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La productivité du capital diminue parce que La productivité du travail augmente

jeudi 23 octobre 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 20 octobre 2025).

« On a l’intelligence des concepts que l’on possède »
Quelqu’un

npa-dr, Daniel Minvielle, 18 octobre 2025 :

Quant à l’idée que l’IA pourrait permettre, en remplaçant des opérateurs humains par des machines bien plus rapides, de relancer la productivité des entreprises, c’est un leurre. Les profits tirés d’une entreprise sont le produit du seul travail humain, de la plus-value extorquée aux salariés. Diminuer le nombre de salariés alors que par ailleurs les investissements dans les équipements explosent implique inexorablement une baisse de la rentabilité des investissements, de la productivité du travail.

Note préliminaire de do : Le concept de "Productivité" doit être divisé en deux : La productivité du travail, et la productivité du capital. Cela permet d’éviter la confusion qui amène les erreurs d’analyse dont le paragraphe ci-dessus est un bel exemple.

Complément au préliminaire : Quand on relit cette partie du paragraphe de Daniel Minvielle : « …relancer la productivité des entreprises, c’est un leurre. Les profits tirés d’une entreprise… », on comprend tout de suite que pour lui la productivité d’une entreprise se mesure aux profits que le capitaliste peut en tirer. Il s’agit donc de la productivité du capital, même si cela n’affleure pas encore la conscience de Daniel Minvielle. Bien sûr, pour le commun des mortels, la productivité d’une entreprise se mesure au nombre et à la qualité des objets qu’elle produit ; et ce, quelque soit le nombre d’employés qui travaillent dedans.

Note de do : La productivité du capital diminue en même temps, et parce que, la productivité du travail augmente.

Je ne prétends pas avoir tout compris à la globalité de l’analyse de Daniel Minvielle que vous pourrez retrouver au complet sous cette note.

Mais, il y a une chose que je comprends : on parle toujours de la "productivité" en sous-entendant systématiquement qu’il s’agit de la productivité du travail. Cela mène à des erreurs flagrantes d’analyse qui peuvent avoir des conséquences très GRAVES..

En effet, si on considère que le nombre de salariés diminue mais que la même quantité de produits de la même qualité sort des usines, c’est que la productivité du travail a augmenté. Car, pour un nombre d’heures de travail humain moindre, ou bien moindre, on obtient le même résultat.

L’humanité est contente, car elle finira ainsi par abolir le travail obligatoire. Les machines produisant tout toutes seules selon les besoins et les désirs des humains. (En supposant que l’IA reste bien gentille !)

Par contre, le capitaliste n’est pas content du tout. Pourquoi ? parce que le prix d’une marchandise est égal au temps de travail humain nécessaire à sa production. Par conséquent, les bénéfices du capitaliste diminuent en même temps que diminue le travail humain nécessaire à cette production, c’est-à-dire en même temps qu’augmente la productivité du travail. Donc, pour la même somme que le capitaliste investit aujourd’hui, il ne peut espérer qu’une rentabilité moindre, ou bien moindre, qu’hier.

On peut dire que la productivité du capital diminue parce que son investissement produit moins de bénéfices aujourd’hui qu’hier. La règle est donc :

La productivité du capital diminue en même temps, et parce que, la productivité du travail augmente.

Ceci montre la nécessité de diviser le concept de "productivité" en deux : productivité du travail et productivité du capital. L’une diminuant quand l’autre augmente.

Remarquez bien que je ne dis pas grand chose de plus que Karl Marx quand il parle de la "baisse tendantielle du taux de profit". J’utilise un autre vocabulaire. C’est tout.

Ce que j’ajoute, c’est, et d’une, qu’au lieu de dire qu’il y a une "baisse tendantielle du taux de profit", on peut dire que la productivité du capital diminue ; et de deux, que beaucoup d’analystes font la confusion entre "productivité du travail" et "productivité du capital" parce qu’ils utilisent un concept général de "productivité" qui sous-entend systématiquement "productivité du travail".

C’est le cas du texte Daniel Minvielle quand il dit :

« Quant à l’idée que l’IA pourrait permettre, en remplaçant des opérateurs humains par des machines bien plus rapides, de relancer la productivité des entreprises, c’est un leurre. Les profits tirés d’une entreprise sont le produit du seul travail humain, de la plus-value extorquée aux salariés. Diminuer le nombre de salariés alors que par ailleurs les investissements dans les équipements explosent implique inexorablement une baisse de la rentabilité des investissements, de la productivité du travail. »

Désolé mais c’est la productivité du capital qui diminue. Quand à la productivité du travail, bien au contraire, elle augmente.

Et justement, puisqu’elle augmente, on peut diminuer le temps de travail obligatoire des êtres humains.

Ce qui est le plus grave dans la façon de dire les choses de Daniel Minvielle, ce n’est pas la confusion de son propos, c’est qu’en prétendant que la "productivité du travail" est en baisse, il justifie la volonté des capitalistes de vouloir nous faire travailler plus (Ils veulent la suppression des 35 heures) et plus longtemps (La retraite à 70 ans ?)

C’est effectivement une nécessité pour sauver le capitalisme que de nous faire travailler plus et plus longtemps, puisque comme dit plus haut : seul le travail humain rapporte du fric au capitaliste et que la productivité du capital diminue.

La capitalisme est tout simplement en train de mourir de mort naturelle : étouffé, car il n’a plus d’air pour respirer. Quant aux capitalistes ? qui a vécu par le capital mourra par le capital.

Nous croyons voir le capitalisme. Mais ce n’est plus que son cadavre qui essaie de bouger encore. Comme le dit si bien Luniterre :

« Au XXIe siècle les soubresauts spasmodiques du capital agonisant ne sont plus que la face spectaculaire émergée de l’iceberg de la dette banco-centralisée qui a pris sa place mais le maintient encore à flot comme miroir déformant de sa nouvelle domination. »

Le capitalisme est dors et déjà remplacé par le banco-centralisme :

https://mai68.org/spip2/spip.php?article9492

Bien à vous,
do
http://mai68.org
20 octobre 2025


La ruée vers l’or, le retour de la « vieille relique barbare », symptôme de sénilité du capitalisme mondial

https://www.npa-dr.org/index.php/ar…

19 octobre 2025

Daniel Minvielle

http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xht…"> Untitled Document

« Le chaos financier mondial propulse l’or à plus de 4000 dollars l’once » titraient Les Echos du 7 octobre. Un record absolu résultat de plus de 50 % de hausse depuis le début de l’année, du « jamais vu » selon un spécialiste des marchés financiers. Keynes, économiste de la bourgeoisie dans la période marquée par la grande crise de 1929, qualifiait ce dernier de « vieille relique barbare », inventée par la superstition des bourgeois devant la menace d’effondrement du capitalisme.

