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En défense de Benjamin Netanyahu

lundi 6 avril 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 6 avril 2026).

Traduction reçue par courrier électronique le lundi 6 avril 2026 11:00

De la par d’Alexander Moumbaris

La verion originale en angais est dans un encadré sousl’article.

En défense de Benjamin Netanyahu | Middle East Eye

 

En défense de Benjamin Netanyahu

Joseph Massad
30 mars 2026, 20h20 minutes

 

Les efforts visant à présenter le Premier ministre israélien comme seul responsable de la politique de l’État, occultent un long récit  historique d’expansion et de répression.

La récente campagne de la droite aux États-Unis — rejointe par de nombreux militants de gauche — visant à accuser le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu d’avoir entraîné Washington dans une guerre contre l’Iran n’est que la dernière tentative en date d’exonérer les États-Unis de leurs crimes impérialistes et d’absoudre Israël des supposées machinations de Netanyahu.

Cette campagne s’inscrit dans une tendance amorcée il y a deux décennies par des critiques libéraux américains, européens et israéliens sur les politiques israéliennes envers les Palestiniens, le Liban, la Syrie et cette région au sens large. Elle a injustement fait porter la responsabilité à Benjamin Netanyahu et à son gouvernement de coalition, dont les membres récents sont présentés à tort comme responsables d’avoir détourné Israël de sa prétendue trajectoire pacifique d’avant Netanyahu.

Le principal apologiste américain d’Israël, Thomas Friedman, ne cesse de pointer injustement Netanyahu comme le fauteur de troubles du prétendu passé « pacifique » d’Israël. Il est souvent rejoint par le sénateur de gauche Bernie Sanders, dont les critiques virulentes à l’égard de Netanyahu s’accompagnent d’efforts continus pour absoudre à la fois Netanyahu et Israël de leurs crimes.

Les ambitions expansionnistes d’Israël, son agression incessante contre ses voisins, le ciblage délibéré des civils, les pogroms quotidiens menés par les colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie, son génocide à Gaza, ainsi que les déclarations racistes de ses dirigeants à l’encontre des Palestiniens — décrits pendant le génocide comme des « animaux humains» — sont tous présentés comme une orientation nouvelle de la politique et du discours israéliens, attribuée aux engagements supposés de droite de Netanyahu et de ses alliés ultradroitiers, laïcs et religieux.

Ces arguments ne sont pas nouveaux, mais constituent plutôt les reprises diffamatoires des accusations que les critiques occidentaux et israéliens avaient déjà formulées contre le gouvernement de Menachem Begin, arrivé au pouvoir en 1977.

Il incombe aux Palestiniens de défendre vigoureusement à la fois Begin et Netanyahu contre de telles falsifications et jugements diffamatoires, d’autant plus que leurs crimes ne sont rien d’autre que les répétitions, certes amplifiées, des crimes de tous les gouvernements israéliens qui les ont précédés — un point que Begin lui-même avait soulevé en 1981 après avoir été critiqué  pour un bombardement massif de Beyrouth qui a fait des centaines de morts.

 

Blâmer Begin

Begin, alors Premier ministre d’Israël, fut accusé des multiples invasions israéliennes du Liban en 1978 et, plus dévastatrice encore, en 1982 ; de l’attaque de 1981 contre le petit réacteur nucléaire irakien ; ainsi que des annexions de Jérusalem-Est et du plateau du Golan en 1980-1981.

 

On lui reprocha également l’intensification de la répression contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, notamment la création d’une direction de type « Ligues villageoises » à la manière de Vichy pour les représenter, ainsi que l’annexion progressive de la Cisjordanie à travers la mise en place de la soi-disant « Administration civile » destinée à masquer le régime militaire. Moshe Dayan avait décrit les Palestiniens comme des « chiens » et des « guêpes ».

Ajoutez à cela l’occupation du sud du Liban par Israël via l’armée mercenaire du Sud-Liban de Sa’d Haddad, la construction massive de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens et syriens occupés, ainsi que les déclarations racistes à l’encontre des Palestiniens, que Begin qualifiait de « bêtes à deux pattes ».

À l’époque, les critiques libéraux américains et israéliens affirmaient que Begin et son parti de droite Likoud avaient « souillé » le « bel Israël » — comme l’a décrit Noam Chomsky — qui, disait-on, n’avait auparavant recherché que la paix et le compromis.

