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LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA

mardi 24 février 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 14 février 2026).

LETTRE OUVERTE AU MONDE : DEPUIS CUBA, UNE FEMME ORDINAIRE DÉNONCE LE CRIME QUE L’ON NE VEUT PAS VOIR



À l’humanité entière, aux mères du monde, aux médecins sans frontières, aux journalistes dignes, aux gouvernements qui croient encore en la justice :

Je m’appelle comme des millions d’autres. Je n’ai ni nom célèbre ni fonction importante. Je suis une Cubaine ordinaire. Une fille, une sœur, une patriote. Et j’écris ces mots l’âme déchirée et les mains tremblantes, car ce que vit aujourd’hui mon peuple n’est pas une crise. C’est un assassinat lent, calculé, froidement exécuté depuis Washington.

Et le monde regarde ailleurs.



�� DÉNONCIATION POUR MES GRANDS-PARENTS :

Je dénonce qu’à Cuba des personnes âgées meurent prématurément parce que le blocus empêche l’arrivée de médicaments pour le cœur, la tension, le diabète. Ce n’est pas un manque de ressources. C’est une interdiction délibérée. Des entreprises qui veulent vendre à Cuba sont sanctionnées, poursuivies, menacées. Leurs gouvernements se taisent. Et pendant ce temps, un grand-père cubain serre sa poitrine et attend. La mort ne prévient pas. Le blocus, si.



�� DÉNONCIATION POUR MES ENFANTS :

Je dénonce qu’à Cuba des incubateurs ont dû être éteints faute de carburant. Que des nouveau-nés luttent pour vivre pendant que le gouvernement des États-Unis décide quels pays peuvent nous vendre du pétrole et lesquels ne le peuvent pas. Que des mères cubaines ont vu la vie de leurs enfants menacée parce qu’un ordre signé dans un bureau à Washington vaut plus que les pleurs d’un bébé à 90 miles de leurs côtes.

Où est la communauté internationale ? Où sont les organisations qui défendent tant l’enfance ? Ou bien les enfants cubains ne méritent-ils pas de vivre ?



��️ DÉNONCIATION POUR LA FAIM INTENTIONNELLE :

Je dénonce que le blocus est une faim programmée. Ce n’est pas que la nourriture manque par hasard. C’est qu’on nous empêche de l’acheter. Les navires transportant des aliments sont poursuivis. Les transactions bancaires sont bloquées. Les entreprises qui nous vendent des céréales, du poulet, du lait sont sanctionnées.

La faim à Cuba n’est pas un accident. C’est une politique d’État du gouvernement des États-Unis, affinée pendant 60 ans, mise à jour par chaque administration, durcie par Donald Trump et appliquée avec acharnement par Marco Rubio.

Ils appellent cela « pression économique ». Moi, j’appelle cela du terrorisme par la faim.



⚕️ DÉNONCIATION POUR MES MÉDECINS :

Je dénonce que nos médecins, les mêmes qui ont sauvé des vies pendant la pandémie alors que le monde entier s’effondrait, n’ont aujourd’hui ni seringues, ni anesthésie, ni appareils de radiographie. Non pas parce que nous ne savons pas les produire. Non pas parce que nous manquons de talent. Mais parce que le blocus nous empêche d’accéder aux fournitures, aux pièces de rechange, à la technologie.

Nos scientifiques ont créé cinq vaccins contre la COVID-19. Cinq. Sans aide de personne. Contre vents et marées. Contre le blocus et les mensonges. Et malgré cela, l’empire nous punit pour y être parvenus.



�� AU MONDE JE DIS :

Cuba ne vous demande pas l’aumône.
Cuba ne vous demande pas de soldats.
Cuba ne vous demande pas de nous aimer.

Cuba vous demande justice. Rien de plus. Rien de moins.

Je vous demande d’arrêter de normaliser la souffrance de mon peuple.
Je vous demande d’appeler le blocus par son nom : CRIME CONTRE L’HUMANITÉ.
Je vous demande de ne pas vous laisser tromper par le discours du « dialogue » et de la « démocratie » pendant qu’on nous serre la gorge.

Nous ne voulons pas de charité. Nous voulons qu’on nous LAISSE VIVRE.



Aux gouvernements complices qui se taisent :
L’histoire vous demandera des comptes.

