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Macronie 2017-2025 - Révolution En Marche Arrière En Descente et Sans Freins : Quel Avenir pour la France ?

mardi 9 septembre 2025, par Luniterre

L’avènement de la macronie, en 2017, se présentait comme la « Révolution En Marche », mais ne se cachait guère de n’être qu’un ersatz de révolution, histoire de ne pas risquer d’allumer un incendie qui eût pu brûler ses commanditaires… Personne n’était réellement dupe, mais néanmoins ce frisson verbal d’anticonformisme permettait de donner « bonne conscience » aux transfuges d’une gauche vieillissante, à bout de souffle, et qui avaient besoin d’un costume neuf pour continuer à fréquenter les allées du pouvoir.

Cette comédie de 2017 qui prête aujourd’hui à sourire, illustrait donc une fois de plus la pensée de Hegel revisitée par Marx à l’occasion de l’avènement du second empire :

« Hégel remarque quelque part que tous les grands événements, toutes les grandes figures historiques se produisent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois c’est une tragédie, la seconde fois une farce. C’est Caussidière qui est là pour Danton, Louis Blanc pour Robespierre, la Montagne de 1848-51 pour la Montagne de 1793-95, le neveu pour l’oncle. La même caricature se retrouve dans les conditions, dans lesquelles s’est faite une deuxième édition du XVIII brumaire ! »

Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte – Karl Marx - 1852

Mais, last but not least, dans le domaine de la décrépitude, si l’histoire ne se répète pas que deux fois, la répétition ne cesse d’être une farce de plus en plus pitoyable. L’illusion de la « révolution en marche » s’est elle-même effondrée en écrasant cet autre ersatz de révolution que fut le mouvement des « gilets jaunes » à peine plus d’un an plus tard. Dès lors la macronie n’a fait que de se survivre à elle-même sous différents avatars, tous plus pitoyables les uns que les autres, pour en arriver à sa phase terminale : une longue agonie inaugurée avec la dissolution de 2024. Une agonie qui se présente à son tour, désormais, comme l’antichambre d’un nouvel ersatz de « révolution », remettant pathétiquement en scène les fantômes d’une gauche dont la macronie était elle-même au départ le rejeton ectoplasmique en état de fusion avancée avec la bureaucratie financière banco-centraliste et mondialisée, fusion totale atteinte avec le nouveau « cri de guerre » banco-centraliste du XXIe siècle : « Quoi qu’il en coûte ! ».

Mais les fantômes de la gauche qui profitent de l’agonie de leur rejeton pour remonter en scène ne peuvent eux-mêmes qu’y rejouer un ersatz de « révolution » singeant en paroles enfiévrées ce qui avait fondé l’émergence de leurs organisations « mères » à l’époque lointaine où elles étaient réellement les formes contingentes non seulement de la lutte des classes en général, mais bien de la lutte historique particulière de la classe ouvrière industrielle.

La notion de « gauche » en tant que notion idéologique associée à la lutte des classes s’est formée au cours du XIXe siècle, avec la révolution industrielle, et n’a réellement prospéré, en tant que notion idéologique, qu’avec le développement contingent de la classe ouvrière industrielle, avant précisément de commencer à perdre son sens avec le déclin de la dite classe ouvrière industrielle proprement dite, c’est-à-dire existant et luttant en tant que classe en soi et classe pour soi.

Le dernier spasme historique encore significatif d’une telle existence en France, sous quelque angle qu’on le considère, c’est le mouvement de Mai 1968, même si initié principalement par une bourgeoisie estudiantine en mal de reconnaissance dans la France encore très majoritairement gaulliste.

Néanmoins la lutte sociale ouvrière visait essentiellement à élargir sa part de classe du gâteau concocté dix ans auparavant par le bon Général et non pas à satisfaire les fantasmes utopistes d’une jeunesse dorée en train de jeter sa gourme.

Le retour au pouvoir de la gauche en 1981 ne se fait que sous la poussée d’une fraction des classes moyennes déjà déclassées par les crises pétrolières de 1973 et 1979. Dès lors le « malentendu » idéologique s’installe dans la durée, avec une gauche qui se pose formellement en garante des revendications sociales ouvrières alors que son levier politique réel est une fraction de plus en plus large de la petite bourgeoisie déclassée, qu’elle doit d’abord être capable de favoriser économiquement pour survivre en tant que force politique qui compte. Et d’autant plus que s’amorce la mondialisation et la désindustrialisation de l’Occident. Aujourd’hui le décalage a atteint son paroxysme social avec les restes de la classe ouvrière française, « de souche » et de deux ou trois générations, devenue le socle électoral du lepénisme version Marine.