Que, bien avant Begin et Netanyahu, Moshe Dayan ait qualifié les Palestiniens de « chiens » et de « guêpes », et que le diplomate travailliste David Hacohen les ait décrits comme « non-humains, ce ne sont pas des personnes, ce sont des Arabes », échappe au jugement de ces critiques.

Ce qui est en jeu dans ces représentations diffamatoires chez les détracteurs de Netanyahu, c’est la tentative de présenter toutes les politiques coloniales israéliennes, sous Begin comme sous Netanyahu, comme incompatibles avec la raison d’être même de la colonie de peuplement israélienne, qui aurait prétendument recherché une coexistence pacifique avec ses voisins avant d’être « souillée » par Netanyahu.

Rien de tout cela n’est vrai, bien sûr.

Pour commencer, la doctrine militaire israélienne consistant à cibler délibérément des civils remonte à David Ben Gourion, qui, en janvier 1948 — plus d’un mois après le début de la conquête sioniste de la Palestine le 30 novembre 1947 — déclarait :

« Faire exploser une maison ne suffit pas. Ce qu’il faut, ce sont des réactions cruelles et fortes. Nous avons besoin de précision dans le temps, le lieu et les pertes. Si nous connaissons la famille, [nous devons] frapper sans pitié, femmes et enfants compris. Sinon, la réaction est inefficace. Sur le lieu de l’action, il n’y a pas lieu de distinguer entre coupables et innocents. »

Dans une lettre adressée à la presse israélienne, destinée à exposer l’hypocrisie de ses critiques libéraux, Begin fournit une « liste partielle » d’au moins 30 attaques visant des civils par l’armée israélienne sur ordre des précédents gouvernements travaillistes :

« Il y avait des actions de représailles régulières contre des populations civiles arabes ; l’aviation opérait contre elles. »

L’un des principaux critiques de Begin, l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères Abba Eban, fut horrifié par le fait que Begin rende publique l’histoire criminelle d’Israël. Eban répliqua en défendant ces attaques et, sans contester les faits présentés par Begin, déclara que cette «liste partielle», qui aide « la propagande arabe », montre « Israël infligeant délibérément toutes les formes possibles de mort et de souffrance aux populations civiles, dans une atmosphère rappelant des régimes que ni M. Begin ni moi n’oserions nommer ».

 

Pogroms antérieurs

Les pogroms actuels commis quotidiennement par des colons israéliens illégaux en Cisjordanie ne constituent pas non plus un phénomène propre à l’ère Netanyahu.

Ils ont commencé dans les années 1970, peu après le vol des terres palestiniennes par les colons, et ont ensuite inclus l’attentat à la voiture piégée contre des maires palestiniens en 1980, les passages à tabac d’enfants palestiniens, ainsi que des attaques contre les maisons et les vergers palestiniens.

Des colons américano-israéliens et des partisans de Meir Kahane ont formé en 1975, sous un gouvernement travailliste, le groupe terroriste « Terror Against Terror », qui a commencé à attaquer des civils palestiniens, notamment en incendiant des journaux, en tirant sur les bus de travailleurs palestiniens, en attaquant des sites religieux musulmans et chrétiens à Jérusalem, et bien plus encore.

Les récentes invasions et occupations de territoires syriens et libanais par Netanyahu ne sont pas non plus en contradiction avec les politiques israéliennes établies.

Les plans d’expansion territoriale d’Israël ne sont ni une innovation de Begin ni de Netanyahu, malgré l’insistance des critiques libéraux à faire preuve d’amnésie historique. Ils étaient déjà en cours peu après la création de la colonie de peuplement, comme cela était évident avant et après l’invasion et l’occupation de Gaza et de la péninsule du Sinaï en 1956.