Pour Les Echos, cette hausse « reflète les tensions géopolitiques et économiques ainsi que la défiance croissante envers le dollar ». Le FMI et la Banque d’Angleterre, ce même 7 octobre, s’inquiétaient de la menace d’une « forte correction boursière » du fait d’une hausse de plus en plus irrationnelle des valorisations boursières, en particulier de la Big Tech US, malgré une « incertitude substantielle persistante quant aux perspectives macroéconomiques mondiales ».

Cette « défiance croissante envers le dollar » pousse les banques centrales de plusieurs pays, en particulier émergents, à remplacer par de l’or une partie de leurs réserves de change constituées pour l’essentiel de dollars, cherchant ainsi à s’émanciper de ce dernier et de la mainmise qu’exerce à travers lui le capital US. Par ailleurs, confrontés à des menaces de krach face auxquelles ils se savent impuissants, les grands « investisseurs », banques, compagnies d’assurance, fonds d’investissements divers, remplacent une partie des actions et obligations sur lesquelles ils spéculent par de l’or, réputé « valeur refuge » insensible aux aléas des marchés. Une illusion alors que s’accumulent les signes d’instabilité du système financier sous les coups de boutoir, entre autres, de la guerre commerciale de Trump.

En relançant la guerre commerciale contre la Chine, Trump provoque un krach majeur des bitcoins

Il a suffi que Trump annonce, vendredi 10 octobre, vouloir taxer de droits de douane à 100 % les « logiciels critiques » en provenance de Chine, pour provoquer un tsunami sur le marché des crypto-monnaies. La valeur de la principale d’entre elles, le bitcoin, qui atteignait le record de 124 000 dollars, s’est effondrée de 15 %, une perte de 19 milliards de dollars en une nuit. Certaines des autres crypto-monnaies, moins utilisées que le bitcoin, ont perdu jusqu’à 40 %. La secousse s’est transmise aux bourses, en particulier Wall Street où le Dow Jones chutait de 1,9 %, le Nasdaq de 3,6 %, le S&P500 de 2,7 %. Les capitalisations boursières des fabricants de puces Nvidia et AMD utilisées pour le « minage » des crypto-monnaies, ont chuté respectivement de 5 % et 8 %. Trump a depuis « apaisé » son discours et la situation semblait s’être stabilisée en cours de semaine avant que les bourses ne plongent de nouveau ce vendredi suite à l’annonce par deux banques régionales américaines de risques de défaut de paiement de la part d’un fonds d’investissement spécialisé dans le crédit privé.

Les crypto-monnaies, réputées indépendantes de toute contrainte institutionnelle, sont produites de façon informatique au prix de calculs extrêmement gourmands en énergie et utilisant du matériel et des logiciels dont une bonne part provient de Chine, logiciels visés par le tweet de Trump. D’où la réaction immédiate du marché du bitcoin.

Les crypto-monnaies étaient vantées à leur création comme de nouvelles « valeurs-refuge », insensibles aux aléas des marchés monétaires conventionnels. Mais l’inverse s’est rapidement révélé, leur marché devenant un terrain de spéculation d’autant plus prisé qu’il est hors surveillance de toute instance de contrôle. Il a été investi par les grandes institutions financières, banques, assurances et fonds d’investissement. Tel BlackRock que Les Echos présentent comme « l’ogre qui engloutit le marché du bitcoin » et qui en aurait détenu pour 97 milliards de dollars … juste avant le krach.

L’or comme « valeur-refuge » ? un fétiche… et un objet de spéculation

Ce brutal effondrement du bitcoin est un des signes de la crainte qui touche le monde de la finance confronté à la fragilité financière et économique du capitalisme mondialisé. L’explosion de la demande en or est un autre signe, le choix d’investisseurs recherchant la « sécurité du métal ». Selon Les Echos, la « demande en métal jaune à des fins d’investissement a augmenté de 25 % à 1 180 tonnes » en 2024. C’est aujourd’hui plus de 56 % pour 2025.

Une des sociétés de courtage en ligne qui nous proposent, moyennant de juteux pourcentages, leurs services pour participer à cette ruée vers l’or explique : « L’or est considéré comme la valeur refuge par excellence. Un lingot d’or est palpable, échangeable de la main à la main et ne dépend pas des cours boursiers. Sa valeur ne peut pas être altérée dans la durée »… C’est de l’enfumage à destination des gogos alors que cette valeur ne cesse de grimper, sujette à une spéculation tout aussi effrénée que celle qui règne sur les autres marchés financiers.

C’est le cas en particulier sur les marchés à terme de l’or, où il est possible d’acheter au prix d’aujourd’hui de l’or que l’on ne récupérera en principe qu’à une date ultérieure, fixée à l’avance. La transaction se concrétise immédiatement par un dit « produit dérivé », document numérique attestant de cette possession. Titre qu’il est possible de vendre avant l’échéance, à un prix qui dépend de l’offre et de la demande à l’instant considéré, possiblement, et c’est le but, plus élevé que le prix d’achat... Exit le « lingot palpable » et place au trading sur ce produit dérivé. Le montant des échanges quotidiens sur le principal marché à terme de l’or porterait en moyenne sur 28 millions d’onces (1 once = 31 grammes) d’or. A 4000 dollars l’once, cela fait plus de 100 milliards de dollars échangés chaque jour !

Ces jeux spéculatifs expliquent pour une bonne part l’accélération de la hausse du prix de l’or. La « soif d’or » produit la hausse par le seul jeu de l’offre et de la demande dans une spirale haussière… porteuse de « perspectives radieuses pour les investisseurs », dixit un commentateur.

Mais tout comme pour les autres marchés, la « perspective radieuse » peut se transformer en dégringolade. Attribuer à l’or une vertu spécifique qui lui donnerait une « valeur inaltérable dans le temps » relève d’un fétichisme dont la folle évolution du marché de l’or montre toute la stupidité. La réalité est que les « investisseurs », confrontés aux risques croissants de krach boursier sur le marché des actions et aux menaces liées au surendettement des Etats sur le marché des obligations, ont trouvé un nouveau casino où jouer leurs fortunes. Une façon de « ne pas placer tous leurs œufs dans le même panier » comme ils disent, dans l’espoir d’en sauver une partie en cas de « correction » brutale sur les autres marchés. La fièvre de l’or est bien le reflet de la crainte de plus en plus pressante que le « chaos financier mondial » et les menaces de krach qu’il porte inspirent aux classes dominantes, au monde de la finance. 

La « dédollarisation » en marche ?

