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Venezuela : Maduro est un prisonnier de guerre !

dimanche 10 mai 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 10 mai 2026).

Venezuela : Le prisonnier de guerre

https://bolivarinfos.over-blog.com/…

Publié le 10 Mai 2026, 16:13pm par Bolivar Infos

Source en espagnol : https://vocesenlucha.com/el-prision…

Écrit par Luis Britto García, 25 avril 2026

Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos

L’invasion militaire spectaculaire du Venezuela, avec ses porte-avions, ses cuirassés, ses sous-marins nucléaires, ses cent cinquante chasseurs-bombardiers et hélicoptères, son déluge de missiles et ses forces opérationnelles, s’est avérée être une véritable déception.

Trois mois après l’agression et les incursions de perspicaces corps de renseignement comme la CIA et la direction du Commandement Sud, on n’a pas localisé un seul membre du fantaisiste Cartel des Soleils. Pas un.

Ces si puissantes agences de renseignement n’ont pas réussi à retrouver un seul membre du « Train d’Aragua », disparu depuis des années. Pas même un seul.

Elles ont encore moins ont trouvé des caches de substances illicites. Pas même en rêve.

Elles n’ont pas non plus trouvé les soi-disant 70% d’électeurs qui auraient donné leur voix au candidat anodin González aux élections de 2024.

En résumé, elles n’avaient rien à faire ici.

Aucun des objectifs de leur mission fixés publiquement n’a été atteint. Pas un mètre carré de terrain n’a été conquis, pas un seul soldat n’y est resté et la plus petite enclave n’y pas été installée.

Les seules choses qu’étonnamment ont trouvé les envahisseurs, ce sont la plus grande réserve d’énergie fossile et d’or du monde ainsi u’un président légitimement chargé de l’administrer et son épouse, la Première Dame et députée Cilia Flores.

Faute de pouvoir emmener en une seule fois les réserves de minerais, les envahisseurs se sont retirés après avoir enlevé le couple présidentiel.

Et nous savons que le 5 janvier 2026 Nicolás Maduro Moros a déclaré : « Je suis le Président du Venezuela, je me considère comme un prisonnier de guerre. »

En effet, le président enlevé au cours d’une incursion militaire étrangère est aussi le commandant des Forces Armées de la République Bolivarienne du Venezuela selon l’article 236 de la Constitution de la République dont le paragraphe 4 lui commande de : « Diriger la Force Armée en qualité de Commandant en Chef, exercer l’autorité hiérarchique suprême sur celle-ci et fixer son contingent. »

Donc, le Commandant en Chef des Forces Armées du Venezuela a été enlevé au cours d’une invasion militaire de l’armée des Etats-Unis. Ceci rend obligatoire l’application de la convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre approuvée le 12 aout 1949.

Dans ce cas particulier, l’article 4 stipule : « A. Sont des prisonniers de guerre, au sens de cette convention , les personnes qui, appartenant à l’une des catégories suivantes, tombent au pouvoir de l’ennemi : 1) les membres des forces armées d’une partie du conflit, les membres des milices et des corps de volontaires qui font partie de ces forces armées. »

Les droits reconnus dans cette Convention sont inaliénables, comme le stipule son article 7 : « Les prisonniers de guerre ne pourront, en aucune circonstance, renoncer partiellement ou totalement aux droits qui leur sont accordés par cette Convention et, le cas échéant, dans les accords spéciaux auxquels se réfère l’article précédent. »

Les prisonniers de guerre ne peuvent être détenus dans des prison pour les prisonniers de droit commun car l’article 22 de cette convention stipule : « La puissance détentrice regroupera les prisonniers de guerre dans des camps ou dans des sections de camps en tenant compte de leur nationalité, de leur langue et de leurs coutumes. (…) »

La nature et le statut de ces camps, qui se distinguent clairement des établissements pénitentiaires, sont clairement définis à l’article 39, qui stipule : « Chaque camp de prisonnier de guerre est sous l’autorité directe d’un officier responsable appartenant aux forces armées régulières de la Puissance détentrice. Cet officier sera en possession du texte de la présente Convention, veillera à ce que les présentes dispositions soient portées à la connaissance du personnel placé sous ses ordres et assumera, sous la direction du gouvernement lui-même, la responsabilité de leur application. »

Les ravisseurs ne peuvent pas non plus imposer au prisonnier de guerre des vêtements dégradants ou humiliants visant à rabaisser de manière humiliante sa condition de prisonnier. A cet effet, l’article 18 de la Convention stipule : « On ne pourra pas retirer au prisonnier de guerre ni les insignes de son grade ou de sa nationalité, ni ses décorations ni, en particulier, les objets qui ont une valeur personnelle ou sentimentale. » Le prisonnier de guerre a le droit de s’habiller et d’exhiber les vêtements, les uniformes et les insignes propres à son rang aussi bien dans sa vie quotidienne que dans ses comparutions devant ses ravisseurs.