Après la conquête de 1956, le laïc Ben Gourion adopta un ton biblique, déclarant à la Knesset que l’invasion et l’occupation avaient restauré « le patrimoine du roi Salomon depuis l’île de Yotvat au sud jusqu’aux contreforts du Liban au nord ». « Yotvat », comme les Israéliens ont rebaptisé Tiran, « fera de nouveau partie du Troisième Royaume d’Israël ! »

Lorsque l’administration Eisenhower exigea le retrait israélien, Ben Gourion exprima son indignation :

« Jusqu’au milieu du VIe siècle, l’indépendance juive a été maintenue sur l’île de Yotvat au sud du golfe d’Eilat, libérée hier par l’armée israélienne… Israël considère la bande de Gaza comme une partie intégrante de sa nation. Aucune force, quelle que soit son nom, n'obligera Israël à évacuer le Sinaï. Et les paroles du prophète Isaïe se seront ainsi accomplies. »

Au cours des années 1950, ces ambitions furent constamment exprimées. En 1953, Ben Gourion suggéra « la conquête de la région d’Hébron ». En 1954, il ajouta que le ministre de la Défense Pinhas Lavon proposait d’entrer dans les zones démilitarisées [à la frontière israélo-syrienne], de s’emparer des hauteurs au-delà de la frontière syrienne (c’est-à-dire tout ou partie du plateau du Golan), et d’entrer dans la bande de Gaza ou de s’emparer d’une position égyptienne près d’Eilat.

Moshe Dayan proposa également qu’Israël conquière un territoire égyptien à Ra’s al-Naqab dans le sud, ou coupe à travers le Sinaï, au sud de Rafah, jusqu’à la Méditerranée. En mai 1955, il alla plus loin encore, proposant qu’Israël annexe le territoire libanais au sud du fleuve Litani.

En réalité, les Israéliens avaient déjà mis en œuvre des plans visant à s’emparer de toutes les terres dans la zone démilitarisée à la frontière avec le Golan syrien, et entre 1949 et 1967, ils prirent le contrôle de toute cette zone. Les ambitions territoriales d’Israël continuèrent de s’étendre tout au long de la période de 1948 à 1967, dans l’attente de l’occasion propice pour envahir.

 

Stratégie d’expulsion

La tentative de Netanyahu d’effacer Gaza de la carte depuis le 7 octobre 2023, bien qu’elle soit une mesure plus radicale que celles poursuivies par les gouvernements travaillistes en Cisjordanie avant lui, s’inscrit également dans la continuité de la stratégie israélienne.

Après la conquête de 1967, les Israéliens, sous un gouvernement travailliste, procédèrent — comme en 1948 — à rayer de la carte des villages palestiniens en Cisjordanie, notamment Bayt Nuba, Imwas et Yalu, expulsant leurs 10.000 habitants. Ils décimèrent ensuite les villages de Bayt Marsam, Bayt Awa, Hablah et Jiftlik, entre autres.

À Jérusalem-Est, les Israéliens s’en prirent au quartier des Maghrébins, nommé d’après les volontaires nord-africains ayant combattu aux côtés de Saladin contre les croisés sept siècles plus tôt. Ce quartier appartenait depuis des siècles à un waqf (fondation islamique).

Des milliers d’habitants reçurent quelques minutes pour quitter leurs maisons, immédiatement rasées au bulldozer afin de permettre aux masses juives conquérantes d’entrer dans la vieille ville et de célébrer leur victoire face au mur al-Buraq — dit « Mur des Lamentations ».

Le premier gouverneur militaire israélien des territoires occupés, Chaim Herzog, né en Irlande et futur sixième président d’Israël, revendiqua la destruction de ce quartier densément peuplé, qu’il décrivit comme « des toilettes » qu’ils avaient « décidé de supprimer ». Il ajouta :

« Nous savions que le samedi suivant, le 14 juin, serait la fête de Shavouot et que beaucoup voudraient venir prier… cela devait être terminé d’ici là. »

Les projets israéliens, annoncés immédiatement après le 7 octobre 2023, d’expulser les Palestiniens de Gaza ayant survécu jusqu’à présent au génocide, ne constituent pas non plus une nouveauté propre à Netanyahu. Des responsables travaillistes israéliens avaient déjà engagé un débat vigoureux immédiatement après la conquête de 1967 sur le sort des réfugiés palestiniens de 1948 restés dans les camps de Gaza occupée.

Ils proposaient de les expulser vers le Sinaï ou vers d’autres pays arabes, voire de les réinstaller en Cisjordanie. Le Premier ministre travailliste Levi Eshkol ne montra aucun remords quant à leur sort, ni à celui des personnes expulsées lors de la guerre de 1967.

