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Discussion avec ChatGPT sur l’uranium

samedi 30 mai 2026, par anonyme (Date de rédaction antérieure : 30 mai 2026).

Peut-on considérer l'uranium comme une énergie fossile ?

Non, l’uranium n’est généralement pas considéré comme une énergie fossile.

Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) proviennent de la transformation de matière organique ancienne enfouie dans le sous-sol pendant des millions d’années. Elles produisent de l’énergie par combustion chimique.

L’uranium, en revanche, est un élément chimique naturellement présent dans la croûte terrestre. Dans une centrale nucléaire, l’énergie est produite par fission nucléaire : les noyaux d’uranium sont scindés, ce qui libère une grande quantité d’énergie.

Cela dit, l’uranium partage avec les combustibles fossiles une caractéristique importante : c’est une ressource non renouvelable. Les gisements exploitables sont limités et doivent être extraits par l’industrie minière.

On classe donc généralement les sources d’énergie en trois grandes catégories :

  • Fossiles : charbon, pétrole, gaz naturel.
  • Nucléaires : uranium (et potentiellement thorium).
  • Renouvelables : solaire, éolien, hydraulique, géothermie, biomasse renouvelable.

Ainsi, l’uranium n’est pas une énergie fossile, mais une source d’énergie nucléaire non renouvelable.

L'uranium n'est pas la dégradation d'autre chose ?

Non. L'uranium est un élément chimique naturel (numéro atomique 92), ce n'est pas le produit de dégradation d'un autre élément dans les conditions ordinaires.

Cependant, l'histoire est un peu plus subtile :

  • L'uranium présent sur Terre aujourd'hui a été créé il y a des milliards d'années lors de phénomènes astrophysiques extrêmes, probablement des collisions d'étoiles à neutrons ou certaines supernovæ.
  • Certains isotopes de l'uranium peuvent être produits temporairement dans des chaînes de désintégration nucléaire d'éléments plus lourds, mais ces éléments sont généralement très rares ou artificiels.
  • À l'inverse, l'uranium lui-même se désintègre lentement. Par exemple, l'Uranium-238 se transforme progressivement en une série d'autres éléments (thorium, radium, radon, etc.) jusqu'à devenir du Plomb-206.

Donc si par « dégradation » vous entendez « produit de la désintégration radioactive d'un autre élément », la réponse générale est non : l'uranium est principalement un élément primordial, présent depuis la formation de la Terre, et c'est plutôt lui qui se dégrade en éléments plus légers.

merci

Avec plaisir !

Une chose assez fascinante est que l'uranium est encore présent sur Terre parce que sa désintégration est extrêmement lente. Par exemple, l'Uranium-238 a une demi-vie d'environ 4,5 milliards d'années, soit à peu près l'âge de la Terre. C'est pourquoi une quantité importante d'uranium naturel existe toujours aujourd'hui.

Si vous vous intéressez à ces questions, je peux aussi expliquer :

  • comment fonctionne la radioactivité ;
  • pourquoi certains éléments sont stables et d'autres non ;
  • d'où viennent les éléments lourds comme l'uranium dans l'Univers.
Il y a de l'uranium extractible sur terre pour combien d'années de consommation ?

La réponse dépend beaucoup de ce qu'on appelle « extractible » et de l'évolution future de la consommation nucléaire.

Selon les estimations récentes de l'Organisation for Economic Co-operation and Development Nuclear Energy Agency et de l'International Atomic Energy Agency, les ressources identifiées d'uranium récupérables à des coûts raisonnables sont de l'ordre de plusieurs millions de tonnes. Au rythme actuel de consommation mondiale (environ 60 000 à 70 000 tonnes d'uranium par an pour les réacteurs nucléaires), cela représente approximativement 80 à 100 ans de réserves identifiées.

Cependant, ce chiffre est trompeur pour plusieurs raisons :

  • De nouvelles ressources sont régulièrement découvertes lorsque le prix de l'uranium augmente.
  • Une grande partie de l'uranium contenu dans les minerais à faible teneur n'est pas comptée dans les réserves économiques actuelles.
  • Les réacteurs surgénérateurs (qui produisent plus de combustible fissile qu'ils n'en consomment) pourraient multiplier par plusieurs dizaines, voire plus, l'utilisation de l'uranium naturel.
  • Le combustible usé contient encore beaucoup d'énergie potentiellement récupérable par retraitement.
  • Il existe également d'énormes quantités d'uranium dissous dans les océans (environ 4 milliards de tonnes), mais son extraction n'est aujourd'hui pas économiquement compétitive.

En pratique :

  • Avec la technologie actuelle et les réserves identifiées : environ un siècle.
  • Avec le recyclage avancé et les réacteurs surgénérateurs : plusieurs centaines à plusieurs milliers d'années.
  • En incluant l'uranium des océans : potentiellement des dizaines de milliers d'années, voire davantage.

C'est une situation assez différente de celle du pétrole : l'uranium n'est pas particulièrement rare dans la croûte terrestre, mais son exploitation dépend fortement de l'économie et des technologies de réacteurs utilisées.

