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AHB - Rendre la justice, quelle expression exacte : la vomir !

jeudi 2 octobre 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 1er octobre 2025).

Quatrième de couverture de l’envolée d’août 2025

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

L’envolée, journal pour en finir avec toutes les prisons,

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« On ne leur cédera pas un seul millimètre de notre dignité »

https://lenvolee.net/2025/09/29/on-…

Publié le 29 septembre 2025

Lettre initialement lue à l’antenne de l’Envolée radio le 5 septembre 2025 : écouter l’émission complète ici :

https://lenvolee.net/2025/09/07/dou…

Lettre de Rédoine Faïd contre les QLCO et tous les QHS modernes, juillet 2025.

A la centrale de Vendin-le-Vieil, depuis des années, Rédoine Faïd a testé un régime d’isolement carcéral excpetionnellement dur, qui est appliqué depuis juillet 2025 à des dizaines d’autres prisonniers dans le fameux « quartier de lutte contre la criminalité organisée » (QLCO) (voir ici ou là et encore là). À Vendin comme partout, les quartiers d’isolement (QI) et les QLCO ne sont que des variantes contemporaines des quartiers de haute sécurité (QHS), ces lieux de torture blanche théoriquement supprimés par Badinter en 1982 mais qui « ont toujours été là », comme il le souligne. Rédoine a réussi par deux fois ces derniers mois à faire condamner l’administration pénitentiaire pour les conditions qu’il endure. Pour ne pas modifier son régime d’isolement, ce qui aurait pu ouvrir la possibilité d’un assouplissement dans tout l’établissement, la direction l’a fait transférer au QI de Condé-sur-Sarthe… où il va pouvoir suivre les travaux de préparation d’un autre futur QLCO… Voici une lettre dans laquelle il analyse et dénonce la violence de ces régimes d’isolement, et d’une société qui les invente et les accepte.

Centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil,

Le 24 juillet 2025

Bonjour L’Envolée,

Je reprends le stylo pour dire les choses. Et il faut bien le dire : la prison d’aujourd’hui manque cruellement d’humanité. Elle ne propose pas de retour à la vie. L’empathie, cette beauté qui transcende la grisaille du monde carcéral, d’où sort la conscience de la retenue, a disparu, remplacée par le QLCO, cette usine à frustrations. Au grand jour ! Privation de lumière, harcèlement sécuritaire, mobilité réduite, hygiaphone qui vous prive de la chaleur de vos proches ou de votre conjoint… Qui peut bien autoriser ces méthodes tellement fascisantes à l’égard d’un être humain ?

Nous ne sommes pas seulement isolés : on est coupés des nôtres, comme dans une salle d’attente où le temps ne passe pas, où l’heure du rendez-vous n’arrive jamais. L’ennui à l’isolement n’est pas qu’endémique, il est systémisé. Il est une mesure de rétorsion non écrite. Une arme administrative de destruction massive du genre humain qui vous tue à petit feu, sans laisser de trace – la signature des grands criminels. Dans ces conditions invivables, on n’a que le choix de se forcer à sortir seul se « promener » et faire du sport déraisonnablement. Souvent, on n’a pas envie. Mais face au danger physiologique qui guette, on se force. Notre cerveau et notre corps nous détestent, mais on s’en fout de tout dérégler. Nous sommes tous dans la survie. Il faut rester vivant, en bonne santé et vif d’esprit. Une priorité dans cet enfer. Les gens incarcérés à Vendin-le-Vieil sont des êtres très bousculés. C’est déjà un miracle que d’être encore debout en arrivant à Vendin, sachant qu’on arrive tous des QI des prisons de France où on a passé des années. Une femme ou un homme qui veut rester debout trouvera toujours un moyen. Parce que sa détermination est absolue… « La résistance est une renaissance », disait René Char. Nous sommes dans le combat pour rester vivants, mais aussi pour garder notre dignité.

« Nous sommes dans le combat pour rester vivants. »

