretagne, autre poids lourd européen, et le Canada, membre du G7, ont également annoncé leur intention, malgré certaines conditions, de reconnaître un État de Palestine. Friedrich Merz n’en est pas encore à rejoindre ce mouvement, mais il n’en est plus à son soutien aveugle d’une politique génocidaire. Sa déclaration contient pourtant une limite : les armes allemandes pourraient toujours être utilisées en Cisjordanie occupée, par exemple. L’Allemagne est le deuxième fournisseur d’Israël et représente 30 % des importations d’armes de Tel-Aviv. Les exportations allemandes comprennent des composants de défense aérienne, des munitions et des technologies pour le développement d’armes.
Christophe Deroubaix
L’Humanité du 08 août 2025
Gaza : l’Allemagne suspend l’exportation d’armes, les Etats-Unis laissent faire… Les réactions internationales après le vote du plan de Netanyahou
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9 août 2025
Assawra
Donald Trump, ici en compagnie de Benyamin Netanyahou, soutient inconditionnellement le plan du gouvernement israélien. / Bonnie Cash/UP /ABACAPRESS.COM
La décision du premier ministre israélien d’occuper totalement Gaza est largement condamnée de par le monde sauf par les États-Unis qui estiment qu’Israël fait ce qu’il veut. La France a tardé à condamner par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Emmanuel Macron ne s’est toujours pas exprimé.
Les médiateurs d’Égypte et du Qatar travaillent sur un nouveau cadre qui inclura la libération de tous les otages – morts et vivants – en une seule fois en échange de la fin de la guerre à Gaza et du retrait des forces israéliennes de la bande, ont fait savoir deux responsables arabes à l’agence Associated Press. Une annonce qui ne lasse pas d’étonner alors qu’Israël a pris la décision d’occuper en totalité la bande de Gaza, qu’il contrôle déjà à 75 %. Selon la radio publique Kan, le plan approuvé, en plusieurs étapes, prévoit de « conquérir la ville de Gaza, dont les habitants seront évacués dans les deux prochains mois » vers des camps de réfugiés. « Ensuite, les troupes encercleront la ville et opéreront à l’intérieur. »
Dans de telles circonstances, il est peu probable que le Hamas accepte les conditions israéliennes, notamment son propre désarmement total. L’organisation palestinienne propose depuis de longues semaines la libération de tous les otages en échange de l’arrêt total de la guerre et le retrait de toutes troupes israéliennes de Gaza. Deux positions les plus éloignées possibles.
L’Allemagne suspend les exportations des armes qu’Israël pourrait utiliser à Gaza
Même les plus fidèles alliés de Benyamin Netanyahou ont du mal à le suivre dans une stratégie qui, pour lui, est pratiquement la seule possible dans ce cas de figure en ce qu’elle préserve sa coalition parlementaire, lui permet de poursuivre son expansion et le génocide et préserve sa liberté alors que les tribunaux n’en finissent pas d’ouvrir ses dossiers sans pouvoir le juger.
L’Allemagne a réagi en annonçant suspendre les exportations des armes qu’Israël pourrait utiliser à Gaza (sans donner plus de détails) et la Belgique a convoqué son ambassadrice d’Israël. Ce plan « est contraire à la décision de la Cour internationale de justice selon laquelle Israël doit mettre fin à son occupation le plus tôt possible, à la réalisation de la solution convenue à deux États et au droit des Palestiniens à l’autodétermination », a affirmé le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk.
Le premier ministre britannique Keir Starmer tout comme la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen – une fois n’est pas coutume – ont appelé Israël à « revenir » sur son plan. La Chine a exprimé de « sérieuses inquiétudes » concernant le projet d’Israël de prendre le contrôle de la ville de Gaza, l’exhortant à « cesser immédiatement ses actions dangereuses ». Le roi Abdallah II de Jordanie a fait état de son « rejet catégorique » du plan israélien qui « sape la solution à deux États et les droits du peuple palestinien ». Pour le ministre espagnol des Affaires étrangères, Manuel Albares, le plan israélien ne provoquera « que davantage de destructions et de souffrances ». Même la Suisse a estimé que « l’intensification des hostilités risque d’aggraver encore la situation humanitaire déjà catastrophique ». Quant aux États-Unis, ils s’en lavent les mains, Donald Trump estimant qu’Israël a le droit de faire ce qu’il voulait.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a tardé à s’exprimer. Le Quai d’Orsay « rappelle sa ferme opposition à tout projet d’occupation de la bande de Gaza et de déplacement forcé de sa population » qui constitueraient « des violations graves supplémentaires du droit international et mèneraient à une impasse absolue ». Une réaction bien faible au regard des enjeux. Comme si la seule annonce de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France suffirait à résoudre le problème.
Des sanctions réelles, économiques et politiques, doivent être prises à l’encontre d’Israël, de ses institutions et de ses dirigeants politiques. Benyamin Netanyahou est ainsi sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI). Quel meilleur moyen pour stopper le premier ministre israélien qu’exécuter ce mandat ?
Pierre Barbancey
L’Humanité du 08 août 2025

