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« Nous ne serons plus jamais esclaves » : le discours de Delcy Rodríguez, vice-présidente duVenezuela
TraductionAlain Marshal
Déclaration de la vice-présidente Delcy Rodríguez devant le Conseil de défense de la Nation, le 3 janvier 2026, à la suite de l’agression américaine et de l’enlèvement du président vénézuélien et de son épouse
Comme le savent bien le peuple vénézuélien et la communauté internationale, aujourd’hui, à exactement 1h58 du matin, le gouvernement des États-Unis a lancé une agression militaire sans précédent contre la République bolivarienne du Venezuela. Cela constitue une tache terrible dans le développement des relations bilatérales.
Au cours de cette opération militaire, le président
Nicolás Maduro et la première dame, première combattante, Cilia Flores, ont été
enlevés. Nous avions déjà averti qu’une agression était en cours, sous de faux
prétextes et de fallacieuses excuses, et que les masques étaient tombés. Cette
agression n’avait qu’un seul objectif : le changement de régime au Venezuela,
afin de permettre l’appropriation de nos ressources énergétiques, minières et
naturelles. Tel est le véritable objectif, et le monde comme la communauté
internationale doivent en être pleinement conscients.<?xml:namespace prefix =
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Nous avons convoqué ce Conseil de défense de la Nation, auquel participent les pouvoirs publics de l’État vénézuélien. Sont présents à nos côtés le président du pouvoir législatif du Venezuela, le docteur Jorge Rodríguez ; la présidente du pouvoir judiciaire, la docteure Carilia Beatriz ; et le président du pouvoir moral, le procureur général Tarek William Saab. Nous sommes également accompagnés du ministre de la Défense, du chef du CEO [Commandement stratégique opérationnel de la Force armée nationale bolivarienne – CEOFANB], du vice-président chargé de la sécurité citoyenne, du Conseil des vice-présidents, ainsi que du ministre des Affaires étrangères de la République bolivarienne du Venezuela, en plus d’invités spéciaux que nous avons conviés à ce Conseil de défense de la Nation.
Depuis cette instance, nous exigeons la libération
immédiate du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Le seul
président du Venezuela est le président Nicolás Maduro. Sont ici réunis les plus
hauts responsables de l’État vénézuélien : le haut commandement militaire, les
plus hautes autorités de l’État et la direction du Conseil des
vice-présidents.
Tous les acteurs politiques du pouvoir national au
Venezuela sont aujourd’hui réunis. Mais dans les rues du pays, le peuple s’est
également mobilisé en réponse à l’appel lancé auparavant par le président de la
République. Il avait averti que, si quelque chose lui arrivait, le peuple
descendrait dans la rue ; les militants se mobiliseraient sur leurs lieux de
travail ; la Force armée nationale bolivarienne serait activée et déployée sur
l’ensemble du territoire national ; et les organismes de sécurité citoyenne
entreraient en action. Tout le pouvoir national du Venezuela est mobilisé pour
réaffirmer ce que nous sommes par héritage, en tant que fils et filles de Simón
Bolívar. Par héritage, nous avons le devoir sacré de protéger notre indépendance
nationale, notre souveraineté et notre intégrité territoriale, qui ont été
sauvagement attaquées à l’aube aujourd’hui.
La communauté internationale s’est rassemblée et a élevé
la voix en soutien au Venezuela. De la Chine à la Russie, de l’Amérique latine
aux Caraïbes, de l’Afrique à l’Asie, les gouvernements du monde entier sont tout
simplement stupéfaits que la République bolivarienne du Venezuela soit la
victime et la cible d’une attaque de cette nature, qui porte sans aucun doute
une empreinte sioniste. C’est véritablement
honteux.
Notre Père libérateur [Bolivar] l’avait déjà exprimé dans
la Lettre de Jamaïque [1815] : « Le voile s’est déchiré, nous avons déjà vu la
lumière, et l’on veut nous replonger dans les ténèbres. Les chaînes ont été
brisées, nous avons déjà été libres, et nos ennemis cherchent à nouveau à nous
asservir. » S’il est une chose que le peuple vénézuélien et ce pays savent avec
certitude, c’est que nous ne serons plus jamais esclaves, que nous ne
redeviendrons jamais les colonies d’aucun empire, quel qu’il
soit.
Je reprends les paroles du président Nicolás Maduro qui, il y a à peine deux jours, lors d’une interview télévisée, réaffirmait publiquement la volonté de ce gouvernement de maintenir le dialogue afin d’aborder un agenda constructif. Et la réponse a été cette agression, qui viole de manière flagrante les articles 1 et 2 de la Charte des Nations unies.
Le président Maduro a tendu la main au peuple des États-Unis. En véritable chef d’État, il a réaffirmé ce que doivent être les canaux de communication diplomatiques, politiques et institutionnels d’un État, d’un véritable État, un État qui assume les relations internationales pour le bien-être des peuples, pour l’amitié, pour la coopération et pour des relations respectueuses du droit international. Voilà ce que nous sommes, nous, les Vénézuéliens et les Vénézuéliennes.
C’est pourquoi nous appelons le peuple vénézuélien à
demeurer calme, afin d’affronter ensemble, dans une parfaite union nationale,
cette fusion policière, militaire et populaire, pour qu’elle ne forme qu’un seul
corps, et que nous traversions cette étape extraordinaire de défense de notre
souveraineté et de notre indépendance nationale unis comme un seul corps, afin
de défendre notre cher Venezuela.