Mais avant de casser la classe ouvrière par la mondialisation et la désindustrialisation de l’Occident, la bourgeoisie occidentale, et singulièrement française, avait déjà bien entamé le travail en important une main d’œuvre à bon marché et plus docile de ses ex-colonies, amorçant ainsi ce qui est aujourd’hui perçu par beaucoup comme une sorte de processus colonial « inversé » par lequel l’ancienne « périphérie » colonisée investit la métropole.

Et malgré les efforts successifs de plusieurs générations d’utopistes issus de la petite bourgeoisie gauchisante, le « melting pot » improbable et finalement impossible a été remplacé par une idéologie communautariste aux antipodes de tout projet d’intégration tel qu’il était encore possible durant la période des « Trente Glorieuses ». Dans une société éclatée par le communautarisme le clientélisme électoral a définitivement remplacé la lutte des classes, faute de classe ouvrière réellement en lutte, sauf pour la survie de quelques restes industriels en cours de démantèlement, mais qu’elle n’a évidemment plus les moyens d’empêcher.

Mais pour renouveler ses troupes militantes, la gauche a toujours besoin d’un vivier d’utopistes à « intégrer » dans sa bureaucratie par vagues successives au fil des ersatz de révolutions que génère encore la société française, d’où tout idéal républicain primitif n’a pas encore complètement disparu.

Le mouvement du 10 septembre se présente donc désormais comme l’archétype de ses résurgences sporadiques qui agitent encore parfois notre pays.

Symptomatique de la mutation des utopies au fil du temps, cette affiche proposant l’une des multiples « initiatives » gauchisantes comme succédané de la lutte des classes :

Prétendre lutter contre les abus et les injustices de la « société de consommation capitaliste » en promenant des caddies pleins de marchandises entre les rayons des supermarchés pour les y abandonner avant de se tirer « discrètement », à charge pour le petit personnel réellement « ouvrier » de se taper le boulot supplémentaire de remise en rayon et de tri des marchandises périssables ainsi gaspillées et destinées au rebut, tel est l’absurdité révélatrice de l’état mental de la pseudo-« contestation » en 2025.

Pour mémoire, en l’an de grâce 1970, l’équivalent d’alors de la marginalité gauchisante, qui « confondait » idéologiquement Mao et Makhno, Robin des Bois et Che Guevara, avait néanmoins trouvé le moyen de s’organiser pour aller piller les magasins de luxe alimentaire « Fauchon », Place de la Madeleine à Paris pour aller ensuite en distribuer le contenu dans les bidonvilles de la banlieue. Une action de « redistribution sociale » qui donnait au moins un sens clairement lisible à son impact, même si limité et plutôt symbolique, en termes de lutte des classes.

Autres temps, autres mœurs, alors que les « caddies zombies » de 2025 se présentent seulement comme une action de potaches digne d’adolescents attardés à tous points de vues, et non pas d’adultes responsables se comportant en citoyens soucieux de sauver ce qui reste du pays pour éventuellement tenter de le relever dans la foulée.

Mais bien entendu, si la République attend en quelque sorte historiquement de son « aile gauche » qu’elle lui ouvre la voie du progrès social, elle n’en attend pas moins que son « aile droite » se porte en défense de son indépendance nationale et de son rôle international. Or la macronie, en se posant à la croisée des deux chemins, n’a rempli ni l’une ni l’autre de ces fonctions nécessaires à notre pays. Elle n’a fait que consacrer les échecs successifs des uns et des autres en les cumulant et en les décuplant dans tous les domaines au lieu de les réduire. La macronie est la fille « naturelle » particulièrement dévoyée des deux « bords » politiques qui se sont partagé successivement les dépouilles encore fumantes du pays depuis le départ et la mort du Général De Gaulle.

Et même si la macronie se retrouve aujourd’hui minoritaire dans la classe politique, il n’y a, d’un bout à l’autre du prétendu « arc républicain », et même en y incluant ses deux supposés « extrêmes », lepéniste et mélenchoniste, pas la moindre « alternative » qui ne cumule toutes les tares déjà accumulées par la macronie depuis 2017.

