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comaguer
Bulletin
676
Une
bombe flottante
12.05.2026
*****
ARCTIC
METAGAZ
Silence avant la
catastrophe ?
Rappel des faits
Le 3 Mars 2026 un navire sous pavillon russe l’ARCTIC METAGAZ parti de Mourmansk
traverse la Méditerranée. Sa destination annoncée par les sites de traçage des
navires de mer : Port Said en Egypte.
Ce gros navire de près de 300 m de long transporte une
cargaison mixte : du Gaz Naturel liquéfié et 900 tonnes de gas-oil. Arrivé
entre Sicile et Libye il est attaqué par un drone venu de Libye qui crée
une large brèche dans la coque et déclenche un violent incendie. L’équipage
abandonne le navire et est recueilli peu
après.
Depuis ce navire qui,en droit maritime est une épave, dérive au
gré des vents. Une première tentative de remorquage a échoué.Difficile de passer
des amarres quand il n’y a plus d’équipage à bord d’un navire de cette
taille.
Pendant les semaines qui suivent il est sous
surveillance,surveillance non prise en charge officiellement puisqu’il est
tantôt dans les eaux internationales, tantôt dans la Zone économique exclusive
de l’Italie de Malte ou de la Libye. Il semble maintenant acquis qu’il est
désormais dans les eaux territoriales libyennes mais comme il y a deux
gouvernements en Libye l’un a l’ouest à Tripoli l’autre à l’Est à Benghazi
l’incertitude a longtemps
prévalu.
Les vents ont finalement fait le choix. L’épave est proche de la
côte de Cyrénaïque donc il appartient au gouvernement du maréchal Haftar, celui
de Benghazi de prendre en charge cette épave, ce gros navire dangereux et pour
la navigation et pour le chargement qu’il transporte. Si le navire s’échoue il peut se
briser et sa cargaison se répandre.
1-
Le cas du gas-oil est simple : risque de marée
noire
Dans cette catégorie le déversement des 900 tonnes de gas-oil est de la classe des grandes marées
noires dont la limité inférieure est à 700 tonnes mais dont les limites supérieures
sont beaucoup plus élevées par
exemple 20000 tonnes de fioul lourd déversées par l’Erika au large de la
Bretagne en 1999. Reste à mettre en place la protection contre la marée noire.
Les techniques et les moyens sont connus
2-Le cas du GNL ne l’est pas
Dans la brève histoire du GNL et de son transport international
quelques accidents ont eu lieu mais uniquement dans des installations à terre
soit pendant la liquéfaction avant de charger le navire soit pendant la
regazéification à l’arrivée. Aucun accident de navire en mer n’a eu lieu et
encore moins sur une épave. Que peut-il se passer : une fuite de gaz
liquide qui passe brutalement de -163° à la température ambiante et se détend 600 fois (le
volume de gaz est 600 fois supérieur au volume du liquide) est un phénomène peu
connu : incendie violent, explosion et catastrophe environnementale
possible. Ou bien possibilité de vider progressivement les cuves de GNL encore
pleines. Il est probable que la brèche dans la coque et l’incendie initial
correspondent à la rupture d’une seule cuve de
GNL
Le silence est presque total à ce sujet
Cependant,courant Avril, des nouvelles ont fait état de la
présence sur place d’une équipe de spécialistes russes qui se serait approchée
du navire avec l’accord des autorités de Benghazi et de la présence d’un remorqueur de
haute mer qui aurait tenté en vain
d’organiser un échouage à un endroit approprié. Aucun port libyen n’est
assez grand pour le faire accoster.
Ces spécialistes ont probablement été mandatés par l’armateur russe et le
propriétaire russe du gaz – Novatek– probablement. Prendre le navire en remorque aurait
permis de faire monter une équipe à bord et de reprendre la propriété du navire
et de sa cargaison. Si ce sauvetage échoue la perte pour l’armateur - les méthaniers sont des navires très
chers - et pour Novatek est
considérable.
Mais ce dossier technique hors du commun s’accompagne d’un dossier
politique qui ne l’est pas moins.
Pour la Russie l’accident a été provoqué par un drone ukrainien lancé par des
ukrainiens installés en Libye comme
il y en a dans de nombreux pays d’Afrique où sont présents des intérêts russes.
C’est le même pouvoir ukrainien qui depuis 2022 menace par des drones ou des
tirs de missiles l’énorme centrale
nucléaire de Zaporojie ou soutient les terroristes islamistes contre les pays de
l’AES.
Les intérêts russes vont donc chercher à obtenir réparation. Quoi
qu’il arrive cette affaire constituera un cas exceptionnel de droit maritime
dont le règlement peut durer des années
Aux dernières nouvelles le navire aurait été pris en remorque et
serait maintenant à l’ancre soit dansles eaux territoriales libyennes de l’Est
soit dans la ZEE libyenne du même quasi-état dirigé par le Maréchal
Haftar.
