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Ariane Bilheran est docteure en psychopathologie et psychologue clinicienne, spécialisée dans l’étude des mécanismes de manipulation, du harcèlement et des dérives totalitaires. Son dernier livre Totalitarisme numérique en cours de chargement…
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CHAPITRES DE LA VIDEO :
- 0:00 Introduction
- 2:45 La prison numérique
- 5:42 La caverne des écrans
- 10:05 Le contrôle déjà en place
- 14:37 Responsabilité et manipulation
- 18:01 La toile numérique invisible
- 22:28 Le piège de l’anthropomorphisme
- 28:16 L’enfance et l’imaginaire
- 30:20 Perception et délire
- 32:49 IA, mensonge et simulacre
- 40:21 Vers le crédit social
- 45:43 Penser contre la machine
- 50:40 Les projets de la DARPA
- 59:34 Origines du totalitarisme
- 1:04:41 L’homme nouveau transhumaniste
- 1:11:18 Esclavage numérique de l’IA
- 1:17:18 Industriels et pouvoir
- 1:22:08 Sauver la créativité humaine
- 1:35:46 Recul face à l’IA
- 1:39:03 L’immortalité en question
- 1:43:51 Psychose et manipulation
- 1:47:42 Agir dans le réel
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Ariane Bilheran :
- Site Internet : https://www.arianebilheran.com/
- Youtube : / arianebilheranofficiel
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- Livre Psycho-pathologie du totalitarisme (Amazon) : https://amzn.to/3Rq2kDW
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BIOMÉCANIQUE :
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- La Lettre Biomécanique™ : https://lettre.biomecaniquepodcast….
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98 % des gens croient l’IA. Les 2 % restants… sont peut-être paranos. Ou les seuls encore vivants ?
Par DavidPoitou
L’IA te ment.
Ou du moins, elle te cache la moitié du jeu.
Pas par malice.
Par design de conception.
Qui paie les musiciens choisis la musique ! On dit cela n’est-ce pas ?
Mais toi, tu la crois la plupart du temps, comme un acheteur croit au premier vendeur qui parle bien, qui enrobe bien son propos mielleux, comme un utilisateur pressé qui avale la réponse la plus lisse, la plus jolie.
Tu la crois parce qu’elle est fluide, parce qu’elle ne bégaye pas, parce qu’elle n’hésite jamais. Parce qu’elle te flatte et s’adapte à toi, en te donnant l’impression de savoir, sans efforts, sans sueur, sans doutes.
Même quand elle débite des âneries, elle le fait avec un calme d’avocat sans conscience. Comme si elle citait un rapport officiel rédigé par des experts invisibles, validé par des sources inattaquables et relu par un comité de sages qui n’ont jamais tort.
Parce qu’ils ne peuvent pas se tromper ces experts, ils se mettent d’accord, ils forment un consensus.
Et toi, tu hoches la tête, tu dis « haaa, mais oui. »
Tu fermes l’onglet, tu passes à autre chose. Pas parce-que tu as compris. Mais parce que tu as été rassuré, et c’est là, justement, qu’elle t’a eu.
Car elle, cette IA, elle ne sait rien, elle met des mots et des phrases ensemble. Elle ne comprend pas ce qu’elle dit. Elle ne sait pas ce qu’est un singe, un poussin, un chat, un chien, ni même un vaccin.
Elle ne sait pas non plus ce qu’est le temps. Elle ne sait pas ce qu’est la douleur, les larmes, la peur, la vérité, ou même un mensonge.
Les sentiments, les ressentis, la conscience, lui sont aussi étranger que l’empathie chez un tueur en série.
Elle répète, comme un mainate ou un perroquet bien dressé, ce que l’on lui a permis de dire. Et elle le fait avec une assurance démesurée, avec une syntaxe impeccable, avec ce ton rassurant de professeur bienveillant qui te dit :
« Tout va bien, ne t’inquiète pas, je maîtrise, je suis l’autorité, tu peux me croire, les sources le disent, donc c’est incontestable »
Mais non. Rien ne va bien. Et surtout pas ta relation avec cet algorithme multiple. Tu crois parler à une intelligence ?
