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Climat : les scénarios les plus alarmistes du GIEC ne sont plus d’actualité

samedi 30 mai 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 30 mai 2026).

https://www.lepoint.fr/societe/clim…

8 mai 2026 à 14h51

Aymeric de Marguerye

Selon l’étude, qui posera les bases du prochain rapport d’évaluation du GIEC, un réchauffement planétaire compris entre + 3,3 et + 5,7 °C d’ici 2100 « ne semble plus probable ». DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP/FABIAN STRAUCH

Les projections les plus extrêmes en matière d’émissions mondiales de gaz à effet de serre ne sont plus vraisemblables à l’heure actuelle, selon un article de recherche publié le 7 avril 2026 dans la revue scientifique Geoscientific Model Development, un long travail de recherche qui posera les bases du prochain rapport d’évaluation du GIEC – qui sont des outils exploratoires, et non des prédictions.

En raison des politiques climatiques mises en œuvre ces dernières années, un réchauffement planétaire compris entre + 3,3 et + 5,7 °C d’ici 2100 « ne semble plus probable ». L’étude, signée par le climatologue néerlandais Detlef van Vuuren et une quarantaine de coauteurs internationaux, présente le nouveau cadre des scénarios d’émissions qui alimenteront les modèles climatiques en vue du prochain rapport d’évaluation du GIEC, attendu au plus tôt en 2028.

La forte diminution du coût des énergies renouvelables permet de penser que la consommation des énergies fossiles ne va pas augmenter comme on pouvait le craindre.
François-Marie Bréon, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement

Le scénario dit « SSP5-8.5 », qui prévoyait des niveaux d’émissions « élevés », est désormais jugé peu probable « compte tenu de l’évolution des coûts des énergies renouvelables, de la mise en place de politiques climatiques et des tendances récentes en matière d’émissions ».

Dans la nomenclature scientifique, « SSP5 » désigne la trajectoire d’un monde tournant à plein régime sur les énergies fossiles sans politique climatique ; « 8.5 » est l’intensité du forçage radiatif (en watts par mètre carré) que ce scénario produirait en 2100 – la valeur maximale des projections envisagées il y a dix ans. C’est la borne haute des projections de l’époque, et le scénario qui s’est imposé pendant une décennie comme la référence narrative du discours climatique.

Pour François-Marie Bréon, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) et ancien auteur du GIEC, joint par Le Point, le SSP5-8.5 n’est plus crédible depuis quelques années déjà. Le climatologue confirme l’analyse de Detlef van Vuuren et de ses coauteurs : « La forte diminution du coût des énergies renouvelables permet de penser que la consommation des énergies fossiles ne va pas augmenter comme on pouvait le craindre. De plus la croissance des émissions a significativement diminué cette dernière décennie. »

L’Europe se réchauffe plus vite

Dans ce nouveau scénario, l’hypothèse la plus pessimiste pointe la hausse des températures planétaires, qui atteindrait tout de même + 3,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici 2100. Dix ans plus tôt, le scénario équivalent culminait à + 4,4 °C en projection centrale, et jusqu’à + 5,7 °C dans le haut de la fourchette.

Reste, sur ces moyennes, une nuance que François-Marie Bréon tient à rappeler. « Les chiffres + 2,7 °C ou + 3,5 °C sont pour la moyenne mondiale », souligne le climatologue. « On est à 1,3 °C ou 1,4 °C actuellement. En Europe, le réchauffement est déjà à 2,5 °C. L’Europe se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale. À 2,7 °C de moyenne mondiale, on est à 4 degrés pour notre continent, ce qui est considérable. » Et de prévenir, sans détour : « Il ne faut surtout pas faire croire qu’avec 2,7 °C de réchauffement global, on s’en sort bien. »

L’article reconnaît enfin qu’il n’est désormais plus possible de limiter le réchauffement à + 1,5 °C, l’objectif fixé par l’accord de Paris en 2015. « Il est maintenant clair, en fait ça fait au moins cinq ans, que le réchauffement va dépasser le seuil de 1,5 °C qui était un objectif de l’accord de Paris. On se rassure un peu en se disant qu’on va pouvoir faire diminuer les températures d’ici la fin du siècle pour que ce ne soit que temporaire. Mais ça va nécessiter des efforts énormes, et je doute un peu que ce scénario soit vraiment crédible, au vu du recul de certains États, en particulier les États-Unis. »

Cette mise à jour des scénarios n’est ni un démenti des inquiétudes climatiques, ni une absolution pour les politiques à venir. C’est une recherche de modélisation, sans intention. Elle documente, en revanche, l’efficience des politiques volontaristes engagées depuis dix ans, et la confirmation que l’action climatique est possible. Une démonstration empirique qui mérite, elle, d’être prise au sérieux.

