Non à la loi Yadan !
Ce projet de loi, porté par Caroline Yadan*, prétend lutter contre de nouvelles formes d’antisémitisme.
Cependant, lorsque l’on lit l’exposé des motifs, on remarque un amalgame entre l’antisémitisme et la critique d’Israël (antisionisme). On peut lire par exemple : "Cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. L’appel à la destruction de cet État, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble."
Cet amalgame opéré par Caroline Yadan n’est pas innocent. En effet, en 2025, un tribunal correctionnel a relaxé une personne accusée d’antisémitisme pour avoir soutenu la cause palestinienne. Ce même tribunal a énoncé : “La référence à Israël ou au sionisme, défini comme un mouvement politique et religieux visant à l’établissement puis à la consolidation d’un État juif en Palestine, ne peut, à elle seule, être interprétée comme visant la communauté juive dans son ensemble”.
On peut donc craindre que ce projet de loi ne cherche à contrer ces relaxes et à obliger les juges à opérer cet amalgame entre antisémitisme et antisionisme afin de faire taire toute critique contre Israël.
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Cet amalgame est scandaleux pour trois raisons :
- Il représente un réel danger pour la liberté d’expression, en muselant tout soutien à la cause palestinienne. Si ce projet de loi devait être voté, des slogans pacifistes comme « l’égalité et la liberté pour tous de la mer au Jourdain » pourraient faire l’objet de condamnations judiciaires. Le travail des journalistes et des chercheur.e.s pourrait également s’en retrouver censuré.
- Il appuie indirectement la colonisation de la Palestine par Israël, illégale au regard du droit international.
- Il dessert la lutte contre l’antisémitisme en assimilant les Juives et les Juifs à la politique de Benjamin Netanyahou alors que nombre d’entre elleux critiquent ouvertement (et à juste titre) cette politique mortifère.
Oui, il faut lutter contre l’antisémitisme de toutes nos forces, comme contre toutes les autres discriminations. Mais pas en muselant la liberté d’expression ni en assimilant la communauté juive à la politique de Benjamin Netanyahou.
Oui, Israël est un état qui a orchestré des expulsions (comme durant la Nakba de 1947-1948), expulsions encore perpétrées en 2025 en Cisjordanie contre des camps de réfugié.e.s.
Oui, la résistance palestinienne contre l’occupant israélien par tous les moyens nécessaires est un droit garanti par la résolution des Nations Unies 2621 XXV du 12 décembre 1970.
Député.e.s, je vous appelle à voter contre ce projet de loi liberticide appuyant une politique colonialiste et génocidaire contre les Palestinien.ne.s.
Pétition contre la loi Yadan 👉
https://petitions.assemblee-nationa…
Avatar Alexandre BALASSE -
18/02/2026
Identifiant : N°5158
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* Caroline Yadan naît le 14 août 1968 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. Elle est issue d’une famille juive française [source secondaire nécessaire]. Elle est avocate en droit de la famille. Elle est mère de trois enfants.
Elle a été responsable du pôle antisémitisme de la Licra, avant de s’engager en politique.
Avocate de profession, elle s’engage en politique en 2021. En juin 2022, elle est élue suppléante de Stanislas Guerini aux élections législatives, à Paris, et le remplace à l’Assemblée nationale dès le 23 juillet suivant, après la nomination de celui-ci au gouvernement. Elle rejoint alors le groupe Renaissance.
Lors des élections législatives de 2024, elle est élue députée dans la 8e circonscription des Français de l’étranger (Israël, Italie, Turquie, etc.), battant Meyer Habib. En 2025, elle prend ses distances en devenant apparentée, et non plus membre, de son groupe parlementaire, marquant sa désapprobation de la reconnaissance de l’État palestinien par Emmanuel Macron. Début 2026, elle est à l’origine d’une proposition de loi dont l’objectif affiché est de lutter contre l’antisémitisme, ses soutiens estimant que l’antisionisme est toujours une forme d’antisémitisme et qu’il doit être réprimé, tandis que ses opposants sont en désaccord avec cette équivalence et considèrent que son objectif est de sanctionner les critiques d’Israël et le soutien à la Palestine.
Parcours politique
Se définissant comme une militante, elle indique elle-même s’être également engagée dans les comités locaux d’En marche ! dans le 18e arrondissement de Paris, avoir travaillé notamment avec Marlène Schiappa sur les sujets de la laïcité et du droit de la famille dont les violences faites aux femmes et ajoute qu’elle a été candidate aux élections municipales[6].
En juin 2021, elle est candidate à Paris, lors des élections régionales de 2021, sur la liste « Envie d’Île-de-France » conduite par Laurent Saint-Martin (LREM)[7]. Placée en 29e position, elle n’est pas élue[8].