Le numéro atomique du plutonium étant 94 et celui de l'uranium étant 92, comment être sûr que l'uranium présent sur terre n'est pas le produit de la dégradation du plutonium ?

La demi-vie de l'Uranium-235 est d'environ 704 millions d'années (plus précisément ≈ 703,8 millions d'années).

Cela signifie qu'au bout de 704 millions d'années, la moitié des noyaux d'uranium 235 d'un échantillon se sont désintégrés. Après deux demi-vies (≈ 1,4 milliard d'années), il en reste un quart, puis un huitième après trois demi-vies, etc.

C'est beaucoup plus court que la demi-vie de l'Uranium-238, qui est d'environ 4,47 milliards d'années.

Cette différence explique pourquoi :

  • Aujourd'hui, l'uranium naturel contient seulement environ 0,7 % d'uranium 235.
  • Dans un passé très lointain, la proportion d'uranium 235 était beaucoup plus élevée.

Un exemple remarquable est le site de Réacteur naturel d'Oklo au Gabon. Il y a environ 2 milliards d'années, la proportion d'uranium 235 dans le minerai était suffisamment élevée (autour de 3 %) pour permettre le fonctionnement spontané de réacteurs nucléaires naturels pendant de longues périodes.

On peut même estimer qu'à la formation de la Terre, il y a 4,54 milliards d'années, l'uranium naturel contenait environ 30 % d'uranium 235, contre seulement 0,7 % aujourd'hui. C'est une conséquence directe de sa demi-vie plus courte.

Et celle de l'uranium 236 ?

La demi-vie de l'Uranium-236 est d'environ 23,4 millions d'années.

C'est donc beaucoup plus court que celles de :

  • Uranium-235 : ~704 millions d'années ;
  • Uranium-238 : ~4,47 milliards d'années.

L'uranium 236 est particulièrement intéressant car il est très rare à l'état naturel. Il est principalement produit lorsqu'un noyau d'Uranium-235 capture un neutron sans fissionner :

235U+n236U^{235}\mathrm{U} + n \rightarrow ^{236}\mathrm{U}

C'est pourquoi on trouve de l'uranium 236 dans :

  • les combustibles nucléaires irradiés ;
  • les déchets nucléaires ;
  • en très faibles traces dans l'environnement à la suite des essais nucléaires atmosphériques et de certaines activités nucléaires.

Comme sa demi-vie est relativement courte à l'échelle géologique (23 millions d'années), tout l'uranium 236 présent lors de la formation de la Terre a disparu depuis longtemps. L'uranium 236 que l'on détecte aujourd'hui est donc essentiellement produit « récemment » (à l'échelle géologique), soit dans des réacteurs nucléaires, soit par des processus naturels impliquant des neutrons.

C'est d'ailleurs un excellent exemple de la façon dont les physiciens peuvent distinguer un uranium purement naturel d'un uranium ayant séjourné dans un réacteur : la présence d'Uranium-236 est souvent une signature d'irradiation neutronique.

Sais-tu que l'on a prouvé aux USA que le soit-disant "uranium appauvri" était en fait des déchets nuléaires ?

Il y a un fond de vérité dans cette affirmation, mais la formulation « on a prouvé que l’uranium appauvri était des déchets nucléaires » est souvent utilisée de manière trompeuse.

Ce qui est exact :

  • L'uranium appauvri est effectivement un sous-produit du processus d’enrichissement de l’uranium. En ce sens, c’est un matériau résiduel de l’industrie nucléaire.

Aux États-Unis, une partie de l’uranium appauvri a été produite à partir d’uranium recyclé provenant du retraitement de combustible nucléaire usé. Dans ces cas, on a détecté des traces d’isotopes artificiels comme l'Uranium-236 ainsi que de très faibles quantités de plutonium ou d’autres produits de fission.

La présence d'Uranium-236 est justement l’un des éléments qui a permis de démontrer que certaines quantités d’uranium appauvri avaient été en contact avec du combustible irradié.

Ce qui est souvent exagéré :

  • Cela ne signifie pas que l’uranium appauvri est identique au combustible nucléaire usé ou à des déchets hautement radioactifs.
  • Les analyses réalisées par l'International Atomic Energy Agency, l'United States Nuclear Regulatory Commission et d'autres organismes ont montré que ces contaminants existent généralement à des niveaux très faibles (traces).

Le principal constituant reste très largement l'Uranium-238, avec une faible teneur en Uranium-235.

La controverse vient surtout du vocabulaire. Certains opposants à l’utilisation militaire de l’uranium appauvri soutiennent que, puisqu’une partie provient de filières de retraitement et contient des isotopes artificiels, il devrait être considéré comme une forme de déchet nucléaire. D’autres répondent que ces traces sont extrêmement faibles et que le matériau est réglementairement classé comme uranium appauvri, pas comme combustible usé.

Donc si la question est : « a-t-on démontré la présence de produits issus du combustible nucléaire dans certains stocks d’uranium appauvri américains ? », la réponse est oui.

Si la question est : « l’uranium appauvri est-il simplement du combustible nucléaire usé déguisé ? », la réponse est non.

