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Pommes de terre : désespérés par "l’effondrement des prix", des producteurs donnent leur récolte plutôt que de la vendre

samedi 6 septembre 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 6 septembre 2025).

5 septembre à 17h10 - Vidéo 1’46

Hamza HIZZIR (nouvelle fenêtre) | Reportage TF1 : Sarah FRANCESCONI, Nicolas FORESTIER

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  • Faute d’un accord sur le prix minimal de vente avec la grande distribution, des producteurs de pommes de terre préfèrent donner leur récolte de cette année.
  • En cause : une surproduction ayant brutalement fait chuter le cours de cet aliment.
  • La France, première exportatrice mondiale, accuse le coup.

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne parce que, après deux années difficiles, la production française de pommes de terre devrait, à hauteur de 8,5 millions de tonnes, atteindre son plus haut niveau depuis dix ans en 2025. Mauvaise parce que cette soudaine abondance a fait baisser son prix de 150 à 15 euros la tonne en un an. Un tarif jugé ""destructeur"" par l’Union nationale des producteurs de pommes de terre, regroupant tous les planteurs de France, désormais en conflit ouvert avec les industriels et la grande distribution. Au point que beaucoup ont préféré renoncer à leur récolte. Une première.

Ainsi, à Pissos (Landes), un producteur a a déversé plusieurs milliers de tonnes de pommes de terre dans un champ. Un champ de patates ? Non, plutôt des montagnes de patates, que gravissent quelques centaines de riverains s’étant donné le mot via les réseaux sociaux. ""Je vais repartir avec au moins une centaine de kilos"", annonce Michel au micro de TF1, dans le reportage du JT de 13H visible en tête de cet article. ""Un sac coûte entre 3 et 4 euros, et là on les a gratuitement, forcément, ça fait de petites économies"", témoigne un autre Pisséen venu profiter de cette aubaine en amassant 8 kilos de tubercules.

Samuel Allix, producteur de pommes de terre à Saint-Jean-d’Illac (Gironde), synthétise en ces termes la situation actuelle de la profession : ""On récolte trop et le résultat, c’est un effondrement des prix assez généralisé. Le seul point positif, c’est que notre malheur fait le bonheur des consommateurs qui peuvent bénéficier de prix comme ils n’en ont pas eu depuis bien longtemps." "Certains producteurs ont en effet cédé, pour ne pas dire bradé, le kilo de pommes de terre à 15 centimes d’euros.

D’autres, comme Laurent Declercq à Loon-Plage (Nord), ont pris une décision peut-être plus radicale encore : laisser pourrir une récolte de 400 tonnes dans les champs, à l’exception de quelques pommes de terre cueillies pour nourrir les vaches. ""Je me suis installé en 1990. En 35 ans, je n’ai jamais vu une situation pareille. Jamais, jamais, jamais"", insistait-il dans le JT de TF1 du 28 août (voir article en lien ci-dessus). C’est parti pour durer au moins encore un peu : les industriels veulent d’abord écouler complètement leurs stocks avant de passer de nouvelles commandes. Le marché, vampirisé par la Chine, n’est donc pas prêt de repartir à la hausse.

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