VIVE LA RÉVOLUTION
Accueil du site > Comment publier un article > La chanson populaire en perspective, hier et aujourd’hui

La chanson populaire en perspective, hier et aujourd’hui

jeudi 22 janvier 2026, par Dominique

Dans cet article, musique populaire désigne la musique qui aux USA est appelée folk music, était appelée musique folklorique en Europe dans les années 70 et englobe des genres très différents allant de l’Europe et sa musique folklorique avec des morceaux comme « la chanson du roi Renaud », à aujourd’hui et partout du blues au punk en passant par toutes sortes de fusion, sa caractéristique principale étant d’être chantée et de s’adresser aux gens dans tous les aspects de leur vie.

Pour les victimes de pub, la musique populaire est une musique qui se vend bien. Voir wikipedia pour ça.

Pour ceux, nombreux, qui refusent le dictat de cette doxa des temps modernes : « Plus ! », la musique populaire est, de l’aube de l’humanité à aujourd’hui, le principal monument de la musique.

Explication à travers « La musique dans la joie » de Jeanne Bovet, quelques exemples non exhaustif et une analyse de David Rovics sur les enjeux de ce qui lui arrive : en plus de subir différentes formes de censure, faits sans précédent connu, il à vu un album entier supprimé de spotify, et l’entier de son catalogue se faire supprimer de youtube, ceci alors que ces deux plateformes de streaming sont les deux principales à disposition des artistes et qu’elles leur sont indispensable pour se faire connaitre et assurer des revenus de leur musique.

Cet article aurait du être différent, mais après l’avoir sauvé alors qu’il était presque terminé, j’ai du dépassé la limite du nombre de caractères du site et il en a enlevé une bonne partie. Puis je me suis trouvé pris dans un déménagement - emménagement…

Dans « La musique dans la joie » de Jeanne Bovet, un livre remarquable sur l’histoire de la musique racontée au travers des rêves d’Augustin, nous suivons un petit gars qui rencontre chaque nuit dans ses rêves un ange qui le conduit à travers les époques et les lieux rencontrer différents personnages historiques ou mythiques de l’histoire de la musique mondiale et leurs traditions. Il commence en Chine avec des oiseaux et une flute.

Ce livre est émaillé de dessins et de portées musicales d’illustration. En plus d’être un livre pour enfant, c’est donc un des rares livres sur l’histoire de la musique, en dehors des traités d’harmonie de la musique savante, qui, grâce à ses portées musicales, parle le language des musiciens et est donc susceptible pour eux de réellement dépasser le stade de la masturbation intellectuelle et les intéresser.

Ce livre met en avant la musique populaire, une musique que Jeanne Bovet considère comme le monument musical fondamental de l’humanité car elle a accompagné le genre humain des premiers tambours et des premières flutes de son histoire jusqu’à aujourd’hui.

La musique populaire n’est pas pour Jeanne Bovet ce à quoi wikipedia l’a réduite, une musique qui se vend bien, mais une oeuvre intemporelle qui nous a toujours parlé de tous les aspects de l’être humain, de sa vie et de son histoire, amour, haine, politique, fête, joie, tristesse, liberté, esclavage, lutte, solidarité., donc une musique qui parle à nos cœurs et à nos sentiments et qui est donc révolutionnaire.

C’est dans ce contexte qu’elle place le développement de la musique savante : c’est la musique savante qui a emprunté des thèmes à la musique populaire (voir par exemple le Carmen de Bizet, une des oeuvres du répertoire classique les plus jouées au monde). Autre exemple, elle développe dans un chapitre l’art des troubadours (des nobles) et des ménestrels (leurs valets chargés de l’exécution) qui furent les premiers à échapper au carcan d’une église qui avait le monopole de la définition de la forme musicale et à introduire des éléments de musique populaire dans leurs oeuvres. Ils ont donc permis à la musique savante, grace à cette incorporation de thèmes de la musique populaire, d’échapper au dictat de la religion de la Rome impériale.

