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24 janvier 2026
Assawra
Gaza : à la recherche des disparus
Pas d’effet spectaculaire, mais une succession de scènes brutes : des recherches dans les décombres, des morgues saturées, des fosses communes où les corps anonymes sont rangés sous des numéros. / Ramzi Abu Amer/APA Images via ZUMA Press Wire
Gaza : A la recherche des disparus sur Arte, samedi 24 janvier à 18h35 Diffusé ce samedi 24 janvier sur Arte à 18h35, ce documentaire met en lumière Gaza ravagée par les destructions israéliennes suite au 7 octobre 2023. Soit un territoire où les morts et les disparus se comptent par milliers. À Gaza, on ne peut rendre un dernier adieu à ses proches. Mourir, cela peut signifier être enseveli, ou balancé dans une fosse commune. Les morts, ses morts, il faut les chercher, sans relâche. Dans les ruines des immeubles bombardés, parmi les gravats et la poussière, des familles fouillent ce qu’il reste de leurs maisons. Parfois, ils trouvent des ossements. Plus souvent, seulement des vêtements ou des fragments de corps. Cette violence ordinaire constitue désormais leur décor.
Ce reportage tourné en novembre et décembre 2025, par le photographe palestinien Ahmed Abuajwa, condense en vingt-cinq minutes une réalité devenue insoutenable. Il suit deux Gazaouis, qui espèrent encore identifier un proche, là où enterrer un corps devient un privilège rare.
Les images frappent
Pas d’effet spectaculaire, mais une succession de scènes brutes : des recherches dans les décombres, des morgues saturées, des fosses communes où les corps anonymes sont rangés sous des numéros. Faute de moyens d’identification, la reconnaissance repose sur des détails dérisoires : une cicatrice, une tresse, un morceau de vêtement…
Le documentaire donne aussi la parole aux enfants. Leurs témoignages, directs et sans filtre, racontent un quotidien fait de peur, de la perte de leur famille, et de la mort qui sans cesse les menace, aussi jeunes soient-ils. Gaza apparaît comme un cimetière à ciel ouvert, où la disparition prolonge la mort et dont le territoire a été abandonné par le monde.
Réalisé par Solène Gripon-Degenève, Ahmed Abu Ajwa et Iyad Alasttal, ce court-métrage montre une réalité impossible à nier. Quand les corps ne peuvent plus être identifiés et que des milliers de civils restent introuvables, parler de « guerre » devient insuffisant. Regarder ce reportage, c’est accepter qu’un génocide se déroule en direct depuis le 7 octobre 2023, mais qu’il s’inscrit dans une histoire de violences bien plus ancienne.
Zubeyde Cacan
L’Humanité du 23 janvier 26