Aux médias qui mentent :
La vérité trouve toujours des fissures.

Aux bourreaux qui signent des sanctions :
Le peuple cubain n’oublie pas et ne pardonne pas.

À ceux qui ont encore de l’humanité dans la poitrine :
Regardez Cuba. Regardez ce qu’on lui fait. Et demandez-vous : de quel côté de l’histoire veux-je être ?



Depuis cette petite île, avec un peuple immense,
Une Cubaine ordinaire qui refuse de se rendre.

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Peu importe si vous avez 10 amis ou 10 000 abonnés.
Peu importe si votre mur est public ou privé.
Peu importe si vous ne partagez jamais rien.

Mais ceci est différent.

Ce n’est pas une photo de coucher de soleil.
Ce n’est pas une nouvelle people.
Ce n’est pas une opinion de plus.

C’est un CRI. Et les cris ne se gardent pas. Ils s’écoutent. Ils se répercutent. Ils deviennent foule.

Aujourd’hui je ne vous demande pas un « j’aime ».
Je vous demande d’utiliser vos pouces pour quelque chose de plus grand que faire défiler l’écran.

PARTAGEZ.

Pour que le monde sache qu’à Cuba il n’y a pas une crise.
Il y a un CRIME.

Pour que les mères d’autres pays sachent qu’ici des bébés luttent dans des incubateurs éteints par le blocus.

Pour que les grands-parents d’autres terres sachent qu’ici des personnes âgées meurent en attendant des médicaments que Washington ne laisse pas entrer.

Pour que les gouvernements complices ressentent de la honte.
Pour que les médias menteurs n’aient pas d’échappatoire.
Pour que les bourreaux sachent que NOUS NE NOUS TAISONS PAS.

Une seule personne partageant ceci ne change pas le monde.
Des milliers, des millions, SI.

Ne gardez pas ce texte pour vous.
Ne soyez pas complices du silence.

FAITES ALLER CETTE DÉNONCIATION PLUS LOIN QUE LE BLOCUS.

PARTAGEZ. MAINTENANT.

16 Messages de forum

  • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 14 février 23:17, par MT

    Le génocide des Cubains annoncé et exécuté par Trump au nom de l’impérialisme US ne trouve guère d’opposition qu’en paroles. Où sont les actes de solidarité des organisations et des pays qui se disent démocratiques ?
    Le Mexique a envoyé un cargo et d’autres suivront. Mais la Chine et la Russie ont largement les moyens d’acheminer et de protéger un convoi énorme pour Cuba. Si les Américains tentent quoi que ce soit il faut les abattre. Munich n’a pas arrêté Hitler…

    MT

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    • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 15 février 11:58, par Dominique

      Oh Trump le méchant ! Comme si Obama avait été meilleur ! Vive l’alternance ! Pendant que les moutons de tous bords votent utile en croyant qu’ils ont voté pour le bon, la même politique continue et les gros continuent de se goinfrer en leur dansant sur le ventre.

      Fait têtu, l’administration Obama a fait plus amender les sociétés qui essayaient de faire des affaires avec Cuba que toutes les administrations de ses prédécesseurs réunies. Conséquence, Paribas a reçu une amende record. Pareil pour UBS. Depuis la Suisse, il n’est plus possible d’envoyer de l’argent, de son propre argent, depuis son compte en banque à Cuba. Et oui Trump a ajouté une couche car depuis son premier mandat il n’est plus possible d’envoyer de l’argent à Cuba en utilisant le service soit-disant universel de la poste.! Puis Biden n’a rien fait, il n’a rien changé à cette situation. Et Trump v 2.0 s’en prend aux bateaux.

      La question n’est pas de voter pour le salaud de gauche ou pour le salaud de droite, c’est une simple question de bon sens, ce sont tous des salauds. En France c’est particulièrement simple, depuis Chirac et le non du peuple français au traité européen transformé en oui, les moutons n’ont pas arrêté de voter pour les salauds qui veulent rester dans cette Europe fasciste et ont de ce fait têtu perdu le droit de se plaindre. Macron vous a éborgné… gare au suivant ! car la matraque de gauche est comme celle de droite, une matraque aux ordres.