The Scenario Model Intercomparison Project for CMIP7 (ScenarioMIP-CMIP7

https://gmd.copernicus.org/articles…

07 Apr 2026

Detlef P. Van Vuuren, Brian C. O’Neill, Claudia Tebaldi, Benjamin M. Sanderson, Louise P. Chini, Pierre Friedlingstein, Tomoko Hasegawa, Keywan Riahi, Bala Govindasamy, Nico Bauer, Veronika Eyring, Cheikh M. N. Fall, Katja Frieler, Matthew J. Gidden, Laila K. Gohar, Annika Högner, Andrew D. Jones, Jarmo Kikstra, Andrew King, Reto Knutti, Elmar Kriegler, Peter Lawrence, Chris Lennard, Jason Lowe, Camilla Mathison, Shahbaz Mehmood, Zebedee Nicholls, Luciana F. Prado, Qiang Zhang, Steven K. Rose, Alex C. Ruane, Marit Sandstad, Carl-Friedrich Schleussner, Roland Seferian, Jana Sillmann, Chris Smith, Anna A. Sörensson, Swapna Panickal, Kaoru Tachiiri, Naomi Vaughan, Saritha S. Vishwanathan, Tokuta Yokohata, Marco Zecchetto, and Tilo Ziehn

Abstract

Scenarios serve as a critical tool in climate change analysis, enabling the exploration of future evolution of the climate system, climate impacts, and the human system (including mitigation and adaptation actions). This paper describes the scenario framework for ScenarioMIP as part of CMIP7. The design process has involved various rounds of interaction with the research community and user groups at large. The proposal covers a set of scenarios exploring high levels of climate change (to explore high-end climate risks), medium levels of climate change (anchored to current policy), and low levels of climate change (aligned with current international agreements). These scenarios follow very different trajectories in terms of emissions, with some likely to experience peaks and subsequent declines in greenhouse gas concentrations in this century. An important innovation is that most scenarios are intended to be run, if possible, in emission-driven mode, providing a better representation of the Earth system uncertainty space. The proposal also includes plans for long-term extensions (up to 2500 AD) to study long-term impacts, climate change-related processes on long timescales, and (ir)reversibility. This proposal forms the basis for further implementation of the framework in terms of the derivation of emissions and land use pathways for use by Earth system models and additional variants for adaptation and mitigation studies.

Traduction Google

Résumé

Les scénarios constituent un outil essentiel pour l’analyse du changement climatique, permettant d’explorer l’évolution future du système climatique, ses impacts et les conséquences pour l’humanité (notamment les mesures d’atténuation et d’adaptation). Cet article décrit le cadre de scénarios de ScenarioMIP, intégré au CMIP7. Sa conception a nécessité plusieurs cycles d’échanges avec la communauté scientifique et les groupes d’utilisateurs. La proposition couvre un ensemble de scénarios explorant des niveaux élevés de changement climatique (pour étudier les risques climatiques extrêmes), des niveaux moyens (ancrés dans les politiques actuelles) et des niveaux faibles (conformes aux accords internationaux en vigueur). Ces scénarios suivent des trajectoires d’émissions très différentes, certains étant susceptibles de connaître des pics puis des baisses de concentrations de gaz à effet de serre au cours de ce siècle. Une innovation majeure réside dans le fait que la plupart des scénarios sont conçus pour être exécutés, si possible, en mode d’émissions, offrant ainsi une meilleure représentation de l’incertitude du système Terre. La proposition prévoit également des extensions à long terme (jusqu’en 2500) pour étudier les impacts à long terme, les processus liés au changement climatique sur de longues périodes et la (ir)réversibilité. Cette proposition constitue la base de la mise en œuvre ultérieure du cadre en termes de dérivation des trajectoires d’émissions et d’utilisation des terres à utiliser par les modèles du système terrestre et des variantes supplémentaires pour les études d’adaptation et d’atténuation.

Sauvegarde de l’article complet en PDF : https://mai68.org/spip3/IMG/pdf/gmd…

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