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Les jeunes affluent à l’aide sociale - RTS vidéo 17:30

vendredi 8 mai 2026, par Dominique

Mise au point nous présentent des jeunes à l’aide sociale (+50% en 10 ans.

Ce qui me frappe dans cette vidéo est de voir une partie de ces jeunes tellement incapable de socialiser, qu’à la place de voir cela comme une chance — ils ont le temps de le faire — ont carrément peur de sortir de chez eux.

Ce n’est pas un reproche que je leur fait à eux ou à leur famille, tout le monde fait ce qu’il peut et c’est la société qui les a rendu comme ça.

Matroska Video - 101.6 Mo
Les jeunes affluent à laide sociale - Mise au point - Play RTS - 3 mai 2026

Ce qui ne choque le plus dans ce doc est que si les représentants de l’état font preuve d’une certaine empathie envers ces jeunes, celle-ci est entièrement dirigée vers comment les réinsérer dans la société. Je suis bien d’accord que pour ces jeunes et aujourd’hui, c’est le plus important.

Mais à aucun moment il ne regarderaient vers le futur donc sur les causes de cette situation. Car dire qu’ils ont des situations de famille précaire, ce n’est pas une cause, ça fait partie de la situation.

Et aussi bien chez les politiques locaux que chez les journalistes de la confédération (la RTS fait partie du plus haut niveau de l’état, de la Confédération), il n’y a pas l’ombre d’un questionnement sur les causes profondes de cette situation catastrophique, l’évolution de la société ces dernières décennies.

C’est bien ce qui me choque le plus. Surtout que depuis Jung nous savons que quand nous questionnons, ses réponses sont un miroir, un reflet de nous-mêmes. de cotés de nous-même que nous avons enfouis

J’ai vécu ce changement. Les boomers dont je fais partie accusent volontiers les jeunes d’être des victimes de pubs et que leur écologie consiste à consommer des nouvelles technologies. Allant parfois jusqu’à dire que cela les abrutirait.

Eux-mêmes n’étaient pas mieux. Dés les années 60, ils se sont rués sur les télés et le tout voiture. Les victimes de pub transcendent toutes les générations.

J’ai eu la chance de grandir avant ce tout voiture et dés que j’avais eu l’âge de poser mes fesses sur un tricycle et de le faire avancer en pédalant, j’avais pu aller jouer en liberté dans les rues de mon quartier. Mes parents m’avaient délimité un périmètre à ne pas dépassé, et je m’étais vite aperçu que dans le quartier, tout le monde me connaissait et leur téléphonait quand je le dépassais.

Mais je me souvient très bien de ce sentiment grisant de liberté que j’éprouvais, fier comme un pou sur mon tricycle. Ma mère m’avait aussi bien driller sur le fait que je ne devais pas discuter avec des inconnus.

Une fois une dame d’un certain âge était arrivée vers moi et sur un ton scandalisé, m’avait demandé ce que je faisait tout seul dans la rue. Son attitude m’avait choqué car je trouvais normal de m’amuser dans la rue. À l’époque, ça l’était. Je lui avait répondu que j’avais l’ordre de ma mère de ne pas discuter avec des inconnus et que cela ne la regardait pas ou un truc du genre. Elle a insisté. je lui avait dit, de mémoire pour ce qu’elle vaut : "Vous insistez alors que je n’ai pas le droit. Vous êtes pédo ou quoi ?"

Tout petit mais déjà une bonne confiance en soi. Elle était partie et le poissonnier du coin était sorti et il m’avait dit que je ne devais pas lui dire ça, quelle était connue et gentille. Je lui ait expliqué la scène et que si elle avait continué je me serais mis à appeler au secours de toutes mes forces. "Oui mais quand même, tu ne peux pas dire ça aux gens."