Au jeu de la spéculation sur la demande mondiale en or s’ajoute celui de diverses banques centrales, en particulier des pays émergents, qui cherchent à remplacer par de l’or une partie de leurs réserves de change constituées de dollars. Alors qu’avant 2022 ces achats se montaient à quelques 500 tonnes annuelles, ils ont doublé depuis pour dépasser les 1000 tonnes par an.

Le dollar étant la principale monnaie des échanges internationaux, on en retrouve des quantités importantes dans les réserves de change des diverses banques centrales (60 % en moyenne à l’échelle mondiale), stocks dans lesquels les entreprises importatrices puisent en échange de monnaie locale pour payer leurs achats tandis que les exportatrices y déposent les dollars issus de leurs ventes. A cela s’ajoute le fait que beaucoup de ces pays prêtent de l’argent aux USA et se retrouvent ainsi en possession de titres de dette US libellés en dollars.

Cela donne au capitalisme américain un pouvoir « exorbitant » sur l’économie de ces pays, raison pour laquelle les Brics tentent de contourner le recours au dollar pour leurs échanges. Cela expose par ailleurs ces pays au risque de voir leurs réserves perdre de leur valeur du fait de la baisse du dollar, comme c’est le cas actuellement, voire d’être à la merci d’un éventuel défaut de la dette US. Et cela donne par ailleurs aux USA un puissant outil au service de leurs guerres, commerciales et militaires. Telles les sanctions imposées à la Russie suite à l’invasion de l’Ukraine en 2022 sous forme de « gel » des actifs russes libellés en dollars. Toute une partie des réserves russes sont devenues inutilisables, ce qui a incité les banques centrales des pays émergents à doubler leurs achats d’or.

« L’or n’est la dette de personne, il n’existe aucun risque de contrepartie, et il est impossible de geler ces actifs comme ce fut le cas pour les réserves de la Banque de Russie après l’invasion de l’Ukraine », explique un commentateur. Mais s’il remet en cause l’hégémonie prédatrice du dollar, le recours à cette « vieille relique barbare » comme valeur de réserve à la place d’une monnaie circulant à la vitesse de la lumière sous forme numérique constitue un frein de plus au fonctionnement de l’économie capitaliste mondiale. Il est un signe de l’incapacité génétique du capitalisme mondialisé de mettre en œuvre une monnaie internationale « neutre » qui ne soit pas une arme au service des plus forts dans la guerre commerciale. Un signe de la sénilité d’un système rongé par l’épuisement des perspectives de développement et l’exacerbation de la guerre commerciale et militaire qui en résulte, sénilité dont le « chaos financier mondial » n’est qu’un des aspects.

Ralentissement économique, dette et spéculation sur l’IA préparent un krach boursier et obligataire

En réalité, le krach du bitcoin n’est qu’un signal d’alerte dans un contexte financier et économique dont le principal risque est porté par la folie spéculative qui entraîne vers des sommets délirants certaines capitalisations boursières, en tête desquelles les grandes entreprises de la Big Tech aux USA, mais aussi, bien qu’à moindre échelle, les grandes multinationales cotées aux grands indices boursiers, comme ici le CAC40, malgré un contexte économique mondial miné par une multitude de contradictions.

Selon une publication récente du FMI, « dans une économie mondiale en constante évolution, les perspectives restent sombres ». « La croissance mondiale devrait ralentir, de 3,3 % en 2024 à 3,2 % en 2025 et 3,1 % en 2026, et s’établir autour de 1,5 % dans les pays avancés, et juste au-dessus de 4 % dans les pays émergents et les pays en développement. »

De telles faiblesses de la croissance des richesses produites (PIB) sont en contradiction totale avec celle des grandes capitalisations boursières. L’écart qui se creuse donne l’ampleur des bulles spéculatives qui se constituent et des conséquences de leur éclatement inévitable sur l’économie mondiale.

La principale crainte porte aujourd’hui sur les capitalisations des grands groupes de la tech US, lesdites « 7 magnifiques », dont la folle montée se nourrit, outre des gains tirés de la spéculation, de l’espoir vain que le développement de l’intelligence artificielle ouvrira, à terme, une nouvelle ère de croissance de la productivité, la relance des taux de profit. Dans la compétition sans merci que se livrent les Bezos, Zuckerberg et autres Musk, des masses énormes de capitaux sont englouties pour la construction de gigantesques centres de données et de calcul qui consomment des quantités tout aussi énormes d’énergie. Les résultats en termes de « progrès » réellement exploitables se manifestent surtout dans le flicage des populations et la « modernisation » du matériel de guerre, bien plus que dans la production de biens et services réellement utiles à la population, sauf dans quelques domaines comme la médecine. Quant à l’idée que l’IA pourrait permettre, en remplaçant des opérateurs humains par des machines bien plus rapides, de relancer la productivité des entreprises, c’est un leurre. Les profits tirés d’une entreprise sont le produit du seul travail humain, de la plus-value extorquée aux salariés. Diminuer le nombre de salariés alors que par ailleurs les investissements dans les équipements explosent implique inexorablement une baisse de la rentabilité des investissements, de la productivité du travail.

C’est une des principales causes de la fuite de masses de plus en plus considérables de capitaux vers les marchés spéculatifs les plus lucratifs comme ceux de la Big Tech, préparant une crise financière sans précédent. Selon un économiste cité par Les Echos, « La situation n’est pas sans rappeler l’essor des entreprises Internet de la fin des années 1990 », soit juste avant la crise des « nouvelles technologies » de l’année 2000 qui a poussé des dizaines d’entreprises à la faillite et jeté des centaines de milliers de travailleurs à la rue. Dans le domaine de l’IA, « L’optimisme alimente les investissements technologiques, fait grimper les valorisations boursières… », mais ces marchés pourraient décrocher, « surtout si l’IA ne parvient pas à justifier les attentes élevées en matière de bénéfices »…

A cette menace s’ajoute celle d’un effondrement des marchés de la dette alors que plusieurs grandes puissances, USA en tête, sont engagées dans une spirale de l’endettement d’autant plus incontrôlable qu’elle aiguise les appétits des requins de la finance qui s’en nourrissent. Ce que vient de rappeler la dégradation surprise, ce vendredi, de la note de la France par l’agence S&P, une incitation à la hausse des taux d’intérêt.

Cela alors que l’économie mondiale est soumise aux multiples perturbations générées par l’exacerbation et les aléas de la guerre commerciale menée par Trump, les conséquences de la fuite en avant militariste et guerrière. Sans oublier la fuite en avant hors contrôle dans une crise environnementale dramatique, ni les crises politiques et sociales qui accompagnent, partout dans le monde l’accentuation de la guerre de classe menée par les classes dominantes pour garantir leurs profits et leur domination.