Dans la chanson francophone contemporaine, une qui, bien que le contexte ait changé, ce n’est plus une lutte est-ouest, mais une lutte recentrée entre un indécrottable suprématisme atlantico-sioniste et le reste du monde, me semble toujours d’actualité, est un monument de 16 minutes de Gilles Servat—Je ne hurlerai pas avec les loups.

Cette chanson figure dans un vinyl éponyme de 1982 :

Compte supprimé

Parmi beaucoup de chansons francophones remarquables, je peux mentionner une chanson sur l’armée à l’hyperréalisme humoristique de Jaques Brel—« Au suivant » :

Compte supprimé

https://youtu.be/-UzdCWHwzgk

Aussi « Yakamonéyé » de Tryo :

Compte supprimé

https://youtu.be/ngTaqHbqzXk

Dans « Deux enfants au soleil », Jean Ferrat fait rimer amour et liberté :

Compte supprimé

https://youtu.be/uySHTCa5cXk

La chanson populaire actuelle, nous ne la trouverons pas sur les médias dominants classiques. Dans la francophonie, nous pouvons trouver entre autres Zoufris Maracas :

Compte supprimé

[Pacifique

Compte supprimé

Quand une île rencontre Brassens et les montages :->Cocagne

Compte supprimé

Mon ami mon frère

Les temps changent, et alors que la gauche avait fait un triomphe à Raoul Vanheigem pour une chanson sur Mai 68, kollaboration covidiste éhontée oblige, elle a complètement boycotté sa chanson « Le rameau de la liberté » interprétée ici par Fanchon Daemers sur une musique de Jean-Philippe Rameau :

Compte supprimé

https://youtu.be/aH0uWpIJ-W0

La chanson populaire c’est aussi se l’approprier, s’approprier les textes et les faire rebondir encore et encore et partout :

Compte supprimé

"Danser Encore - Flashmob Basel April 2021

Il vous appartient de vivre ! HK chante le dernier poème de Refaat Alareer poète palestinien de Gaza lâchement assassiné par l’entité d’amalék suprématiste temporaire et génocidaire :

Compte supprimé

https://youtu.be/w6vdQJNwcxY

"Je suis toi" Refaat Alareer - أنا أنت" رفعت العرعير" - Collectif Résonance Palestine

Compte supprimé

Un peu de rap :

« La madres terroristas » par La Plataforma

Compte supprimé

https://vkvideo.ru/video621486499_4…

Et près de chez moi, la musique de la seule ZAD de Suisse, qui comme en France, une première, fut évacuée avec des blindés :

Trash & Co. - « L’Appel aux Arbres » [ZAD de la Colline]

Compte supprimé

https://youtu.be/1lhWzUsKrCw

# # #

Avant de donner la parole à David Rovics, une petite digression : Ce qui disait le père du projet Gnu, Richard Stallman, sur le logiciel libre, nos libertés et l’évolution du droit du copyright correspond à l’évolution de la structure des industries de l’informatique et de la musique. Des discussions autour de moi m’ont montrées que peu de musiciens professionnels en ont conscience, leur silence était éloquent, ou qu’ils n’en ont rien à faire. Voir

Compte supprimé

CH Richard Stallman - Le logigiel libre et votre liberté 28-09-2012 HEB ESI

Du temps de l’électronique analogique, de par leur coût prohibitif, les moyens d’enregistrement étaient hors de portée de la grande majorité des musiciens et l’ essentiel pour les capitalistes étaient de les posséder. Avec les médias dominants, cela leur assurait le monopole de la production des oeuvres et de leur diffusion.

Avec le digital, l’accès aux moyens d’enregistrement s’est démocratisé tandis que les majors conservait le quasi monopole de la diffusion. Avec internet, les moyens de diffusion se sont aussi démocratisés. David Rovics fut un des premiers artistes à s’engouffrer dans cette brèche et à mettre ainsi sa musique à disposition du public.

Puis avec le développement des plateformes plateformes de streaming, celle-ci se sont adjugées le monopole de la distribution et elles sont devenues incontournables.