L’exemple grec d’expulsion et « d’échange » de populations avec la Turquie en 1923 demeurait une source d’inspiration majeure pour les Israéliens. Begin, alors député de droite, intervint dans le débat :
« En Grèce, ils ont expulsé des Turcs qui y étaient nés, et cela faisait partie d’un accord. »

Eshkol répondit :
« C’est exactement ce que je voulais dire, et j’ai vu comment ils ont été installés. »

Alors que ces expulsions avaient eu lieu quatre décennies plus tôt, un jeune Eshkol avait voyagé en Grèce pour étudier la réinstallation de 600.000 réfugiés grecs d’Asie Mineure. C’était, écrivait-il, « un projet énorme et intéressant », qu’il pensait applicable au contexte de la colonisation juive en Palestine.

 

Plans expansionnistes

Les récentes initiatives du gouvernement Netanyahu visant à annexer la Cisjordanie — condamnées par l’Union européenne — s’inscrivent également dans la continuité des politiques des gouvernements travaillistes israéliens depuis 1967.

Le projet de colonisation des territoires occupés, connu sous le nom de plan Allon, fut élaboré en 1967 par Yigal Allon. Il visait à annexer un tiers de la Cisjordanie et la majeure partie de Gaza, à l’image des projets actuels de Netanyahu.

Bien qu’aucun gouvernement israélien n’ait officiellement adopté ce plan, plusieurs propositions d’annexion furent élaborées, notamment les plans Ra’anan, Dayan, Sharon-Wachman et Drobles (1978).

Dès 1977, soit dix ans après la conquête de 1967, les gouvernements travaillistes successifs avaient déjà annexé de facto Jérusalem-Est et construit 30 colonies en Cisjordanie, ainsi que quatre dans la bande de Gaza, avec 15 autres en projet.

Plus de 50 000 colons israéliens s’étaient déjà installés dans des colonies de Jérusalem-Est, présentées comme des « quartiers ». Le gouvernement travailliste avait également établi la plupart des 18 colonies du Sinaï avant l’arrivée du Likoud au pouvoir.

En 1972, les travaillistes israéliens expulsèrent aussi 10 000 Égyptiens après avoir confisqué leurs terres en 1969, détruisant leurs maisons, cultures, mosquées et écoles pour établir six kibboutzim, neuf colonies rurales et la ville-colonie de Yamit dans le Sinaï occupé.

 

 

Colonisation de Jérusalem

L’expulsion accélérée et continue des Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est ces dernières années n’est pas non plus une nouveauté liée à Netanyahu, mais une continuation fidèle de la politique israélienne depuis 1967.

Les Israéliens avaient alors expulsé tous les 4.000 à 5.000 réfugiés palestiniens vivant dans le « quartier juif » de Jérusalem-Est, qui, avant 1948, n’était détenu qu’à moins de 20 % par des Juifs.

Après la conquête israélienne, ce quartier fut étendu à plus de 40 acres, soit dix fois sa taille initiale. Les propriétés juives furent restituées à leurs propriétaires après 1967, tandis que les propriétés palestiniennes furent confisquées.

Jérusalem-Est fut placée sous la municipalité élargie de Jérusalem-Ouest le 29 juin 1967, constituant une annexion de facto. Le maire palestinien fut destitué puis expulsé, et l’administration municipale fut « judaïsée ».

Immédiatement après la conquête, la ville fut déclarée « site antique », interdisant toute construction. Des fouilles archéologiques furent lancées, entraînant la destruction de bâtiments palestiniens datant du XIVe siècle.

Le gouvernement du Likoud poursuivit ce processus en annexant officiellement la ville en 1980, décision déclarée « nulle et non avenue » par la résolution 478 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les expulsions de Palestiniens de Jérusalem se poursuivirent, notamment par la confiscation de leurs cartes de résidence. La fermeture récente de la mosquée Al-Aqsa et l’interdiction faite aux musulmans palestiniens d’y prier pendant l’Aïd s’inscrivent dans cette continuité.

 

Conclusion

C’est pourquoi toute tentative d’exonérer Israël de ses crimes depuis 1948 et de faire porter injustement la responsabilité à Netanyahu comme dirigeant isolé doit être dénoncée comme de la propagande et des mensonges.

Ces récits visent à légitimer la colonie de peuplement israélienne et à blanchir ses crimes.