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  • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 15 février 11:05, par MT

    Sinon, moi, j’avais versé à Cuba Coopération qui s’arrange l’ambassade de Cuba. Mais bon, l’argent n’est pas peut-être pas ce qui est le plus efficace à envoyer…
    Amitié,
    MT
    PS : je regarde les chaînes YT latino qui sont très réactives.
    Par ailleurs, les sections du KPRF (celles de Lipetsk et Belgorod ont organisé des actions mais aussi voté. Or au parlement russe, seuls deux partis ont soutenu, le KPRF était pratiquement seul ! Russie Unie n’a pas soutenu !

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  • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 15 février 18:40, par Brounahans l’Alsaco

    La compassion, étrangement, va plus facilement à des étrangers, Palestine, Ukraine, Cuba … qu’aux 11 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté et avec des services publics de plus en plus faméliques de qui ils ne peuvent rien attendre. Erreur de casting ?

    Répondre à ce message

    • La situation de ces onze millions de Français n’est pas comparable à celle des Cubains. Et puis, ils n’ont qu’à refaire un mai 68 !

      Les Cubains, eux, ont fait ne vraie révolution. Armes à la main !

      Maintenant Trump veut les étrangler. Les 11 millions de Français, c’est pas le cas.

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      • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 15 février 22:35, par Brounahans l’Alsaco

        C’est vrai que Trump ne veut pas étrangler les 11 millions de Français … il n’en a d’ailleurs pas besoin, macron s’en charge ! Et, à voir ce que l’on voit aujourd’hui, mai 68 n’a pas arrangé les affaires du peuple français ! Par contre, les cubains du peuple fument très certainement les mêmes gros cigares que ne le faisait Castro ! Quant à mai 68 … cohn-bendit et tous sont qui voulaient interdire d’interdire, ils sont aujourd’hui bien au-dessus du peuple qu’ils prétendaient vouloir émanciper et certainement pas décidés à refaire une révolution qui mettrait leurs avantages sur la sellette !

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        • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 16 février 06:06, par Luniterre

          Si l’on veut avancer, à supposer que ce soit encore possible, il faut arrêter de voir les choses et les événements par le petit bout de la lorgnette sectaire. Le fait est que les BRICS sont actuellement dans une impasse géostratégique, telle que soulignée notamment par cet article :

          Les BRICS et la lâcheté de l’esprit colonisé

          https://mai68.org/spip3/spip.php?article6075

          Trump et Rubio en profitent simplement pour en faire payer le prix fort à Cuba, et ça risque effectivement de lui être fatal. C’est malheureusement un contrecoup géostratégique de la guerre en Ukraine "perdue" par les USA mais qui mobilise encore tout l’appareil militaro-industriel de la Russie. Faire "traîner" cette guerre perdue est donc une stratégie relativement efficace pour les USA autrement en déconfiture sur le plan économico-financier, avec leur dette colossale. Idem pour le sort du Venezuela, actuellement.

          La Chine ne bouge pas trop non plus, prisonnière de son interdépendance économique avec les USA et le reste de l’Occident, question exportations, qui restent la base de son "développement" économique depuis les accords Nixon-Mao de 1972. On peut même se poser la question de savoir si elle n’est pas éventuellement tentée d’"échanger" Cuba et le Venezuela, voire même, le reste de son influence en Amérique Latine, contre Taïwan…

          La Russie est depuis un siècle la seule grande puissance qui n’est pas prisonnière de ses exportations, mais la voilà aujourd’hui néanmoins contrainte en termes de ressources par la durée évidemment excessive du conflit ukrainien, de façon en partie similaire à la façon dont l’URSS s’était laissée embourber dans le conflit afghan.

          Bref, le rapport de force de l’Occident me semble encore tenir en Ukraine dans le "réduit" Slaviansk-Kramatorsk, qui est le dernier "argument" des "souteneurs" de Zelensky pour ne pas signer tout de suite un accord de paix avec la Russie sur une base de reconnaissance de fait du rattachement du Donbass et des autres oblasts du sud-est de l’Ukraine sensiblement jusqu’à la frontière "naturelle" du Dniepr.

          Une paix qui redonnerait les mains libres à la Russie pour regagner en influence extérieure favorable à l’indépendance des nations, comme elle a su le faire, pour l’essentiel, depuis 1917.