Qu’on l’appelle « révolution » ou non, c’est donc bien d’un nettoyage général et en profondeur de toute sa classe politique et de ses institutions que la France a besoin, pour simplement survivre en tant que nation, et pourquoi pas, se relever dans la foulée. C’est déjà ce tour de force qu’a réalisé le Général De Gaulle en 1958, mais dans un contexte évidemment très différent : si la situation était dramatique dans le rapport entre la France et ce qui restait de ses colonies, le fait n’en est pas moins que le contexte économique qui a permis les Trente Glorieuses était déjà là et ne demandait que la gestion rigoureuse et suivie du Général pour donner au pays le meilleur de ses fruits.

Aujourd’hui le premier challenge est déjà simplement d’éviter la ruine qui guette à notre porte déjà bientôt entrouverte par les créanciers auxquels la lâcheté et la corruption de la macronie ont livré notre pays.

Ensuite voir ce qui peut encore être relevé dans un délai raisonnable pour éviter de rentrer définitivement dans le cycle d’autodestruction inauguré par la pseudo-« révolution » macronienne : une « révolution en marche arrière », autrement dit, une contre-révolution.

Luniterre

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/09/macronie-2017-2025-revolution-en-marche-arriere-en-descente-et-sans-freins-quel-avenir-pour-la-france.html

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Les États-Unis rassemblent des forces aux Caraïbes, officiellement contre les trafiquants de drogue. Mais les menaces de Donald Trump contre le Venezuela et le volume de ces renforts laissent présager une attaque prochaine contre le pays.

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De Gaulle Vs USA :

Une brève histoire de la parenthèse indépendantiste

française - Réédition 2025

De Gaulle, l’homme à abattre - DOCUMENTAIRE - 52 minutes

Pour faire plier de Gaulle, voire carrément éliminer ce gêneur, les administrations américaines successives, à commencer par leurs bras armés, l’OSS (l’ancêtre de la CIA) puis la CIA, ont fait feu de tout bois. Des manipulations médiatiques les plus élaborées jusqu’aux financements clandestins des adversaires du Général, aucun coup tordu ne lui aura été épargné.

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/de-gaulle-vs-usa-une-breve-histoire-de-la-parenthese-independantiste-francaise-reedition-2025.html

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Fabrique du consentement à la française : nouvelles révélations du Pr Raoult sur Sud Radio

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/09/fabrique-du-consentement-a-la-francaise-nouvelles-revelations-du-pr-raoult-sur-sud-radio.html

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Ukraine, éclaircissement des malentendus : la chaîne US NBC News interview Sergueï Lavrov

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/ukraine-eclaircissement-des-malentendus-la-chaine-us-nbc-news-interview-serguei-lavrov.html

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« Faussaires de paix » : avec Macron le gang des postiches « européens » se réarme à Washington

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/faussaires-de-paix-avec-macron-le-gang-des-postiches-europeens-se-rearme-a-washington.html

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« Faussaires de paix », Macron et le gang des postiches « européens » : éléments du débat sur AgoraVox

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/faussaires-de-paix-macron-et-le-gang-des-postiches-europeens-elements-du-debat-sur-agoravox.html

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2008-Subprimes-2020-Covid-2025-Dette Publique de la France : de la macronie comme détonateur de la prochaine crise majeure ?

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/2008-subprimes-2020-covid-2025-dette-publique-de-la-france-de-la-macronie-comme-detonateur-de-la-prochaine-crise-majeure.html

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Affaire Macron-Trogneux Vs Candace Owens : Me Maud Marian fait le point

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/affaire-macron-trogneux-vs-candace-owens-me-maud-marian-fait-le-point.html

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"#FreeEmmanuel" ! Poursuivie par le "couple présidentiel", Candace Owens appelle Macron à se libérer de son Pygmalion !

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/freeemmanuel-poursuivie-par-le-couple-presidentiel-candace-owens-appelle-macron-a-se-liberer-de-son-pygmalion.html

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Candace, Macron et son « Sugar Daddy » : d’un Pygmalion à l’autre, que peut-il encore rester d’une France sous influence ?

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/candace-macron-et-son-sugar-daddy-d-un-pygmalion-a-l-autre-que-peut-il-encore-rester-d-une-france-sous-influence.html

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Il était une fois… le Front National de la Résistance (1941-1949). Et aujourd’hui ?