Les Palestiniens devraient être à l’avant-garde pour contrer ces attaques diffamatoires contre Netanyahu et le défendre comme n’étant ni plus ni moins qu'un criminel de guerre comme tous les Premiers ministres israéliens qui l’ont précédé depuis 1948.

 

 

Note finale

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale de Middle East Eye.

Joseph Massad est professeur de politique arabe moderne et d’histoire intellectuelle à l’Université Columbia (New York). Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles académiques et journalistiques, dont Colonial Effects, Desiring Arabs, The Persistence of the Palestinian Question et Islam in Liberalism. Ses travaux ont été traduits dans une douzaine de langues.

 

Version originale en anglais :

In defence of Benjamin Netanyahu

https://www.middleeasteye.net/opini…

30 March 2026 20:20 BST

Joseph Massad is professor of modern Arab politics and intellectual history at Columbia University, New York. He is the author of many books and academic and journalistic articles. His books include Colonial Effects : The Making of National Identity in Jordan ; Desiring Arabs ; The Persistence of the Palestinian Question : Essays on Zionism and the Palestinians, and most recently Islam in Liberalism. His books and articles have been translated into a dozen languages.

A demonstrator wearing a prisoner uniform and a mask depicting Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu takes part in a ’No Kings Italy’ march in Rome on 28 March 2026, part of a global day of action held alongside protests in the US, London and Athens (Marcello Valeri/Zuma Press Wire)

Efforts to single out the Israeli prime minister as uniquely responsible for state policy obscure a long record of expansion and repression

The recent right-wing campaign in the US - joined by many leftists - to blame Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu for dragging Washington into a war on Iran is only the latest campaign to exonerate the US from its imperialist crimes and to absolve Israel of Netanyahu's alleged machinations.

This campaign continues a trend that began two decades ago by American, European and Israeli liberal critics of Israeli policies towards Palestinians, Lebanon, Syria, and the region more broadly, which has unfairly placed blame on Benjamin Netanyahu and his coalition government, whose more recent members are unjustly deemed responsible for veering Israel off its alleged pre-Netanyahu path of peace.

Israel's main American apologist, Thomas Friedman, does not tire of unfairly pointing the finger at Netanyahu as a spoiler of Israel's "peaceful" record. He is often joined by leftist Senator Bernie Sanders, whose fulminations against Netanyahu are coupled with ongoing efforts to absolve both him and Israel of their crimes.

Israel's expansionist ambitions, its unceasing aggression against its neighbours, the deliberate targeting of civilians, the daily pogroms carried out by Israeli settlers against Palestinians in the West Bank, its genocide in Gaza, and the racist pronouncements of its leaders against the Palestinians - described during the genocide as "human animals" - are all depicted as some new direction in Israeli policy and rhetoric, based on Netanyahu's alleged right-wing commitments and those of his ultra-right secular and religious allies.

These are hardly new arguments, but rather libellous reiterations of the blame Israel's domestic and western critics had placed on Menachem Begin's government, which came to power in 1977.

Netanyahu's recent invasions and occupation of Syrian and Lebanese territories are also hardly incongruent with established Israeli policies.

Israel's plans to expand its territory were neither a Begin nor a Netanyahu innovation, no matter how much liberal critics insist on historical amnesia. They were already in progress soon after the establishment of the settler colony, as was clear before and after the 1956 invasion and occupation of Gaza and the Sinai Peninsula.

After the 1956 conquest, the secular Ben-Gurion waxed biblical, telling the Knesset that the invasion and occupation restored "King Solomon's patrimony from the island of Yotvat in the south to the foothills of Lebanon in the north." "Yotvat", as the Israelis renamed "Tiran, "will once more become part of the Third Kingdom of Israel!"

When the Eisenhower administration insisted the Israelis withdraw, Ben-Gurion expressed outrage: "Up to the middle of the sixth century, Jewish independence was maintained on the island of Yotvat south of the Gulf of Eilat, which was liberated yesterday by the Israeli army…Israel terms the Gaza Strip an integral part of the nation. No force, whatever it is called, was going to make Israel evacuate Sinai. And the words of Isaiah the Prophet were fulfilled."