          L’histoire de ce deuxième quart du XXIe siècle s’ouvre dans une période d’instabilité et d’incertitude rarement vues depuis des décennies. C’est peut-être une opportunité pour le réveil des peuples qui voudraient éventuellement refaire une apparition significative sur la scène de l’histoire.

          Encore faudrait-il qu’ils puissent entendre le réveil sonner… Le rôle des éléments politiquement "conscients" n’est vraiment utile que s’ils sont réellement capables d’analyses lucides et débarrassées des préjugés idéologiques hérités d’une époque passée et de plus en plus révolue : une suite d’échecs plus ou moins relatifs ou absolus et dont il ne reste qu’à tirer les leçons utiles sans s’envoyer d’anathèmes devenus totalement dérisoires à la figure.

          Luniterre

          (PS : version avec correction des nombreuses coquilles >>> supprimer la précédente !)

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          • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 16 février 11:57, par do

            C’est bien vu !

            À part que je pense comme Xavier Moreau (il l’a dit plein de fois) et Jacques Baud (je crois l’avoir entendu dire ça une fois) que la Russie veut aller jusqu’à Odessa.

            Bien à toi,
            do
            http://mai68.org

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            • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 16 février 20:41, par Luniterre

              Le fait est que le contrôle complet de la côte jusqu’à Odessa, ville d’origine russe, changerait nettement le rapport de force dans la région. Toutefois le fait est actuellement que malgré la violence des combats le front reste à nouveau essentiellement stationnaire, possiblement dans l’attente d’évolutions diplomatiques.

              Mais si l’Ukraine ne lâche pas prise sur Slaviansk-Kramatorsk dans la négociation, la guerre risque malheureusement de durer encore jusqu’à ce que cette région russophone, qui fait partie de l’Oblast de Donetsk, soit réintégrée dans le Donbass russe.

              Dans l’ébauche d’accord initial entre la Russie et les USA il y avait le principe d’un échange de territoires entre les enclaves frontalières et la poche de Slaviansk-Kramatorsk, de façon à éviter des combats inutiles, et donc on peut supposer que les deux parties évitent de gaspiller leurs forces pour des territoires qui changeront de main sur le papier des accords…

              Dans le contexte de cette guerre "modernisée" par l’utilisation massive des drones il n’y a donc plus de grands mouvements de troupes possibles. C’est pourquoi la reconquête d’Odessa, par exemple, implique de fait un effondrement complet de tout le front ukrainien.

              Pour l’instant la stratégie semble donc plutôt suivre la diplomatie, d’un côté comme de l’autre. Néanmoins une défaite ukrainienne dans la poche de Slaviansk-Kramatorsk pourrait déclencher un "effet domino" sur l’ensemble du front, avec une forte composante psychologique du fait de la valeur également symbolique de ces deux places fortes pour le pouvoir kiévien.

              L’histoire n’est pas encore écrite, là non plus…!

              Luniterre

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    • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 16 février 15:09, par Ninie

      Oui, la France va très mal. Mais c’est parce qu’elle est mal gérée et gangrenée par la corruption dans toutes nos institutions par nos politiques. Nous pourrions y mettre fin si le peuple français réagissait. Donc, nous concernant, c’est un problème interne contrairement à la Palestine, l’Ukraine et autres. Ces pays souffrent plus que nous et leurs problèmes ne se résolvent pas en interne. Ils sont attaqués de l’extérieur.
      Les français n’ont pas de compassion pour leur pays. Il n’y a qu’à voir nos parlementaires sensés nous représenter qui votent des lois contre nos intérêts. Et les français bougent-ils ?

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  • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 17 février 17:36, par Balbino Katz

    Un autre son de cloche ?

    Je regarde les images de Cuba sur un écran accroché au mur d’un café de Palermo. Il est à peine neuf heures du matin à Buenos Aires, la lumière est déjà franche, et les journaux argentins commentent, avec cette distance un peu cruelle que donne la réussite retrouvée, les nouvelles difficultés de l’île.

    Les images ne sont pas spectaculaires, elles sont pires que cela : elles sont répétitives. Files d’attente devant les stations-service fermées. Bus à l’arrêt faute de diesel. Quartiers plongés dans le noir plusieurs heures par jour. Centrales thermiques vétustes, réparées à la hâte, qui cèdent les unes après les autres.