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/il-etait-une-fois-le-front-national-de-la-resistance-1941-1949.et-aujourd-hui.html

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Voir également :

Que faire le 10 septembre ???

https://cieldefrance.eklablog.com/2025/08/que-faire-le-10-septembre.html

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EN RÉPONSE AU CAMARADE DO >>>

https://mai68.org/spip3/spip.php?article4819#forum2860

En 1968 et jusqu’à la première crise pétrolière, « la lutte sociale ouvrière visait essentiellement à élargir sa part de classe du gâteau concocté dix ans auparavant par le bon Général et non pas à satisfaire les fantasmes utopistes d’une jeunesse dorée en train de jeter sa gourme » : c’est un simple constat et non pas un jugement de valeur, sauf au sens où ce qui était jugé bon pour l’économie française l’était aussi assez logiquement du point de vue de l’amélioration de la condition sociale ouvrière de cette époque. C’est pourquoi l’expression "bon Général", volontairement provocatrice, en un sens, n’en reflète pas moins la réalité d’une majorité du corps électoral, vu sous cet angle, et notamment, juste après Mai 68, précisément. Il n’y a donc pas vraiment d’antinomie entre le mouvement de Mai et les élections de Juin.

Pour aller plus loin il faut donc considérer la notion "classe en soi et classe pour soi" : c’était donc majoritairement le cas dans le contexte de cette époque, mais bien évidemment dans les limites du réformisme social, et non pas dans une perspective révolutionnaire, et tout simplement parce que le capitalisme d’alors, quasiment à son apogée séculaire en termes de rentabilité, avait les moyens d’acheter la paix sociale en faisant des concessions économiques à la classe ouvrière.

Une phase historique qui se termine au cours des années 70, avec les deux chocs pétroliers et le début de la mondialisation, qui en est une des conséquences en termes de rentabilité : dès lors les luttes ouvrières deviennent de plus en plus des luttes de "sauvegarde des acquis" et non plus des luttes de conquêtes, et pour cause…

C’est sans doute le moment où une avant-garde ouvrière suffisamment consciente et capable d’action aurait pu historiquement une dernière fois renverser la tendance contre le capitalisme, mais le fait est simplement qu’une telle avant-garde n’existait pas, en dépit des proclamations groupusculaires des uns et des autres… On ne peut pas réécrire l’histoire, rembobiner le film, etc…

Ensuite, dans les décennies suivantes, fonder à partir de quasiment rien une avant-garde ouvrière en période de recul industriel accéléré, c’est la quadrature du cercle, et c’est même espérer que la roue de l’histoire tourne à l’envers… La mondialisation et les progrès rapides de l’automatisation ont eu raison des grandes concentrations ouvrières nécessaires à une lutte de masse significative, et le XXIe siècle est arrivé avec ses "crises" typiques de la mutation banco-centraliste.

Pour l’instant, ce que nous "offre" la lutte de la Russie et de quelques autres nations résilientes en termes d’indépendance nationale c’est donc une sorte de période "intermédiaire" au cours de laquelle le banco-centralisme n’a pas encore établi sa chape de plomb sur l’ensemble de la planète, et peine même à le faire avec les tentatives de freinage, même si très désordonnées, de l’Amérique trumpiste en sursis…

Dans ce contexte une renaissance d’un mouvement indépendantiste en France pourrait aussi avoir du sens, et y compris et surtout comme base d’une réelle transformation sociale, qui ne pourrait autrement pas survivre, de toute façon, sans une résistance consciente face au mondialisme banco-centraliste.

C’est en ce sens que la figure du Général De Gaulle peut être un symbole de ralliement et d’unité populaire indépendantiste.

Ceci-dit, à l’aune de ce qui se "prépare" pour le 10 septembre, c’est tout à fait sans illusion aucune. Restent les "bifurcations" parfois inattendues de l’histoire… Le "réveil" soudain comme cela c’est donc vu aux tout premiers jours du mouvement GJ, mais vite "rendormi" avec un peu de gaz lacrymogène…

Luniterre

2 Messages de forum

  • Luniterre,

    Tu dis : « Néanmoins la lutte sociale ouvrière visait essentiellement à élargir sa part de classe du gâteau concocté dix ans auparavant par le bon Général et non pas à satisfaire les fantasmes utopistes d’une jeunesse dorée en train de jeter sa gourme. »

    Les situationnistes disaient à peu près que le pouvoir gaulliste essaie de faire passer la renaissance de la lutte de classe pour un nouvel épisode de la guerre des générations.