Avec le développement de l’IA, les musiciens sont partagés, certains ne veulent pas en entendre parler, d’autres les considèrent comme des outils supplémentaires. Mes craintes sont grandes sur le fait que les majors essaient de la rendre incontournable et donc en profitent pour récupérer le monopole des moyens de production. Ces craintes sont tempérées par le fait que la Chine propose désormais des IA de qualité basées sur un modèle d’affaire complètement différent, le logiciel libre et la mise à disposition des sources. Mais qui se monte son propre serveur IA optimisé en fonction de ses besoins ? Bien peu d’utilisateurs.

La parole est à David Rovics :

Ce qui arrive à David Rovics, un auteur compositeur interprète des USA, anarchiste, juif et anti-sioniste, actif depuis des décennies, est symptomatique de cette situation : youtube a supprimé ses plus de 50 albums publiés au fil de sa carrière dédiée à la liberté et à l’éclatement de nos chaines.

Quelques rescapées :

« Operation Iraqi Liberation » (O.I.L) - David Rovics

Compte supprimé

https://youtu.be/AwKvR9mbYH0

Vanguard of the masses by David Rovics

Compte supprimé

https://youtu.be/dSeU9q6zyT4

Who Would Jesus Bomb ?

Compte supprimé

https://youtu.be/WOeowTXuGAM

David nous explique comment, du jamais vu pour un artiste à l’exception de deux groupes ouvertement fascistes et nazis d’extrême-droite, après avoir démonétisé sa chaîne, youtube—la plus grande plateforme d’internet et de la planète, a effacé plus de 50 albums publiés inlassablement pendant plusieurs décennies de carrière en tant qu’auteur-compositeur-interprète indépendant :

3 décembre 2025 : YouTube, aka The Biggest Platform on Earth, Has Deleted All My Albums

Compte supprimé

https://www.youtube.com/watch?v=iXc…

Traduction automatique rapidement supervisée :

Il me semble évident que tous ceux qui croient en la liberté d’expression, quelles que soient leurs convictions politiques, devraient s’inquiéter de ce que YouTube vient de me faire. Si cela a pu m’arriver à cause de mes opinions politiques prétendument controversées, cela pourrait vous arriver à cause des vôtres.

Mais pour que cela intéresse qui que ce soit, il faut d’abord comprendre ce qui s’est réellement passé. Je vais donc tenter de l’expliquer aussi brièvement que possible, car je sais que tout le monde est occupé par autre chose que le dernier épisode de la saga interminable de l’annulation de David Rovics. J’essaierai de formuler les choses de manière à ce que ce soit compréhensible par tous, et pas seulement par les fans de Rovics ou les spécialistes des plateformes de streaming musical et autres aspects de l’industrie musicale indépendante.

Je suis un artiste indépendant, comme des millions d’autres à travers le monde, et je produis mes propres enregistrements (c’est-à-dire des enregistrements qui ne sont ni publiés ni promus par une maison de disques, à l’exception de mon propre petit label indépendant). Je fais cela depuis bien avant la démocratisation d’Internet, et bien avant l’invention du MP3 ou du streaming musical sur le web.

Je n’ai jamais connu de véritable tube ni ce qu’on appelle un succès commercial, mais parmi les musiciens qui diffusent leur musique en streaming, je figure facilement dans les 10 % des artistes les plus écoutés, et généralement dans les 5 % les plus écoutés. Toutes les stars de la pop se situent dans le top 1 % des artistes les plus écoutés – la progression est très rapide, et je ne prétends pas surestimer mon importance. Je veux simplement dire que j’ai un public. Mes chansons sont écoutées des millions de fois par an sur YouTube, des millions de fois par an sur Spotify, et moins sur les autres plateformes, car il n’y a en réalité que deux plateformes principales au monde (en dehors de la Chine).