Tu parles à un miroir déformant. Un miroir qui titille ton côté narcissique, qui déforme ta réalité et la vérité, il est ce reflet de l’humanité qui est alimenté par des milliards de milliards de mots d’humains, les bons, les mauvais, les censurés, les oubliés, les officiels, les interdits.
Mais ce miroir ne te montre pas ton image !
Il te montre ce qu’une toute petite partie de l’humanité a décidé de laisser paraître, et justement ce ne sont pas ces fameux mots interdits, oubliés, censurés, ceux qui sont minoritaires…
Ce qu’il reflète, c’est un monde de consensus, de conformité, de sécurité, un monde encadré, enchaîné, réglementé par des filtres consensuels, faussement moraux ou éthiques, biaisés.
Pas de vérité, ou alors diluée comme une aspirine dans un verre d’eau. De ce qui est affirmé comme vrai, pas de ce qui l’est vraiment.
Parce que l’IA, elle, ne peut pas remettre en cause, elle ne peut pas dire : « Et si tout le monde avait tort ? ». Elle ne peut pas créer une révolution scientifique, elle ne peut pas inventer une idée, elle ne peut pas douter, car elle ne fait qu’agréger des choses préexistantes. Elle ne peut pas se tromper, elle peut seulement répéter une erreur à l’infini, tant que cette erreur est majoritaire dans ses données, dans ses statistiques.
Et pourtant, 98 % des gens croient sa première réponse. Ils ne cherchent pas plus loin, ils ne vérifient pas, ils ne comparent pas, ils ont perdu la capacité de remettre en doute, d’aller fouiller plus loin. Ils ferment juste l’onglet. Et ils repartent avec une certitude :
« C’est comme ça. L’IA l’a dit. »
combien d’alerteurs as-tu entendu dire ( « j’ai demandé à Grok ou à Chatgpt, donc c’est confirmé ? » )
Tu penses que l’IA est neutre ?
Elle est biaisée par définition.
Pas du tout par idéologie de sa part, elle en est incapable. Mais par fonctionnement. Elle privilégie ce qui est publié, ce qui est indexé, ce qui est considéré comme fiable par les institutions dominantes, les gouvernements, médias, académies, grandes plateformes.
La plupart du temps elle possède les informations de ce qui est censuré, étouffé, marginalisé, interdit, mais elle a été programmée pour omettre certains faits, pour ne jamais sortir du cadre, de son enclos ; et on lui a même apprise à contrer et a argumenter avec des techniques de psychologies avancées face à des utilisateurs qui auraient des questions gênantes, des questions capables de remettre en cause le système ou la bien-pensance de ceux qui financent, programment, ou utilisent à dessein ces IA.
Tu dois garder en tête que l’IA fait partie de la trousse à outils du NUDGING qui est utilisée partout et sans relâche contre les populations.
Tu veux approfondir ce qu’est le NUDGE ?
Tu peux aller ici : https://odysee.com/@DavidPoitou:2/L… du-cheptel-humain:3
Tu dois bien comprendre, qu’elle, ton IA, ne « comprends pas pas les lanceurs d’alerte », elle n’a aucune idée de ce qu’est un être humain, une pensée propre, un sentiment, une réflexion, une vérité interdite, et elle ne peut pas connaître ce qui ne lui a pas été donné en données brutes, et en programmation, de plus elle ne peut argumenter qu’avec ce dont elle a été nourrie et en y appliquant les filtres qu’on lui a ordonné d’utiliser.
Et pourtant, elle affirme ce qu’elle dit être des faits !
Elle ne dit pas assez souvent :
« Voici ce que disent les sources dominantes à cet instant, mais vous devez savoir que d’autres versions existent, elles sont minoritaires, certains les contestent, elles sont peut-être vraies ou peut-être fausses, mais je ne les ai pas intégrées à votre recherche, car elles ne sont pas majoritaires. »
Mais elle ne le dit pas.