Très franchement, je n’avais pas mesuré ce qu’était la dignité. Elle est un geste de consolation, de pudeur et de solidarité avec soi-même. Il faut écouter les êtres emprisonnés qui parlent de la dignité entre eux, comme s’ils ressentaient la même détresse, l’humiliation, les blessures qui leur ont été infligées. Des traumas qui sont eux aussi passés sous silence. On ne leur cédera pas un seul millimètre de notre dignité. Ce n’est pas négociable. À Vendin-le-Vieil, on doit affronter des ennemis impalpables, omniprésents : le confinement sévère des lieux et les effets du silence assourdissant. On nous dit que les QHS sont de retour, mais ils ont toujours été là. L’isolement, c’est le QHS ; ils ont juste changé l’appellation. C’est la même solitude, la même souffrance. Le QHS n’est pas une vie monastique, c’est une forme d’incarcération ultra-cruelle qu’on nous impose. Le rapport au temps, à la vie solitaire ou à l’enfermement provoque de graves troubles physiologiques qui deviennent irrémédiables sur la durée. Est-on entravés mentalement dans un espace clos ? L’isolement mène-t-il toujours à la réflexion ? Quand il est désiré, peut-être. Quand il est subi, c’est clairement impossible, du fait de la raréfaction des échanges, des stimuli cognitifs, de l’air et des mouvements. Une détention sans paroles dans un monde carcéral englouti par le silence, uniforme, submergé par le rien. Isolé. Sans secours. Sans connexions pour alerter ou prévenir. Il n’y a que la tension et l’appréhension. Le silence provoque en vous un déluge d’angoisse et de stress, sans droit de parole sur cette situation. Vous êtes condamné à vous taire.

Il y a pourtant un énorme besoin de sociabilité, mais personne ne vous aide à sortir de la solitude. Une vie intérieure nourrie de silences et d’ombres qui sèment le flou et le doute en vous. Quel malheur que d’y être emprisonné. C’est une sorte d’alternance sans repères de journées incarcérées et de nuits enfermées dans l’insomnie permanente, qui confine à un sommeil mortuaire. On est perdus entre l’oubli et l’absurde, à une frontière qui menace de s’effacer : celle qui sépare civilisation et barbarie. Comment ne pas devenir dingue dans un centre pénitentiaire comme celui de Vendin-le-Vieil ? Par un processus de rétorsion, le directeur de cet établissement se permet de déstabiliser votre métabolisme intérieur, soi-disant pour vous rendre docile ; et la banalisation de telles agressions provoque des maladies mentales. Personne en prison n’assume d’avoir sciemment dégradé la neurologie d’un prisonnier : « il était bipolaire », « il était dépressif » ou le classique « il était déjà fou avant ».

« Tout le monde devient une bombe à retardement. »

La société ne sait quasiment rien sur la question. Ce sont des faits largement sous-estimés : la violence psychologique subie par des personnes détenues en situation de vulnérabilité physiologique et les maltraitances infligées par le milieu carcéral sont révoltantes et odieuses. Une impunité inimaginable, irresponsable. Les névroses sont nombreuses et très graves (phobies, angoisses, délires hallucinatoires, etc.). Il faut savoir que les psychoses, c’est médicalement autre chose : être suivi toute sa vie, se battre contre soi-même… Le QI et le mitard portent une lourde responsabilité dans ces déviances inhumaines et obscènes à l’encontre des personnes emprisonnées ; tout le monde devient une bombe à retardement en puissance. Autrement dit, tout le monde peut se laisser déborder par le seum qui s’invite au cœur de l’ennui et révèle la sauvagerie enfouie, la névrose injectée par ce système abject, par un trop plein d’agressivité inattendue où la violence apparaît dans son plus simple appareil, gratuite, injuste, aléatoire.

Et paradoxalement, c’est la société qui sera aux premières loges pour assister à la chute. Là où on trouve le pire, et où un fait divers peut devenir un précipité de la violence ordinaire la plus abominable. La récidive, c’est ça. Et quand on empêche ces mecs en taule de changer ou de s’amender en les réduisant à de la merde, soyez sûrs qu’à leur sortie de prison ils respecteront les feux rouges, les pompiers et qu’ils diront « bonjour », « s’il vous plaît » et « au revoir » à la boulangère. Entendez bien que tout le monde sortira un jour de prison. Tout le monde. Et toutes ces bombes à retardement s’assiéront près de vous et de vos enfants dans le bus, le métro, le train, au cinéma… J’imagine aisément que vous préférez avoir près de vous des personnes calmes et apaisées. Logique. Alors, SVP, posez-vous donc la question : pourquoi les sortants de prison sont très violents, extrêmement agités ou complètement fracassés dans leur tête ? Les QLCO, les QI et les mitards ne font qu’accentuer cet état de fait. La société n’est pas dans le déni. Elle ne sait pas. Être à l’isolement, c’est la vie qui se traîne en équilibre fragile au-dessus d’un abîme de solitude, de détresse et d’indicibles chagrins. Le QHS est une esthétique de la dépression et de la cruauté administrative dont les pensionnaires sont tous des oubliés de l’existence, des invisibles et des infréquentables, où sourd le fracas de l’absurdité du monde carcéral. Le QHS est une plongée dans les entrailles d’un système répressif poisseux à l’humanité avilie, où la violence est toujours questionnée. On y passe des mois, des années, parfois une décennie et plus. On en revient brisé et blessé dans sa chair, résigné et cabossé, torturé par la solitude subie à outrance. On est coincé entre le monde des vivants et celui des morts.

