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Unabomber & l’écoterrorisme dans un monde en déclin

mercredi 5 novembre 2025, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 5 novembre 2025).

[Unabomber. Une guerre contre la société industrielle Le nouvel ouvrage du sociologue Laurent Denave aux éditions Raisons d’Agir]

Poser des bombes pour venger la nature : Unabomber est-il le symptôme d’un monde qui bascule ?

Le célèbre terroriste américain Theodore Kaczynski (1942-2023), surnommé Unabomber, a échappé au FBI pendant 17 ans. Il a posé 16 bombes qui ont tué 3 personnes et en ont blessé 23 autres. Ennemi déclaré de la « société industrielle » et défenseur de la nature, il a abandonné une brillante carrière universitaire pour vivre au milieu des bois, dans une cabane sans eau ni électricité. C’est là qu’il a fabriqué ses engins explosifs, destinés principalement à des universités ou des compagnies aériennes. Son recours au terrorisme meurtrier est exceptionnel dans les mouvements écologistes, même les plus radicaux et les plus portés sur l’action directe.

Cet ouvrage analyse le parcours singulier de ce marginal, dont les frustrations et blessures ont nourri désespoir et colère, le faisant progressivement basculer dans la violence pour « venger » la nature.

La prophétie d’un effondrement inéluctable de la société moderne, soutenue par Unabomber, est une idéologie de crise (liée au déclin de l’Empire américain), qui porte une forme radicale de retour à la nature, un projet ouvertement anti-progressiste, au risque de devenir un écofascisme.

Faut-il détruire la société industrielle et décimer l’humanité pour sauver la nature ? Ce parcours extrême et singulier interroge : à quel moment l’incapacité à susciter une prise de conscience collective de la crise environnementale d’origine humaine devient-elle si insupportable au militant écologiste qu’il bascule dans une colère sans limite et dans une violence destructrice de l’humanité même ?

Accessible à des non-spécialistes, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur l’histoire de la violence au sein du mouvement écologiste

«  Revenir sur l’itinéraire d’Unabomber permet d’éclairer la situation de crise traversée par nos sociétés capitalistes occidentales : les inquiétudes face à un avenir incertain qu’elle a pu susciter (pessimisme et catastrophisme), les transformations culturelles profondes qu’elle a pu engendrer (rejet de la modernité et retour à la nature) et la violence extrême qu’elle a pu produire (terrorisme)."

Sommaire du livre : https://laurentdenave.blogspot.com/…

6 Messages de forum

  • Unabomber cobaye et produit du programme MKUltra 5 novembre 22:06, par Himalove

    En quoi les expériences psychologiques à Harvard dirigé par Henry Murray parrainées par la CIA ont-ils modifié son caractère et induit une trajectoire terroriste ?

    ChatGPT-4o mini

    Influence des Expériences Psychologiques à Harvard sur Theodore Kaczynski

    Les expériences psychologiques auxquelles Theodore Kaczynski a participé à Harvard, qui étaient en réalité des études parrainées par la CIA dans le cadre du programme MKUltra, ont eu un impact significatif sur sa trajectoire personnelle et psychologique.

    Plusieurs éléments clés montrent comment ces expériences ont pu influencer son caractère et contribuer à sa radicalisation ultérieure.

    Cadre des Expériences dirigées par Henry Murray et supervisées par Sydney Gotlieb (CIA)

    * Contextes des Expérimentations : Kaczynski a été impliqué dans des études sur la manipulation psychologique, qui incluaient des techniques de contrôle mental, souvent sous l’influence de drogues psychotropes comme le LSD.

    * Durée et Conditions : Ces expériences se déroulaient dans un environnement rigide et compétitif, créant un stress psychologique intense et parfois des situations humiliantes pour les participants.

    Modifications du Caractère

    1. Traumatismes Psychologiques : Les méthodes de manipulation comportaient un aspect particulièrement traumatisant, entraînant une détérioration de son bien-être mental. Cela a pu renforcer son isolement et sa méfiance envers les autres.

    2. Renforcement de l’isolement : Les abus psychologiques ont exacerbé son sentiment de solitude et son rejet des normes sociales et académiques, contribuant à son choix de vivre en autarcie dans une cabane dans les bois.

    3. Perception de la Réalité : Les expériences ont modifié sa perception des individus et des institutions, renforçant son idée que la société moderne était malveillante.

    Convergence vers une Trajectoire Terroriste

    * Radicalisation Idéologique : Les traumatismes et l’isolement ont pu renforcer ses convictions anti-technologiques et son inclination à voir la violence comme une réponse légitime à ce qu’il percevait comme une oppression.

    * Dissonance Cognitive : L’expérience de Kaczynski dans ces études a pu créer une dissonance cognitive qui l’a poussé à justifier ses actions violentes comme étant des moyens nécessaires pour un objectif plus grand.

    * Utilisation de la violence comme outil de communication : Sa participation à ces expériences, et leur impact sur sa personnalité, ont conduit à la conviction que la terreur pouvait être un moyen efficace d’attirer l’attention sur ses idées.

    Conclusion

    Les expériences psychologiques à Harvard ont joué un rôle crucial dans la formation du caractère de Theodore Kaczynski. En exacerbant son isolement et en modifiant sa perception de la réalité, ces études ont contribué à sa radicalisation, l’amenant à adopter une trajectoire terroriste. La combinaison de son intelligence, de son isolement accru et de ses traumatismes psychologiques a créé un terrain fertile pour le développement de son idéologie violente et de ses actions ultérieures.