En finir avec la spéculation et l’économie casino, la guerre monétaire et commerciale pour l’appropriation des profits, le capitalisme financiarisé

Analysant la situation internationale catastrophique à quelques mois du déclenchement de la 2ème guerre mondiale, Trotsky écrivait : « Des réformes partielles et des rafistolages ne serviront à rien. Le développement historique est arrivé à l’une de ces étapes décisives où seule l’intervention directe des masses est capable de balayer les obstacles réactionnaires et de poser les fondements d’un nouveau régime. L’abolition de la propriété privée des moyens de production est la condition première d’une économie planifiée, c’est-à-dire de l’intervention de la raison dans le domaine des relations humaines, d’abord à l’échelle nationale, puis, par la suite, à l’échelle mondiale. […] Les barrières douanières entièrement pourries tomberont. Les contradictions qui divisent l’Europe et le monde entier trouveront leur solution naturelle et pacifique dans le cadre d’Etats-Unis Socialistes, en Europe comme dans les autres parties du monde. L’humanité délivrée marchera vers les plus hautes cimes. » (Le marxisme et notre époque, avril 1939)

L’hypothèse de Trotsky ne s’est pas réalisée et depuis l’écriture de ce texte le capitalisme a connu de nombreuses transformations pour aboutir au capitalisme financiarisé mondialisé s’enfonçant aujourd’hui dans sa faillite. Mais le raisonnement de Trotsky, enrichi des bouleversements de l’ère de la mondialisation et de la financiarisation, définit avec encore plus de pertinence la stratégie du mouvement ouvrier, nos perspectives révolutionnaires.

Le « développement historique » du capitalisme aboutit incontestablement aujourd’hui à une de « ces étapes décisives où seule, l’intervention directe des masses est capable de balayer les obstacles », d’en finir avec un monde failli pour construire une autre société, basée sur la coopération de travailleur·es et des peuples, où l’anarchie et le chaos de la propriété capitaliste, de l’État et de la concurrence devront céder la place à une planification consciente et démocratique de l’économie et des échanges en vue de satisfaire les besoins des hommes dans le respect de la nature.

19 Messages de forum

  • Franchement, si l’on veut parler de productivité du capital et du travail, je pense qu’il y a tout simplement erreur, à notre époque actuelle, au tournant du premier quart de notre XXIe siècle, sur l’objet même du débat.

    Selon M. De La Palisse, maître ès logique élémentaire, parler de productivité du travail, c’est donc parler de travail productif, et donc commencer par le définir, et surtout si l’on veut ensuite parler de capital au sens de Marx.

    N’est productif que le travail dont on peut extraire une plus-value, en tant que fraction d’une valeur ajoutée à la production par le dit travail, c’est à dire au delà de sa propre valeur d’amortissement et/ou de reproduction.

    Or la valeur ajoutée à la production par le travail n’existe elle-même que si elle est directement intégrée à la production lors du processus productif lui-même, toujours selon les mêmes, à savoir MM. Marx et De La Palisse…

    Autrement dit on parle là d’une denrée devenue rarissime à notre époque informatisée de robotisation et d’automatisation de la plupart des processus réellement productifs.

    Processus autour desquels le travail encore nécessaire s’apparente davantage à un travail de gestion et d’entretien du capital fixe qu’à un réel travail productif.

    Un travail dont le coût est inclus ex ante dans le cycle d’amortissement du capital fixe et qui ne produit donc pas de réelle plus-value au sens marxiste du terme, l’entretien du capital fixe en état de fonctionnement étant un corollaire de son existence même en tant que capital, indépendamment du processus de production, dont seul le travail humain directement productif est générateur de plus-value.

    Le paradoxe de notre époque étant donc qu’il y a plus de chance de trouver encore un peu de plus-value à extraire d’un travail de service intelligemment commercialisé que dans l’industrie, entièrement dépendante de l’amortissement du capital fixe et de la monnaie extra mise en circulation du fait de la dette et du crédit permettant encore au cycle production-consommation de fonctionner.

    Mais comme le cycle d’échange des activités de services a déjà son propre cycle de capital fixe à amortir, il y a nécessairement un déficit global du système qui est donc "compensé" par le cycle de la dette, qui ne peut logiquement que se "creuser" inexorablement en proportion, et même désormais "hors de proportion" en relation avec les prétentions aux "superprofits" du supposé "capital" plus fictif que jamais, même si encore dissimulé sous les oripeaux spectaculaires du prétendu "capital financier", qui a lui-même déjà passé son heure historique, au "profit", si l’on peut dire, d’une forme encore plus fictive de domination, qui est celle du banco-centralisme, et précisément d’autant plus totalitaire dans ses formes "nouvelles" qu’elle est d’autant plus fictive !

    Pour aller plus loin sur le thème :

    https://cieldefrance.eklablog.com/2025/02/pour-en-finir-avec-le-mythe-de-la-productivite-du-travail-au-xxie-siecle-vf-agoravox.html

    Récent sur le thème :

    https://cieldefrance.eklablog.com/2025/10/la-pyramide-sociale-au-xxieme-siecle-le-monde-a-t-il-change-de-base-et-de-sommet.html

    https://cieldefrance.eklablog.com/2025/10/la-veme-republique-peut-elle-renaitre-des-cendres-de-l-implosion-de-la-macronie.html

    Luniterre

    PS : Comme l’article l’explique lui-même, l’analyse de Trotsky, déjà foireuse en son temps, est évidemment encore bien plus à côté de la plaque au XXIe siècle, mais pour un "analyste" trotskyste c’est manifestement d’autant plus une "bonne raison" de continuer à répéter l’antienne, histoire de perpétuer la tradition "révolutionnaire" de l’échec permanent !

    *******************************************************

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    • Pour tout l’or du monde…

      Parler sérieusement d’économie implique de remettre les "valeurs" dont on parle en proportions les unes des autres.

      L’évaluation la plus récente du stock d’or mondial est celle-ci :

      "Selon le World Gold Council, l’autorité mondiale en matière de métal précieux, l’humanité entière avait extrait environ 216.265 tonnes d’or dans toute l’histoire à la fin de 2024."

      https://paperjam.lu/article/quelle-est-la-veritable-quantite-dor-dans-le-monde

      Soit au cours d’aujourd’hui :

      25 945 312 050 000 €

      ( 119 970€/KG x 1000 x 216 265 Tonnes )

      https://www.gold.fr/cours-or-prix-de-l-or/

      Soit en dollars US :

      30 096 561 978 000 $

      Par comparaison :

      "La dette du gouvernement aux États-Unis est passée de 37 274 266 millions de dollars en août 2025 à 37 637 553 millions de dollars en septembre de la même année"

      https://fr.tradingeconomics.com/united-states/government-debt

      Autrement dit, même si l’État US s’accaparait tout l’or du monde extrait des entrailles de la Terre par les humains depuis la nuit des temps, il lui resterait encore devoir plus de 7000 Milliards de dollars pour rembourser sa dette.