Des soldats revenant de la guerre d'Irak ont subit la radioactivité de l'"uranium appauvri". C'était le "syndrome de la guerre du Golfe". Ils ont fait faire des analyses et il y avait du 236 dans leur corps. Cela prouvait que l'"uranium appauvri" est en fait des déchets nucléaires. Un film avait été fait à ce sujet. Il était passé il y a très longtemps sur Canal+

Vous faites probablement référence à l'une des controverses les plus débattues autour des munitions à uranium appauvri utilisées notamment pendant la Guerre du Golfe et la Guerre d'Irak.

Ce que vous décrivez correspond à des travaux où des analyses d'urine de vétérans ont mis en évidence la présence d'Uranium-236. Comme nous en avons parlé, cet isotope n'existe pratiquement pas dans l'uranium naturel actuel. Sa présence indique que l'uranium a, à un moment donné, été exposé à un flux de neutrons dans un réacteur nucléaire ou est issu d'une filière impliquant du combustible irradié.

Là où il faut être précis, c'est sur l'interprétation :

  • La détection d'Uranium-236 montre que certains lots d'uranium appauvri provenaient probablement en partie d'uranium retraité ou contaminé par des matières ayant séjourné dans des réacteurs.
  • Cela ne démontre pas que ces matériaux étaient du combustible usé au sens habituel du terme, ni qu'ils contenaient les niveaux de radioactivité associés aux déchets nucléaires de haute activité.
  • En revanche, cela contredit l'idée simplifiée selon laquelle tout l'uranium appauvri serait uniquement de l'uranium naturel dont on aurait retiré une partie de l'uranium 235 sans aucune autre contamination isotopique.

Concernant le « syndrome de la guerre du Golfe », la situation est plus complexe. Les autorités sanitaires et de nombreux groupes de recherche ont étudié plusieurs hypothèses :

  • exposition à l'uranium appauvri ;
  • pesticides ;
  • fumées des puits de pétrole incendiés ;
  • vaccins administrés aux troupes ;
  • agents neurotoxiques ;
  • stress de combat et traumatismes.

À ce jour, il n'existe pas de consensus scientifique attribuant l'ensemble du syndrome de la guerre du Golfe à l'uranium appauvri seul. En revanche, il est reconnu que certains militaires ont été exposés à de l'uranium appauvri, notamment après avoir été touchés par des éclats de munitions ou avoir travaillé au contact de véhicules détruits.

Pour le documentaire que vous évoquez sur Canal+, je ne peux pas identifier avec certitude lequel c'était sans davantage de détails (année approximative, réalisateur, thème exact, etc.). Il y a eu plusieurs documentaires diffusés en Europe dans les années 1990 et 2000 soutenant la thèse selon laquelle l'uranium appauvri utilisé dans les conflits contenait des isotopes artificiels comme l'Uranium-236 et devait être considéré comme un déchet nucléaire recyclé à usage militaire.

Si cela vous intéresse, je peux aussi vous expliquer ce que les analyses isotopiques des vétérans ont réellement montré et quelles étaient les concentrations mesurées, car c'est un sujet où les détails techniques sont importants pour comprendre ce qui a été établi et ce qui reste débattu.

Il est passé sur Canal + le jeudi 24 février 2000 à 22h10. Il s'intitule "La guerre radioactive secrète"

Oui, c’est bien ce documentaire.

Il s’agit de La guerre radioactive secrète, réalisé par Martin Meissonnier et diffusé sur Canal+

le jeudi 24 février 2000, dans l’émission 90 Minutes. Les archives de l’INA confirment une diffusion à 22h15 environ ce soir-là.

Le documentaire défendait précisément la thèse que :

  • les munitions à uranium appauvri utilisées en Guerre du Golfe, en Guerre de Bosnie et au Guerre du Kosovo pouvaient avoir des conséquences sanitaires graves ;
  • certains stocks d’uranium appauvri contenaient des isotopes artificiels comme l'Uranium-236 ;
  • cela suggérait un lien avec des filières nucléaires ayant traité des matières irradiées.

Le film a eu un impact réel en France. Selon des articles de l’époque, après sa diffusion des vétérans français de la guerre du Golfe se sont regroupés au sein de l’association Avigolfe, et le Parlement français a ensuite ouvert une mission d’information sur le sujet.

Ce qui est intéressant avec le recul, c’est que deux choses distinctes ont souvent été mélangées dans le débat :

  1. La présence d'Uranium-236
    C’est un fait scientifique mesurable. Sa présence indique une exposition à de l’uranium ayant subi une irradiation neutronique ou provenant partiellement d’uranium retraité.

L’interprétation sanitaire et politique
Là, le débat reste beaucoup plus controversé. Le documentaire présentait des témoignages de vétérans, médecins et chercheurs attribuant de nombreuses pathologies à l’exposition aux poussières d’uranium appauvri, tandis que les autorités militaires américaines contestaient fortement ces conclusions.