Ce Venezuela que nous avons hérité du plus grand homme
qu’ait connu l’histoire universelle. Ce Venezuela hérité de Bolívar, de Simón
Bolívar, de [Francisco de] Miranda, de [Rafael] Urdaneta, de [la bataille d’]
Ayacucho, de nos héros, de nos héroïnes, des martyrs qui se sont enracinés dans
cette terre sacrée pour défendre la dignité d’un peuple qui ne se rend pas, d’un
peuple qui ne capitule pas et qui ne sera plus jamais la colonie de qui que ce
soit : ni des anciens empires, ni des nouveaux, ni des empires en déclin.
Nous sommes résolument déterminés à conquérir la
liberté.
Ce qui est infligé aujourd’hui au Venezuela est une
barbarie. L’encercler, le soumettre au blocus, est une barbarie qui viole tous
les mécanismes du système international des droits humains, et qui constitue des
crimes contre l’humanité. Nous avons déjà démontré ce qu’a été l’année 2025 : la
lutte de notre peuple, de nos travailleurs, de nos entrepreneurs, de nos
communautés, de nos paysans, de nos pêcheurs. Tout le Venezuela uni autour d’un
même projet productif pour garantir les biens et services de notre peuple, pour
assurer l’alimentation, les médicaments et les biens essentiels. C’est pourquoi
nous appelons aujourd’hui à la défense de la
vie.
Qu’aucun Vénézuélien, qu’aucune Vénézuélienne ne reste à
l’écart. Car les extrémistes qui ont promu cette agression armée contre notre
pays devront en répondre devant l’histoire et devant la justice. Nous n’en
doutons pas un instant. Le peuple vénézuélien les a déjà relégués là où ils
doivent être : dans les poubelles de l’histoire. Et le peuple vénézuélien
conscient, animé par le feu sacré de la patrie, est profondément indigné par ce
qui constitue l’enlèvement illégal et illégitime du président et de la première
dame, la première combattante, Cilia Flores.
Tout le Venezuela est mobilisé. Et le décret déjà signé par le président Maduro, seul président du Venezuela, car il n’y a qu’un seul président dans ce pays, Nicolás Maduro Moros, est en cours de transmission, par ce Conseil de défense de la Nation, à la présidente de la Cour suprême de justice, afin qu’il reçoive l’aval constitutionnel de la Chambre constitutionnelle. Tout cela dans le strict respect de la Constitution.
Nous l’avons appris du commandant Chávez, face aux
vicissitudes, face aux coups d’État, face aux sabotages pétroliers. Nous sommes
prêts à défendre le Venezuela. Nous sommes prêts à défendre nos ressources
naturelles, qui doivent servir au développement national. Aujourd’hui, le peuple
vénézuélien est pleinement conscient de l’importance stratégique de ses
hydrocarbures et de ses ressources
énergétiques.
Ainsi, ce Conseil de défense de la Nation est activé. Il est désormais pleinement établi et dans l’attente de la décision de la Chambre constitutionnelle, que nous espérons imminente, afin qu’elle approuve le décret d’état de commotion externe édicté et signé par le président Nicolás Maduro, et que toutes les mesures prévues par ce décret soient appliquées à compter de maintenant.
À
notre Venezuela, à notre peuple, nous affirmons qu’il existe ici un gouvernement
clair et ferme. Et je répète, je répète encore les paroles du président, que je
fais miennes : nous sommes disposés à établir des relations fondées sur le
respect. Nous sommes disposés à des relations dans le cadre de la légalité
internationale et des lois de la République bolivarienne du Venezuela. C’est la
seule forme de relation que nous accepterons après que notre nation bien-aimée
et la capitale qui a vu naître notre Père libérateur, Simón Bolívar, ont été
attaquées et agressées militairement.
Dans l’union nationale, le peuple vénézuélien trouvera le
chemin de la paix et de la tranquillité. Ceux qui recourent à la force, ceux qui
recourent à la violence en violation de la légalité internationale, ne sont pas
dans leur droit. Nous, nous disposons de la légitimité historique et de la
légitimité morale pour rester fermes dans la défense de la paix, de la
tranquillité, du droit à l’avenir du Venezuela, du droit du peuple vénézuélien à
la patrie et du droit à un avenir et au bonheur social de notre
peuple.
Chevauchant aux côtés de notre Père libérateur à Angostura, nous chevauchons avec lui dans la Campagne admirable. Nous chevauchons pour libérer la grande patrie. Et nous appelons les pays et les peuples de la grande patrie à rester unis, car ce qu’ils ont fait aujourd’hui au Venezuela, ils peuvent le faire à n’importe quel autre peuple. Cette utilisation brutale de la force pour briser la volonté des peuples peut être infligée à n’importe quel pays. Aujourd’hui, elle a frappé le peuple de Bolívar.
Et soyez-en certains : le peuple vénézuélien, peuple
sage, patient, doté d’une patience stratégique, saura trouver le chemin pour
défendre la paix, pour défendre la tranquillité et pour défendre la
patrie.
Un immense merci à tous les Vénézuéliens et à toutes les Vénézuéliennes