« Le QLCO est une sorte de génocide mental de la population carcérale. »

Le QLCO est une sorte de génocide mental de la population carcérale. L’administration pénitentiaire se montre coupable, à travers ce régime à la noirceur absolue (sur le fond comme sur la forme), par des actes effroyables qui racontent l’enfermement dans sa violence cauchemardesque, et qui donnent matière à réflexion sur les causes de la récidive. Une détention sinistre, délabrée, où l’horizon assombri ne peut mener qu’au pire du pire. Le QLCO est un QHS géant à l’esthétique froide et inhumaine qui va industrialiser encore plus de violence et d’inégalités. Une fuite en avant dans l’oppression permanente. Un désastre humain sans précédent. Une absurdité schizophrénique caractérisant tellement la dérive du tout-sécuritaire hors-sol des caciques administratifs. Une non-réflexion dénuée de retenue, infusée, qui renvoie à la nature même de la justice, à la place des prisons dans notre société et à notre regard sur celles et ceux qui y vivent.

La hideur morale accompagne souvent la déconfiture intellectuelle : il n’y a aucune réflexion politique et sociale dans ce décret anti-narco. C’est un énième contre-feu visant à faire diversion, à invisibiliser un défaitisme politique total sur la question de la consommation de la drogue en France. Et la cruauté du QLCO interroge sur la réaction de l’opinion – devenue hystérie collective – face à la criminalité et sa répression : c’est une sanction ? Une vengeance ? Une solution ? Le QLCO démontre clairement l’incapacité à régler le problème de la récidive. Cette brutalité nous révèle surtout combien la politique actuelle ne veut pas aider les personnes privées de liberté à retrouver une place dans la société.

Pourtant, le narcotrafic provient de la misère sociale que ces enfants de la dèche ont retournée contre eux. Ce qui leur arrive aujourd’hui est une immense tragédie. De base, tous ces mecs étaient des défavorisés brisés par la vie, par la réalité désœuvrée des quartiers difficiles. Une ghettoïsation qui les a dévorés tout cru. Ils ne sont que le résultat de l’incompétence politique et de l’inertie sociale et culturelle de nos banlieues. Un vide tchernobylien.

Ainsi, on nous montre à présent les « narco-racailles » comme des animaux « ensauvagés » qu’il faudrait encager à tout prix, en les réduisant à des silhouettes sans âme. Et donc, finalement, on les confine encore et encore dans ce sentiment lourd de celui qui se sent toujours enfermé. Un vivre-ensemble que l’on ne veut pas élargir à tous les vivants.

On crache démagogiquement et on défèque publiquement sur les droits humains et les libertés fondamentales qu’on ne respecte plus. On ment aux avocates et aux avocats. On défie la magistrature. On snobe la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme). On renvoie outrancièrement la question humaine à son reflet angoissant, trouble, qu’il faut nettoyer par la force et par le populisme. Que nous est-il arrivé ?

Jean-Paul Sartre, l’immense Robert Badinter, Michel Foucault, Serge Livrozet utilisaient le terme « abolition » pour définir leur lutte politique visant à supprimer totalement l’existence des QHS dans notre démocratie. Parce qu’ils avaient la conviction que piétiner l’humanité en prison, c’est fabriquer inévitablement la division, la haine convulsive et le désordre total dans la société. Ni plus ni moins.

Réponse de GuyT le 9 octobre 2025 :

Salut Do,

Oui !!

Et deux témoignages de plus sur ces questions de l’isolement et plus généralement de ’l’inhumanité’, dans cette émission radio diffusée hier :

https://www.radiofrance.fr/francecu…

Amitié,
GuyT

Sauvegarde MP3 :

http://mai68.org/spip3/IMG/mp3/Dete…

20 Messages de forum

  • AHB - Rendre la justice, quelle expression exacte : la vomir ! 2 octobre 2025 00:34, par Brounahans l’Alsaco

    Finalement la paix des cimetières des victimes semble préférable à la violence de la prison pour ceux qui ont fait les dites victimes. ! La violence carcérale est telle aujourd’hui que l’on arrive même à faire des enfants quand on est incarcéré ! Quant au narco trafic des élites, viendrait-il aussi de la misère sociale , tout autant certainement que la BMW neuve dans laquelle se baladent les caïds. Et ces derniers sont pleins d’empathie pour les jeunes cons qui s’adonnent à la drogue, ils les aident à s’en guérir , c’est certain !