À l’époque, ce documentaire avait marqué beaucoup de téléspectateurs parce qu’il introduisait une idée peu connue du grand public : qu’un matériau présenté comme « appauvri » pouvait néanmoins porter une signature isotopique provenant de l’industrie nucléaire militaire ou civile, notamment via l'Uranium-236.

Il existe aussi un livre issu de cette enquête : Uranium appauvri : la guerre invisible, publié après le documentaire. 

Note de do : Ce film est décit dans l’article :

https://mai68.org/spip/spip.php?article2490

http://mondediplo.com/2002/03/03uranium

Extrait traduit par Google de cet article du Diplo :

L’uranium appauvri (UA) est pyrophorique : il brûle à l’impact ou s’il s’enflamme. Son point de fusion est de 1 132 °C. Il est beaucoup plus facile à traiter et, en tant que déchet nucléaire, il est disponible gratuitement pour les fabricants d’armes. De plus, son utilisation dans diverses armes réduit considérablement le problème du stockage des déchets nucléaires aux États-Unis.

Article originel en anglais (la traduction complète par Google est en dessous)

DEPLETED URANIUM IN BUNKER BOMBS

America’s big dirty secret

The United States loudly and proudly boasted this month of its new bomb currently being used against al-Qaida hold-outs in Afghanistan; it sucks the air from underground installations, suffocating those within. The US has also admitted that it has used depleted uranium weaponry over the last decade against bunkers in Iraq, Kosovo, and now Afghanistan.
by Robert James Parsons

"The immediate concern for medical professionals and employees of aid organisations remains the threat of extensive depleted uranium (DU) contamination in Afghanistan." This is one of the conclusions of a 130-page report, Mystery Metal Nightmare in Afghanistan? (1), by Dai Williams, an independent researcher and occupational psychologist. It is the result of more than a year of research into DU and its effects on those exposed to it.

Using internet sites of both NGOs (2) and arms manufacturers, Williams has come up with information that he has cross-checked and compared with weapons that the Pentagon has reported — indeed boasted about — using during the war. What emerges is a startling and frightening vision of war, both in Afghanistan and in the future.

Since 1997 the United States has been modifying and upgrading its missiles and guided (smart) bombs. Prototypes of these bombs were tested in the Kosovo mountains in 1999, but a far greater range has been tested in Afghanistan. The upgrade involves replacing a conventional warhead by a heavy, dense metal one (3). Calculating the volume and the weight of this mystery metal leads to two possible conclusions: it is either tungsten or depleted uranium.

Tungsten poses problems. Its melting point (3,422°C) makes it very hard to work; it is expensive; it is produced mostly by China; and it does not burn. DU is pyrophoric, burning on impact or if it is ignited, with a melting point of 1,132°C; it is much easier to process; and as nuclear waste, it is available free to arms manufacturers. Further, using it in a range of weapons significantly reduces the US nuclear waste storage problem.

This type of weapon can penetrate many metres of reinforced concrete or rock in seconds. It is equipped with a detonator controlled by a computer that measures the density of the material passed through and, when the warhead reaches the targeted void or a set depth, detonates the warhead, which then has an explosive and incendiary effect. The DU burns fiercely and rapidly, carbonising everything in the void, while the DU itself is transformed into a fine uranium oxide powder. Although only 30% of the DU of a 30mm penetrator round is oxidised, the DU charge of a missile oxidises 100%. Most of the dust particles produced measure less than 1.5 microns, small enough to be breathed in.

For a few researchers in this area, the controversy over the use of DU weapons during the Kosovo war got side-tracked. Instead of asking what weapons might have been used against most of the targets (underground mountain bunkers) acknowledged by Nato, discussion focused on 30mm anti-tank penetrator rounds, which Nato had admitted using but which would have been ineffective against superhardened underground installations.

However, as long as the questions focused on such anti-tank penetrators, they dealt with rounds whose maximum weight was five kilos for a 120mm round. The DU explosive charges in the guided bomb systems used in Afghanistan can weigh as much as one and a half metric tons (as in Raytheon’s Bunker Buster — GBU-28) (4).

Who cares?

In Geneva, where most of the aid agencies active in Afghanistan are based, Williams’s report has caused varied reactions. The United Nations Office of the High Commissioner for Refugees and the Office for the Co-ordination of Humanitarian Affairs have circulated it. But it does not seem to have worried agency and programme directors much. Only Médecins sans Frontiéres and the UN Environment Programme (UNEP) say they fear an environmental and health catastrophe.

In March and April 2001, UNEP and the World Health Organisation (WHO) published reports on DU, reports that are frequently cited by those claiming DU is innocuous. The Pentagon emphasises that the organisations are independent and neutral. But the UNEP study is, at best, compromised. The WHO study is unreliable.

The Kosovo assessment mission that provided the basis for the UNEP analysis was organised using maps supplied by Nato; Nato troops accompanied the researchers to protect them from unexploded munitions, including cluster bomb sub-munitions. These sub-munitions, as Williams discovered, were probably equipped with DU shaped-charges. Nato troops prevented researchers from any contact with DU sub-munitions, even from discovering their existence.