Pour plus de clarté, l’article 40 ajoute : « On autorisera l’usage des insignes de grade et de nationalité ainsi que des décorations. »

Bien que la guerre soit un état d’exception qui suspend temporairement une grande partie des droits, elle n’élimine pas et ne suspend pas ceux des prisonniers. ainsi, l’article 84 de la Convention stipule que « seuls les tribunaux militaires pourront juger un prisonnier de guerre à moins que la législation de la Puissance détentrice n’autorise expressément les tribunaux civils à juger un membre des forces armées de cette Puissance pour une infraction similaire à celle qui fait l’objet de l’accusation portée contre le prisonnier ». Ce qui veut dire que les prisonniers de guerre ne peuvent être ni jugés ni condamnés par des organes de la justice pénale ordinaire.

Le même article stipule également que : « En aucun cas, on ne fera comparaître un prisonnier de guerre devant un tribunal quel qu’il soit s’il n’offre pas les garanties essentielles d’indépendance et d’impartialité généralement reconnues et, en particulier, si la procédure ne garantit pas à l’accusé les droits et les moyens de défense prévus dans l’article 105. » Une disposition particulièrement importante alors que, en violation du sixième amendement de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique, la farce judiciaire engagée contre Nicolás Maduro Moros se déroule devant la juridiction pénale civile d’un tribunal sans compétence pour statuer sur les faits survenus au Venezuela, prolonge les reports et les retards injustifiés, bloque les fonds indispensables au financement de sa défense.

Enfin, l’article 118 de la Convention prévoit que « les prisonniers de guerre seront libérés et rapatriés immédiatement les hostilités actives achevées. » La guerre contre le Venezuela a été engagée sans avoir été déclarée et sans avoir obtenu l’autorisation indispensable du Congrès des Etats-Unis et se poursuivra jusqu’à ce qu’un traité de paix conforme au droit international en vigueur et respectueux de notre souveraineté soit signé.

Certains diront que le conflit s’achève avec la reconnaissance de fait du Gouvernement du Venezuela. Dans ce cas, notre Président et la Première Dame devraient être libérés et rapatrié immédiatement, les réparations et indemnisations restant à déterminer.

D’autres diront que les arguments juridiques ne servent à rien face à une situation de force. Dans ce cas, les arguments juridiques des Américains ne vaudraient rien non plus ni les conséquences qu’ils tentent d’en tirer. La force illégitime ne crée aucun droit, si ce n’est celui de rétablir par la force même le droit lésé.


Luis Britto García

LUIS BRITTO GARCÍA (Caracas, 1940) es narrador, ensayista, dibujante, dramaturgo, humorista, fotógrafo, submarinista, guionista y profesor universitario. Autor de 86 obras, en narrativa destacan Rajatabla (Premio Casa de las Américas 1970) Abrapalabra, (Premio Casa de las Américas 1969) Los fugitivos, Vela de armas, La orgía imaginaria, Pirata, Andanada y Arca. En teatro, La misa del Esclavo (Premio Latinoamericano de Dramaturgia Andrés Bello 1980) El Tirano Aguirre (Premio Municipal de Teatro1975) Venezuela Tuya (Premio de Teatro Juana Sujo en 1971) y La Opera Salsa, con música de Cheo Reyes. Con Me río del mundo obtuvo el Premio de Literatura Humorística Pedro León Zapata. Como ensayista publica La máscara del poder en 1989 y El Imperio contracultural : del Rock a la postmodernidad, en 1990, Elogio del panfleto y de los géneros malditos en el 2000 ; Investigación de unos medios por encima de toda sospecha (Premio Ezequiel Martínez Estrada 2005), Demonios del Mar : Corsarios y piratas en Venezuela 1528-1727, ganadora del Premio Municipal mención Ensayo 1999. En 2002 recibe el Premio Nacional de Literatura, y en 2010 el Premio Alba Cultural en la mención Letras.

Tuvimos el honor de conocer y entrevistar al profesor Luis Britto, de quien dicen las buenas lenguas que es uno de los intelectuales más completos y polifacéticos de América Latina, en Caracas, en julio de 2021. A raíz de esa generosa entrevista de casi dos horas, y tras años leyendo sus textos y reflexiones, decidimos incorporar su perfil en el espacio Voces Amigas.

Volvimos a conversar extensamente con él a fines de 2023, y en enero de 2025. A continuación, pueden ver esas entrevistas completas, junto a unas semillas (extractos) de la misma, seguidas de muchos de sus extraordinarios artículos.

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