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    • Tu pourrais au moins te dire que tant qu’il y aura des prisons il y aura des innocents dedans et qu’au moins ceux-là ne méritent pas d’être traités comme ça ! Et, que, comme il est impossible de savoir qui est innocent en prison et qui ne l’est pas, aucun prisonnier ne doit être traité comme ça.

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  • Bonjour,

    Par ses écrits le prisonnier Rédoine prend la posture de Serge Livrozet (De la prison à la révolte), Jacques Mesrine (l’Instinct de mort), Roger Knobelspiess (QHS), etc.

    Ses lettres feront un livre de plus sur l’enfer que fait subir "Au nom du peuple français" l’administration pénitentiaire qui en France a une longue et terrible histoire de cruauté.

    Il n’y a pas si longtemps moins d’un siècle cette administration règnait en maître à Cayenne et les condamnations affligées en métropole nourrissaient avec son système de rélégation une des plus terribles colonies pénitentiaires au monde.

    Je me souviens d’un ami détenu, Jean-Pierre Hellgouarch, me raconter en 1984 dans la promenade de Fleury-Mérogis où nous tournions que le bagne français était pire comparativement que le goulag soviétique et le camp de déportation nazi…

    Il crée des monstres.

    Quand je lis ce qu’écrit Rédoine sur ces conditions de détention, je veux bien le croire.

    Car nous sommes ici dans un système qui veut broyer l’être humain en ce qu’il a d’essentiel : la relation à l’autre.

    Cette réclusion 24 x 24 heures sous une lumière artificielle n’a rien à voir avec l’ermitage volontaire des moines bouddhistes.

    Elle a pour but de détruire dans une atmosphère privée de chaleur humaine tout ce qui nous rattache à une vie normale : ouvrir une fenêtre, une porte, déplacer une chaise, aller d’un point à un autre, embrasser sa compagne, etc.

    Nous retournons à l’étrange enfer décrit par Ulrike Meinhof à la fin de sa vie où elle raconte comment elle perd la raison en même temps que les mots pour l’exprimer…

    Condamnée à huit ans de réclusion criminelle le 29 novembre 1974, la communiste est placée au secret rigoureux et soumise à un isolement sensoriel total. Elle reste seule dans une cellule hermétiquement close aux murs peints en blanc ; l’éclairage au néon est maintenu en permanence ; elle n’a pas de voisins ; aucun son, aucune odeur ne lui parviennent.

    Cette privation sensorielle l’a conduit au bord de la folie.

    Le matin du 9 mai 1976, Ulrike Meinhof est retrouvée pendue dans sa cellule.

    Ce n’est pas seulement la privation de liberté mais l’effacement de l’être et son contact à la réalité qui est recherchée.

    Au lieu de comprendre et d’amoindrir le choc et le traumatisme carcéral (il peut surgir trente ans après chez le prisonnier sous la forme d’une schizophrénie tardive), le pouvoir l’exacerbe et essaye cruellement de trouver les limites de la résistance humaine.

    L’éloignement et l’isolement d’un projet de bagne aux îles Kerguelen (voir les déclarations loufoques de Laurent Wauquiez) ne suffisent pas, Guatanamo Baye reste le modèle des prisons pour l’atlantiste Gérald Darmanin.

    Il faut tuer l’homme ou la femme révoltée dans son for intérieur.

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  • Il y a un copain qui a passé 18 mois en prison pour conduite en état d’ivresse et accident faisant un blessé.
    Ce qui l’a c’est le nombre de prisonniers pour trafic de drogue, même des femmes, et puis des jeunes.
    Pour la nourriture, des patates et du riz.

    Je bosse non loin de Fresnes et lorsque je longe la prison, je vois les files de femmes, souvent jeunes, qui attendent pour le parloir…

    Je ne peux pas excuser la drogue, qui arrange bien le capitalisme et qu’il a utilisée pour occuper la Chine.

    Toutefois, lorsque mon fils était en Terminale dans un lycée de la Bourgeoisie, il y a deux trafiquants de bonne famille, qui du reste ne bossaient pas pour le bac et que donc les autres méprisaient- car tout le monde était au courant - et qui n’ont jamais été inquiétés… pourquoi ?

    MT

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    • Salut,

      Personnellement je pense que toutes les drogues devraient être délivrée librement et gratuitement en pharmacie :

      http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

      Je pense aussi que supprimer la prohibition supprimerait les Al-Capone de la drogue :

      https://mai68.org/spip3/spip.php?ar…

      Bien à toi,
      do
      http://mai68.org/spip3

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      • Salut,
        Mais la drogue ça tue, et ça aliène.
        Je suis tout à fait contre.
        La drogue et l’alcool c’est très différent pour le trafic. L’alcool se produit n’importe où, partout.
        La drogue est un produit avec un trafic international, des chimistes et il y en a à tous les prix. A Los Angeles, il y a 80000 drogués SDF dans les rues c’est pas le prix qui les a arrêtés.

