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Alzheimer. Le rôle méconnu du lithium dans la prévention de la maladie

lundi 1er septembre 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 1er septembre 2025).

https://www.breizh-info.com/2025/09…

1er septembre 2025

Une équipe de chercheurs de la Harvard Medical School vient de publier dans Nature une étude qui pourrait ouvrir une nouvelle piste dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Selon leurs travaux, le lithium, un oligo-élément naturellement présent dans notre alimentation, jouerait un rôle protecteur pour le cerveau. Sa disparition progressive, observée dans les cerveaux de patients atteints d’Alzheimer, pourrait favoriser le développement de la maladie.

Un déficit qui précède les symptômes

Le lithium est surtout connu pour ses usages industriels (batteries) ou médicaux (stabilisateurs de l’humeur). Mais il est aussi naturellement présent en faible quantité dans certains aliments et eaux minérales.

Les chercheurs dirigés par le professeur Bruce Yankner ont analysé près de 400 échantillons de cerveaux humains et montré que les concentrations de lithium dans le cortex préfrontal – zone clé pour la mémoire et la prise de décision – chutent de près de 60 % chez les personnes atteintes d’Alzheimer. Cette baisse s’amorce dès le stade de « trouble cognitif léger », souvent précurseur de la démence.

À noter : le taux de lithium dans le sang ne varie pas, ce qui confirme que le déficit touche spécifiquement le cerveau.

Le mécanisme en cause

Les scientifiques ont découvert que les plaques amyloïdes, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, piègent le lithium en raison de sa charge électrique positive, le détournant ainsi des cellules nerveuses qui en dépendent. Ce « manque de lithium » entraîne un emballement d’une enzyme, GSK3β, impliquée dans la formation des enchevêtrements de protéines tau et dans l’inflammation cérébrale.

Résultat : moins de lithium disponible, plus de dépôts pathologiques et une accélération du processus neurodégénératif.

Pour confirmer leurs observations, les chercheurs ont soumis des souris à un régime appauvri en lithium. Conséquence : perte de mémoire, augmentation de l’inflammation cérébrale et altération des connexions synaptiques. Chez des souris génétiquement prédisposées à l’Alzheimer, la carence a amplifié la formation de plaques et d’enchevêtrements tau.

À l’inverse, l’administration de faibles doses de lithium orotate a montré des effets positifs : réduction des dépôts, amélioration des capacités de mémoire et baisse de l’inflammation, sans les effets secondaires lourds liés aux traitements au lithium à forte dose.

Ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’études antérieures, notamment au Danemark, qui avaient relevé une prévalence moindre de la démence dans les régions où l’eau potable est naturellement plus riche en lithium.

Présent à l’état de traces dans l’eau, certains légumes (pommes de terre, tomates, légumes-feuilles), les céréales complètes ou encore le thé, le lithium pourrait bien être un micronutriment essentiel à l’équilibre cérébral, comme le zinc ou le fer.

Des perspectives prudentes mais prometteuses

Si ces travaux ouvrent une nouvelle voie, les chercheurs appellent à la prudence. Les effets observés chez l’animal ne se traduisent pas toujours chez l’homme. Des essais cliniques restent nécessaires pour déterminer si un apport régulier et contrôlé en lithium à très faible dose peut prévenir, voire ralentir l’apparition des troubles cognitifs.

Le professeur Yankner se veut néanmoins optimiste : « Nous ne parlons pas d’un médicament, mais d’une substance naturelle. L’enjeu est de savoir si de faibles apports, comparables à ce que l’on trouve dans l’alimentation, peuvent aider à protéger le cerveau du vieillissement. »

Lithium deficiency and the onset of Alzheimer’s disease

https://www.nature.com/articles/s41…

Published : 06 August 2025

Liviu Aron, Zhen Kai Ngian, Chenxi Qiu, Jaejoon Choi, Marianna Liang, Derek M. Drake, Sara E. Hamplova, Ella K. Lacey, Perle Roche, Monlan Yuan, Saba S. Hazaveh, Eunjung A. Lee, David A. Bennett & Bruce A. Yankner

Abstract

The earliest molecular changes in Alzheimer’s disease (AD) are poorly understood1,2,3,4,5. Here we show that endogenous lithium (Li) is dynamically regulated in the brain and contributes to cognitive preservation during ageing. Of the metals we analysed, Li was the only one that was significantly reduced in the brain in individuals with mild cognitive impairment (MCI), a precursor to AD. Li bioavailability was further reduced in AD by amyloid sequestration. We explored the role of endogenous Li in the brain by depleting it from the diet of wild-type and AD mouse models. Reducing endogenous cortical Li by approximately 50% markedly increased the deposition of amyloid-β and the accumulation of phospho-tau, and led to pro-inflammatory microglial activation, the loss of synapses, axons and myelin, and accelerated cognitive decline. These effects were mediated, at least in part, through activation of the kinase GSK3β. Single-nucleus RNA-seq showed that Li deficiency gives rise to transcriptome changes in multiple brain cell types that overlap with transcriptome changes in AD. Replacement therapy with lithium orotate, which is a Li salt with reduced amyloid binding, prevents pathological changes and memory loss in AD mouse models and ageing wild-type mice. These findings reveal physiological effects of endogenous Li in the brain and indicate that disruption of Li homeostasis may be an early event in the pathogenesis of AD. Li replacement with amyloid-evading salts is a potential approach to the prevention and treatment of AD.

Traduction Google :

Résumé

Les premières modifications moléculaires de la maladie d’Alzheimer (MA) sont mal comprises1,2,3,4,5. Nous démontrons ici que le lithium (Li) endogène est régulé dynamiquement dans le cerveau et contribue à la préservation des fonctions cognitives au cours du vieillissement. Parmi les métaux analysés, le Li était le seul dont la concentration cérébrale était significativement réduite chez les personnes atteintes de troubles cognitifs légers (TCL), précurseurs de la MA. La biodisponibilité du Li était encore réduite dans la MA par la séquestration amyloïde. Nous avons exploré le rôle du Li endogène dans le cerveau en le réduisant dans l’alimentation de souris sauvages et de modèles murins atteints de MA. Une réduction d’environ 50 % du Li cortical endogène a fortement augmenté le dépôt de β-amyloïde et l’accumulation de phospho-tau, et a entraîné une activation microgliale pro-inflammatoire, la perte de synapses, d’axones et de myéline, et un déclin cognitif accéléré. Ces effets étaient médiés, au moins en partie, par l’activation de la kinase GSK3β. Le séquençage d’ARN mononucléaire a montré qu’une carence en Li entraîne des modifications du transcriptome dans plusieurs types de cellules cérébrales, qui chevauchent celles de la MA. Un traitement substitutif par orotate de lithium, un sel de Li à liaison amyloïde réduite, prévient les modifications pathologiques et les pertes de mémoire chez les souris atteintes de MA et les souris sauvages vieillissantes. Ces résultats révèlent les effets physiologiques du Li endogène dans le cerveau et indiquent que la perturbation de l’homéostasie du Li pourrait être un événement précoce dans la pathogenèse de la MA. Le remplacement du Li par des sels évitant l’amyloïde constitue une approche potentielle pour la prévention et le traitement de la MA.

PDF complet : https://www.nature.com/articles/s41…

Sauvegarde du PDF : http://mai68.org/spip3/IMG/pdf/s415…

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