    La crise énergétique n’est pas un simple épisode. Elle est devenue structurelle. L’île dépend presque entièrement des importations de carburant. Or le durcissement des sanctions américaines, la surveillance accrue des cargaisons et les pressions exercées sur les armateurs ont raréfié les livraisons. Le pétrole vénézuélien, autrefois bouée de sauvetage, arrive au compte-gouttes. La Russie, prise dans ses propres contraintes, ne compense pas. La Chine investit un peu, mais ne subventionne pas indéfiniment.

    Résultat : des coupures d’électricité quotidiennes, parfois de huit, dix, douze heures. Les usines tournent au ralenti. Les commerces ferment plus tôt. Les écoles adaptent leurs horaires. L’économie, déjà fragile, se grippe.

    À cela s’ajoute une inflation persistante, conséquence de la dollarisation partielle de l’économie et de la multiplication des circuits parallèles. Les magasins en devises, réservés à ceux qui reçoivent des dollars de l’étranger, côtoient des rayons vides en monnaie nationale. La dualité monétaire, que le régime avait tenté de simplifier, a laissé place à une inégalité plus visible encore.

    Les produits de base manquent. Le pain rationné. Le riz et l’huile distribués selon des quotas. Les médicaments introuvables. Les hôpitaux fonctionnent avec des stocks réduits. Les familles se débrouillent grâce aux envois d’argent des exilés, mais ces transferts eux-mêmes sont compliqués par les restrictions bancaires.

    La démographie parle d’elle-même. Des centaines de milliers de Cubains ont quitté l’île ces dernières années, par le Nicaragua, le Mexique, la mer, n’importe quel chemin. Ce n’est plus seulement l’exil politique des décennies passées. C’est un exode économique massif. Une fuite des forces vives.

    Ce que l’on dit moins, mais que chacun constate sur place ou voit sur les vidéos des actualités, c’est la composition sociologique de cet exode. Les départs touchent de manière disproportionnée les classes urbaines, diplômées, souvent blanches ou métissées claires, issues des anciennes couches moyennes de La Havane, de Santiago ou de Camagüey. Ce sont des médecins, des ingénieurs, des techniciens, des entrepreneurs informels, des jeunes formés qui, malgré tout, disposent encore des réseaux familiaux et des ressources nécessaires pour payer un passeur, acheter un billet pour Managua ou financer la traversée vers la Floride.

    Les plus pauvres, souvent noirs ou issus des provinces les plus marginalisées, restent davantage prisonniers de l’île, faute de capitaux, de contacts ou de visas. Il ne s’agit pas d’une règle absolue, mais d’une tendance observable. L’exode n’est pas socialement neutre. Il sélectionne.

    Si cette dynamique se poursuit, Cuba risque une transformation démographique silencieuse mais profonde. L’île pourrait se retrouver vidée d’une partie substantielle de ses classes moyennes historiques, celles qui structuraient encore la vie économique et culturelle, pour devenir un territoire appauvri, dépendant des remesas envoyées depuis l’étranger, avec une population de plus en plus vulnérable et un appareil d’État inchangé.

    La comparaison avec Haïti, que l’on chuchote déjà dans certains cercles, n’est pas une provocation gratuite. Elle pointe le risque d’une société fracturée, où l’élite politique et administrative, protégée par ses privilèges, demeure relativement stable, tandis que le reste du pays s’enfonce dans la précarité chronique. Dans un tel scénario, les seuls Blancs visibles dans les structures de pouvoir seraient ceux de l’appareil du Parti communiste, retranchés derrière les ministères, les entreprises d’État et les zones touristiques sous contrôle.

    Ce ne serait pas seulement un drame économique. Ce serait une rupture anthropologique. Car Cuba, malgré tout, a longtemps été une société métissée mais structurée par une forte présence européenne dans ses villes, dans ses professions libérales, dans ses réseaux éducatifs. Si cette composante s’évapore par vagues successives, ce n’est pas seulement un capital humain qui disparaît. C’est un équilibre historique qui se défait.

    Le régime peut tenir politiquement encore longtemps. Mais une nation qui perd en quelques années une fraction significative de ses jeunes actifs, de ses diplômés, de ses familles entreprenantes, entre dans une spirale dont il est difficile de sortir. L’exil n’est pas qu’un phénomène migratoire. C’est un symptôme. Et parfois, c’est le prélude d’une mutation irréversible.