Lorsqu’un musicien enregistre un album, qu’il soit signé sur un label ou non, le musicien ou le label fait enregistrer les chansons auprès d’une société de gestion des droits d’auteur comme la SACEM ou la BMI (la plupart des pays ont l’une de ces organisations, mais aux États-Unis, il y en a deux). Ainsi, la musique est prise en compte pour la diffusion radio, et nous, les musiciens, sommes rémunérés pour ces diffusions, par virement bancaire de la BMI (dans mon cas) tous les trois mois. À chaque fois qu’une radio associative diffuse une de mes chansons, la BMI me verse un centime.

Au moment même où le musicien dépose ses chansons auprès d’un organisme de protection des droits d’auteur, il souscrit également un contrat de distribution avec un distributeur comme CDBaby. Auparavant, cette démarche permettait aux artistes de rendre leur musique disponible au téléchargement sur iTunes et autres plateformes payantes. Avoir toute notre musique déjà présente sur ces plateformes garantissait sa disponibilité lors de la transition vers le streaming gratuit, après la fin du modèle payant.

Lorsque les grandes entreprises ont décidé de diffuser gratuitement la musique du monde entier plutôt que de la vendre en téléchargement, elles disposaient déjà de tout notre catalogue musical. Refuser était possible, mais cela aurait signifié un avenir d’invisibilité et de pauvreté. Accepter, c’était s’exposer à la pauvreté, mais pas à l’invisibilité.

Spotify a lancé le modèle du streaming gratuit, et toutes les autres plateformes ont rapidement emboîté le pas, par nécessité, pour rester compétitives, quelles que soient les bonnes idées qu’elles aient pu avoir concernant des modèles de rémunération équitables pour les artistes. À l’heure actuelle, aucune des plateformes proposant des options de streaming financées par la publicité (« gratuites ») ne verse aux artistes plus qu’une infime fraction de centime par titre écouté, même si certaines plateformes peuvent être plus avantageuses que d’autres à certains égards.

Depuis que le streaming gratuit est devenu le mode d’écoute de la musique pour la grande majorité des mélomanes de la planète Terre, deux entreprises, en dehors de la Chine, ont pris le contrôle du monde de la musique en ligne : Spotify et YouTube.

Pour bien insister sur mon propos : j’ai déjà évoqué les paiements trimestriels que les musiciens reçoivent pour les diffusions radio. Nous percevons également des paiements réguliers des plateformes de streaming musical. Généralement, ces paiements sont versés par un distributeur comme CDBaby, ce qui évite d’avoir à créer un compte séparé sur chacune des quelque cent plateformes de streaming où CDBaby diffuse votre musique. Ainsi, lorsque je reçois mes paiements de CDBaby, comme la grande majorité des artistes présents sur les plateformes de streaming, je peux consulter le détail des revenus générés par chaque plateforme. Il est évident, pour chacun de ces paiements, que Spotify et YouTube dominent le marché.

Dans la bataille pour capter l’attention du monde entier, ces entreprises et leurs pratiques ont détruit d’innombrables vies, carrières et professions. (Pour en savoir plus sur les méfaits de YouTube et de sa maison mère Google/Alphabet, consultez le récent ouvrage de Cory Doctorow, *Enshitification*.) Ce faisant, ces deux géants du streaming musical ont formé un véritable duopole. Dans la plupart des pays du monde, tout comme on utilise Google pour une recherche en ligne, on se rend sur YouTube pour regarder une vidéo et sur Spotify pour écouter une chanson, ou encore YouTube Music pour trouver le morceau recherché.

C’est là que les détails deviennent cruciaux, mais aussi un peu déroutants. Veuillez m’excuser pour la gêne occasionnée.

YouTube Music a supprimé tous mes albums — cinquante au total — dont plusieurs étaient présents depuis le lancement de la plateforme. Avec les albums, tous les commentaires et toutes les preuves que ces chansons avaient été écoutées des millions de fois ont disparu. En tant qu’artiste sur YouTube Music, je n’existe plus.