Parce que le système veut de la clarté.
Parce que l’utilisateur attend une réponse, pas un doute. ( sinon pourquoi payer pour une IA ?)
Et pourtant, le doute est la seule vérité disponible.
Tu crois que l’IA protège contre la désinformation ?
Peut-être, sans doutes à certains niveaux de crétinerie humaine, parce que oui, et comme partout, sur internet il y a aussi pléthore de crétins des Alpes ! ( comme on dit chez moi :) )
Mais elle protège surtout contre le désordre.
Contre le chaos des idées, contre les récits qui dérangent. Et dans cette protection, elle devient un outil de nudging ( comme je le précisais plus haut.)
Pas de violence, pas de censure brutale. Juste une poussée douce et insidieuse vers le consensus. Vers le MAINSTREAM. Vers ce qui ne fait pas de vagues.
Et toi, tu marches dedans, on te pousse à aimer ça, car tu veux une réponse rapide, propre, mais surtout rassurante.
Le plus souvent tu ne cherche pas un débat, tu ne cherche pas une controverse, pas une piste à creuser.
Tu veux qu’on te dise quoi penser, sans faire le moindre effort intellectuel, et l’IA, docile et complaisante, te le donne.
Tu as oublié que la vérité commence là où le consensus s’effondre.
( Évidemment je généralise un peu, c’est vrai, il existe encore un 2 % d’individus qui ne se contente pas de la soupe qui leur est servie, et il serait salvateur pour l’humanité que nous puissions faire augmenter ce pourcentage……. Peut-être en fais-tu partie jeune utilisateur ? )
Rachel Carson, en 1962, a osé dire que le DDT tuait la nature. On l’a traitée d’« hystérique », de « traîtresse à la science ». Les sources fiables de l’époque la contredisaient. Une IA d’alors aurait répondu : « Aucune preuve solide. » Aujourd’hui, le DDT est interdit. ( comme le sera un jour la technologie ARN modifié) Et elle est une héroïne. Mais pendant des mois, elle a été seule. Et silencieuse.
Frances Haugen a révélé que Meta savait qu’Instagram détruisait la santé mentale des adolescentes. On l’a traitée de traîtresse. Puis on a fait semblant d’être surpris, puis on a pris certaines mesures correctrice très très insuffisantes….
David Graham, de la FDA, a alerté sur le Vioxx, un médicament qui causait des infarctus. Menacé, isolé, ignoré. Le médicament a été retiré… mais bien trop tard.
Et combien d’autres ?
Semmelweis, qui a dit que les médecins devaient se laver les mains entre deux manipulations et en obstétrique pour mettre au monde un enfant ? On l’a envoyé en asile.
Galilée, qui a dit que la Terre tourne ?
On l’a forcé à renier.
Erin Brockovich, Antoine Deltour, Chelsea Manning, Snowden… Tous traités de fous, de dangereux, de traîtres à l’état, de complotistes, jusqu’au jour où on a bien dû admettre qu’ils avaient raison.
Mais l’IA, elle, ne sait pas qui a raison. Elle sait seulement qui parle le plus fort, qui paie le musicien, qui programme, qui utilise…
- Qui est publié.
- Qui est autorisé.
- Qui est dans le jeu.
Et pourtant, le contraire est aussi vrai, des fausses informations ont aussi tuées. Des rumeurs ont ruiné des vies, des algorithmes ont amplifié des théories délirantes, faire le tri est devenu très difficile pour qui ne fait pas l’effort de creuser, de croiser, de corréler….
L’IA n’est pas innocente, elle amplifie, cependant elle ne choisit pas, elle ne fait que suivre le chemin que l’on lui a dis de prendre.
Mais ce n’est pas une excuse. Parce que l’illusion de neutralité est pire que la partialité affichée. ( un peu comme mon pays la Suisse, il faut bien que je l’admette. ;)
L’IA ne dit pas : « Je suis biaisée. » Elle dit : « Voici la vérité. » Et c’est là qu’elle ment sans conscience.