    Et pendant ce temps, l’appareil du Parti communiste reste en place. Il parle de résistance, de souveraineté, de blocus criminel. Il a raison sur un point : les sanctions américaines pèsent lourdement. Mais il tait l’autre réalité, celle d’un modèle économique figé, incapable de produire suffisamment, d’attirer durablement des investissements, de libérer les initiatives locales sans perdre le contrôle.

    Washington, lui, joue une partie méthodique. Le contexte régional lui est favorable. L’Argentine s’est alignée. Le Venezuela cherche à négocier. Le Mexique avance prudemment. Les marges de manœuvre de La Havane se réduisent.

    La présence de figures issues de l’exil cubain au sommet du gouvernement américain change aussi la tonalité. Il ne s’agit plus seulement de géopolitique. Il y a une mémoire, des rancœurs, une volonté de solder une histoire.

    Le rapport de force est brutal. Les États-Unis savent que l’économie cubaine est exsangue. Ils savent que la moindre perturbation logistique peut provoquer des pénuries en chaîne. Ils savent aussi que le régime, malgré son appareil sécuritaire, redoute les explosions sociales. Les manifestations de ces dernières années ont montré que la patience populaire a des limites.

    Le drame, comme toujours, ce sont les habitants. Entre une nomenklatura qui protège ses privilèges, une bureaucratie qui survit, et une hyperpuissance qui teste son influence, la population encaisse.

    Depuis Buenos Aires, où les débats parlementaires ont récemment entériné des réformes libérales profondes, le contraste est saisissant. Ici, on parle de flexibilisation du travail, de responsabilité pénale des mineurs, de réformes structurelles. Là-bas, on parle de rationnement, de coupures et de devises introuvables.

    Je ne peux m’empêcher une pointe de schadenfreude à l’égard de ceux qui, en Europe, brandissaient Cuba comme modèle moral, expliquant doctement, depuis leurs plateaux chauffés et leurs amphithéâtres confortables, que l’île incarnait une santé publique exemplaire, une éducation gratuite enviable, une dignité révolutionnaire préservée contre l’ogre américain. Je revois ces tribunes, ces colloques, ces voyages militants soigneusement encadrés à La Havane, ces photos devant les fresques du Che, ces reportages attendris sur les médecins « solidaires » envoyés en Afrique, tandis que l’on taisait les pénuries chroniques et l’exil massif.

    Je pense à ces universitaires français qui citaient Cuba comme contre-modèle lumineux du capitalisme, sans jamais passer une nuit dans un quartier plongé dans le noir faute de fioul pour la centrale thermique. À ces responsables politiques européens qui dénonçaient l’embargo tout en omettant de mentionner les magasins en devises réservés à ceux qui reçoivent des dollars de Miami. À ces éditorialistes qui, depuis Paris ou Madrid, célébraient la « résilience » cubaine sans avoir à faire la queue quatre heures pour un poulet congelé.

    Mais cette ironie s’arrête net lorsqu’apparaissent les visages fatigués des files d’attente. Une femme âgée appuyée sur une canne, attendant sous 30 degrés l’ouverture hypothétique d’une pharmacie qui n’a peut-être plus d’antibiotiques. Un père tenant son fils par la main devant une station-service fermée depuis trois jours. Des étudiants rentrant à pied parce que les bus ne circulent plus. Des infirmières expliquant qu’il faut apporter ses propres draps à l’hôpital.

    La schadenfreude est un luxe d’observateur. Elle se dissout devant la réalité d’un peuple qui ne choisit ni les sanctions, ni l’idéologie, ni les calculs géopolitiques. Elle se dissout devant ces jeunes qui, faute d’horizon, traversent l’Amérique centrale à pied. Elle se dissout devant ces familles qui vivent des envois d’argent d’un frère parti en Floride.

    Il reste alors moins l’ironie que la tristesse lucide. Car si les illusions européennes méritent d’être dissipées, les Cubains, eux, ne méritent ni le romantisme des uns ni l’asphyxie stratégique des autres.