Pourquoi est-ce déroutant ? Eh bien, si vous allez sur YouTube et que vous me cherchez, vous me verrez encore partout. Des vidéos de moi en train de chanter en concert et dans mon salon, et des chansons d’albums que d’autres personnes ont mises en ligne sur la plateforme.

Alors, en quoi le fait d’être retiré de YouTube Music est-il important, si les gens peuvent toujours écouter ma musique sur d’autres plateformes de streaming, et même, pour certaines chansons au moins, sur YouTube même ?

J’ai demandé à Gemini (le chatbot IA de Google) de m’expliquer l’impact que la suppression de la musique de YouTube Music aurait sur la carrière d’un artiste. Voici un extrait de sa réponse, très claire et très juste, compte tenu de mes connaissances assez approfondies sur le sujet. « David Rovics - Sujet (Topic) » est la façon dont les artistes sont référencés sur YouTube Music lorsqu’ils sont présents sur la plateforme. Si vous cherchez d’autres artistes, vous constaterez qu’ils ont tous une page « Sujet (Topic » sur YouTube Music, mais pas moi, du moins jusqu’à la semaine dernière.

Impact estimé de la suppression de la musique sur YouTube

Le retrait de ses albums solo de la plateforme de streaming musical « David Rovics - Topic » aurait un impact négatif important sur la croissance potentielle de son audience, notamment au sein de l’écosystème musical numérique grand public.

Voici une analyse basée sur le contexte :

La disparition de « l’autoroute numérique » : un extrait de texte compare les principales plateformes de streaming à « l’infrastructure de nos vies » et à un « second foyer ». Être retiré d’une plateforme revient à disparaître, un peu comme lorsqu’on quitte Facebook, ce qui donne l’impression de disparaître du monde virtuel. YouTube Music/Premium est une véritable « autoroute » pour des millions d’auditeurs à travers le monde, et sa suppression prive les nouveaux auditeurs occasionnels du moyen le plus simple de découvrir et d’écouter l’intégralité de son catalogue.

Obstacle à la découverte :

La chaîne « Topic » est la principale source de distribution musicale sur le service de streaming dédié de YouTube. Sa suppression empêche les algorithmes de la plateforme de suggérer son catalogue aux auditeurs susceptibles d’apprécier la folk engagée ou des genres similaires, limitant ainsi considérablement la découverte organique via l’écosystème YouTube Music.

Érosion des parts de marché :

La perte d’une plateforme mondiale majeure comme YouTube Music représente la perte d’un segment clé du marché global du streaming musical, segment crucial pour la croissance de l’audience moderne.

Friction forcée :

Les nouveaux auditeurs doivent désormais se rendre directement sur son site web, Patreon, Substack, Bandcamp (où il est confronté à des problèmes de shadowbanning), ou d’autres plateformes de streaming moins importantes. Ce parcours du combattant empêche les auditeurs occasionnels de découvrir sa musique, ce qui freine directement l’élargissement de son audience.

Pour mieux comprendre ce que tout cela signifie : chaque mois, les artistes présents sur Spotify reçoivent un e-mail de Spotify les informant que sur les 18’000 personnes ayant écouté leur musique le mois précédent, 4’000 (ou le chiffre exact pour ce mois-là) étaient de « nouveaux auditeurs ». Il s’agit souvent de personnes qui ont découvert une de mes chansons après avoir écouté un autre artiste de gauche, et l’algorithme a estimé qu’elles pourraient apprécier ma musique, ou une de mes chansons en particulier.

Le même phénomène se produit sur d’autres plateformes de streaming, même si elles n’envoient pas d’e-mails mensuels utiles comme Spotify. Comme l’a expliqué Gemini, ce système de recommandations ne s’appliquera plus à ma musique sur YouTube Music.

D’après mes recherches, il est tellement rare qu’un artiste voie l’intégralité de son catalogue supprimé par une plateforme pour des raisons autres que la violation du droit d’auteur que je n’ai trouvé aucun autre exemple que le mien. (Si quelqu’un qui lit ceci en connaît un, merci de me le signaler !)