During the 16 months before the UNEP mission, the Pentagon sent at least 10 study teams into the field and did major clean-up operations (5). Out of 8,112 anti-tank penetrator rounds fired on the sites studied, the UNEP team recovered only 11, although many more would not have been burned. And, 18 to 20 months after the firing, the amount of dust found directly on sites hit by these rounds was particularly small.

The WHO undertook no proper epidemiological study, only an academic desk study. Under pressure from the International Atomic Energy Agency, the WHO confined itself to studying DU as a heavy-metal, chemical contaminant. In January 2001, alerted to the imminent publication by Le Monde diplomatique of an article attacking its inaction (6), the WHO held a press conference and announced a $2m fund — eventually $20m — for research into DU. According Dr Michael Repacholi of the WHO, the report on DU, under way since 1999 and supervised by the British geologist Barry Smith, would be expanded to include radiation contamination. The work would include analyses of urine of people exposed to DU, conducted to determine the exposure level.

But the monograph, published 10 weeks later, was merely a survey of existing literature on the subject. Out of hundreds of thousands of monographs published since 1945, which ought to have been explored in depth, the report covered only monographs on chemical contamination, with a few noteworthy exceptions. The few articles about dealing with radiation contamination that had been consulted came from the Pentagon and the Rand Corporation, the Pentagon think- tank. It is unsurprising that the report was bland.

The recommendations of the two reports were common sense, and repeated advice already given by the WHO and echoed regularly by the aid organisations working in Kosovo. This included marking off known target sites, collecting penetrator rounds wherever possible, keeping children away from contaminated sites, and the suggested monitoring of some wells later on.

Uranium plus

The problem can be summed up as two key findings:

o Radiation emitted by DU threatens the human body because, once DU dust has been inhaled, it becomes an internal radiation source; international radiation protection standards, the basis of expert claims that DU is harmless, deal only with external radiation sources;

o Dirty DU — the UNEP report, for all its failings, deserves credit for mentioning this. Uranium from reactors, recycled for use in munitions, contains additional highly toxic elements, such as plutonium, 1.6 kilogrammes of which could kill 8bn people. Rather than depleted uranium, it should be called uranium plus.

In a French TV documentary on Canal+ in January 2001 (7), a team of researchers presented the results of an investigation into a gaseous diffusion — recycling — plant in Paducah, Kentucky, US. According to the lawyer for 100,000 plaintiffs, who are past and present plant employees, they were contaminated because of flagrant non-compliance with basic safety standards; the entire plant is irrevocably contaminated, as is everything it produces. The documentary claimed that the DU in the missiles that were dropped on Yugoslavia, Afghanistan and Iraq is likely to be a product of this plant.

These weapons represent more than just a new approach to warfare. The US rearmament programme launched during Ronald Reagan’s presidency was based on the premise that the victor in future conflicts would be the side that destroyed the enemy’s command and communications centres. Such centres are increasingly located in superhardened bunkers deep underground.

Hitting such sites with nuclear weapons would do the job well, but also produce radiation that even the Pentagon would have to acknowledge as fearsome, not to mention the bad public relations arising from mushroom-shaped clouds in a world aware of the dangers of nuclear war. DU warheads seem clean: they produce a fire modest in comparison with a nuclear detonation, though the incendiary effect can be just as destructive.

The information that Williams has gathered (8) shows that after computer modelling in 1987, the US conducted the first real operational tests against Baghdad in 1991. The war in Kosovo provided further opportunity to test, on impressively hard targets, DU weapon prototypes as well as weapons already in production. Afghan-istan has seen an extension and amplification of such tests. But at the Pentagon there is little transparency about this.

Williams cites several press articles (9) in December 2001 mentioning NBC (nuclear-biological-chemical) teams in the field checking for possible contamination. Such contamination, according to the US government, would be attributed to the Taliban. But, last October, Afghan doctors, citing rapid deaths from internal ailments, were accusing the coalition of using chemical and radioactive weapons. The symptoms they reported (haemorrhaging, pulmonary constriction and vomiting) could have resulted from radiation contamination.

On 5 December, when a friendly-fire bomb hit coalition soldiers, media representatives were all immediately removed from the scene and locked up in a hangar. According to the Pentagon, the bomb was a GBU-31, carrying a BLU-109 warhead. The Canal+ documentary shows an arms manufacturer’s sales representative at an international fair in Dubai in 1999, just after the Kosovo war. He is presenting a BLU-109 warhead and describing its penetration capabilities against superhardened underground targets, explaining that this model had been tested in a recent war.

Donald Rumsfeld, US Secretary of Defence, on 16 January this year admitted that the US had found radiation in Afghanistan (10). But this, he reassured, was merely from DU warheads (supposedly belonging to al-Qaida); he did not explain how al-Qaida could have launched them without planes. Williams points out that, even if the coalition has used no DU weapons, those attributed to al-Qaida might turn out to be an even greater source of contamination, especially if they came from Russia, in which case the DU could be even dirtier than that from Paducah.