        MT

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        • Salut,

          Tu as les positions du vieux PCF des années 1970.

          Comment peux-tu penser que l’alcool n’est pas une drogue ?

          Les autos aussi ça tue. Faut-il les interdire ?

          J’ai l’impression que tu n’as pas regardé les articles que je t’ai indiqué en lien dans mon dernier message. Ils parlent notamment des liens entre les services secret et "la" drogue. Et expliquent que l’héroïne de pharmacie si elle était libre serait relativement inoffensive.

          De toute façon, l’article initial que j’ai publié ne visait pas à défendre "la" drogue mais à dénoncer les conditions de vie dans les prisons.

          Amicalement,
          do
          http://mai68.org

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          • Salut,
            Je ne dis pas que l’alcool n’agit sur les synapses et ne conditionne pas, l’alcoolisme en est l’illustration. Du reste, les consommateurs de drogue, statistiquement, sont d’abord passés par là cigarette essentiellement. Et là cigarette est aussi une drogue, à ceci près que ce sont les 600 adjuvants que les multinationales y mettent qui induisent le conditionnement.
            L’alcool et la drogue ne peuvent être mis sur le même plan : ainsi c’est bien la drogue en l’occurrence l’opium qui a été utilisée par les Occidentaux ( France incluse) pour occuper la Chine.
            Ce que les trafiquants proposent à la sortie des écoles ce n’est pas un litre de rouge ou de la vodka, mais bien de la drogue. L’addiction est beaucoup plus rapide.
            Ensuite le prix n’y changera rien. Le Fentanyl est très bon marché paraît-il, mais les dégâts sont sans commune mesure avec ceux de l’alcool.
            En Suède l’alcool est très taxé, ça ne les empêche pas de se soûler sur les bateaux de la Baltique ou chez eux. Mais le problème est social ou sociétal. La drogue est utilisée par le pouvoir capitaliste pour tenir la population. Les drogués ne manifestent pas, ne revendiquent rien qui entrave le profit
            Donc pour moi la question est surtout d’éliminer ce qui pousse à consommer tout ça.
            Quand on voit des salauds proposer des doses pour rouler en BMW, il apparaît que le dealer est à l’image du capitaliste.
            Je ne me fie pas à la position du PCF à telle époque, je suis radicalement contre, c’est tout.
            Déjà Chaplin en montre les effets dans The Policeman, comme il montre les effets de l’alcool ( son père était alcoolique et ça l’a marqué).
            Moi je ne consomme pas même alcool ni cigarettes. Dans une famille avec une branche bourguignonne, ça fait tache.
            Les collègues qui fument sont très sympas et plus ouverts politiquement que les autres, l’a où je suis, c’est assez frappant. Mais ils fument dehors. J’ai déjà eu.des bagarres dans le métro avec des fumeurs mal embauchés dont j’entraverais la liberté de fumer… considérant le fait d’attenter à ma santé comme légitime..
            A la section il y avait des empoignades entre fumeurs et buveurs. Mais les buveurs buvaient à la fin des réunions et faisaient du raffut, tandis que les fumeurs voulaient fumer tout au long des réunions : on voit bien le conditionnement. Néanmoins leur jugement ne s’en trouvait pas altéré.
            Par contre la drogue altère le jugement, même un médicament peut le faire.
            Il va de soi que je suis 10000% anti Pfizer, qui montre que le capitalisme n’est pas contre l’atteinte au corps, bien au contraire, et donc en réalité, n’a rien contre la drogue. Il n’y a qu’à voir l’affaire de Pont St Esprit et ce qu’ils ont fait avec le LSD.
            A Mada, ds le Nord, des hommes mâchent du skat, une herbe euphorisante, une drogue en fait. Ils deviennent complètement hébétés et idiots et on les voit comme des vaches à somnoler le regard vide… inactifs’
            La coca c’est différent c’est pour travailler.

            Amicalement.
            MT

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            • Salut,

              Tu dis : « Ce que les trafiquants proposent à la sortie des écoles ce n’est pas un litre de rouge ou de la vodka, mais bien de la drogue. L’addiction est beaucoup plus rapide. »

              Réponse : Il n’y a pas d’addiction au hashich ou à la marie-juana. ni au LSD..

              Tu dis « La drogue est utilisée par le pouvoir capitaliste pour tenir la population. Les drogués ne manifestent pas, ne revendiquent rien qui entrave le profit »

              Tu devrais regarder le livre de Jerry Rubin Do It disponible ici :

              http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

              Tu verrais que cela dépend. Il y a des "drogués" qui contestent au plus haut niveau !