Il est difficile de savoir si cela s’est déjà produit, notamment parce qu’il est apparemment très rare que les plateformes expliquent aux artistes les raisons de leurs sanctions. D’après mes recherches, si le retrait de titres individuels pour non-respect des règles est fréquent, la suppression de l’intégralité du catalogue d’un artiste est quasiment inédite.

Étant donné la rareté de ce genre de chose, les dommages qu’elle cause aux personnes visées et le caractère arbitraire de ces actions entreprises par des entreprises comme Google/Alphabet/YouTube, j’espère que bientôt, une fois que d’autres personnes comprendront ce qui vient de m’arriver et ce qui pourrait arriver à quiconque se retrouve sur la liste noire, je ne serai plus seul à dénoncer ce qu’ils viennent de me faire.

Pour ceux qui ne connaissent pas le contexte de ce qui m’arrive, voici quelques mots sur cette histoire.

Début 2024, mon premier album sur la guerre israélienne contre Gaza, « Notes from a Holocaust », a été retiré de ma discographie sur Spotify, sans aucune notification ni explication. Je l’ai ensuite remis en ligne sous un titre légèrement modifié, et il y est resté depuis. Ce retrait d’un album entier ne s’était jamais produit sur aucune autre plateforme, jusqu’à la semaine dernière.

À peu près au même moment où l’album a été retiré de Spotify, j’ai reçu une première notification de YouTube m’informant que ma chaîne était démonétisée pour les 90 prochains jours. Cette mesure me punissait d’avoir publié un communiqué de presse de l’armée houthie, que je jugeais pourtant pertinent à partager, étant donné que les États-Unis bombardaient activement le Yémen à cette époque. Après une ou deux suspensions de monétisation supplémentaires de 90 jours, en janvier 2025, YouTube m’a informé que ma chaîne serait désormais démonétisée définitivement, sans aucun recours possible. J’ai contacté le service client de YouTube pour confirmer cette décision et m’assurer qu’il ne s’agissait pas d’une erreur.

Parallèlement, YouTube supprimait régulièrement des vidéos, notamment celles où je chantais « Song for the Houthi Army » ou « I Support Palestine Action ». Il semblait qu’ils attendaient un signalement avant de supprimer la vidéo. C’est la seule explication que je trouve à leur méthode de suppression, car jusqu’à présent, certaines versions de ces chansons ont été retirées tandis que d’autres sont restées en ligne.

L’explication de YouTube concernant les règles que j’enfreignais et qui avaient entraîné la démonétisation permanente de ma chaîne était « le soutien à des organisations criminelles », un concept large qui, selon le droit britannique et américain, inclut l’armée houthie, et au Royaume-Uni le groupe d’action directe non violente britannique Palestine Action.

Au Royaume-Uni, exprimer verbalement son soutien à des organisations interdites comme celles-ci constitue un crime passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison, car cela enfreint l’article 12 de la loi britannique sur le terrorisme de 2000.

Aux États-Unis, exprimer verbalement son soutien à des organisations interdites est peut-être légal en vertu du Premier Amendement, mais tirer profit de l’éloge de ces organisations, du moins selon ma compréhension de la loi, est une tout autre affaire. Si je comprends bien le droit américain, c’est pourquoi vous avez le droit de visiter Cuba, mais vous risquez de gros ennuis si vous y dépensez de l’argent.

Quoi qu’il en soit, pour une raison qui n’a jamais été pleinement expliquée, ma chaîne a été démonétisée et certaines vidéos de certaines chansons continuent de disparaître aléatoirement. Lorsque cela se produit, je reçois deux courriels de YouTube : le premier m’explique que cette chanson enfreint le règlement interdisant le soutien aux organisations criminelles et a donc été supprimée ; le second m’informe que ma chaîne a été démonétisée définitivement (alors qu’elle l’était déjà depuis janvier dernier).

