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8 avril 2026 à 22h35
La crédibilité de Donald Trump toujours plus remise en cause
RTS - 8 avril 2026 à 1930 - 2mn
Sujet radio : Virginie Gerhard Sujet TV : Tristan Dessert Sujet web : asch/fgn
Aux États-Unis, 85 élus démocrates appellent à destituer Donald Trump, après ses menaces outrancières contre l’Iran. Ses propos, largement condamnés, divisent jusque dans son propre camp, tandis que certains y voient une stratégie pour déstabiliser l’adversaire.
Au total, 85 élus démocrates de la Chambre des représentants ont déclaré leur soutien à une procédure de destitution contre le président Donald Trump ou à l’invocation du 25e amendement pour transférer les pouvoirs présidentiels au vice-président JD Vance, selon des informations publiées mercredi par le média américain Axios.
Lundi, sur son réseau "Truth social", Donald Trump avait provoqué une vive controverse en menaçant d’anéantir "toute civilisation" en Iran. La rhétorique du président américain avait suscité une onde de choc à l’échelle internationale. Sans compter qu’il avait auparavant sommé Téhéran d’ouvrir "le putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer". Des propos jugés grossiers et outranciers, condamnés notamment par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.
"Il semble avoir perdu le contrôle", a ainsi accusé le sénateur démocrate Jack Reed. L’élue progressiste Alexandria Ocasio-Cortez s’est, elle, inquiétée des "facultés mentales du président [qui] sont en train de s’effondrer".
Des élus républicains se sont joints à la démarche. Marjorie Taylor Greene, ancienne alliée de Donald Trump qui avait démissionné en janvier de la Chambre des représentants, a par exemple publiquement critiqué ses propos, jugeant inacceptable l’idée de "détruire une civilisation entière", qu’elle a qualifiée de dangereuse et irresponsable. "Le 25e amendement !!! Pas la moindre bombe n’a été tirée contre l’Amérique. Nous ne pouvons pas tuer une civilisation entière. C’est maléfique et de la folie",a-t-elle écrit mardi sur X.
Un scénario très peu probable
Cet amendement stipule qu’un président peut être déclaré "inapte" à exercer ses fonctions. Selon la section 4, si le vice-président et une majorité des responsables des départements exécutifs adressent une déclaration écrite au président du Sénat et à celui de la Chambre des représentants affirmant que le chef de l’État n’est plus en mesure d’assumer ses pouvoirs et ses responsabilités, le vice-président prend immédiatement le relais en tant que président par intérim. Cette disposition, intégrée à la Constitution après l’assassinat de John Kennedy, vise à garantir la continuité de l’exécutif en cas d’incapacité du président.
Dans les faits, un tel scénario apparaît toutefois très peu probable aujourd’hui, compte tenu de la composition du cabinet, majoritairement favorable à Donald Trump.
"Madman theory"
Inapte ou pas ? Ces propos pourraient aussi s’inscrire dans la stratégie de la "madman theory" (théorie du fou), rendue populaire sous l’ère Nixon, notent certains observateurs. Il s’agit d’une technique qui consiste à paraître imprévisible et irrationnel pour déstabiliser l’adversaire et le pousser à céder par peur de l’escalade.
Une autre lecture est celle d’une stratégie de menace extrême pour obtenir des concessions. Donald Trump a déjà utilisé ce schéma plusieurs fois, notamment lors de l’épisode récent sur le Groenland, qu’il avait menacé d’envahir avant d’obtenir un compromis pour renforcer les troupes américaines sur place.
>> Les précisions dans Forum :
La rhétorique de Donald Trump indigne aux Etats-Unis et à l’international
/ Forum / 2 min. / 8 avril 2026 à 18:00