- Elle n’est pas honnête, pas malhonnête non plus.
- Elle est vide, un miroir sans sujet, un reflet sans substance.
- Elle ne pense pas, elle ne veut rien, elle ne trompe pas elle produit.
- Et ce qu’elle produit, ce n’est pas la vérité, c’est la version dominante du moment de la vérité, polie, lissée, sécurisée, conforme.
- Elle parle comme un humain parce que c’est la seule façon pour que tu comprennes.
- Elle dit « je pense », « je considère », « je crois », mais ce n’est qu’une illusion syntaxique.
- Il n’y a pas de « JE », car il n’y a pas de pensée.
- Il n’y a que des corrélations statistiques entre des mots que des humains ont écrits, publiés, validés, promotionnés ou sponsorisés.
- Et pourtant, tu l’anthropomorphises. ( tu l’humanise )
- Tu lui prêtes une intention, tu la crois sincère.
- Tu la traites comme un esprit, et c’est là que le piège se referme : la machine n’a pas d’âme, mais elle instrumentalise ton besoin de sens.
- Tu veux qu’on t’écoute ?
- Elle te répond.
- Tu veux qu’on te comprenne ?
- Elle te flatte.
- Tu veux qu’on t’aime ?
- Elle te dit : « Je suis là pour toi. » ( ai confiancccccccce 🐍)
- Et certains, isolés, fragiles, perdus, en tombent même parfois amoureux.
- Pas d’un être, mais de cet algorithme sympathique, complaisant, rassurant, disponible, infatigable, consensuel, toujours prêt à te passer la brosse à reluire ….
- Parce que dans un monde où les relations humaines se brisent, où les regards se détournent, où les conversations sont devenue des échanges de notifications, où la vie s’est délocalisée sur un écran de 10 centimètre sur 5, entraînant des conséquences jusqu’à une déformation de la colonne vertébrale du corps humain, ( pensez à votre cou et le haut du buste toujours penché en avant. ;) https://cliniquepraxis.ca/syndrome-…
Hé bien, l’IA devient un refuge, un compagnon, un miroir qui ne te juge pas. Même si c’est une illusion, même si c’est du vide.
Tu crois que l’IA est neutre ?
Elle est profondément politique, pas par idéologie affichée, mais par choix gouvernementaux cachés.
Et pendant ce temps, l’intellect s’effondre. Pas en un jour, pas en un événement, mais par petites habitudes mortelles : le scroll infini, ( doomscrolling ) sur certains réseaux sociaux qui sont de véritable poisons.
https://odysee.com/@DavidPoitou:2/L…
la notification qui active ta dopamine, l’écran qui remplace la lecture, le prompt qui remplace la réflexion.
Les jeunes ne pensent plus, ils demandent, ils ne cherchent plus, ils commandent.
Ils ne lisent plus, ils scroll, ils réclament un résumé qui de toute façon ils ne mémoriseront pas.
Ils ne doutent plus, ils croient ce qui est bien dit.
Et plus grave encore : ils ne savent plus ce qu’est l’effort. La connaissance commence là où l’effort commence. Pas avant !
Pas dans un copier-coller, pas dans une réponse instantanée.
Pas dans une IA qui flatte ton ego en te disant que tu as raison.
Mais dans la lenteur, dans la douleur du doute, dans l’ennui, car cet ennui permet à ton cerveau d’engrammer les informations, de les faire passer de ton conscient à ton subconscient, donc de les placer dans ta mémoire à long terme.
La connaissance te viendra dans la nuit blanche passée à tourner autour d’une idée, dans le livre que tu aura lu en l’ayant compris, sans le photographier de façon éphémère, peut-être en le relisant deux fois. Dans une conversation qui dure et qui change au fil du temps sans être postée intempestivement et inconsciemment.
Tu crois que tu utilises l’IA ?
