Par Mohamed Elmay III https://www.facebook.com/profile.ph…
Ce document examine de manière critique les déclarations confirmées de responsables de l’entité temporaire selon lesquelles les forces israéliennes d’occupation ont reçu l’ordre de cibler et de tuer leurs propres citoyens lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, y compris des civils enlevés.
Les témoignages, les vidéos et les aveux du ministre de la Défense Yoav Gallant et d’autres responsables révèlent un schéma inquiétant de recours à la force meurtrière aveugle et d’attaques préméditées contre ces civils. Les cas documentés de maisons bombardées par des chars, de voitures détruites par des munitions lourdes et d’otages tués lors de tirs croisés indiquent clairement qu’une grande partie des destructions attribuées au Hamas n’aurait pas pu être causée par son armement limité. Ces conclusions soulèvent de profondes préoccupations juridiques, éthiques et politiques concernant la doctrine militaire de l’entité temporaire et les violations potentielles du droit international humanitaire.
Introduction
Le 7 octobre 2023, l’entité temporaire a déclaré que le Hamas avait perpétré « le pire massacre de son histoire ». Le récit dominant décrivait une attaque inattendue et unilatérale au cours de laquelle les combattants du Hamas ont tué et enlevé des civils dans les régions du sud. Pourtant, les aveux ultérieurs des responsables et les preuves de plus en plus nombreuses recueillies sur le terrain révèlent une réalité plus sombre : les forces israéliennes elles-mêmes ont reçu l’ordre de tirer sur leurs propres citoyens pour empêcher toute prise d’otages. Ce rapport examine comment ces ordres – prolongement de la tristement célèbre directive Hannibal – se sont traduits par une puissance de feu aveugle qui a causé d’importantes destructions d’habitations et de véhicules, dont une grande partie n’aurait pas pu être causée par le Hamas compte tenu de son parc limité d’armes légères et portables.
Ordres de tuer confirmés et doctrine Hannibal
Le ministre de la Défense Yoav Gallant a confirmé en mai 2024 que les FDI avaient mis en œuvre des règles autorisant les tirs meurtriers contre des citoyens pour les empêcher d’être emmenés à Gaza.[1] Cette doctrine s’appuie sur la « Directive Hannibal », historiquement appliquée aux soldats capturés, en vertu de laquelle les commandants étaient autorisés – voire encouragés – à utiliser une puissance de feu écrasante, même au risque de tuer leur propre personnel.
Le 7 octobre, cependant, le champ d’application de cette directive a été étendu des soldats aux civils. Des rapports confirment que des hélicoptères des forces israéliennes ont tiré sur des véhicules quittant le festival de musique Nova, dont certains transportaient à la fois des combattants du Hamas et des civils enlevés.[2] Des chars ont reçu l’ordre de tirer sur des habitations dans des kibboutzim comme Be’eri, détruisant des bâtiments tandis que des civils restaient à l’intérieur.[3]
Témoignages oculaires et preuves visuelles
Cas 1 : Kibboutz Be’eri
Des habitants ont témoigné que les chars des forces israéliennes ont bombardé des habitations civiles lors des échanges de tirs, tuant des familles qui s’y étaient encore réfugiées. Des survivants ont déclaré à Haaretz que « nos voisins ont été tués par les tirs des forces israéliennes, et non par les balles du Hamas »[3]. Des maisons entières ont été rasées – des destructions comparables à celles provoquées par des obus de chars ou des obus explosifs de gros calibre, et non par les AK-47 ou les RPG du Hamas.