      Et de plus tout cet or n’est pas immédiatement monnayable :

      "Où se trouve l’or du monde aujourd’hui ?
      Contrairement à la croyance populaire, la majorité de l’or mondial n’est pas enfermé à Fort Knox ou empilé dans les coffres des banques centrales. Au contraire, environ 45% de l’or est transformé en bijoux, considérés comme une réserve tangible de richesse et de beauté. Les investisseurs privés en détiennent environ 22,5% sous forme de lingots et de pièces, tandis que les banques centrales en détiennent environ 17,5%, protégeant leurs réserves de lingots en tant qu’actifs monétaires. Les 15% restants sont utilisés dans l’industrie et dans diverses applications, de l’électronique à l’aérospatiale."

      https://paperjam.lu/article/quelle-est-la-veritable-quantite-dor-dans-le-monde

      Donc, même si l’or joue de plus en plus son rôle de "valeur refuge", que ce soit pour les investisseurs privés ou les États, il n’est toujours pas, actuellement, appelé à jouer un rôle réellement déterminant dans les rapports de force monétaires sur la planète.

      Quant au Bitcoin, même s’il réagit sporadiquement à la baisse sur les coups de tête de Trump, il n’en conserve pas moins une tendance également nettement haussière, contrairement à ce que prétend cet article trotskyste, en parlant de "krach" pour un "creux" de quelques jours, alors que c’est plus de 770% de hausse sur 5 ans !!!

      Et le fait est également que les cours de bourse restent nettement orientés à la hausse malgré l’instabilité relative des enjeux géostratégiques.

      Le constat est donc simplement que l’on est déjà passé de l’économie capitaliste "financiarisée" de la fin du siècle dernier à une économie "monétaire" banco-centralisée où la masse des "superprofits" encore réalisés ne dépend plus que de la masse monétaire mise en circulation par les Banques Centrales à travers l’endettement public et privé.

      Luniterre

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    • @FB

      Le but du débat c’est d’abord d’éclaircir les confusions, de manière à savoir de quoi on parle vraiment, même si on n’est pas forcément tous d’accord sur les solutions à apporter. Du moins, cerner la réalité des problèmes est le premier pas nécessaire vers une solution de consensus efficace, s’il en est une.

      Dans le présent débat il était donc resté une confusion, éventuellement "héritée" d’un précédent débat, du reste, sur la notion de "productivité", selon qu’elle puisse être vue de manière subjective, dans un rapport général entre travail et production, ou d’une manière analytique, en fonction d’une évaluation possible de la valeur de la force de travail dans un rapport de production particulier, traditionnellement capitaliste, depuis deux siècles, et dans son évolution actuelle, désormais banco-centraliste.

      Aussi bien par rapport à ce précédent débat que par rapport aux débuts confus du présent débat il y a donc un pas en avant intéressant de déjà effectué, mais évidemment il peut encore rester tel ou tel point à éclaircir, et surtout, encore pas mal d’autres pas en avant à faire pour aboutir à la constitution d’une alternative réelle dans notre pays.

      Il nous faut donc continuer à débusquer les confusions entretenues par le système et ses "oppositions" de complaisance plus ou moins cultivée ou inconsciente, par simple atavisme idéologique passéiste.

      Luniterre

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  • Oui peut-être que plus de machine et plus de productivité par l’intelligence artificielle pourrait apporter plus de marges et d’efficacité, sauf qu’il ne faut jamais oublier que si les entreprises peuvent se passer de salariés, elles auront toujours besoin de trouver des clients, or ce sont les mêmes !

    Trazibule

    Répondre à ce message

    • @Trazibule

      Pour éviter les "confusions" :

      "plus de marges et d’efficacité"

      >>> il n’y a qu’un rapport en réalité indirect, sinon carrément illusoire, entre les deux.

      La "marge" ne dépend que de la masse monétaire en circulation et de l’attractivité du produit pour le client solvable.

      L’"efficacité" n’est que la capacité plus ou moins grande de la machinerie à reproduire la valeur qui y a été investie et qui reste, hors marge, sa valeur d’usage.

      Il y a évidemment un lien entre masse salariale et masse monétaire en circulation.

      Mais le fait est bien, avec la robotisation, qu’il y a une déconnexion de plus en plus complète entre masse salariale et productivité du travail. C’est l’origine fondamentale de la dette systémique des pays technologiquement avancés.

      Et comme il n’y a pas de solution à ce problème du point de vue de la "rentabilité" au sens réellement capitaliste du terme, c’est à dire en termes de production de plus-value réelle émanant du processus productif lui-même, l’alternative logique pour la partie la plus "éclairée" de la classe dominante est simplement de conserver le contrôle de la dette et de s’installer durablement en position de parasite de son expansion plus ou moins "contrôlée".

      A terme une sorte de nouvel "équilibre" est possible avec un contrôle total de la circulation monétaire via les "Monnaies Numériques de Banques Centrales" (MNBC, CBDC en jargon mondialiste). Un "équilibre" qui repose donc sur un contrôle total du circuit production-consommation : un contrôle nécessairement totalitaire et qui n’a plus rien à voir avec le capitalisme au sens "classique" du terme. Une dystopie devenue réalité et dont le "crédit social à la chinoise" n’est encore qu’une très pâle ébauche.

      Luniterre

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  • Quel est la productivité de la sympathique dame qui m’accueille à la mairie et me répond ou m’oriente ?

    Distingue-t-on bien la production palpable et monnayable de la production intellectuelle des chercheurs en tous genres ?

    Quelle est la productivité des professeurs des écoles ?

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    • Parler de productivité n’a tout simplement pas de sens, par définition, s’il n’y a pas de production en jeu, dans laquelle le dit travail productif est directement intégré, en tant que force de travail au cours même du processus productif.

      Néanmoins, par extension, lorsqu’une activité de service se trouve être commercialisée, il y a bien des cas où la force de travail se trouve être directement intégrée au service commercialisé. Par exemple, une chambre d’hôtel est louée à la journée avec un service de nettoyage et de ménage inclus, sans lequel le "produit" location de chambre ne se conçoit pas.

      C’est un cas où il est donc possible d’évaluer assez précisément la plus-value extraite de ce type de travail.