During the 1950s, these ambitions were constantly expressed. In 1953, Ben-Gurion suggested "the conquest of the Hebron area". In 1954, he added that Defence Minister Pinhas "Lavon proposed entering the demilitarized zones [on the Israeli Syrian frontier], seizing the high ground across the Syrian border [that is part or all of the Golan Heights], and entering the Gaza Strip or seizing an Egyptian position near Eilat".

Moshe Dayan also suggested Israel conquer Egyptian territory at Ra's al-Naqab in the south, or cut through Sinai, south of Rafah, to the Mediterranean. In May 1955, he went further, proposing that Israel annex Lebanese territory south of the Litani River.

In fact, the Israelis had proceeded with plans to steal all the land in the demilitarised zone on the border with Syria's Golan Heights, and between 1949 and 1967, they took over the entire DMZ. Israel's territorial ambitions continued to expand throughout the period from 1948 to 1967, awaiting the right opportunity to invade.

Expulsion strategy

Netanyahu's attempt to efface Gaza from the map since 7 October 2023, while a more radical measure than those pursued by Labor governments policies in the West Bank before him, is also in keeping with Israeli strategy.  

After the 1967 conquest, the Israelis, under a Labor government, proceeded, as they had done in 1948, to wipe Palestinian villages in the West Bank off the map, including Bayt Nuba, 'Imwas and Yalu, expelling their 10,000 inhabitants. They then decimated the villages of Bayt Marsam, Bayt Awa, Hablah, and Jiftlik, among others.

In East Jerusalem, the Israelis descended on the Magharibah Quarter, named for Maghrebi volunteers from North Africa who joined Saladin's war against the crusading Franks seven centuries earlier. The neighbourhood has been owned by an Islamic endowment for centuries. 

The thousands of inhabitants were given minutes to vacate their homes, which were immediately bulldozed to make way for the conquering Jewish masses to enter the Old City and celebrate their victory, facing the Buraq Wall - the so-called "Western Wall".

After the 1967 conquest, the Israelis, under a Labor government, proceeded, as they had done in 1948, to wipe Palestinian villages in the West Bank off the map

The first Israeli military governor of the occupied territories, the Irish-born Chaim Herzog, who would later become Israel's sixth president, took credit for the destruction of the densely populated neighbourhood, which he described as a "toilet" that they "decided to remove". He added: "We knew that the following Saturday, June 14, would be Shavuot Holiday and that many will want to come to pray… it had to be completed by then."

Israel's plans, announced immediately after 7 October 2023, to expel Palestinians from Gaza who have so far survived the genocide, are also hardly a Netanyahu original. Israeli Labor officials began a vigorous debate immediately after the 1967 conquest over what to do with the 1948 Palestinian refugees who remained in the camps in occupied Gaza.

They proposed expelling them to the Sinai or other Arab countries, or even resettling them in the West Bank. Israel's Labor prime minister, Levi Eshkol, showed no remorse about their fate, nor for those expelled during the 1967 war.

The Greek example of population expulsion and "exchange" in 1923 with Turkey remained most inspirational to the Israelis. Begin, who was a right-wing member of parliament at the time, intervened in the debate: "In Greece they took out Turks who were born there, and that was as part of an agreement."

Eshkol retorted: "That's exactly what I wanted to say, and I saw the way they were settled."

While the Greek-instigated expulsions took place four decades earlier, a young Eshkol "had traveled to Greece to learn about the resettlement of 600,000 Greek refugees from Asia Minor. It was 'an enormous and interesting project'", he wrote at the time, assuming it could be instructive in the context of Jewish settlement in Palestine.

Expansionist plans

The recent moves by Netanyahu's government to annex the West Bank, which the European Union condemned, are also in line with the policies of Israel's Labor governments since 1967.

The Israeli colonisation project of the occupied territories, known as the Allon Plan, was developed in 1967 by Yigal Allon, head of the Labor government's ministerial committee on settlements. The plan sought to annex one-third of the West Bank and most of Gaza, not unlike Netanyahu's current plans.

While no Israeli government formally adopted the plan, opting for an "anti-planning" ethos of colonisation, various annexation proposals were developed, including the Ra'anan Plan, the Dayan Plan, the Sharon-Wachman Plan and the Drobles Plan, conceived in 1978.

Indeed, already by 1977, 10 years after Israel's conquest, successive Israeli Labor governments had annexed East Jerusalem de facto and built 30 settler-colonies in the West Bank alone, and four in the Gaza Strip, with 15 more planned and under construction.