              Dans les années 1970 on distinguait les drogues de vie et les drogues de mort. Héroïne et cocaïne étaient classée parmi les drogues de mort. Hashich et LSD parmi les drogues de vie. certains disaient même que le LSD n’était pas une drogue mais un lucidogène.

              Sur le LSD, j’ai cette vidéo ARTE :

              http://mai68.org/spip/spip.php?arti…

              Le LSD est la "drogue" des grandes prises de conscience.

              Amicalement,
              do
              http://mai68.org

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              • Il y a des drogues qui ouvrent les portes de la perception comme le cannabis, le LSD, le peyotl (mescaline) ou les champignons magiques. Carlos Castaneda en parle dans ses livres où il raconte son initiation par un chamane. Et celles qui les ferment comme l’héroïne ou l’alcool (ce qu’ils disent dans des régions comme le nord de l’Inde. Il y a longtemps, un pote qui était bien alcoolique, avait commencé à fumer du shit, 2 semaines et 3 crises de nerfs plus tard, on avait dû le calmer à coups de seaux d’eau froide, il avait arrêté le shit. Donc mélanger ces deux catégories peut être dangereux car elles ont des effets opposés, ce qui peut mettre la tête dans tous ces états.

                Les sociétés traditionnelles ont toujours utilisé les drogues, ceci autant dans un but initiatique que récréatif. Par exemple les amérindiens, s’ils connaissaient le tabac, mettaient du cannabis dans le calumet de la paix. Le coté initiatique existait chez les hippies des années 60-70, mais il a été un peu perdu après quand l’usage des drogues est devenu un phénomène de masse. Après il ne faut pas généraliser, chacun a ses raisons de prendre ou de ne pas prendre telle ou telle drogue.

                D’après "The Encyclopedia of Psychoactive Plants", il n’y a que 2 plantes psychoactives qui n’ont pas de dose létale connue, ce qui ne veut pas dire qu’elles n’ont pas d’effets secondaires, ce sont le cannabis et le peyotl.

                Sur le LSD, il faut faire attention, dans les années 70, la mode sur les plages à Goa, c’était des grandes salades de fruits bourrées de petit buvards de LSD. Un lausannois qui en avait trop mangé, n’est jamais redescendu. Il était complètement largué sur une autre planète. Tu lui donnais un balai et il passait la soirée avec la banane à danser avec son balai. Après que les flics indiens l’ait posé dans un consulat, tenez, voilà votre ressortissant, la Suisse l’avait rapatrié et vogue la galère. Il a fini SDF puis, comme en hiver il démontait les portes des caves des immeubles pour faire du feu et se réchauffer, à l’asile. Dans un cas comme ça, les toubib disent, on sait pas, il va peut-être redescendre demain, peut-être jamais. Bref, c’est comme l’alcool, c’est pas des substances à prendre seul, ni à acheter dans la rue auprès d’un inconnu qui peut te refiler un mélange à base d’éthanol en guise de vodka. Maintenant ils font la même chose à Goa, mais avec des exctasy, donc des trucs qui ont une liste d’effets secondaires possibles au moins 3 ou 4 fois plus longue que le LSD.

                Les speeds, même le vin blanc sec comme le fendant, c’est pas bon pour le coeur. Un alcoolique au vin blanc, en 10 ans il est cuit, alors qu’au vin rouge, sauf accident, il va même arriver à la retraite.

                Sur l’héroïne en shoot, un truc que les médias ne disent pas et c’est un scandale, c’est qu’il ne faut pas commencer. Jamais. Bien des toxicos à l’héroïne mettent des années à crocher, 2e shoot 1 année après le premier, le 3e 6 mois plus tard, etc., 10 ans plus tard, ils sont à 3 ou 5 doses par jour. Quand aux drogues de synthèse comme le crack, c’est encore pire, ils sont plus vite foutus.

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              • le lsd est horrible : le chimiste suisse qui a bossé pour la CIA avec ça s’est suicidé…à Pont St Esprit, la CIA a fait une expérience plus ou moins étouffée, des gens se sont défenestrés, et aux USA, des cobayes humains, enfants y compris.
                Clairement le pouvoir capitaliste utilise la drogue (il l’a fait aussi contre les Black-Panthers)…
                La drogue agit sur le cerveau et l’homme ne se contrôle plus, il subit une aliénation.