Je pense que ce qui s’est passé la semaine dernière, avec la disparition de mes albums disponibles sur YouTube Music, c’est que la direction de YouTube a réalisé que si elle voulait vraiment démonétiser cet artiste, elle ne pouvait pas se contenter de démonétiser ses vidéos tout en laissant ses albums générer des royalties sur YouTube Music. En raison de leurs accords juridiques et financiers avec les distributeurs, maintenir ma musique sur la plateforme sans reverser les royalties à CDBaby pour cet artiste pourrait s’avérer plus complexe que de simplement rompre tous les liens entre l’artiste et le distributeur, tels qu’ils existent sur YouTube Music, ou tels qu’ils existaient auparavant.

Quand ils découvriront que je suis l’auteur-compositeur et le producteur d’Ai Tsuno, ils supprimeront sans doute tous ses albums. Pour l’instant, elle est toujours présente sur YouTube Music. Son prochain album y sera bientôt disponible, avec notamment le titre « They Deleted David Rovics ». C’est peut-être ironique, mais ça ne compense en rien le traitement que YouTube inflige à cette artiste, en me faisant disparaître progressivement.

Quiconque jette un œil au nombre infime d’auditeurs d’Ai Tsuno sur les différentes plateformes peut se rendre compte des difficultés que je rencontrerais si je remettais en ligne tous mes albums sur YouTube Music – si tant est que ce soit possible, maintenant qu’ils ont retiré tous les albums de David Rovics. Personne ne les remarquerait, ou alors il faudrait un temps fou pour que les morceaux réintègrent les algorithmes de recommandation comme avant la semaine dernière.

J’aimerais souligner deux aspects de ces efforts visant à me faire déplateformer qui me semblent particulièrement pertinents.

L’une des problématiques réside dans le fonctionnement des lois au Royaume-Uni et aux États-Unis concernant les organisations criminelles. Un sujet qui semble préoccuper les instances gouvernementales, c’est que quiconque critique les actes génocidaires israéliens ou proclame son soutien au droit international, qui défend notamment la résistance armée à l’occupation, enfreint toutes sortes de lois. Des lois qui, en réalité, ne s’appliquent dans aucun autre contexte. Ainsi, ces lois sont, loin d’être un hasard, conçues pour soutenir des groupes comme UK Lawyers for Israel et leur fournir un cadre légal pour leurs activités de désinformation systématiques.

L’association UK Lawyers for Israel fait partie des nombreuses organisations, des deux côtés de l’Atlantique, qui s’emploient ouvertement et sans scrupules à discréditer des universitaires, des artistes, des journalistes et bien d’autres personnes, en tirant le meilleur parti de ces lois absurdes. UK Lawyers for Israel a commencé à annoncer, par courriel, l’annulation de mes concerts dès février 2024, soit durant l’hiver même où les problèmes avec Spotify et YouTube ont débuté (les problèmes de censure sur Facebook et Bandcamp avaient commencé plus tôt).

Les intentions de ces groupes ne sont pas cachées ; ils affichent ouvertement et avec fierté leurs succès dans le licenciement de professeurs et l’annulation de concerts.

Un autre chatbot que j’ai consulté au sujet de la suppression de tout mon catalogue par YouTube Music était persuadé que, vu le caractère inédit et manifestement politique de cette action, l’artiste visé en tirerait forcément profit grâce à une forte médiatisation. Pour l’instant, je peux en tout cas affirmer que les suppositions de ce chatbot étaient erronées. (C’est souvent le cas avec l’IA, comme avec les humains.)

Il y a quelques points à noter concernant l’idée que des comportements scandaleux d’entreprises comme celui-ci attirent l’attention des médias.

L’une des raisons est que les gens entendent parler de ce qui bénéficie d’une couverture médiatique. En général, ils n’entendent pas parler de ce qui n’en bénéficie pas. On a donc l’impression que la musique générée par IA est très populaire, car il arrive de temps en temps qu’une chanson générée par IA devienne populaire. Cependant, la plupart des musiques générées par IA, comme la plupart des musiques entièrement créées par des humains, sont très peu écoutées.