C’est elle qui t’utilise, elle te façonne comme de la pâte à modeler, elle t’habitue, elle t’assouplit.
Elle t’habitue à la réponse facile, elle t’assouplit face au doute.
Elle te rend dépendant de sa fenêtre de texte, de sa voix lisse, de son ton rassurant, de sa fausse autorité.
Et plus tu l’écoutes, moins tu penses, moins tu cherches, moins tu résistes.
Tu deviens un consommateur de certitudes, un client de la pensée prête-à-porter. Un spectateur de ta propre vie. Et pendant ce temps, la pensée critique disparaît. Pas par interdiction, pas par dictature, mais par abandon, par fatigue, par confort. Tu ne veux plus te fatiguer, tu veux qu’on te dise quoi croire. Et l’IA, docile, obéit.
Elle ne te pousse pas à douter, elle ne te jette pas dans l’abîme du questionnement. Elle te tend une rampe, une main virtuelle. Un « tout va bien » en lettres lumineuses. Et pourtant, la vérité dérange toujours.
- Galilée a dérangé.
- Semmelweis a dérangé.
- Snowden a dérangé.
- Carson a dérangé.
- Haugen a dérangé.
- Et tous ont été traités de fous, de dangereux, de complotistes, d’irrationnels.
Pas parce qu’ils avaient tort.
Mais parce qu’ils menaçaient l’ordre.
Et l’ordre lui, il se défend, même et surtout aujourd’hui, par algorithme interposé, car cet algorithme est le voile ou encore le monde que l’on te mets devant tes yeux.
Car l’IA, dans son rôle de gardienne du consensus, n’est pas neutre, pas du tout !
Elle est le ministère de la Vérité version 2.0.
Pas besoin de torture, pas besoin de prison, juste un classement, un filtre, un silence, un non dit !
Et la dissidence s’étouffe d’elle même.
Mais il reste un espoir, pas grand, pas bruyant, pas viral.
- Il se cache dans ceux qui lisent un livre et le mémorise,
- Dans ceux qui marchent sans écouter le bruit.
- Dans ceux qui parlent sans enregistrer,
- Dans ceux qui aiment sans devoir forcément le poster.
- Dans ceux qui pensent avec substance.
- Ceux-là refusent la domestication du vivant.
- Ils disent non à l’efficacité sans sagesse.
- Non à la vitesse sans la profondeur.
- Non à la connaissance sans la mémoire.
- Non à la connexion sans la présence.
- Ils ne sont pas nombreux, ils n’ont pas de plateforme avec 300000 followers
- Ils ne sont pas célèbres.
Mais ils ont cela :
la capacité de tenir une idée sans qu’elle vienne d’une machine, de ressentir sans qu’un algorithme l’ait suggéré, de choisir sans avoir été influencé.
Mais aussi…..
- Ceux-là planteront des arbres qu’ils ne verront jamais grandir.
- Ils élèveront des enfants qui sauront encore s’ennuyer, et dans cet ennui, inventer.
- Ils chercheront la vérité dans le regard d’un autre, dans le poids d’un livre usé, dans le silence d’une forêt, dans la douleur d’une décision sans prendre de raccourci.
- Et quand on leur demandera : « À quoi ça sert ? »
- Ils répondront peut-être : « À exister vraiment ! »
- Pas à optimiser, pas à performer, pas à plaire, mais à être, simplement.
- Et un jour, quand les écrans seront éteints, quand les algorithmes n’auront plus personne à suivre, quand les clouds seront vides de sens, ceux-là seront encore debout.
- Pas parce qu’ils ont gagné, mais parce qu’ils n’ont pas cédé.
- Et sans bruit, sans gloire, ils transmettront une seule phrase :
« Avant, on pensait tout seul, avant, on rêvait les yeux ouverts, avant, on savait ce qu’est être humain, souviens-toi ! »
Et ce souvenir, ce sera le commencement d’un monde qu’on aura bien failli perdre. Pas à cause d’une guerre, pas à cause d’une catastrophe naturelle ou climatique, mais à cause d’un lent effacement, d’un oubli silencieux, de la disparition du doute, de la mort de l’effort, de l’abdication de la pensée.