      Ce type d’évaluation est donc également possible, même si un peu plus compliqué, pour les profs des écoles privées, en comparant salaires, prix, etc…

      Sinon, d’une manière générale, on peut parler d’efficacité plus ou moins relative d’une activité de service, mais le terme de productivité y est le plus souvent inapproprié.

      Quant à la "production intellectuelle", et même concernant celle des chercheurs dans les entreprises industrielles, le terme de "productivité" ne peut pas réellement leur être appliqué, vu que pour l’essentiel le résultat de leur travail de recherche se trouve être intégré à la ligne de production ex ante par rapport au processus productif lui-même.

      Intégré directement à la machinerie il est donc intégré directement à l’investissement en capital fixe, et s’il contribue ainsi à augmenter la valeur du capital fixe, il reste donc néanmoins un investissement à amortir avec ce même capital fixe, et il n’est donc pas directement une source de plus-value.

      Une fois que la ligne de production est lancée avec toutes ses innovations, même si son concepteur disparaît elle n’en continue pas moins à produire, grâce à la force de travail des ouvriers productifs sur cette ligne, si ce n’est pas déjà d’une ligne entièrement robotisée qu’il s’agit.

      L’analyse de la valeur encore produite par la société humaine au XXIe siècle exige donc une approche dialectique complexe pour être réellement signifiante et utile.

      Le cas du travail intellectuel entièrement intégré à une ligne de production entièrement robotisée montre la prépondérance que prend désormais le capital fixe dans la production de valeur commercialisée, mais qui reste en fait une valeur d’usage au sens où elle n’est plus essentiellement que la reproduction de la valeur d’usage du capital fixe mis en jeu dans le processus productif.

      La marge commerciale réalisée à partir d’un tel processus n’est donc pas à proprement parler une "plus-value", et surtout pas au sens marxiste du terme. Elle ne peut donc être réalisée que par la circulation d’une quantité de monnaie "extra" par rapport aux investissements engagés, et comme elle ne provient pas du travail des producteurs "disparus" elle provient donc nécessairement de la dette et du crédit, et donc banco-centalisées, in fine, même si encore indirectement, au stade actuel.

      Évidemment, résumé dans un post, cela peut induire des confusions et c’est pourquoi il est nécessaire de se référer à des articles plus complets sur ces sujets.

      Pour aller plus loin sur le thème :

      https://cieldefrance.eklablog.com/2025/02/pour-en-finir-avec-le-mythe-de-la-productivite-du-travail-au-xxie-siecle-vf-agoravox.html

      Récent sur le thème :

      https://cieldefrance.eklablog.com/2025/10/la-pyramide-sociale-au-xxieme-siecle-le-monde-a-t-il-change-de-base-et-de-sommet.html

      https://cieldefrance.eklablog.com/2025/10/la-veme-republique-peut-elle-renaitre-des-cendres-de-l-implosion-de-la-macronie.html

      Luniterre

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  • bel article merci !

    https://www.palim-psao.fr/2019/05/p…

    https://www.google.fr/books/edition…

    Laissons les s’entretuer du mieux qu’on peut ils savent faire ça très bien depuis des lustres
    vu quils nous en foutent de la sale pression partout au quotidien
    et essayons de ne pas nous entretuer nous même, pas facile no ?
    une solution entre autres : débrancher téléphones télés ordis écrans linky &co, ça fera baisser la tension ça peut faire de jolis pots de fleurs et on pourra jouer aux dés, aux dominos aux cartes et à la pétanque en plantant des choux tranquilles à la lueur de nos lampes à pétrole et de nos bâtons de carnaval…on sait fabriquer des feux d’artifices et des contrefeux nous ausii…

    salut !

    YD

    tiens, du bon miam miam
    https://shs.cairn.info/hollywar—97…

    https://shs.cairn.info/la-fabricati…

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  • Minvielle a incontestablement raison, et la baisse du taux de profit n’est plus si « tendancielle » que ça, vu l’élévation gigantesque de la composition organique du capital…

    Amitiés,

    Annie

    Répondre à ce message

    • Salut Annie,

      Tu penses donc que Minvielle a raison de dire que la productivité du travail diminue ?

      Je pense exactement le contraire :

      Avant, il fallait un certain nombre d’heures de travail humain pour produire une certaine quantité d’objets. Aujourd’hui, grâce aux progrès scientifiques et techniques, il en faut beaucoup moins pour produire la même quantité d’objets de la même qualité.

      Ce qui signifie que la productivité du travail a nettement augmenté. Aujourd’hui il y a donc besoin de beaucoup moins d’actifs qu’auparavant pour assumer nos retraites par répartition.

      C’est l’argument massue pour contrer la propagande du pouvoir qui prétend vouloir augmenter l’âge de départ à la retraite sous prétexte que la proportion d’actifs par rapport aux retraités a diminué.

      Amitié,
      do
      http://mai68.org

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      • @Annie
        @Do

        _"Minvielle a incontestablement raison, et la baisse du taux de profit n’est plus si « tendancielle » que ça, vu l’élévation gigantesque de la composition organique du capital…"

        _"Tu penses donc que Minvielle a raison de dire que la productivité du travail diminue ?
        Je pense exactement le contraire :
        Avant, il fallait un certain nombre d’heures de travail humain pour produire une certaine quantité d’objets. Aujourd’hui, grâce aux progrès scientifiques et techniques, il en faut beaucoup moins pour produire la même quantité d’objets de la même qualité."

        Pour ma part, il me paraît désormais évident, et surtout depuis la crise, de 2007-2008 et sa "réplique sismique"-continuation de 2020-2021, dite "du covid", que la baisse tendancielle du taux de profit, sous la poussée de "l’élévation gigantesque de la composition organique du capital…" , n’est pas du tout une sorte de fonction linéaire, ce qui serait au demeurant tout à fait antidialectique.

        Ces deux crises et leurs "solutions" de type "Quoi qu’il en coûte", même si à des degrés diverses selon les pays, en termes d’explosion de la dette publique et privée, montrent que le point de "survie" du capitalisme "classique", même "financiarisé", a déjà été globalement dépassé pour l’ensemble du système, sauf rares îlots de type nationaliste bureaucratique, comme la Russie, l’Iran et quelques autres "vilains petits canards" rétifs à la mondialisation.

        La question soulevée par Do est intéressante en ce qu’elle nous ramène au débat déjà développé avec le camarade Gérard Bad, il y a quelques années, et qui "achoppait", en quelque sorte, sur la tendance à une augmentation éventuellement "infinie" de la productivité du travail avec la robotisation.