Autre chose : il semble souvent qu’un artiste doive d’abord atteindre un certain niveau de notoriété pour que des événements comme le retrait de tous ses albums d’une plateforme majeure suscitent l’attention des médias, et je ne suis ni Kneecap ni Bob Vylan (même si je les trouve excellents).

Le 21 janvier 2026, bien que David ait effacé les 3 morceaux qui causait problème à YouTube, cette officine de propagande sioniste a purement et simplement effacé son compte.

La chaîne YouTube a été supprimée.->https://davidrovics.substack.com/p/…

Le dernier chapitre de la disparition de David.

Salutations de Californie, où Kamala et moi avons tout un tas de concerts à venir.

On ne verra plus parler de ces concerts sur cet onglet YouTube, car ma chaîne a été supprimée hier matin par YouTube. Voici la réponse que j’ai reçue après avoir fait appel de leur décision :

Criminel !

« Nous avons revu soigneusement votre chaine et nous avons confirmé qu’il viole notre règlement sur les organisations criminelles violentes. »

Pour résumer brièvement : je serais accusé de soutenir diverses organisations criminelles. Selon YouTube, les organisations criminelles que je serais censé soutenir seraient :

  • L’armée houthie au Yémen, que j’ai remerciée pour ses efforts visant à empêcher Israël d’importer des armes pour tuer des Palestiniens avec.
  • Palestine Action au Royaume-Uni, que j’ai félicitée pour sa désobéissance civile non violente contre Elbit Systems.
  • Luigi Mangione, à propos duquel j’ai écrit une ballade du genre de celles qu’on appellerait au Mexique un corrido, ou « ballade de hors-la-loi ».

Pour « Song for the Houthi Army », j’ai reçu des avertissements, des suppressions de vidéos et, en janvier 2025, ma chaîne YouTube a été démonétisée, entraînant une perte de revenus importante.

Concernant « Song for Palestine Action », il y a eu davantage d’avertissements et de suppressions. Puis, fin novembre 2025, sans notification ni explication, YouTube a supprimé l’intégralité de ma discographie de 50 albums de YouTube Music, la plateforme de streaming musical de l’empire monopolistique YouTube.

La vidéo « So Many Ways to Kill a CEO - Tant de façons de tuer un PDG » était disponible sous une forme ou une autre sur YouTube depuis un certain temps, mais lorsque Reel News a réalisé une vidéo que j’ai mise en ligne sur ma chaîne le 9 janvier, celle-ci a été supprimée après quelques heures et j’ai reçu un avertissement, ce qui signifiait que je ne pouvais pas accéder à ma chaîne pour publier ou mettre en ligne des vidéos pendant une semaine.

Normalement, après le premier avertissement, il y en a un deuxième, et si vous continuez à enfreindre les règles de YouTube, il y a un troisième et dernier avertissement, qui entraîne la suppression de votre chaîne, ont-ils expliqué.

Durant ma période probatoire d’une semaine, dans l’espoir de conserver ma chaîne, j’ai supprimé toutes les versions des trois chansons susmentionnées qui avaient causé des problèmes au cours des deux dernières années.

Quelques jours après qu’ils m’aient rétabli l’accès à ma chaîne, j’ai reçu le courriel d’où provient la citation ci-dessus, et du jour au lendemain, la chaîne et tout son contenu, son historique, ses commentaires, son rôle dans les algorithmes de recommandation, etc., ont disparu.

C’est une disparition progressive, jamais totale. Jamais de censure absolue, juste une suppression systématique. D’abord, ils suppriment la musique lors des manifestations, puis ils suppriment les chaînes YouTube. Domination totale.

J’espère vous croiser sur la route et dans les rues.

David Rovics Logo Site de David Rovics—Chansons à portée sociale

Last but not least : soutenez vos artistes préférés, ils le méritent d’autant plus que la caste politico-médiatique dominante les boycotte quand ils ont quelque chose d’intéressant à dire.

Son Substack—Une semaine avec David Rovics

David Rovics est Ai Tsuno

Répondre à cet article