
Le fascisme est une forme de totalitarisme appropriée pour répondre aux crises du capitalisme jusqu’à un certain stade de son développement. Même s’il ne constitue pas un stade particulier du capitalisme, il n’en est pas moins une sorte de "boursouflure" maladive en réaction aux crises caractéristiques du stade impérialiste du capitalisme.
Le fascisme, tel que décrit dans les classiques, c’est donc un phénomène totalitaire en liaison symbiotique avec ce mode de production historique particulier qu’est encore le capitalisme, et donc tant qu’il tant qu’il dure, mais ne peut donc plus correspondre, par définition, à ce qui est d’ores et déjà identifiable au-delà.
Le banco-centralisme est quant à lui un mode de production nécessairement totalitaire, de par sa nature intrinsèque elle-même.
La transition du capitalisme au banco-centralisme est donc une transition systémique vers une nouvelle forme de totalitarisme "durable", pour utiliser un terme facilement compréhensible aujourd’hui…
Durable, donc, et non pas occasionnel, comme simple réponse à une crise éventuelle de ce nouveau système, nouveau mode de production.
Pour faciliter la compréhension du plus grand nombre de gens il peut donc être intéressant de développer une sorte de métaphore à ce sujet, mais il reste primordial de souligner cette différence historique que constitue le passage d’un mode de production à un autre.
L’hégémonie totalitaire du banco-centralisme ne peut donc que s’accroître à mesure que la transition avance, et c’est un chemin sans retour possible sauf Résistance populaire suffisamment massive pour construire une alternative.
L’hégémonie totalitaire du banco-centralisme étant consubstantielle à ce mode de production lui-même, elle ne peut donc disparaître qu’avec ce mode de production lui-même. Dans la lutte de Résistance contre l’hégémonie totalitaire banco-centraliste en train de s’établir sur la planète il n’y a donc pas un aspect particulier de la lutte ou une tactique politique spécifique contre un aspect plus particulièrement totalitaire de ce système mais bien une lutte permanente et globale contre ce système.
L’intérêt de ce récent article :
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/guerre-en-iran-trump-netanyahou-267236
et avec les quelques éléments du débat republiés également ici même sur le site VLR, est donc de creuser particulièrement la question de la société du spectacle comme une sorte de phase de transition du capitalisme au banco-centralisme.
Le banco-centralisme est donc une forme de totalitarisme qui reste compatible avec le spectacle de la démocratie parlementaire, même si précisément plus que jamais réduite à un simple spectacle.
Il faut donc absolument éviter de rentrer dans son jeu sauf peut être à avoir les moyens politiques de le subvertir complètement et rapidement, ce qui n’est donc évidemment pas le cas actuellement, et même très loin de là.
Actuellement, la lutte critique contre le banco-centralisme n’a ni "allié" ni "ennemi" dans ce jeu parlementaire. Elle lui est essentiellement étrangère.
Les "antifas" actuels, "Jeune Garde" ou autres, ne se posent jamais que comme des substituts pour une gauche défaillante mais qui n’est de toute façon non seulement absolument en rien "anti banco-centraliste", mais qui est même carrément un des meilleurs vecteurs idéologiques de ce système, et y compris, voire même surtout, dans sa composante Mélenchoniste, comme on l’a déjà vu.
Il n’est évidemment pas exclu, et on peut même l’espérer, qu’une minorité de cette mouvance en arrive à une prise de conscience de la mutation banco-centraliste du système de domination de classe, mais c’est sans doute un chemin plus difficile que pour des gens qui abordent la critique du système de domination de classe sans préjugés idéologiques préalables.
Je pense donc que la meilleure "passerelle dialectique", en quelque sorte, est de montrer en quoi la "fascisation" apparente de la société actuelle n’est jamais que l’effet concret de la mutation banco-centraliste en cours, et non pas une "fascisation" au sens classique du terme.
