BFM : “Le Festival de Cannes, ses stars, ses paillettes, son tapis rouge qui continuent à faire rêver les Français…”
Ahahahahaha non pardon : AHAHHAHAHHAHAHHAHAHHAHAH !
Le Festival de Cannes… cette étrange cérémonie où des acteurs et des actrices millionnaires, qui passent leur vie à frauder le fisc, à se baiser les uns les autres dans un entre-soi ressemblant fortement à une famille de consanguins, qui prennent de la coke comme moi un expresso, qui se pètent des bouteilles de champagne à plusieurs SMIC chaque soir dans des fêtes dignes de la Rome antique, qui ont autant de morale que le Cartel de Cali, qui se mentent les uns les autres pour piquer un rôle, et qui seraient capables de buter leur propre mère pour avoir un cachet un peu plus gros ou leur nom écrit en plus gros caractère sur une affiche… Avec un jury aussi vicieux qu’un Émile Louis en ramassage scolaire, choisi par personne, qui nomme un film pour une “Palme d’Or” où l’histoire est chaque année la même que la précédente : une histoire pleine de bons sentiments altruistes, de tolérance, de pauvres qui ont la vertu dans la misère, tout en vantant une vie saine et sobre où l’amour et l’amitié finissent toujours par gagner et triompher du mal en sauvant le monde…
QUEL PARADOXE.
Mais surtout : QUEL FOUTAGE DE GUEULE !
Le cinéma français moderne, c’est devenu un curieux mélange entre une réunion Thermomix de donneurs de leçons et une secte bourgeoise sous coke qui t’explique la vie du peuple depuis une villa avec piscine à débordement et vue sur mer. Les types jouent un ouvrier au chômage pendant 1h42 à l’écran puis repartent en jet privé manger des oursins avec du champagne millésimé en expliquant sur France Inter qu’il faut “revenir à l’essentiel”. La BLAGUE. L’essentiel pour eux, visiblement, c’est surtout les subventions du CNC, les cocktails gratuits et les standing ovations entre copains qui se reniflent le cul comme des caniches sous Xanax. Et alors les films… MY GOD les films. Toujours les mêmes affiches avec des regards tristes, des clopes roulées, une lumière grisâtre comme un lendemain de garde à vue et un synopsis tellement déprimant qu’on dirait le journal intime d’un huissier en fin de carrière. “Farid découvre la résilience grâce à un hérisson aveugle dans une ZAD inclusive.” Palme d’Or directe. APPLAUDISSEZ ! “Monique, 78 ans, lesbienne anarcho-vegan, réapprend à aimer dans un Ehpad anticapitaliste et tombe amoureuse d’un chêne .” Standing ovation de 14 minutes. Le tout filmé avec des plans fixes si longs qu’on a le temps de faire cuire nos pâtes Lidl entre deux dialogues. J’en POUFFE d’avance de rire quand je vois des glandus attendre des heures, plantés comme des cons avec leur chaise pliante, des pseudo-stars maquillées comme des rideaux en Roumanie, dans des pompes à 3000 balles, avec des vêtements qui coûtent trois appartements à Paris. Un tapis rouge posé par des intermittents du spectacle au chomedu, tapis et stars qu’ils ne peuvent même pas approcher sans prendre des baffes par des agents de sécurité payés huit euros de l’heure. L’humaine condition réunie en une seule photo… Et regarde-moi cette liturgie grotesque… Les photographes qui hurlent les prénoms comme des mouettes sous crack : “JULIAAAAA ! PAR ICI JULIAAAAAA !” Les influenceuses qui montent les marches avec le regard vide d’un poiscaille en fin de congélateur. Les chroniqueurs télé qui parlent “d’élégance”, “d’émotion”, “de magie du cinéma”… alors qu’on assiste surtout à une immense foire à l’ego où chacun vient vérifier qu’il existe encore dans le regard des autres. Cannes, c’est pas le 7e art. C’est le Salon de l’Agriculture du narcissisme. Une transhumance annuelle de vestes griffées, de mâchoires refaites et de faux humanistes qui viennent se féliciter mutuellement d’être courageux en tournant des films financés par l’argent du contribuable qu’eux-mêmes passent leur temps à expliquer comment éviter de payer. Et pendant ce temps-là, le Français moyen, lui, il regarde ça dans son canap Confo où l’intérieur en mousse est déglingué et squatté par son vieux chat avec un paquet de chips premier prix, après huit heures de taf, en se demandant comment il va payer l’essence et si sa carte va passer au péage. Mais attention hein : faut continuer à “rêver”. Rêver de quoi ? D’un monde où une actrice qui gagne en un film ce qu’un aide-soignant ne gagnera pas en trois vies vient expliquer entre deux rails de poudre blanche qu’il faut “prendre soin des gens” ? MOUAHAHAHAHHAHAHHAHAHHA. Toute cette farce organisée n’a qu’un seul but : faire croire que ce milieu est noble alors qu’il fonctionne comme une cour de récréation géante remplie de névrosés sous cachetons. Ça se trahit, ça s’humilie, ça s’utilise, ça s’encense devant les caméras puis ça se découpe en coulisses avec plus de violence qu’un règlement de comptes à Béziers un soir de feria. Viandes à corrida ! Et le pire, c’est que chaque année ils recommencent avec le même cérémonial grotesque, les mêmes discours creux, les mêmes larmes achetées sur Wish, les mêmes indignations sur commande. Une immense pièce de théâtre jouée par des gens qui confondent engagement et narcissisme sous projecteurs. Toute cette mascarade à seule fin qu’on soit content de notre vie merdique en payant 12 balles la place pour aller mater une daube qui tient plus du prosélytisme que du 7e art et qui n’a en fait qu’un seul but : entretenir le vice de tout le milieu cinématographique. ON BOYCOTTE.
Christophe Khider