Cette situation stabilisée devrait déboucher sur une négociation
entre la Russie et Novatek d’un côté et le gouvernement de facto de Bengazi. En
effet les libyens n’ont pas les
capacités techniques de prendre possession de la cargaison (des dizaines de
millions de m3 de GNL) ils seront donc obligés de partager le butin avec Novatek
qui lui maitrise les techniques nécessaires. Le procédé de récupération le plus probable est de
faire transborder le GNL restant dans un autre méthanier qui vient se mettre à
couple de l’épave. Ce type d’opération a lieu fréquemment et est bien maitrisé
quand les deux navires sont en bon état.
Si la récupération a lieu, il restera à livrer la marchandise à
son client. Dans la presse spécialisée il est question de l’Inde. Hypothèse
recevable puisque la destination annoncée dans les sites de traçage était Port
Said qui n’est pas un port gazier donc n’était pas la
vraie.
Cet imbroglio est la conséquence des sanctions prises par les
occidentaux,Etats-Unis en tête,docilement suivie par l’UE contre la
Russie.
En droit international les seules sanctions valides c’est-à-dire
acceptées par tous sont celles décidées par le Conseil de Sécurité de l’ONU mais
les Etats-Unis depuis longtemps et l’Union Européenne aujourd’hui prennent des
sanctions contre des Etats avec lesquels elles ont des désaccords (voir
tableau joint).
Donc pour sanctionner l’opérationspéciale de la Russie en Ukraine
dont la raison principale est l’exercice du droit à l’autodétermination par les
populations de l’Est de l’Ukraine auxquelles le gouvernement de Kiev issu d’un
coup d’Etat en 2014 a refusé le droit de parler leur langue et de pratiquer leur
religion, les Etats-Unis ne cessent d’ajouter de nouvelles sanctions contre la
Russie qui vont de la création de listes noires
d’officiels interdits de déplacement
à la saisie d’avoirsbancaires russes dans des banques occidentales et de
propriétés en Occident de compagnies russes comme la société pétrolière
Lukoil.Un département spécialisé du
Trésor des Etats-Unis : Office of Foreign Assets Control (OFAC)est chargé
en permanence de sanctionner
c’est-à-dire de « frapper à la caisse » des compagnies ou des
pays étrangers .
L’utilisation permanente de ces sanctions crée une véritable
JUNGLARISATION du commerce maritime international qui représente l’état réel de
l’impérialisme parvenu aujourd’hui à sa phase terminale, c’est-à-dire à un
extrémisme hors contrôle.
De ce fait la
Russie principale victime de
cette politique a dû,pour pouvoir continuer à commercer, inventer une flotte
dite « fantôme » destinée
à échapper aux sanctions. L’Ukraine comme elle l’avait fait précédemment en Mer
Noire a donc profité de ce régime
de « sanctions » pour attaquer l’ArcticMetagas en Méditerranée et Il
semble qu’à la suite de l’attaque de ce méthanier la flotte
« fantôme » contourne désormais l’Afrique pour atteindre ses clients
asiatiques.
L’ArcticMetagas n’a rien de « fantôme ». Il appartient à
une compagnie russe et navigue sous pavillon russe qui n’est pas un pavillon de
complaisance comme ceux de Panama ou du Liberia les plus largement
utilisés.
***
Programmes de sanctions et informations sur les
pays
L'OFAC administre plusieurs programmes de sanctions différents.
Les sanctions peuvent être globales ou sélectives, utilisant le blocage des
actifs et les restrictions commerciales pour atteindre des objectifs de
politique étrangère et de sécurité nationale.
|
Programmes
de sanctions et informations sur les pays | |
|
Programmes
actifs de sanctions |
Programme
Dernière mise à jour |
|
Contrer
les adversaires de l'Amérique par des sanctions liées à la loi sur les
sanctions |
|
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Ingérence
étrangère dans les sanctions électorales des États-Unis |
|
|
Otages
et détenus à tort Sanctions contre les ressortissants américains
|
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|
Promouvoir
la responsabilité envers Assad et les sanctions régionales de
stabilisation (PAARSS) |
|
|
Sanctions
contre les activités étrangères nuisibles de la Russie |
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Géopolitique et Gestalt Theory
En
prime une petite réflexion
qui rappelleque
les perceptions sensoriellespeuvent
influencer la pensée conceptuelle.
L’expérience suivante : faire faire en s’inspirant d’une
planisphère un croquis sommaire de l’Afrique et de l’Eurasie à des collégiens,
des lycéens ou même des adultes donne un résultat très
éclairant.
L’Eurasie constituée d’une masse centrale : le HEARTLAND des
géopoliticiens, entourée d’une bordure pleine d’aspérités elle-même circonscrite
par des archipels : le RIMLAND, est difficile à
dessiner.
L’Afrique au contraire, toute en rondeurs, qui n’a qu’une seule
aspérité : la « corne de l’Afrique » produit une image qui
s’impose et qui peut effectivement
contribuer à façonner le concept de PANAFRICANISME.
A contrario le concept d’Eurasianisme n’a pas cours. Le Heartland n’a pas de limites très précises et le Rimland est une ribambelle de morceaux sans caractères communs : la péninsule arabique ressemble assez peu au Kamchatka pas plus que la Corée à la Malaisie.