        Le point étant que selon cette logique apparente le dernier ouvrier encore en poste sur une ligne de production robotisée aurait donc atteint une "productivité du travail" quasi exponentielle, et serait donc à lui tout seul producteur d’une "plus-value" d’un même ordre de grandeur !

        Or ce n’est manifestement pas le cas à mesure que la robotisation exclut de plus en plus totalement le travail productif humain des usines désormais totalement automatisées, pour les plus "avancées" d’entre elles en termes de robotisation.

        Et pourtant la robotisation reste compatible, voire même "encourage" la tendance aux "superprofits", qui ne proviennent donc plus essentiellement de l’exploitation du travail salarié, même si elle n’a pas cessé pour autant, même si sous d’autres formes, notamment dans les activités de services, que l’extraction de plus-value à partir du travail humain productif.

        On en revient donc toujours à ce simple constat que les "superprofits" ne dépendent plus de l’extraction de la plus-value sur le travail humain productif mais simplement de la masse monétaire en circulation, tant dans le circuit supposément "financier", en réalité purement spéculatif, que dans le circuit production-consommation, masse monétaire "extra" qui assure à la fois le cycle de renouvellement du capital fixe et l’écoulement des marchandises produites.

        Et cette masse monétaire à croissance exponentielle n’existe elle-même que par la croissance exponentielle de la dette et du crédit. Et c’est bien la nouvelle classe dominante banco-centraliste qui la contrôle d’ores et déjà, tout en cherchant à rendre ce contrôle irréversible par tous les moyens, y compris et inévitablement, de la manière la plus totalitaire qui soit !

        Luniterre

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        • Salut Luniterre,

          Tu dis : « Le point étant que selon cette logique apparente le dernier ouvrier encore en poste sur une ligne de production robotisée aurait donc atteint une "productivité du travail" quasi exponentielle, et serait donc à lui tout seul producteur d’une "plus-value" d’un même ordre de grandeur ! »

          Je n’ai jamais dit que ce tout dernier producteur serait à lui tout seul "producteur" d’une énorme plus-value. Ce que je dis, c’est que l’usine produit autant d’objets, sinon plus, et de même qualité, voire meilleure, qu’à l’époque où il y avait tout plein d’ouvriers dedans.

          Pour le reste, tu sais bien que je suis d’accord avec toi.

          Ce qui m’intéresse ici c’est le débat national sur les retraites.

          Et je dis qu’au sens où j’utilise l’expression "productivité du travail", c’est-à-dire au sens intuitif (*), celle-ci a nettement augmenté. Aujourd’hui il y a donc besoin de beaucoup moins d’actifs qu’auparavant pour assumer nos retraites par répartition.

          C’est l’argument massue pour contrer la propagande du pouvoir qui prétend vouloir augmenter l’âge de départ à la retraite sous prétexte que la proportion d’actifs par rapport aux retraités a diminué.

          (*) La productivité du travail, au sens intuitif, n’est absolument pas la capacité à produire de la plus-value, mais la capacité à produire des objets.

          Amicalement,
          do
          http://mai68.org

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          • Bonsoir, camarade !

            Pas plus tard qu’en février dernier nous avons eu un débat assez similaire, où cette notion de "productivité infinie" a été abordée, et qui semble donc encore aujourd’hui avoir prêté à confusion, même si tu précises utilement ta position, mais qui était donc jusque là restée assez ambiguë en fonction du débat de l’époque :

            Salut Luniterre,

            Tu dis : « Si la "productivité du travail" augmentait avec la robotisation, les derniers ouvriers opérant encore sur les chaînes robotisées avant d’être virés à leur tour devraient, selon cette "logique", être de plus en plus "productifs", à mesure que leur nombre se réduit encore… »

            Tel est effectivement le cas. Je ne comprends pas pourquoi tu tiens à dire le contraire. Cela va avec la baisse tendancielle du taux de profit, qui est due à la hausse tendancielle de la productivité du travail.

            La hausse de la productivité du travail tend vers l’infini et quand il n’y aura plus aucun travailleur, alors cet infini sera atteint.

            La hausse de la productivité du travail permet de jeter à la figure de nos dirigeants que si, aujourd’hui, 10 ouvriers produisent autant de choses qu’un seul ouvrier (*) il y a longtemps, il n’y a aucun problème de retraite : même si le nombre d’actifs diminue chaque année par rapport au nombre de retraités.

            https://mai68.org/spip3/spip.php?article2896#forum1913

            Faire une recherche avec la racine "infini" dans cet article permet de mesurer l’ambiguïté qui restait donc concernant cette question, mais si aujourd’hui elle est éclaircie le mieux est donc de tenter d’avancer pour aller plus loin dans ce débat fondamental.

            Un autre point déjà abordé à l’époque, mais qu’il est utile de repréciser pour le lecteur "nouveau" sur le thème, c’est que quasi systématiquement les derniers ouvriers opérant sur une chaîne en voie de robotisation complète sont essentiellement des ouvriers de surveillance du fonctionnement du processus et de maintenance technique du bon état du capital fixe engagé dans le processus, et non pas des ouvriers productifs au sens de la force de travail directement intégrée dans la production elle-même et donc éventuellement encore productive de plus-value au sens marxiste du terme.

            C’est donc à ce stade que la prétendue "productivité du travail" devient un mythe d’agit-prop patronal pour "presser le citron" de l’ouvrier au maximum avant de le jeter au chômage pour "non rentabilité"…

            Il est donc clair, malgré ce "biais d’interprétation" de la notion de "productivité du travail" que le bénéfice de l’entreprise nouvellement "robotisée" qui vire quasiment tout son personnel ouvrier ne le fait pas pour perdre de l’argent mais bien au contraire pour augmenter sa marge de profit, ce qui n’est donc possible que s’il y a une masse monétaire suffisante en circulation "ailleurs" que dans la classe ouvrière en voie de disparition !

            Ce qui est bien le cas avec le phénomène de "tertiarisation" de la société, mais n’en génère pas moins une part systémique de la dette, précisément du fait du déséquilibre des échanges économiques entre secteurs d’activités en termes de masses salariales respectives.

            Une part systémique de la dette qui ne peut être relativement "réduite" qu’en étant assumée collectivement en fonction des besoins sociaux réels, dont ceux des retraités, effectivement.

            D’où l’idée de reconstruire un Conseil National du Crédit qui remette en phase les politiques d’investissement avec les besoins réels et urgents et qui soit constitutionnellement placé sous l’égide d’un processus démocratique qui reste donc à définir et à préciser, mais qui devrait devenir l’instance essentielle de la gestion économique du pays et la garantie de son indépendance en regard de toutes institutions à prétentions "supranationales" !

