Défaite stratégique : l’Iran et la Russie font vaciller l’hégémonie occidentale
Dans un entretien dense, Neutrality Studies Français et Jaques Baud nous emmènent des conditions historiques qui ont créé la situation actuelle du monde aux raisons qui font que l’Occident est en train de perdre.
En résumé, les dirigeants occidentaux sont des incultes qui n’ont aucune connaissance des autres cultures et cela implique qu’au lieu d’avoir une vision stratégique et de prendre des décisions rationnelles basées sur une vision rationnelle, ils n’ont qu’une vision tactique basée sur une vision tronquée de la réalité qui les fait réagir au coup par coup et souvent de façon irrationnelle.
Pour illustrer son propos il explique la différence entre la culture occidentale où gagner signifie écraser son adversaire et la culture arabe où Jihad signifie résister, se dépasser soi-même, ne jamais plier même face à un adversaire plus fort.
Il mentionne entre autres le cas d’Israël, une culture européenne qui, après 80 ans de colonisation et de résistance palestinienne, n’a toujours pas compris cette résistance.
Au contraire dans des pays comme la Russie, l’Iran et la Chine, ils ont des dirigeants qui ont a la fois une grande culture, de grandes connaissances de l’étranger et de ses cultures, une grande expérience et qui nous comprennent beaucoup mieux que nous les comprenons.
Mon impression est qu’une page importante de l’histoire mondiale est en train de se tourner, une page qui a commencé avec la première croisade, et qui a vu l’occident se lancer tête baissée dans la domination du monde. Une page dans laquelle l’Occident plutôt que de comprendre les autres cultures et coopérer avec elles, a toujours préféré exterminer les locaux qui refusaient de se soumettre à sa domination, comme par exemple à Cuba où un petit siècle après l’arrivée de Christophe Colomb, les peuples locaux avaient été entièrement exterminés et remplacés par des esclaves importés d’abord d’Afrique puis du reste du monde.
Après une domination sans partage de l’Occident, le siècle passé a vu des pays relever la tête et réussir à s’émanciper.
Aujourd’hui ces pays ont formé des alliances sur un modèle, la compréhension et la coopération, différent du modèle occidental basé sur le racisme et la force. La rationalité, des études l’ont prouvé, nous dit que la coopération est supérieure à la compétition.
De plus même sur le plan militaire, l’Occident, est devenu un colosse aux pieds d’argile qui ne fait plus peur au reste du monde et qui a prouvé son incapacité à protéger ses alliés. Ces deux raisons, la puissance militaire de l’Occident ne fait plus peur et la coopération est un meilleur modèle de développement, font que l’Occident se retrouve au pied du mur. Où plutôt qu’il s’est déjà fracassé dans le mur de ses certitudes basées sur une vision non rationnelle du monde et de l’autre.
Il y a un gros bémol dans cette histoire : Aujourd’hui tous les pays ont le même dogme économique — Vive la croissance. Ce qui, sur une planète aux ressources naturelles finies et en voie d’épuisement rapide pose un gros problème de gestion des ressources restantes. L’avenir nous dira si la coopération permettra de trouver des moyens paisibles d’assurer cette gestion et le partage que cela implique. En Occident, les bruits de bottes s’accélèrent alors que les peuples assistent à l’explosion conjointe des budgets militaires et de la corruption de leurs élites. La grande question est donc de savoir si les peuples occidentaux seront capables de relever la tête et d’entrer en résistance où s’ils préféreront se laisser conduire à l’abattoir que leurs élites leur préparent.
La solidarité et la coopération sont les dernières libertés qu’il nous reste.