Cas 2 : Kfar Aza
À Kfar Aza, des témoins oculaires ont décrit des chars Merkava ouvrant le feu sur des repaires présumés du Hamas. Des civils capturés à l’intérieur de ces maisons ont péri sous les bombardements. Des inspections indépendantes des ruines révèlent des structures en béton effondrées, dont les dégâts ont nécessité des tirs d’artillerie ou de chars.[4]
Cas 3 : Nova Music Festival
L’analyse vidéo confirme que les hélicoptères Apache des forces israéliennes ont mitraillé des véhicules fuyant le festival. Des voitures ont été incinérées et démantelées, leurs carcasses tordues et leurs obus brûlés indiquant des tirs de munitions air-sol plutôt que des tirs d’armes légères. Des survivants ont témoigné que les tirs provenaient « d’en haut, d’hélicoptères », touchant les convois sans distinction.[2]
Cas 4 : Convois routiers sur la route 232
Plusieurs véhicules civils ont été détruits sur la route 232. Des images montrent des véhicules réduits à l’état de squelettes calcinés, ce qui correspond à des tirs de missiles Hellfire ou de roquettes d’hélicoptère. Les armes légères et les lance-roquettes du Hamas, en nombre limité, n’auraient pas pu provoquer la combustion et la fragmentation complètes de plusieurs véhicules sur route ouverte.[5]
Catégories de dommages incompatibles avec l’armement du Hamas
1. Maisons rasées ou partiellement démolies
Des blocs résidentiels entiers de Be’eri et de Kfar Aza ont été réduits en ruines. Le Hamas disposait d’armes légères, de grenades et d’un nombre limité de lance-roquettes, et non des obus explosifs nécessaires à l’effondrement de maisons blindées.
2. Véhicules entièrement incinérés
De nombreuses voitures ont été retrouvées calcinées lors du festival Nova et sur les routes d’évacuation. Les lance-roquettes peuvent neutraliser un véhicule, mais le réduire rarement en cendres ; des missiles air-sol ou des munitions incendiaires pour hélicoptères sont nécessaires pour une destruction aussi totale.
3. Frappes de gros calibre et schémas de cratères
Les cratères découverts près des périmètres des kibboutz et des sites des festivals correspondaient à des obus de chars de 120 mm et à des roquettes aériennes, et non à des tirs improvisés du Hamas. Les forces israéliennes ont reconnu des bombardements de chars dans des zones résidentielles.[3]
4. Mitraillage aérien aveugle
Les vidéos montrent des véhicules criblés de tirs dirigés vers le bas, compatibles avec des miniguns d’hélicoptères, et non avec des tirs d’AK-47 au niveau du sol.
L’héritage et l’expansion de la directive Hannibal
L’incident de Rafah de 2014, où au moins 135 Palestiniens ont été tués après la capture d’un soldat, démontre le précédent mortel de la mise en œuvre d’Hannibal.[6] Le 7 octobre, son application contre des civils marque une escalade effrayante : l’entité temporaire a donné la priorité au refus des prisonniers du Hamas plutôt qu’à la préservation de la vie de ses citoyens.
Sacrifice stratégique ou effondrement moral ?
En invoquant les tactiques d’Hannibal contre les civils, les FOI ont redéfini leur propre population comme étant sacrifiable. Il ne s’agit pas seulement d’une réaction excessive et tragique, mais d’une doctrine délibérée par laquelle l’État sacrifie des vies civiles pour contrôler le discours stratégique. Comme Gallant l’a lui-même admis, « des ordres étaient donnés… quel qu’en soit le prix »[1].
Conclusion
Les faits suggèrent que de nombreux morts civils et une grande partie des destructions du 7 octobre n’ont pas été causés par le Hamas, mais par les opérations militaires menées par l’entité temporaire elle-même, sous des ordres de type Hannibal. Des civils dans les kibboutzim, des festivaliers et des automobilistes ont été tués lors de tirs croisés ou directement visés par les armes lourdes des FOI. Ces révélations exigent une enquête internationale urgente sur d’éventuels crimes de guerre et la complicité de l’État dans le massacre de ses propres citoyens.
Références
[1] : Winstanley, Asa. “Army Was Ordered to Kill Israelis on 7 October, Defense Minister Confirms.” Electronic Intifada, 24 May 2024.
[2] : Ravid, Barak. “IDF Helicopters Opened Fire on Vehicles Abducting Israelis on 7 October.” Axios Tel Aviv, November 2023.
[3] : Hass, Amira. “Be’eri Residents Say IDF Fire Killed Their Neighbors.” Haaretz, December 2023.
[4] : Alsaafin, Linah. “Eyewitnesses at Nova Festival Say Israelis Were Killed by Israeli Airstrikes.” Al Jazeera, October 2023.
[5] : Melman, Yossi. “The Mystery of Highway 232 : Who Destroyed the Cars ?” Jerusalem Report, January 2024.
[6] : Levinson, Chaim. “The Rafah Doctrine : How the Hannibal Procedure Was Used in Gaza.” Haaretz, August 2015.
De la page de Scott Rickard