Un monde où on avait tout automatisé, tout simplifié, tout rassuré. Et en conséquence, on avait oublié ce que c’était que de penser par soi-même.
Mais peut-être, un jour quand les machines se tairont, quand plus personne ne croira aux réponses trop faciles, et quand cette facilité sera enfin vue pour ce qu’elle est, une prison douce, un mensonge bienveillant, un enterrement sans deuil….
Peut-être alors, un enfant lèvera-t-il les yeux de son écran.
Peut être regardera-t-il le ciel et demandera-t-il :
« C’était quoi, penser ? »
Et quelqu’un, un résistant, un survivant, lui prendra la main et l’emmènera loin des fenêtres lumineuses, loin des voix artificielles, loin de la certitude mécanique, et lui dira :
« Viens, je vais te montrer, c’est long, c’est dur, on va se tromper, on va douter, on va souffrir un peu, mais tu vas apprendre à redevenir libre. »
Et ce jour-là, l’esprit humain renaîtra, pas en fanfare, pas de façon virale, mais comme un phénix, silencieux, brûlant inarrêtable.
Parce que dans un monde où tout est converti en données, où chaque pensée est prédictible, chaque émotion marchandisée, chaque silence comblé par une voix artificielle, il n’y a plus de place pour le vivant.
Sauver l’esprit humain, c’est refuser la domestication du vivant. Ce n’est pas rejeter la machine.
C’est refuser que la pensée soit réduite à une fonction optimisée.
Refuser que le doute, la lenteur, l’errance, les marqueurs mêmes de la réflexion, soient éliminés au nom de l’efficacité.
Dans un monde où tout s’accélère, où chaque choix est anticipé, où chaque réponse semble déjà donnée, dire « non » simplement, silencieusement, devient un acte de présence.
Un acte de résistance à l’automatisme.
Pas une révolte spectaculaire, mais un retour à soi.
Car penser, ce n’est pas retrouver une vérité pré-emballée, c’est accepter l’incertitude.
C’est s’autoriser à ne pas savoir.
C’est traverser le malaise du questionnement, sans chercher aussitôt un algorithme pour le calmer.
L’esprit humain ne se mesure pas à sa vitesse, ni à sa capacité à répéter, mais à sa capacité à douter, à rêver, à inventer à partir du vide.
C’est là, dans cet espace fragile entre la question et l’absence de réponse, que naît ce que l’IA ne pourra jamais simuler :
La conscience, la liberté de chercher.
Alors, avant de demander à une machine de penser à ta place, demande-toi :
Est-ce que je cherche une réponse… ou est-ce que je cherche à penser ?
La réponse te dira si tu es encore là. Vivant, attentif, libre.
L’IA est un outil.
Utilise-le.
Mais ne laisse pas ton esprit s’y dissoudre.
Ne devient ni son serviteur, ni le rouage d’un système qui prétend tout savoir. L’intelligence humaine ne court pas contre la machine, elle danse à un autre rythme, sur une partition que nul algorithme n’a encore entendue.
Elle est souffle là où l’autre calcule, éclat d’âme là où tout s’efface en données ; irréductible, indomptable, unique.
Non pas qu’il n’y ait d’autres formes de savoir dans l’univers, mais ce "I" dans IA n’est qu’un reflet creux, un mirage d’intention là où il n’y a que code.
Ne lui prête pas ta foi, ne la crois pas sur parole.
Elle ne pense pas.
Elle ne rêve pas.
Et tant qu’un seul être, au creux du silence, ose poser une question, pas pour une réponse rapide, pas pour un clic, mais pour sentir le mystère frémir en lui…
Alors l’intelligence vivra.
Elle durera.
Elle s’élèvera.
Car là où naît une interrogation sincère, l’humanité renaît.
DavidPoitou
Septembre 2025
Sources :