                Arte est une chaîne de propagande de l’UE…et justement je refuse d’avoir une télé. Déjà que la radio devient aussi un vecteur de propagande continue…Je jetterai peut-être un oeil à ton bouquin…
                Marx ni Engels ni Lénine n’ont pas eu besoin de drogue …ni aucun camarade, surtout pas les résistants…

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                • Salut,

                  Ce qu’ont fait les Amerloques à Pont Saint-Esprit est un vraie saloperie à grande échelle. Évidemment quand on te donne du LSD sans te le dire, c’est "horrible" ! Mais quand tu as choisi toi-même d’en prendre, c’est très différent.

                  Quant à la propagande du pouvoir, il faut à tout prix la connaître pour pouvoir la combattre. Donc il faut regarder la télé et écouter la radio :

                  https://mai68.org/spip/spip.php?art…

                  Bien à toi,
                  do
                  http://mai68.org

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                  • Salut !
                    Pour la radio, y a France Musique, question propagande on se déjà servi. Par internet on a France Info, France 24, LCI , BFM etc ne t’inquiète pas. On a aussi les échos par les collègues noyés dans la propagande et donc là encore on la propagande et on en voit les effets mais par contre on voit aussi tout ce qui n’est pas dit donc je ne vais pas m’assommer des heures pour ensuite consacrer bien plus de temps à réfléchir. On capte bien plus d’infos en lisant. Et donc lire les infos propagandistes évite de perdre du temps à se gaver les oreilles pour se décerveler. Choisir sa source d’informations et d’analyses me…

                    MT

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                  • Pour la drogue, j’y serai toujours très hostile. Il existe des loisirs élevés : la culture, la musique, les voyages si on peut…la connaissance, la lutte…est une occupation plus forte. A quoi bon s’assommer de drogues ?

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                    • Je sais bien que dans les années 1980 beaucoup de personnes ont utilisé le hashich comme du valium, pour s’« assommer » comme tu dis. Comme on peut le faire avec de l’alcool si on ne maîtrise pas. Mais il fut une époque, celle des années 1960-70 ou il s’agissait d’une expérience intense. D’un éveil qui fait tomber tous les préjugés. La Ligue Communiste a perdu énormément de militants de haute valeur quand elle a interdit le joint et le LSD. C’est à partir de ce moment-là qu’elle a périclité. Peut-être de cause de ça.

                      C’est l’héroïne que la CIA a introduit dans le milieu Black Panther pour le neutraliser. Pas le LSD, qui a donné le mouvement Hippie et Yippie contre la guerre du Vietnam. Voir le livre que je t’ai conseillé :

                      http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

                      Bien à toi,
                      do
                      http://mai68.org

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                      • Mais ici et au Vietnam on luttait sans prendre de drogue…et les Pete Seeger, les Tom Paxton les Malvina Reynolds, les Lee Lorch ( pour les maths) n’avaient pas besoin de ça…
                        Il y a Carlos Castaneda chez les Tarahumaras : mais en fait c’est un rituel comme pour la transe et pour la science on a besoin d’y voir vraiment clair, d’apprendre, de réfléchir, d’étudier, c’est à dire que c’est actif…
                        Que la LCR y ait perdu, ma foi, je trouve ça presque cocasse mais je l’ignorais : l’essentiel est de bâtir le socialisme…

                        MT

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                        • Comment sais-tu qu’au Vietnam les combattants vietnamiens ne prenaient pas de "drogue" ? Cela m’étonnerait beaucoup que ce soit vrai. Toutes les armées du monde sont droguées. J’ai vu des combats "amicaux" au Sénégal (je ne me souviens plus du nom de cette lutte locale) où les combattants mâchaient longuement un grande feuille de je ne sais quelle plante. C’était visiblement un doping et ils ne se cachaient pas. Tu m’étonnerais bien que dans la forêt vietnamienne il n’y ait pas diverses plantes avec des effets très spéciaux.

                          La science fait des grands bonds quand tombent des préjugés. Par exemple, Einstein a fait tomber le préjugé du temps absolu. Or, justement il n’y a rien de tel que le LSD pour faire tomber les préjugés. Pour voir les choses autrement. Pour avoir un autre point de vue

                          Bien à toi,
                          do
                          http://mai68.org

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    • Simplement car à l’exception de la prohibition aux USA qui a été un échec tellement total qu’ils l’ont abandonnée, il faut attendre l’après guerre, soit l’époque où les pauvres ont commencé à avoir accès aux voyages, pour voir apparaître les premières législations répressives sur la migration et les drogues. Tant que seuls les bourgeois avaient accès aux voyages et aux drogues, entre bourgeois ils s’arrangeaient. Ceci plus des événements comme la guerre de l’opium contre la Chine permet de comprendre que dés le début de la révolution industriels, les bourgeois ont eu le monopole des trafics maffieux.