    • Bonjour et merci pour ce message !
      Je traite justement de ce sujet dans un encadré intitulé : "Dégâts psychologiques d’une science au service du pouvoir" ! ;)
      Laurent Denave

      • Unabomber cobaye et produit du programme MKUltra 6 novembre 19:35, par Himalove

        Bonjour,

        Je pense que je lirais votre livre intitulé "L’Inhumanité, serial killer et capitalisme" sorti en 2024. Le sujet m’intéresse pour avoir côtoyé en prison et ailleurs des assassins…

        Pour en revenir à Theodore Kaczynski que je considère comme un martyr eu égard les 23 ans passés dans la pire des prisons américaines, Supermax, et la façon dont il s’est suicidé, alité et rongé par un cancer, en s’étranglant péniblement avec un lacet attaché à un barreau de son lit d’hôpital, j’ai été étonné qu’il n’y ait eu aucune enquête administrative ou judiciaire demandée par ses avocats.

        A Supermax, la déshumanisation de Ted y a été totale.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Supermax

        Amicalement.

        • Bonjour,

          Du coup, je serais très curieux d’avoir un retour sur mon livre L’Inhumanité.
          N’hésitez pas à m’envoyer un mail pour prolonger la discussion : denavelaurent @ gmail.com
          Je ne sais pas si Kaczynski est un martyr, mais je pense que la prison n’est jamais la bonne solution… Pour les individus rendus dangereux par la société et considérés comme "malades", il faut les soigner dans un établissement fermé, pour les autres, il serait temps de trouver d’autres solutions, y compris pour les pires des prisonniers, qui ont fait le plus de mal à la société, comme Sarkozy et ses compères…

          Amicalement,

          Laurent

          • Unabomber cobaye et produit du programme MKUltra 7 novembre 14:46, par Dominique

            Sur la nocivité des prisons, je suis d’accord. Mais il reste le problème des irrécupérables. Après le génocide au Rwanda, ils ont appliqué une justice très simple : ceux qui n’avaient que 2 ou 3 morts sur la conscience furent condamnés à de la prison puis, après avoir purgé leurs peines, ont pu retourner à une vie normale. Quand à ceux qui avaient plus de morts sur la conscience, ils ont considéré que pour pouvoir commettre de telles abominations, la case qui leur manquait était tellement grande, qu’il était illusoire de croire en une quelconque possibilité de réinsertion, sans compter les problèmes que cela aurait causé lors de rencontre avec les familles de leurs victimes. Donc pour ceux-là, ce fut la peine capitale.

            Quand à Kackzynski, si en tuant des gens il a dérapé très fort, je pense que comme les luddites, il a très bien identifié le point faible du techno-capitalisme qui nique la planète et nous asservit à la machine et à ses maîtres, son infrastructure, ou en termes marxistes, le capital investi, l’outil de travail des riches.

            • Unabomber cobaye et produit du programme MKUltra 7 novembre 21:16, par Himalove

              Bonjour Dominique,

              Des nations entières ont été fondées sur des génocides (Etats-Unis d’Amérique, Israël). Je ne vais pas demander leur disparition… Lors même je le ferais, il n’existerait pas de justice terrestre pour appliquer la sentence.

              Le génocide à l’échelle de l’individu s’appelle le meurtre en série. Dans ce cas, en général, il arrive que le tueur dégoûté de lui-même (lire Dostoïevski) ou aimant tellement l’acte de tuer s’inscrive lui-même sur la liste des victimes. Il donne volontairement des indices aux policiers pour qu’ils l’attrapent savourant en prison la lecture des journaux qui écrivent sa légende… La peine de mort dans ce cas-là ne sert à rien car elle est un couronnement de carrière ! Je me souviens avoir vu au début des années 80 en promenade à la Santé, un criminel endurci qui portait des points de suspension tatoués à l’encre bleue au tour du cou avec la mention "à découper…"

              On punit davantage un criminel qui est souvent un m’as-tu-vu en l’oubliant pendant de très longues années dans une cellule de 4 à 5 mètres-carrés avec une fenêtre grillagé qui vous interdit de voir l’horizon. On dit en prison qu’après dix ans, on fait un tour dans sa tête. Certains criminels en France y sont depuis 40 ans. Une petite peine aux Etats-Unis où des prisonniers sont condamnés à 150 ans de prison ! Là une condamnation équivaut à une damnation. L’enfer des prisons à vie y est plus terrible que l’échafaud (voir les documentaires sur l’unité H des pénitentiers fédéraux Supermax). Je ne crois pas aux histoires de rédemption, etc. Je crois qu’on y devient fou à partir d’un certain temps. Même si on le cache aux autres. "Libre" elle reste quelque part en vous comme une porte ouverte sur le néant ou sur un imaginaire délirant qui vous rattrape un jour ou l’autre… On garde toujours en mémoire "la musique des barreaux", les amours défunts au parloir et le bruit sec des portes qui claquent. J’ai été prisonnier dans ma jeunesse 7 ans et 4 mois, aujourd’hui, à près de 69 ans, elle m’a rattrapé : je suis schizophrène, vraiment quelque part coupé du monde, puni à jamais.

              Amicalement.

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