L’élément à la fois le plus "spectaculaire" et "spectaculairement invisible" de cette mutation est la comparaison pourtant factuellement évidente des chiffres de la dette et des "superprofits" financiers.
https://frontdeslaics.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/03/bc3.png
En très résumé, le banco-centralisme c’est la dictature totalitaire de la dette déguisée en spectacle "libéral et démocratique", avec encore, pour l’instant, une vague roue de secours "sociale", mais inévitablement destinée à devenir de plus en plus une arme de contrôle et de répression parmi d’autres.
Que Bardella soit actuellement le "chouchou", le "favori", etc…, du système, c’est bien possible, mais le rôle de "jeune premier" peut être interchangeable avec celui de "vieux sage", genre De Villepin ou autre, et assez rapidement, si cela arrange le système en fonction de l’évolution de la situation.
C’est donc essentiellement anecdotique sinon carrément accessoire, et ne semble guère nécessiter plus qu’une mention au passage. Déjà à moitié "Mélonisé", Bardella le sera nécessairement encore davantage au pouvoir, comme simple larbin du système parmi d’autres en UE.
Restructurer par voie de référendum notre Constitution pour lui redonner les bases essentielles d’une nouvelle indépendance nationale, par rapport au nouveau contexte de mondialisation au XXIe siècle, cela semble donc être la démarche à la fois unificatrice de la base et par nature incompatible avec les déterminants de la classe politique banco-centraliste kollabo de la mondialisation, c’est à dire quasiment la totalité de la classe politique française actuelle, dont on aurait pu encore sauver tout au plus Olivier Marleix s’il était encore parmi nous, et sinon je ne vois guère d’autres exceptions…
Et s’il en est, on comprend assez bien qu’elles se fassent discrètes, histoire de simplement survivre.
Luniterre
https://cieldefrance.eklablog.com/2026/03/face-au-totalitarisme-banco-centraliste-comment-se-pose-la-question-des-alliances-politiques-possibles.html
PS1 : pour mémoire, les "quatre points cardinaux" déjà proposés comme axes de réflexion pour une base référendaire et constitutionnelle de reconquête de l’indépendance nationale de la France face au banco-centralisme mondialisé :
_ Indépendance militaire et géostratégique : la force de dissuasion nucléaire doit être remise à jour et au service de l’indépendance de la France de façon potentiellement efficace dans toutes les directions. L’industrie militaire française doit fournir par priorité absolue nos forces armées nationales, en complément et renfort de la dissuasion, et non au service d’intérêts étrangers à la nation.
_ Indépendance diplomatique et économique : les relations extérieures ne doivent pouvoir se faire que sur une base constitutionnelle strictement bilatérale et équitable avec chaque pays et non pas en signant des accords globaux avec des groupements internationaux de quelque nature que ce soit. Ce qui rendra ainsi caducs tous les accords inéquitables signés jusqu’ici par des politiciens traîtres à la nation.
_ Indépendance financière et monétaire : la France rétablira le Conseil National du Crédit à l’échelle nationale et régionale sur une base constitutionnelle démocratique représentative lui donnant pouvoir de contrôle sur le crédit et la circulation monétaire sur le territoire de la République, mettant ainsi un terme aux pouvoirs extraterritoriaux de la Banque Centrale Européenne.
_ Indépendance culturelle et idéologique : un principe constitutionnel complémentaire devra redonner à la laïcité sa véritable légitimité en affirmant que le renoncement explicite à tout principe théocratique doit être une base statutaire de l’existence légale de toute Église ou institution religieuse sur le territoire de la République. Une nécessité pour affirmer clairement l’indépendance de la France à l’égard de toutes les puissances de facto théocratiques et de leurs agents d’influence sur le territoire national.