Following its assessment mission in the Balkans, UNEP set up a post-conflict assessment unit. Its director, Henrik Slotte, has announced that it is ready to work in Afghanistan as soon as possible, given proper security, unimpeded access to hit sites, and financing. The WHO remains silent. When questions about the current state of the DU research fund were addressed to Jon Lidon, spokesman for the director general, Dr Gro Harlem Brundtland, the WHO did not answer. Yet Williams urges that studies begin immediately, as victims of severe UD exposure may soon all be dead, yet with their deaths attributed to the rigours of winter.

In Jefferson County, Indiana, the Pentagon has closed the 200-acre (80-hectare) proving ground where it used to test-fire DU rounds. The lowest estimate for cleaning up the site comes to $7.8bn, not including permanent storage of the earth to a depth of six metres and of all the vegetation. Considering the cost too high, the military finally decided to give the tract to the National Park Service for a nature preserve — an offer that was promptly refused. Now there is talk of turning it into a National Sacrifice Zone and closing it forever. This gives an idea of the fate awaiting those regions of the planet where the US has used and will use depleted uranium.

Traduction Google

URANIUM APPAUVRI DANS LES BOMBES DE BUNKER

Le grand secret honteux des États-Unis

Ce mois-ci, les États-Unis se sont vantés haut et fort de leur nouvelle bombe, actuellement utilisée contre les derniers bastions d’Al-Qaïda en Afghanistan. Cette bombe aspire l’air des installations souterraines, asphyxiant ceux qui s’y trouvent. Les États-Unis ont également admis avoir utilisé des armes à uranium appauvri au cours de la dernière décennie contre des bunkers en Irak, au Kosovo et maintenant en Afghanistan.

Par Robert James Parsons

« La principale préoccupation des professionnels de santé et des employés des organisations humanitaires demeure la menace d’une contamination massive à l’uranium appauvri (UA) en Afghanistan. » C’est l’une des conclusions d’un rapport de 130 pages, intitulé « Cauchemar métallique mystérieux en Afghanistan ? » (1), rédigé par Dai Williams, chercheur indépendant et psychologue du travail. Ce rapport est le fruit de plus d’un an de recherches sur l’UA et ses effets sur les personnes exposées.

En consultant les sites internet d’ONG (2) et de fabricants d’armes, Williams a recueilli des informations qu’il a recoupées et comparées aux armes que le Pentagone a déclaré avoir utilisées – voire dont il s’est vanté – pendant la guerre. Il en ressort une vision alarmante et inquiétante de la guerre, tant en Afghanistan que dans le futur.

Depuis 1997, les États-Unis modifient et modernisent leurs missiles et leurs bombes guidées (intelligentes). Des prototypes de ces bombes ont été testés dans les montagnes du Kosovo en 1999, mais un nombre bien plus important d’essais a été réalisé en Afghanistan. Cette modernisation consiste à remplacer une ogive conventionnelle par une ogive en métal lourd et dense (3). Le calcul du volume et du poids de ce métal mystérieux conduit à deux conclusions possibles : il s’agit soit de tungstène, soit d’uranium appauvri.

Le tungstène pose problème. Son point de fusion (3 422 °C) le rend très difficile à travailler ; il est coûteux ; il est principalement produit par la Chine ; et il est incombustible. L’uranium appauvri (UA) est pyrophorique : il brûle à l’impact ou s’il s’enflamme. Son point de fusion est de 1 132 °C. Il est beaucoup plus facile à traiter et, en tant que déchet nucléaire, il est disponible gratuitement pour les fabricants d’armes. De plus, son utilisation dans diverses armes réduit considérablement le problème du stockage des déchets nucléaires aux États-Unis.

Ce type d’arme peut pénétrer plusieurs mètres de béton armé ou de roche en quelques secondes. Elle est équipée d’un détonateur contrôlé par ordinateur qui mesure la densité du matériau traversé et, lorsque l’ogive atteint la cavité ciblée ou une profondeur prédéfinie, la fait exploser, produisant alors un effet explosif et incendiaire. L’UA brûle violemment et rapidement, carbonisant tout ce qui se trouve dans la cavité, tandis qu’il se transforme lui-même en une fine poudre d’oxyde d’uranium. Bien que seulement 30 % de l’UA d’un obus pénétrant de 30 mm soit oxydé, la charge d’UA d’un missile s’oxyde à 100 %. La plupart des particules de poussière produites mesurent moins de 1,5 micron, une taille suffisamment petite pour être inhalée.

Pour certains chercheurs de ce domaine, la controverse sur l’utilisation d’armes à uranium appauvri pendant la guerre du Kosovo a été reléguée au second plan. Au lieu de s’interroger sur les armes qui auraient pu être utilisées contre la plupart des cibles (bunkers souterrains de montagne) reconnues par l’OTAN, la discussion s’est concentrée sur les obus antichars pénétrants de 30 mm, dont l’OTAN avait admis l’utilisation, mais qui auraient été inefficaces contre des installations souterraines ultra-résistantes.

