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1er avril 2026
Assawra
Alors que les menaces ouvertes de l’ennemi contre le Liban s’intensifient et que des plans sont élaborés pour modifier de force la réalité frontalière – notamment la déclaration du ministre de la Défense, Yisrael Katz, concernant la « destruction de toutes les maisons face à la frontière et la modification définitive de la réalité à notre frontière avec le Liban » –, les dirigeants libanais s’attachent à déclarer illégale toute résistance à l’occupation.
Des sources bien informées ont révélé que le gouvernement libanais a adressé une lettre au Conseil de sécurité le 3 mars, classant la branche militaire du Hezbollah comme organisation hors-la-loi. Il y a deux jours, la mission libanaise auprès de l’ONU a réitéré cette position devant le Conseil de sécurité. Le quotidien Al-Akhbar a appris que le Premier ministre Nawaf Salam a chargé le représentant du Liban auprès de l’ONU, Ahmed Arafa, de demander que la lettre soit présentée au Conseil de sécurité. La lettre reprend les clauses de la décision du Cabinet d’interdire le Hezbollah, comme suit :
- Interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, déclarées illégales.
- Le parti doit remettre ses armes à l’État libanais.
- Les activités du Hezbollah doivent se limiter à la sphère politique, dans le cadre constitutionnel et légal.
- Les forces armées et de sécurité (en particulier l’armée libanaise) sont chargées de prendre des mesures immédiates pour empêcher toute opération militaire, tout tir de missile ou de drone depuis le territoire libanais, et d’arrêter les contrevenants.
Alors que des sources politiques indiquaient que l’objectif était de placer cette lettre au cœur des débats lors d’une session du Conseil de sécurité, elles s’interrogeaient sur une éventuelle coordination entre Salam et le président Joseph Aoun, la gravité de la situation étant bien plus grande qu’il n’y paraît. Cette évolution n’est pas un simple détail de procédure destiné à consolider la résolution, mais vise plutôt à fournir une couverture juridique et politique à toute approche du Conseil de sécurité.
Plus dangereux encore, cette lettre justifie l’agression et l’occupation israéliennes, l’ennemi affirmant à maintes reprises combattre une entité hors-la-loi au nom de l’État libanais, qui n’a pas réussi à désarmer le Hezbollah. Elle sert également de prétexte aux massacres qu’Israël commettra par la suite sous prétexte de cibler les infrastructures du Hezbollah ou d’assassiner ses responsables. On peut affirmer que le gouvernement libanais a officiellement légitimé l’occupation et ses agressions en les cautionnant verbalement par le biais de déclarations de plusieurs ministres et du Premier ministre. Ce faisant, il alimente les tensions internes, la situation devenant critique et le silence n’étant plus envisageable.
Au Conseil de sécurité de l’ONU
Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu ce 31 mars 26 une session d’urgence suite aux attaques perpétrées contre le personnel de la FINUL dans le sud du Liban, dans un contexte de tensions militaires croissantes et de crise humanitaire sans précédent. Dès l’ouverture de la session, le représentant du Liban auprès de l’ONU a exhorté le Conseil de sécurité à agir et à condamner les déclarations israéliennes concernant le territoire libanais, exigeant que les mesures nécessaires soient prises pour contraindre Israël à cesser ses incursions. Il a souligné que l’occupation israélienne du Liban en 1978 n’avait pas apporté la sécurité au pays, rappelant que l’histoire leur avait appris qu’une paix durable ne pouvait être instaurée par l’occupation et que seule une solution diplomatique pouvait garantir une paix juste.
Le représentant libanais a déclaré que le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre, malgré la volonté du gouvernement de dialoguer avec le groupe. Il a appelé l’Iran à respecter la souveraineté du Liban et à cesser son ingérence, et a condamné les menaces proférées par les Gardiens de la révolution iraniens contre des universités américaines.
(Correspondance locale - Beyrouth, le 1er avril 2026)