À l’époque, il y avait un vrai tissus social et un vrai vivre ensemble dans les quartiers. Puis il y a eu la catastrophe. En 64, ils avaient livré la première autoroute de Suisse, réorganisé la circulation en posant des feux dans toute la ville et posé les premières caméras de surveillance d’Europe, des trucs d’un mètre de long difficile à louper. Mais déjà avec télécommande et zoom.

Les premières victimes de cette politique avaient été les enfants et leurs jeux en liberté. Maintenant nous avons des gangs de dealers et des mendiants à la place. J’ai posé la question à l’IA pour savoir qu’elle est l’influence du tout voiture sur le développement des enfants, faites-le ça vaut la peine. Ben je n’avais pas pensé à tout, de la forme physique au cognitif en passant par la socialisation, c’est néfaste, c’est encore pire que ce que je pensais.

Une question que pose Jung est de savoir ce que vous détestez le plus chez l’autre. Perso c’est l’hypocrisie. Par exemple moi, si je m’étais écouté, au lieu de faire la carrière que j’ai faite, j’aurais fait terroriste. À la Earth First, mais pas en s’en prenant aux personnes, en ciblant les infrastructures. On a essayé. Quand j’avais 18 ans, nous avons lancé en Suisse le mouvement anti-nucléaire et nous étions prêt à aller jusqu’au sabotage des chantiers des centrales, chantiers qui venaient d’ouvrir. Ceci pour forcer les politiques à demander l’avis du peuple. Au début, les médias nous donnait la parole, ce qui à permis au mouvement de grandir rapidement. Puis les médias n’ont plus donné la parole qu’aux Amis de la Terre, ces suiveurs de Con Ben Bite, ce qui leur a permis de phagocyter et travestir le mouvement en promenades du dimanche totalement inoffensives.

Nous leur avions demandé : "Si nous nous occupons des sabotages, êtes-vous solidaire." Ils avaient répondu non et comme nous n’avions pas envie d’être sûr de finir en tôle pour leur faire de la pub, nous avions abandonné. 15 ans plus tard, ils ont obtenu, grande victoire ils ont dit, un moratoire de la construction de centrales déjà construites. Les plus opportunistes d’entre eux avaient fondé les V.v.erts.

La politique, c’est non seulement l’art de nous diviser, c’est aussi l’art de nous dégouter, génération après génération, de faire de la politique. On l’a bien vu avec la 2e vague des GJ : dés qu’ils ont abandonné leur organisation indépendante et se sont fait maquer par les syndicats et les opportunistes du RIC, ils n’ont récolté que des coups.

Dans cette vidéo, tout ce qu’ils proposent sont des emplâtres sur une jambe de bois car il n’y a aucune reflection sur les causes de cette situation déplorable et inhumaine pour ces jeunes qui en sont les victimes. Faute d’identifier ces causes, ils font porter le poids de la faute sur les victimes de cette dérive sociétale.

Comme j’ai essayé de le présenter de manière non exhaustive, ces cause sont multiples et elles ont un commun une fuite en avant technologique bassement mercantile qui a commencé avec la révolution industrielle, si ce n’est avant msid dont rythme a explosé de façon hyperbolique avec l’industrialisation et continue de le faire.

Se poser les bonnes questions sur ce sujet, à commencer par identifier les causes de cette déchéance progressive de pans entiers de la société, implique de remettre en cause les fondations de notre société. Le faire permettrait aussi de commencer à régler d’autres problèmes urgents comme la catastrophe écologique et sa destruction des conditions nécessaires au vivant tel que nous le connaissons encore par le techno-capitalisme.

Jung pose deux question fondamentales qui permettent de voir le véritable caractère d’un personne, que ce soit l’autre ou soi-même.

La rencontre de deux personnalités est comme la rencontre de deux substances chimiques. S’il y a une réaction, les deux sont transformés.

Ces deux questions ne révèlent pas seulement le caractère, elles changent en fait les gens car l’acte de reflection honnête sur soi est ce que Jung a appelé le début de l’individuation.

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