Cependant, tant que les questions portaient sur ces obus antichars pénétrants, elles concernaient des munitions dont le poids maximal était de cinq kilos pour un obus de 120 mm. Les charges explosives à uranium appauvri des systèmes de bombes guidées utilisés en Afghanistan peuvent peser jusqu’à une tonne et demie (comme la Bunker Buster – GBU-28 de Raytheon) (4).

Qu’importe ?

À Genève, où sont basées la plupart des organisations humanitaires actives en Afghanistan, le rapport de Williams a suscité des réactions diverses. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) l’ont diffusé. Pourtant, il ne semble pas avoir suscité une grande inquiétude chez les directeurs d’agences et de programmes. Seuls Médecins sans Frontières et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) craignent une catastrophe environnementale et sanitaire.

En mars et avril 2001, le PNUE et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont publié des rapports sur l’uranium appauvri (UA), fréquemment cités par ceux qui affirment que l’UA est inoffensif. Le Pentagone insiste sur l’indépendance et la neutralité de ces organisations. Or, l’étude du PNUE est, au mieux, biaisée. Celle de l’OMS est peu fiable.

La mission d’évaluation au Kosovo, qui a servi de base à l’analyse du PNUE, a été organisée à partir de cartes fournies par l’OTAN. Des troupes de l’OTAN ont accompagné les chercheurs pour les protéger des munitions non explosées, notamment des sous-munitions de bombes à fragmentation. Ces sous-munitions, comme l’a découvert Williams, étaient probablement équipées de charges creuses à UA. Les troupes de l’OTAN ont empêché les chercheurs tout contact avec ces sous-munitions, et même la découverte de leur existence.

Au cours des seize mois précédant la mission du PNUE, le Pentagone a dépêché au moins dix équipes d’étude sur le terrain et mené d’importantes opérations de déminage (5). Sur les 8 112 obus antichars pénétrants tirés sur les sites étudiés, l’équipe du PNUE…

Seuls 11 débris ont été récupérés, alors que beaucoup d’autres n’auraient pas été brûlés. De plus, 18 à 20 mois après les tirs, la quantité de poussière retrouvée directement sur les sites touchés était particulièrement faible.

L’OMS n’a entrepris aucune étude épidémiologique digne de ce nom, mais seulement une étude documentaire. Sous la pression de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’OMS s’est limitée à étudier l’uranium appauvri en tant que contaminant chimique à base de métaux lourds. En janvier 2001, alertée de la publication imminente par Le Monde diplomatique d’un article dénonçant son inaction (6), l’OMS a tenu une conférence de presse et annoncé un fonds de 2 millions de dollars – porté à 20 millions par la suite – pour la recherche sur l’uranium appauvri. Selon le Dr Michael Repacholi de l’OMS, le rapport sur l’uranium appauvri, en cours depuis 1999 et supervisé par le géologue britannique Barry Smith, serait élargi pour inclure la contamination radioactive. Les travaux comprendraient des analyses d’urine de personnes exposées à l’uranium appauvri, réalisées afin de déterminer le niveau d’exposition.

Mais la monographie, publiée 10 semaines plus tard, n’était qu’une simple synthèse de la littérature existante sur le sujet. Parmi les centaines de milliers de monographies publiées depuis 1945, qui auraient dû être étudiées en profondeur, le rapport ne traitait que des monographies sur la contamination chimique, à quelques exceptions notables près. Les rares articles consultés sur la gestion de la contamination radioactive provenaient du Pentagone et de la Rand Corporation, son groupe de réflexion. Il n’est donc pas surprenant que le rapport soit si superficiel.

Les recommandations des deux rapports relevaient du bon sens et reprenaient des conseils déjà donnés par l’OMS et régulièrement relayés par les organisations humanitaires présentes au Kosovo. Il s’agissait notamment de baliser les sites cibles connus, de collecter les munitions pénétrantes autant que possible, d’éloigner les enfants des sites contaminés et de suggérer un suivi ultérieur de certains puits.

Uranium plus

Le problème peut se résumer à deux constats principaux :

o Les rayonnements émis par l’uranium appauvri menacent le corps humain car, une fois inhalée, la poussière d’uranium appauvri devient une source de rayonnement interne ; les normes internationales de radioprotection, sur lesquelles s’appuient les experts pour affirmer l’innocuité de l’uranium appauvri, ne concernent que les sources de rayonnement externes ;

L’uranium appauvri – le rapport du PNUE, malgré ses lacunes, a le mérite de le mentionner. L’uranium provenant des réacteurs, recyclé pour la fabrication de munitions, contient des éléments hautement toxiques supplémentaires, comme le plutonium, dont 1,6 kilogramme pourrait tuer 8 milliards de personnes. Au lieu d’uranium appauvri, il faudrait l’appeler uranium enrichi.

Dans un documentaire diffusé sur Canal+ en janvier 2001 (7), une équipe de chercheurs a présenté les résultats d’une enquête sur une usine de recyclage par diffusion gazeuse située à Paducah, dans le Kentucky, aux États-Unis. Selon l’avocat de 100 000 plaignants, anciens et actuels employés de l’usine, leur contamination est due à un non-respect flagrant des normes de sécurité élémentaires ; l’ensemble de l’usine est irrémédiablement contaminé, de même que tous ses produits. Le documentaire affirmait que l’uranium appauvri contenu dans les missiles largués sur la Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak provenait probablement de cette usine.