    En Mai 68, les situationnistes ont lancé le mouvement étudiant pour qu’il serve détonateur au mouvement ouvrier qui s’en est suivi et ainsi provoquer un explosion de la lutte de classe embryonnaire :

    http://mai68.org/spip/spip.php?article1389

    Il y aurait d’autres remarques à faire mais je n’ai pas le temps. Notamment sur la notion de "gauche" et sur la notion de classe prolétarienne.

    Ton analyse est faussée parce qu’il ne vise qu’une seule chose : faire l’apologie de de Gaulle, comme tout le monde : de la fausse gauche à la vraie droite.

    Bien à toi,
    do
    http://mai68.org

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    • En 1968 et jusqu’à la première crise pétrolière, « la lutte sociale ouvrière visait essentiellement à élargir sa part de classe du gâteau concocté dix ans auparavant par le bon Général et non pas à satisfaire les fantasmes utopistes d’une jeunesse dorée en train de jeter sa gourme » : c’est un simple constat et non pas un jugement de valeur, sauf au sens où ce qui était jugé bon pour l’économie française l’était aussi assez logiquement du point de vue de l’amélioration de la condition sociale ouvrière de cette époque. C’est pourquoi l’expression "bon Général", volontairement provocatrice, en un sens, n’en reflète pas moins la réalité d’une majorité du corps électoral, vu sous cet angle, et notamment, juste après Mai 68, précisément. Il n’y a donc pas vraiment d’antinomie entre le mouvement de Mai et les élections de Juin.

      Pour aller plus loin il faut donc considérer la notion "classe en soi et classe pour soi" : c’était donc majoritairement le cas dans le contexte de cette époque, mais bien évidemment dans les limites du réformisme social, et non pas dans une perspective révolutionnaire, et tout simplement parce que le capitalisme d’alors, quasiment à son apogée séculaire en termes de rentabilité, avait les moyens d’acheter la paix sociale en faisant des concessions économiques à la classe ouvrière.

      Une phase historique qui se termine au cours des années 70, avec les deux chocs pétroliers et le début de la mondialisation, qui en est une des conséquences en termes de rentabilité : dès lors les luttes ouvrières deviennent de plus en plus des luttes de "sauvegarde des acquis" et non plus des luttes de conquêtes, et pour cause…

      C’est sans doute le moment où une avant-garde ouvrière suffisamment consciente et capable d’action aurait pu historiquement une dernière fois renverser la tendance contre le capitalisme, mais le fait est simplement qu’une telle avant-garde n’existait pas, en dépit des proclamations groupusculaires des uns et des autres… On ne peut pas réécrire l’histoire, rembobiner le film, etc…

      Ensuite, dans les décennies suivantes, fonder à partir de quasiment rien une avant-garde ouvrière en période de recul industriel accéléré, c’est la quadrature du cercle, et c’est même espérer que la roue de l’histoire tourne à l’envers… La mondialisation et les progrès rapides de l’automatisation ont eu raison des grandes concentrations ouvrières nécessaires à une lutte de masse significative, et le XXIe siècle est arrivé avec ses "crises" typiques de la mutation banco-centraliste.

      Pour l’instant, ce que nous "offre" la lutte de la Russie et de quelques autres nations résilientes en termes d’indépendance nationale c’est donc une sorte de période "intermédiaire" au cours de laquelle le banco-centralisme n’a pas encore établi sa chape de plomb sur l’ensemble de la planète, et peine même à le faire avec les tentatives de freinage, même si très désordonnées, de l’Amérique trumpiste en sursis…

      Dans ce contexte une renaissance d’un mouvement indépendantiste en France pourrait aussi avoir du sens, et y compris et surtout comme base d’une réelle transformation sociale, qui ne pourrait autrement pas survivre, de toute façon, sans une résistance consciente face au mondialisme banco-centraliste.

      C’est en ce sens que la figure du Général De Gaulle peut être un symbole de ralliement et d’unité populaire indépendantiste.

      Ceci-dit, à l’aune de ce qui se "prépare" pour le 10 septembre, c’est tout à fait sans illusion aucune. Restent les "bifurcations" parfois inattendues de l’histoire… Le "réveil" soudain comme cela c’est donc vu aux tout premiers jours du mouvement GJ, mais vite "rendormi" avec un peu de gaz lacrymogène…

      Luniterre

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