Les Quatre Points Cardinaux du Retour à l’Indépendance de la France
https://cieldefrance.eklablog.com/2026/01/les-quatre-points-cardinaux-du-retour-a-l-independance-de-la-france.html
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Le texte en doc PDF imprimable :
(Recto-verso 21 x 29,7)
Les Quatre Points Cardinaux du Retour à l’Indépendance de la France.PDF
https://frontdeslaics.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/01/les_quatre_points_cardinaux_du_retour_a_lindependance_de_la_france.pdf
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PS 2 : au stade actuel de la lutte, cela règle donc la question des alliances tactiques éventuellement possibles : dans le mouvement pour une démocratie référendaire refondant constitutionnellement l’indépendance nationale du pays il n’y a par définition aucune "exclusive" à avoir, étant donné le principe même du suffrage universel.
Et en cas de victoire nécessairement globale de la Résistance contre le système banco-centraliste la reconstruction économique et sociale reposera également la question de la restructuration du champ politique en fonction des objectifs concrets à atteindre. Il reste donc par nature complètement indéterminé, à l’heure actuelle, en termes d’alliances potentielles.
Mais le premier clivage se fera sans doute assez nettement avec les forces réactionnaires au sens le plus basique du terme, celles qui exprimeront clairement leur volonté d’en revenir au système banco-centraliste.
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EN RÉPONSE AU CAMARADE DO >>>
https://mai68.org/spip3/spip.php?article6246#forum3618
Salut Luniterre,
"Le fascisme, tel que décrit dans les classiques, est un phénomène totalitaire temporaire, en phases de crises" temporaires.
La crise finale du capitalisme est arrivée… et elle est définitive. donc, le fascisme se met en place définitivement.
Luniterre, on pourrait croire que ton besoin d’unité ne te permet pas de voir qu’il impossible de s’allier avec les fascistes : ce serait faciliter la tâche du banco-centralisme, fasciste par définition.
Amicalement,
do
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Au sens strict du terme, le fascisme, c’est le mouvement politique fondé en Italie par Benito Mussolini. Point barre. Par extension, on a qualifié de fascistes l’ensemble des mouvements nationalistes totalitaires qui se sont formés à la suite et se sont pour l’essentiel coalisés en tant que "puissances de l’axe". Le franquisme, qui n’est pas activement rentré dans cette coalition au cours de la deuxième guerre mondiale, fait objectivement partie de cette mouvance pour en avoir bénéficié au cours de son accession au pouvoir.
Historiquement la fin du franquisme marque donc la fin historique du fascisme en tant que force politique étatique.
Par analogie on a qualifié de fascistes à peu près toutes les dictatures et les régimes autoritaires à travers le monde au cours de la suite de l’histoire du XXe siècle.
La dictature chilienne, par exemple, pour horrible qu’elle ait été, se réclamait pourtant d’une idéologie et d’une doctrine économique ultra libérale, voire "libertarienne", et non pas réellement d’une idéologie corporatiste et d’une économie directement sous la férule de l’État, contrairement à ce que prône le fascisme.
Toute forme de totalitarisme n’est donc pas forcément une forme de fascisme, sauf à perdre complètement la définition sociologique et économique qu’en ont donné les classiques.
Le fait est que le "fascisme historique" subsiste toujours sous la forme de groupuscules d’illuminés occasionnellement dangereux parce que manipulables par d’autres forces politiques et organismes étatiques diverses, mais parler actuellement de forces politiques fascistes appelées à jouer un rôle politique déterminant ne fait manifestement pas réellement sens.
Ceci-dit le cirque politique spectaculaire comprend par nécessité tout un arc de nuances idéologiques formelles, histoire d’entretenir le confusionnisme et l’illusion d’un jeu démocratique où chacun est sensé pouvoir s’y retrouver, y compris avec des "opinions extrêmes".
Mais tout ce spectacle politique "démocratique" n’a plus aucune influence sur le cours historique fondamental de notre époque. Il n’est qu’un vivier de "gestionnaires potentiels", en réalité "larbins potentiels" du système banco-centraliste parmi lesquels sont choisies les marionnettes les plus appropriés aux fins du système selon l’évolution des circonstances.
Il n’y a donc aucune continuité entre ce jeu d’acteurs et le fascisme historique, pas plus qu’il n’y a de continuité entre le fascisme historique et le banco-centralisme.