            Luniterre

            (* Ici on suppose que tu as voulu dire : " La hausse de la productivité du travail permet de jeter à la figure de nos dirigeants que si, aujourd’hui, 1 seul ouvrier produit autant de choses que 10 ouvriers il y a longtemps, il n’y a aucun problème de retraite : même si le nombre d’actifs diminue chaque année par rapport au nombre de retraités." )

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            • Salut Luniterre,

              Peut-être m’étais-je mal exprimé à l’époque ; mais, dans ma tête cela a toujours été clair. Ce que j’ignorais, c’est ce que tu entendais par "productivité du travail" ; sinon, j’aurais précisé ma position.

              Note bien que je t’avais dit qu’à mon avis, ce que tu entendais par "productivité", ce n’était pas la productivité du travail mais la productivité du capital. Je faisais déjà la différence entre productivité du travail et productivité du capital.

              Franchement, il faut vraiment se placer du point de vue du capitaliste pour dire que la productivité du travail concerne la plus-value qu’il peut en tirer.

              Personnellement, il me paraît évident que si tu demandes dans la rue aux gens, ils te diront presque tous que la productivité du travail concerne la quantité et la qualité des objets qui sortent des usines.

              Amicalement,
              do
              http://mai68.org

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              • D’une part, il y a toujours essentiellement un retard sur la conscience qu’ont la plupart des observateurs de la réalité de l’évolution économique et sociale.

                D’autre part il y a toujours également un biais d’agit-prop des pseudos-"analystes" en fonction de leurs positions de classe et de leurs intérêts immédiats.

                En l’occurrence il s’agit donc pour les tenants du système de faire bosser plus leurs salariés pour le même prix. Il est donc commode pour eux de prétendre "responsabiliser" leurs salariés par rapport au volume de la production, alors même qu’ils n’en sont plus que des "accessoires" extrêmement périphériques dans la plupart des processus productifs modernes.

                Il ne s’agit pas non plus de "déresponsabiliser" les travailleurs par rapport aux enjeux de la production, mais de les faire au contraire accéder à la conscience des enjeux sociaux collectifs qui en découlent et qui dépassent donc complètement le cadre de la pseudo-"rentabilité" de telle ou telle entreprise industrielle, qui n’existe plus, en réalité, en dehors du cadre des échanges entre catégories sociales des divers secteurs économiques, dont la très grande majorité sont d’ores et déjà tertiarisés et ne le seront guère moins à l’avenir, même si l’on arrive à reindustrialiser le pays, et surtout sur une base technologique qui ne soit pas archaïque !

                Luniterre

                Répondre à ce message

      • La productivité du travail, facteur de croissance de la plus-value relative, augmente ; la plus-value absolue (intensification du travail sans modification des conditions techniques de production) aussi, à en juger par la situation actuelle générale du capitalisme, en France et ailleurs, mais l’augmentation considérable de la composition organique du capital (part croissante du capital constant par rapport au capital variable) abaisse le taux de profit. Et l’IA accentue le phénomène.

        Il faut toujours en revenir à Marx, à Travail salarié et capital, à Salaire, prix et profit et au Capital, pour saisir la contradiction fondamentale du capitalisme : ce qui l’intéresse n’est pas la masse produite ou « l’utilité des marchandises » mais le taux de profit (rapport de la plus-value sur le capital total). Le taux d’exploitation augmente, assurément (rapport du travail payé sur le travail non payé, cf. les analyses de la paupérisation, relative et absolue, que les temps récents démontrent plus que jamais), mais le taux de profit baisse. Le capitalisme, de plus en plus visiblement, paralyse le développement des forces productives, comme les autres modes de production périssables, qui ont de ce fait péri…

        Amitiés,

        Annie

        Répondre à ce message

        • @Annie

          La relation développée par Marx entre la plus-value absolue et relative est évidemment tout à fait juste et s’applique pleinement à l’époque du plein essor du capitalisme industriel, qui est son époque, et encore jusqu’à l’époque des Trente Glorieuses, qui est son apogée en France, mais décline sérieusement à partir de là, pour s’effondrer tout à fait avec la crise de 2007-2008, à partir de laquelle le système de domination de classe n’a pu survivre qu’avec l’intervention massive de la création monétaire banco-centralisée, et constamment renouvelée depuis, sous diverses formes, et notamment une nouvelle vague massive de Quantitative Easing en 2020-2021 : "Quoi qu’il en coûte !" et consorts…

          Depuis plus de quinze années déjà le système ne tient plus que par l’expansion de la dette, mais qui alimente néanmoins les superprofits :

          https://france-inflation.com/graph_cac40.php

          https://tribunemlreypa.wordpress.com/wp-content/uploads/2025/05/bc3.png

          Et donc non seulement la baisse tendancielle du taux de profit a bel et bien miné le capitalisme, mais elle a carrément eu sa peau, à l’usure… Cependant cela n’a pas empêché la bourgeoisie de s’adapter aux nouvelles conditions de survie possibles pour la classe dominante, dont la partie réellement la plus dominante et la plus lucide sur les réalités économiques a donc déjà opéré sa mutation vers le banco-centralisme.

          Pour Marx il est clair que le capital, au sens où il l’entend à son époque, qui est celle de la révolution industrielle, c’est d’abord et avant tout, sinon en fait quasiment en tout et pour tout, le capital industriel, et qui se résume clairement, dans ses Grundrisse, à la somme des valeurs d’usage de ses composants, dont l’essentiel, surtout à son époque, donc, est la force de travail, la valeur d’usage de la force de travail, qui à cette époque est directement incorporée à la production à tous les stades du processus :

          "Die Arbeit ist nicht nur der dem Kapital gegenüberstehende Gebrauchswert, sondern sie ist der Gebrauchswert des Kapitals selbst."

          "Le travail n’est pas seulement la valeur d’usage faisant face au capital, mais il est la valeur d’usage du capital lui-même."

          http://dhcm.inkrit.org/wp-content/data/mew42.pdf

          PAGE 223

          https://archivmarx.wordpress.com/2023/01/10/contre-le-pseudo-marxisme-universitaire-et-groupusculaire-en-revenir-a-loriginal/

          ( Inclut différentes éditions PDF des Grundrisse en VO allemande, en anglais et en français )

          https://ekladata.com/f1L_anDzLT2tMsT34QnWyleFwVk.png

          Amicalement,

          Luniterre

          Répondre à ce message

  • COQUILLE >>> la citation est page 233 et non 223 :

    "Die Arbeit ist nicht nur der dem Kapital gegenüberstehende Gebrauchswert, sondern sie ist der Gebrauchswert des Kapitals selbst."

    http://dhcm.inkrit.org/wp-content/data/mew42.pdf

    Luniterre

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