      À la fin de la prohibition, comme ils ne pouvaient pas coincer Al Capone pour ses activités criminels, c’est le fisc qui l’a coincé et qui l’a fait mettre en prison. Le mafia en a tout de suite tiré la leçon et a diversifié ses activités en se mettant à blanchir son argent dans des activités légales. Elle est ainsi devenue un contribuable poids lourd. Même en Suisse, quand toute la presse se met à nous parler de l’arrestation d’un gang de dealers et que les politiques et la police se gargarisent de cette réussite, c’est toujours la concurrence qui tombe, jamais la mafia locale.

      Donc je suis non seulement pour une légalisation des drogues mais aussi pour la légalisation de leurs moyens de production. Car sans légaliser les moyens de production, le monopole des mafias locales restera en place.

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  • Bonjour,

    Si les trafiquants de drogue remplissaient les prisons, Nicolas Sarkozy devrait être à vendin-le-Veil à y goûter la gamelle ; je suis certain que les conditions de détention s’y amélioreraient. Trêve de plaisanterie.

    De mon temps, on mettait moins les dealers en prison et moins longtemps, l’Etat en l’occurrence les douanes préfèraient s’enrichir de leurs trafics (voir les sommes exhorbitantes extorquées lors des condamnations par cette administration, 10 % de leur business).

    J’explique l’augmentation des peines des dealers ainsi que le durcissement de leurs conditions de détention par un effort de la police de prendre la direction du business avant la légalisation.

    Déjà dans la Drôme, département pilote dans la culture légale du cannabis et de sa commercialisation, les boutiques de vente se multiplient (une dizaine sur l’agglomération de Montélimar).

    https://magasin-de-cannabis.numero-…

    Je connais un commissaire-divisionnaire à la retraite qui en achète régulièrement : il paye un flacon d’huile de 60 ml 60 euros !

    Bonne journée.

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  • Un autre sujet politique le sexe. Après avoir téléchargé ce livre, je l’avais acheté.

    Dictionnaire des fantasmes et perversions et autres pratiques de l’amour

    Brenda B. Love, Pierre Marie, Olivier Philippe

    Bibliothèque Blanche, Bibliothèque Blanche, Paris, 2000

    Si les comportements humains sont multiples et complexes, les pratiques érotiques comme les perversions sexuelles le sont tout autant et dessinent un univers répondant à des codes, des signes et des usages très précis. Devant une telle profusion de pratiques sexuelles, l’étude réalisée par une équipe de sexologues américains constitue un travail capital explorant tous les aspects de la nature humaine dans ses zones les plus secrètes. Car si des perversions peuvent susciter la dérision, le dégoût ou l’horreur, il est important de les appréhender pour en connaître les usages mais aussi les risques. Tout d’abord, il convient de distinguer perversion de "pratique perverse". La perversion est une monomanie où le plaisir ne peut être obtenu qu’au travers et exclusivement par la réalisation de sa perversion. En revanche, si un individu se livre, avec le consentement de son partenaire, à un jeu érotique qualifié de "pervers", mais qu’il peut par ailleurs connaître le plaisir sexuel par une relation dite "normale", il ne s’agit pas d’un pervers. Donner du piquant à sa relation amoureuse en "jouant" un jeu pervers, ne constitue pas une perversion sexuelle. De même, le rêve à connotation perverse est à exclure du champ de la perversion : il exprime des pulsions, des fantasmes contenus en chacun de nous sans pour autant s’inscrire dans notre réalité sexuelle. Ce dictionnaire, qui a nécessité des années de travail à toute une équipe, recense, commente et explique tout ce qui peut exister en matière de perversions et de pratiques amoureuses. Dans un langage clair, précis et jamais vulgaire, il décrit les pratiques, leur histoire, les risques qu’elles peuvent faire courir à leurs adeptes. Plus de 700 entrées font de ce dictionnaire l’ouvrage le plus exhaustif jamais publié sur le sujet, ce qui vaut à ce dictionnaire d’être considéré comme la référence sur le sujet. Le " Dictionnaire des fantasmes et perversions " est un ouvrage essentiel.

    Ce qu’il y a de particulièrement bien avec ce livre est qu’il remet les choses dans leurs contexte historique. C’est presque tout ce qu’on ne nous dit pas à l’école sur l’histoire mondiale.

    Par exemple on y apprend qu’à une certaine époque, au lieu de faire comme aujourd’hui l’état juif et sacrifier des innocents, les prêtres étaient volontaires pour se faire sacrifier. C’est juste dommage que le parallèle avec les psychotropes qu’ils utilisaient ne soit pas mentionné, ça devait être du lourd à certaines époques.

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