Lors des élections législatives de juin 2022, elle est candidate suppléante de Stanislas Guerini dans la 3e circonscription de Paris (17e et 18e arrondissements). Le député sortant est réélu avec 51 % des voix, ce qui lui permet également de rester au gouvernement. Caroline Yadan le remplace donc à l’Assemblée nationale[9],[2],[10] et rejoint le groupe Renaissance[11].
Le 15 février 2023, elle est nommée secrétaire du groupe d’amitié France-Israël[12].
Lors des élections législatives de 2024 (30 juin et 7 juillet), elle est candidate Ensemble pour la République dans la 8e circonscription des Français établis hors de France. Elle dit avoir été choisie pour cette circonscription car lors de son précédent mandat, elle s’est illustrée en luttant contre l’antisémitisme et en contrant la délégitimisation de l’État d’Israël[6]. Elle est élue au second tour avec 52,7 % des voix en battant le député sortant Les Républicains (soutenu par le Rassemblement national) Meyer Habib[13],[14], en bénéficiant d’un report des voix de gauche de la candidate Yaël Lerer[3]. Activité parlementaire Mission flash sur les dérives communautaristes et islamistes dans le sport
Le 6 novembre 2024, elle est nommée corapporteuse, avec le RN Julien Odoul, de la « mission flash sur les dérives communautaristes et islamistes dans le sport ». Le 5 mars 2025, la mission rend son rapport. Dans ce dernier, sont notamment qualifiés de « dérives » le « port (ou revendication du port) d’un couvre-chef religieux », les « prières dans les établissements sportifs », le « refus de s’incliner devant l’adversaire », la « demande de vestiaires distincts », et « d’adaptation du calendrier des compétitions aux fêtes religieuses », la « volonté de masquer » certaines « parties du corps » ou encore « les messages religieux sur les réseaux sociaux ». En conclusion du rapport, Caroline Yadan et Julien Odoul proposent d’« interdire le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse ou politique pendant les compétitions ainsi que le port du burkini dans les piscines et les bases de loisirs publiques »[15]. Proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme »
Le 19 novembre 2024, Caroline Yadan dépose une « proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». La proposition présentée comme « transpartisane » est cosignée par plus de 120 députés du camp gouvernemental, mais aussi quelques socialistes, dont l’ex-président François Hollande. Elle saisit le Conseil d’État, qui émet de nombreuses recommandations, intégrées dans une version largement réécrite. Celle-ci est proposée en commission des lois le 20 janvier 2026, et adoptée de justesse, par 18 voix contre 16, contre l’opposition d’une partie de la gauche et de La France insoumise (LFI), pour qui le texte « essentialise » les Juifs, et « protège une politique, celle de l’État d’Israël », Caroline Yadan affirmant de son côté que le texte a pour but de répondre à une « haine dissimulée sous le masque du progressisme »[16],[17].
Avant le passage en assemblée plénière les 16 et 17 avril, des avocats, des universitaires et des collectifs juifs indiquent leur opposition, l’Union juive française pour la paix qualifiant le texte de « machine à censure et accélérateur d’antisémitisme »[18]. Une pétition en ligne s’opposant à la proposition de loi est créée sur la plateforme de l’Assemblée nationale[19], avec le soutien de la Ligue des droits de l’homme qui juge la proposition de loi « dangereuse »[20] et lance de son côté une plateforme permettant de contacter les parlementaires pour les inciter à voter contre[21]. La pétition dépasse 100 000 signatures début avril[22], puis 400 000 signatures le 6 avril[20],[23],[24],[25]. Prises de position et controverses Soutien aux intérêts d’Israël
En octobre 2023, au début de la guerre à Gaza, Caroline Yadan se situe dans la fraction du parti Renaissance qui proclame un soutien inconditionnel à l’État hébreu[26], faisant partie des « "faucons" de la majorité opposés à la diplomatie française » d’après Mediapart[27]. Ainsi le 15 octobre 2023, alors que les experts des Nations unies ont évoqué « des attaques militaires aveugles contre la population palestinienne de Gaza », 4 000 Palestiniens ayant été tués, dont au moins 1 500 enfants (selon le ministère de la Santé de Gaza)[27], Caroline Yadan se rend en Israël avec huit autres députés à l’invitation d’ELNET, un lobby pro-israélien qui œuvre au rapprochement entre l’Europe et l’État hébreu[26],[27].
Le 6 octobre 2024, elle fait part de sa « colère » contre le président de la République, Emmanuel Macron, qui, un an après le début de la guerre à Gaza, s’était prononcé en faveur d’un embargo sur les armes à destination d’Israël avec l’objectif de privilégier une solution politique[28]. Elle se justifie de cette prise de position en déclarant qu’« au-delà d’être Macroniste, je suis d’abord des Français qui habitent en Israël »[29]. Selon le journal Libération, Caroline Yadan par ce propos défend « les intérêts d’un pays tiers plutôt que la position du chef de l’État français », alors qu’elle est élue sous la bannière du parti du chef de l’État[30]. Le même quotidien rappelle que « la circonscription de Yadan ne se limite pas à l’État hébreu »[30]. Libération souligne qu’un député une fois élu « ne représente pas seulement les électeurs de sa circonscription mais bien l’ensemble des Français »[30].