Upwards of 50,000 Israeli colonists had already moved to colonies established in East Jerusalem, which came to be misnamed "neighbourhoods". The Labor government also established most of the 18 settlements in the Sinai Peninsula before Likud was elected.

It was also Israeli Laborites who, in 1972, expelled 10,000 Egyptians after confiscating their lands in 1969. They went on to bulldoze and destroy their homes, crops, mosques and schools in order to establish six kibbutzim, nine rural Israeli settlements and the city-colony of Yamit in occupied Sinai.

A total of 18 colonies would ultimately be built in the Sinai. In the Golan Heights, the first one was Kibbutz Golan, which was established in July 1967.

Colonising Jerusalem

As for the accelerated and ongoing expulsion of Palestinians from their homes in East Jerusalem over the last five years, this is also not a Netanyahu novelty, but a faithful continuation of Israeli policy since 1967.

The Israelis had then evicted all 4,000-5,000 Palestinian refugees who lived in the "Jewish Quarter" of East Jerusalem, which before 1948, was less than 20 percent Jewish-owned - Jewish property included no more than three synagogues and their enclosures.

In 1948, the quarter's 2,000 Jewish inhabitants fled to the Zionist side when the Jordanian army occupied East Jerusalem. The quarter, less than five acres in area, was never exclusively Jewish, as Muslims and Christians were the majority of the inhabitants, and most of the Jews who lived there rented their property from them or from Christian and Muslim endowments, which owned the properties.

After the Israeli conquest, the quarter was substantially expanded to cover more than 40 acres, 10 times its original size. The Jordanian Custodian of Absentees' Property kept all Jewish holdings in the name of their original owners and did not expropriate them.

Jewish property in East Jerusalem was returned to the Israeli Jewish owners after 1967, while the Israeli government confiscated all Palestinian property in the quarter. Palestinian property in West Jerusalem, which Israel confiscated in 1948, was not returned to Palestinians in East Jerusalem who now claimed it.

East Jerusalem was placed by the Labor government under the expanded municipality of West Jerusalem on 29 June 1967, effectively annexing it de facto, and dismissing its Palestinian-Jordanian mayor, who was later deported, and dissolved its municipal council, after which the entire city administration was "Judaized".

Immediately following the conquest, the city was declared "a site of antiquity", meaning no construction would be allowed. The Israelis began archaeological excavations underground in a desperate search for the Jewish temple, which led to the destruction of 14th-century Palestinian buildings, including the Fakhriyyah Hospice, al-Tankiziyyah school, and a dozen more.

The Likud government continued the process when it annexed the city de jure in 1980, a move declared "null and void" by United Nations Security Council Resolution 478. Excavations and drilling under and next to Muslim holy sites proceeded apace in search of the ever- elusive ancient first Jewish temple, assuming it ever existed.

Eviction of Palestinian Jerusalemites would also commence, especially through the confiscation of residency IDs of scores of the Palestinian inhabitants of the city, a practice that continues to the present. The closure of Al-Aqsa Mosque in recent weeks and the banning of Palestinian Muslims from praying there during Eid are just the latest of these measures, as is the subsequent prevention of the Latin Patriarch from holding Palm Sunday mass in the Holy Sepulchre on Sunday.

This is why any attempt to exonerate Israel and its monstrous crimes since 1948, and to undeservedly blame Netanyahu as an errant leader who stands apart from otherwise ethical Israeli policies and values, should be exposed for the propaganda and lies that they are.

Such lies seek to legitimise the Israeli settler-colony and cleanse it of its crimes.

Palestinians should be at the forefront of countering these libellous attacks on Netanyahu and defending him as no more or less a war criminal than all Israeli prime ministers who preceded him since 1948.


https://www.youtube.com/watch?v=7L8…

The origins of ’Greater Israel’

24 février 2026

Middle East Eye
et MEE EXPLAINS

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The idea of Greater Israel reaches back to the turn of the 20th century, rooted in the early writings of Theodor Herzl, sharpened by Ze’ev Jabotinsky’s Iron Wall, and carried forward under David Ben-Gurion and the Mapai party.

Today, under Benjamin Netanyahu, disputes over land, settlements, and sovereignty bring these ambitions back into sharp focus, and begs the question, what is Greater Israel ?

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