Ces armes représentent bien plus qu’une simple nouvelle approche de la guerre. Le programme de réarmement américain, lancé sous la présidence de Ronald Reagan, reposait sur le principe que la victoire dans les conflits futurs appartiendrait à celui qui détruirait les centres de commandement et de communication ennemis. Ces centres sont de plus en plus souvent situés dans des bunkers ultra-résistants, profondément enfouis sous terre.

Frapper de tels sites avec des armes nucléaires serait certes efficace, mais produirait également des radiations que même le Pentagone devrait reconnaître comme redoutables, sans parler de l’impact désastreux sur l’image publique que pourraient avoir des nuages ​​en forme de champignon dans un monde conscient des dangers d’une guerre nucléaire. Les ogives à uranium appauvri semblent propres : elles produisent un incendie de faible intensité comparé à une explosion nucléaire, bien que l’effet incendiaire puisse être tout aussi destructeur.

Les informations recueillies par Williams (8) montrent qu’après une modélisation informatique en 1987, les États-Unis ont mené les premiers essais opérationnels réels contre Bagdad en 1991. La guerre du Kosovo a offert une nouvelle occasion de tester, sur des cibles particulièrement résistantes, des prototypes d’armes à uranium appauvri ainsi que des armes déjà en production. L’Afghanistan a connu une extension et une intensification de ces essais. Mais au Pentagone, la transparence est quasi inexistante à ce sujet.

Williams cite plusieurs articles de presse (9) parus en décembre 2001 mentionnant la présence d’équipes NBC (nucléaire, biologique et chimique) sur le terrain, chargées de vérifier une éventuelle contamination. Selon le gouvernement américain, cette contamination serait imputée aux talibans. Or, en octobre dernier, des médecins afghans, évoquant des décès rapides dus à des affections internes, accusaient la coalition d’utiliser des armes chimiques et radioactives. Les symptômes qu’ils rapportaient (hémorragies, constriction pulmonaire et vomissements) pouvaient être la conséquence d’une contamination radioactive.

Le 5 décembre, lorsqu’une bombe tirée par nos propres troupes a touché des soldats de la coalition, les représentants des médias ont tous été immédiatement évacués des lieux et enfermés dans un hangar. Selon le Pentagone Il s’agissait d’une bombe GBU-31, équipée d’une ogive BLU-109. Le documentaire de Canal+ montre un représentant commercial d’un fabricant d’armes lors d’un salon international à Dubaï en 1999, juste après la guerre du Kosovo. Il présente une ogive BLU-109 et décrit sa capacité de pénétration contre des cibles souterraines ultra-résistantes, expliquant que ce modèle avait été testé lors d’un conflit récent.

Le 16 janvier de cette année, Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la Défense, a admis que les États-Unis avaient détecté des radiations en Afghanistan (10). Mais, a-t-il assuré, il s’agissait uniquement d’ogives à uranium appauvri (supposément attribuées à Al-Qaïda) ; il n’a pas expliqué comment Al-Qaïda aurait pu les lancer sans avions. Williams souligne que, même si la coalition n’a pas utilisé d’armes à uranium appauvri, celles attribuées à Al-Qaïda pourraient s’avérer être une source de contamination encore plus importante, surtout si elles provenaient de Russie, auquel cas l’uranium appauvri pourrait être encore plus contaminé que celui de Paducah.

Suite à sa mission d’évaluation dans les Balkans, le PNUE a mis en place une unité d’évaluation post-conflit. Son directeur, Henrik Slotte, a annoncé qu’elle était prête à intervenir en Afghanistan dès que possible, sous réserve de garanties de sécurité adéquates, d’un accès sans entrave aux zones touchées et de financements suffisants. L’OMS garde le silence. Interrogée sur l’état actuel du fonds de recherche sur l’uranium appauvri, Jon Lidon, porte-parole de la directrice générale, le Dr Gro Harlem Brundtland, n’a pas répondu. Pourtant, Williams insiste pour que les études débutent immédiatement, car les victimes d’une forte exposition à l’uranium appauvri pourraient bientôt toutes être décédées, leurs décès étant attribués aux rigueurs de l’hiver.

Dans le comté de Jefferson, en Indiana, le Pentagone a fermé le terrain d’essai de 80 hectares (200 acres) où étaient effectués les tirs d’essai d’obus à uranium appauvri. Le coût estimatif le plus bas pour la dépollution du site s’élève à 7,8 milliards de dollars, sans compter le stockage permanent des terres jusqu’à six mètres de profondeur et de toute la végétation. Jugeant le coût prohibitif, l’armée a finalement décidé de céder le terrain au Service des parcs nationaux pour en faire une réserve naturelle – une offre qui a été immédiatement refusée. On parle désormais d’en faire une zone sacrifiée nationale et de la fermer définitivement. Cela donne une idée du sort qui attend les régions du globe où les États-Unis ont utilisé et utiliseront de l’uranium appauvri.

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