Le 27 août 2025, elle commence à siéger comme apparentée à et non plus membre du groupe EPR à l’Assemblée nationale[31],[32], car elle désapprouve la reconnaissance de la Palestine par Emmanuel Macron, acceptée par la ligne dominante du parti présidentiel[33].
Le 11 juillet 2024, elle propose de faire de la reconnaissance de « l’État d’Israël » un préalable à l’acquisition de la nationalité française. Elle dit s’inspirer en cela de la nouvelle loi sur la nationalité allemande (de)[34], entrée en vigueur le 27 juin[35]. Attaques contre des journalistes et organisations internationales
Le 6 juin 2023, elle lance plusieurs fausses accusations sur Twitter concernant le journaliste et militant Taha Bouhafs, entre autres qu’il aurait été colistier d’Alain Soral aux élections européennes de 2019 ou d’avoir fait une quenelle avec Dieudonné[36].
Le 8 septembre 2024, elle accuse le rédacteur en chef adjoint au Monde, Benjamin Barthe, lauréat 2008 du prix Albert-Londres pour ses reportages consacrés à Gaza dans Le Monde et L’Express, de nourrir « la haine des juifs en France », mettant ainsi en cause la ligne éditoriale des articles du journaliste sur la guerre menée par Israël à Gaza[37]. Benjamin Barthe est « unanimement reconnu par ses pairs comme un excellent connaisseur de la réalité israélo-palestinienne » selon Politis[37].
Elle critique avec virulence Amnesty International après la publication d’un rapport[38] accusant Israël de commettre un génocide à Gaza et relaie de fausses informations sur l’ONG[39].
Le 28 mars 2025, avec 41 autres députés du socle commun, elle adresse une lettre[40] au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, pour lui demander de s’« opposer, au nom de la France, au renouvellement du mandat de Mme Francesca Albanese en tant que Rapporteur spécial des Nations unies sur les territoires palestiniens, au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies », en mettant en cause son impartialité et sa transparence[41],[42],[43]. Elle obtient en février 2026 du gouvernement français un appel à la démission de Francesca Albanese, l’accusant d’avoir déclaré « qu’Israël est l’ennemi commun de l’humanité », ce qui s’avérera faux[44]. Attaques contre La France insoumise
Le 7 août 2023, à l’annonce de la dissolution de Civitas après des propos jugés antisémites tenus par un invité de l’université d’été de ce mouvement politique, elle critique la « tentative de dédouanement » de Jean-Luc Mélenchon qui se félicitait par ailleurs de cette dissolution, et propose la dissolution de La France insoumise (LFI) pour le même motif[3]. Plusieurs députés LFI, ainsi que le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, critiquent « vertement » ses propos[45].
Le 28 janvier 2025, au lendemain des commémorations des 80 ans de la libération du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, elle met en cause lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la « haine du Juif » d’« un dangereux parti à l’extrême gauche de cet hémicycle », qui serait « responsable d’une montée de l’antisémitisme en France », provoquant la sortie de la plupart des députés du groupe LFI, de quelques députés des groupes écologiste et socialiste et de la députée communiste Elsa Faucillon[46]. En conséquence, les élus insoumis réclament des sanctions contre Caroline Yadan, par le bureau de l’Assemblée[47]. Islam et sport
En avril 2025, Caroline Yadan, invitée dans l’émission After Foot sur la chaîne de télévision RMC Sport, présente le rapport de sa « mission flash sur les dérives communautaristes et islamistes dans le sport ». L’animateur note que les dérives liées à la religion musulmane seraient résiduelles, ne concernant que « 0,07 % des associations » et qu’il existe aussi des clubs de confession juive. Pour Caroline Yadan, ce n’est pas résiduel et les aménagements pour la prière musulmane sont contraire aux règlements de la fédération de football, tandis que dans le cas des clubs juifs les comportements ne sont pas ostentatoires[48]. La députée rappelle son point de vue sur le port du voile musulman, qu’elle qualifie d’« étendard des Frères musulmans », de « signe de patriarcat » et de « symbole […] de l’inégalité [homme-femme] »[49],[50]. Le journal L’Humanité qualifie la séquence de « diatribe islamophobe »[48],[51] et ce passage déclenche un appel au boycott de l’émission, le départ d’un chroniqueur et la saisine de l’Arcom[52],[53],[54].
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Carol…