    L’île fut la perle des Antilles. Elle est aujourd’hui un territoire sous tension permanente, suspendu entre orgueil révolutionnaire et asphyxie énergétique. La question n’est plus de savoir si la situation est grave. Elle l’est. La question est de savoir combien de temps un système peut tenir lorsque l’électricité s’éteint, que les jeunes partent et que les alliés se font rares.

    À la télévision argentine, les commentateurs parlent de « moment décisif ». L’expression est galvaudée, mais elle n’est peut-être pas fausse. Cuba est arrivée à un point où la résistance héroïque ne suffit plus à masquer l’épuisement. Reste à savoir si l’avenir sera une transition contrôlée, une implosion lente ou une négociation imposée par la force des choses.

    Sous le soleil de Buenos Aires, l’écran montre une Havane plongée dans la pénombre. Deux capitales, deux trajectoires. Et une île qui joue peut-être, cette fois, sa dernière partie sans filet.

    Balbino Katz

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    • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 17 février 17:38, par do

      Il parle bien du blocus mais n’en voit pas toutes les conséquences. Quand j’ai été à Cuba, en 1994, pendant la "periode especial", juste après l’effondrement de l’URSS qui n’envoyait donc plus d’aide, jamais je n’ai vu de manque d’électricité. Tout était correct, même si plus difficile parce que l’URSS avait disparu.

      Les cubains regardent le Tour de France autant que les Français à la télé et aimaient beaucoup Chirac parce qu’il ne respectait pas l’embargo américain.

      En traversant La Havane de part en part je n’ai vu que très peu de flics. Bien moins que dans une ville moyenne de France. Une fois, la nuit, vers deux heures du matin, en compagnie d’amis que j’avais fait sur place, deux policiers viennent vers moi et me demandent si j’ai des problèmes. Ils font semblant de feuilleter mon passeport pour me laisser le temps de trouver le courage de dire que mes amis n’étaient pas des amis mais des voyous. Quand ils ont compris au bout d’une minute ou deux que mes amis étaient des amis et que je ne risquais rien en leur compagnie, ils ont poursuivi leur chemin. ET… ils n’ont même pas pris la peine de regarder les papiers de mes amis. En France cela aurait été inimaginable !

      do
      https://mai68.org

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    • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 17 février 23:03, par Luniterre

      Si l’on fait une rapide recherche sur ce M. Balbino Katz, on comprend très bien pourquoi il se réjouit, même si hypocritement dans la forme, des difficultés effectivement probablement très lourdes que rencontre Cuba dans le contexte actuel.

      Malheureusement, le rapport de force dans la région est actuellement très mauvais, mais il ne faut ni chercher à noircir délibérément le tableau, comme le fait ce M. Balbino Katz, ni chercher à enjoliver la situation comme peuvent le faire certains, à des fins idéologiques stériles.

      Simplement rester solidaires, avec nos petits moyens.

      Luniterre

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  • Je suis également une personne très ordinaire, très simple. J’ai eu le privilège d’aller à Cuba et de voyager dans les Amériques, en Europe et en Asie.
    Je trouve triste que l’on ne compatisse pas davantage avec le triste sort que le Peuple Cubain doit subir par les embargos américains.
    Le peuple cubain mérite notre soutien et ce, sans égard aux régime politique qu’il ont.
    L’impérialisme Américain impose au peuple Cubain tout ce qu’il y a de plus odieux.
    C’est strictement aux Cubains qu’ils appartient de choisir le régime politique de leurs choix et non pas à un empire qui veut s’approprier un pays sans aucune considération pour ses habitants. Il en est de même pour le Venezuela, le Groenland, le Canada et tous les autres pays que l’administration américaine peut vouloir pour enrichir non pas les américains mais les corporations, les trust américains
    Le monde doit dire haut et fort NON aux envahisseurs, peut importe qui ils sont.
    Chaque peuple devrait avoir le droit à l’autodétermination.

    _

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  • LETTRE OUVERTE AU MONDE DEPUIS CUBA 23 février 18:59, par Yannick

    Merci pour ce texte. Il est très parlant, percutant, et utile pour sensibiliser sur la situation que vit le peuple cubain.
    Mais pour pouvoir le diffuser, j’aimerais savoir qui en est l’auteure, où il a été initialement publié, qui l’a traduit, etc. Bref toutes les sources utiles.
    Merci !

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