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La Croix Rouge parle de Gaza (vidéo 13’41)

mardi 12 août 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 12 août 2025).

https://www.rts.ch/info/suisse/2025…

12 août 2025

Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge

RTS - La Matinale - 12 août 2025 à 07:00

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Pilier du droit international humanitaire (DIH), les conventions de Genève fêtent mardi leur 76e anniversaire. Ces règles fondamentales, ratifiées par plus de 200 Etats, semblent plus que jamais bafouées par ceux-là mêmes qui les ont signées. Dans La Matinale, la présidente du CICR Mirjana Spoljaric Egger veut "remettre l’église au milieu du village" et rappeler leur responsabilité aux Etats signataires.

Le 12 août 1949, au sortir du traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale, les conventions de Genève étaient signées et ratifiées par la quasi-totalité des pays du monde. Septante-six ans plus tard, rarement le pilier du droit international n’aura été autant défié. La récente annonce du plan d’occupation total de la bande de Gaza par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est le dernier exemple en date.

Interrogée mardi dans La Matinale à ce sujet, Mirjana Spoljaric Egger, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l’organe garant du DIH, estime que "ce qui se passe actuellement à Gaza dépasse toutes les limites légales, mais aussi morales […] C’est l’humanité entière qui est remise en cause par rapport à ce que nous voyons à Gaza", commente-t-elle.

Une interprétation "permissive"

Sur le terrain, le CICR dispose aujourd’hui d’environ 350 personnes. Il a rapporté à de nombreuses reprises des violations du droit international dans la bande de Gaza depuis l’assaut d’Israël en réponse à l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023. "Je suis très préoccupée par l’interprétation extrêmement permissive du droit international humanitaire, explique l’ancienne diplomate. Ce n’est pas le fait que le droit soit violé, mais que les Etats tolèrent cette interprétation par rapport à ce que l’on voit dans les différentes scènes du conflit."

Mirjana Spoljaric Egger dénonce aussi le fait que le secteur humanitaire soit instrumentalisé à des fins politiques et militaires. Pour renverser cette tendance "dangereuse", le CICR a lancé l’automne dernier une initiative mondiale pour tenter de mobiliser les Etats et réaffirmer le droit international humanitaire. La démarche essaie de remettre "l’église au milieu du village", pour rappeler aux Etats leur responsabilité en matière de mise en œuvre du DIH.

"Ce n’est pas aux organisations internationales de le faire. Ces dernières années, nous avons vu, pendant des conflits extrêmement dangereux et intenses, des essais de dirigeants, d’Etats, de se débarrasser de cette responsabilité vers les acteurs humanitaires et ce n’est certainement pas la solution à la crise actuelle", ne décolère pas la présidente du CICR.

Des moyens de pression

Mirjana Spoljaric Egger estime que chaque Etat a des moyens politiques et économiques pour faire respecter le droit international "pour la sécurité de tout le monde". Et de prévenir : "Si on applique cette interprétation permissive du DIH, on accepte de trouver un jour sa propre population du mauvais côté de la ligne."

"Les Etats doivent maintenant mettre en œuvre ces conventions et ne pas les négliger. Tout cela serait certainement mieux pour nous, et certainement mieux pour la population civile que nous essayons d’aider à Gaza, au Soudan ou en Ukraine", conclut-elle.

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