Le fascisme historique était essentiellement une forme transitoire du capitalisme d’entre deux guerres et qui ne s’est guère prolongée ensuite stricto sensu, après guerre, qu’en Espagne franquiste.
Encore une fois, le passage au banco-centralisme étant le passage à un autre mode de production, sur la base de rapports économiques et sociaux complètement différents, parler d’une sorte de continuité du fascisme ne fait donc fondamentalement aucun sens au delà d’un artifice d’agit-prop éventuellement utile par analogie dans un premier temps, mais à manier avec précaution et en vue d’aboutir aussi rapidement que possible à une explication réellement rationnelle du nouveau mode de production.
Il faut au contraire insister, dans nos explications, sur les caractéristiques nouvelles de ce système et sur les perspectives tragiques auxquelles il mène la civilisation humaine à relativement brève échéance, au train où vont les choses, notamment avec la guerre actuelle en Iran.
C’est ce qui est également abordé dans cet article qui fait tout de même déjà plus de 3000 vues sur AgoraVox et continue d’être encore vu à une cadence encourageante ce W-E :
Guerre en Iran : Trump, Netanyahou, quel metteur en scène pour le nouveau reality show criminel de l’hyperclasse mondialiste ?
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/guerre-en-iran-trump-netanyahou-267236
Luniterre
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EN RÉPONSE COMPLÉMENTAIRE À >>>
https://mai68.org/spip3/spip.php?article6246#forum3621
François Mitterrand, en son temps, en 1981, s’est fait élire avec les voix, et sans lesquelles il ne serait pas "passé" au second tour, du très pétainiste avocat Tixier-Vignancour, lui-même membre du gouvernement de Vichy, comme secrétaire général adjoint à l’information, et donc directement sous les ordres de Laval, semble-t-il. François Mitterrand, également fonctionnaire du gouvernement de Vichy, le restera jusqu’en 1943, même si en commençant à jouer "double jeu" à partir de la mi-42. Alors que Tixier-Vignancour, lui, avait déjà rompu avec Vichy dès mai 41…
Et Mitterrand est maintenant en outre bien connu pour avoir par la suite protégé un anciens kollabo particulièrement criminel en la personne de Bousquet, etc…, et cela en toute connaissance de cause, alors qu’ici, selon cette vidéo, il ne semble pas que Bardella ait été conscient des sympathies mussoliniennes de ce Vannacci, et qu’il a même tenté de rattraper cette très grosse boulette, mais pas forcément plus grosse que le passé pétainiste de Tonton…
Et on pourrait une fois de plus revenir longuement sur les "porosités" et "passerelles" diverses entre la gauche française et la kollaboration…
On peut toujours se cantonner à divers aspects plus ou moins anecdotiques de chaque époque et circonstances historiques sans jamais en faire l’analyse en termes d’évolution des rapports de production et des rapports de classes dont ces anecdotes ne sont jamais que des épiphénomènes, et non de réels marqueurs en termes de détermination historique, sauf peut-être en ce qui concerne l’instabilité des classes moyennes dans le champ politique.
Bref, on ne voit pas en quoi ce type d’anecdote contredit l’analyse de la nature historique réelle du fascisme et de sa disparition en tant que force politique en soi et pour soi au cours de la seconde moitié du XXe siècle, même si avec des résurgences minoritaires en marge des partis d’"extrême-droite" modernes adaptés aux conditions du cirque politique actuel, en tant que spectacle profondément insignifiant, même si tu sembles néanmoins le suivre assez assidument.
Il y a par contre plus d’intérêt et d’utilité dans ton approche du passage du "banksterisme" au banco-centralisme, même si le changement de mode de production n’y apparaît pas encore de manière suffisamment explicite, alors que c’est la différence essentielle entre les deux époques et celle qui empêche précisément de pouvoir définir une continuité historique entre les deux types de totalitarisme.
Luniterre
