Dans sa première partie cette interview explique assez bien le glissement de terrain historique de la classe politique française vers le "nihilisme" au sens de l’absence dans l’ensemble de ses rangs de toute valeur réellement humaine, culturelle et sociale capable d’unir et de mobiliser au moins une partie significative de la population.
Par la suite il escamote par contre assez nettement le problème de l’échec de la laïcité qui est en train d’achever de détruire ce qui pouvait encore rester de cohésion sociale républicaine et de vie démocratique dans notre pays.
La civilisation européenne est historiquement essentiellement « chrétienne », chrétienne au sens général du terme, évidemment, sans rentrer dans le détail des schismes, hérésies et sectes diverses…
Personnellement, je suis complètement athée, même si j’ai passé une autre partie de ma vie à étudier l’histoire des religions, et plus précisément celle des hérésies médiévales.
L’humanisme est né en Europe comme une forme dérivée de l’humanisme chrétien, et l’humanisme laïc comme une forme moderne de l’humanisme en général, mais dont la souche ancestrale reste la morale chrétienne, ce qui n’a d’ailleurs pas complètement échappé à Emmanuel Todd.
L’échec actuel de la « laïcité républicaine » est patent, mais le fait est que le concept de laïcité, tel que défini au début du XXe siècle, visait essentiellement à fixer un rapport de force entre l’Église catholique et l’État républicain tel que l’Église renonçait de fait à jouer un rôle politique officiel et surtout dominant.
Mais dans le contexte actuel, et depuis déjà la fin du siècle dernier, avec la montée des divers intégrismes religieux, massive dans le cas de l’islam, il y a un nouveau conflit latent et de plus en plus explicite entre le principe théocratique et la République laïque. Il faut donc assumer, pour les partisans de la laïcité, qu’une nouvelle définition du rapport de force entre État et religion est à concrétiser dans une législation appropriée à l’évolution actuelle de la société et qui doit essentiellement affirmer l’incompatibilité de tout principe théocratique avec la Constitution républicaine.
Pour que la laïcité retrouve une véritable légitimité le renoncement explicite à tout principe théocratique doit enfin devenir constitutionnellement une base incontournable et explicitement statutaire de l’existence légale de toute Église ou institution religieuse sur le territoire de la République. Une telle remise à jour de la loi de 1905 par voie de référendum, c’est l’un des trois piliers référendaires du retour à l’indépendance nationale de notre pays.
Mais actuellement le plus urgent semble bien être de reprendre cette idée essentielle d’Olivier Marleix et probablement l’une des causes qui ont rendu son "suicide" non seulement utile mais carrément indispensable pour la Macronie : sanctuariser constitutionnellement la force de frappe française en termes de doctrine géostratégique et d’utilisation potentielle contre toute tentative de mutualisation au sein des institutions européennes et/ou otanesques. Par voie de référendum, c’est même la première urgence par ordre de priorité, dans le contexte actuel de frénésie guerrière de l’UE au service de l’Etat profond banco-centraliste mondialisé.
Sur le plan de l’indépendance économique le pilier le plus fondamental reste évidemment le rétablissement, également par voie référendaire, du Conseil National du Crédit, sur la base d’une représentativité nationale et régionale démocratique, et doté de pouvoirs constitutionnels lui assurant la suprématie du contrôle du crédit et de la circulation monétaire sur le territoire français, par rapport à toutes les autres institutions internationales, à commencer par la BCE.
Avec une politique du crédit dont le premier objectif sera d’aider notre agriculture nationale à être rapidement en mesure d’assurer l’autonomie alimentaire du pays, ces trois piliers sont le fondement du retour véritable à l’indépendance nationale, sans s’encombrer de palabres et de processus bureaucratiques type "frexit" qui ne sont jamais que la "reconnaissance en négatif" de l’autorité des instances internationales parasitaires des lobbies banco-centralistes mondialisés.
Luniterre
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